‹ Encyclopédie chimique.Tome IX.- Applications de chimie organique. 2e section (volume 3)Chapitre 84 sur 206 · COMPOSÉS ORGANIQUES · texte numérisé non relu

COMPOSÉS ORGANIQUES

1° Dérivés alcooliques.

L’alcool et le chloroforme pris à l'intérieur ne passent dans les urines qu'en quantité minime. Le chloral n’est éliminé en nature qu’en très faible proportion, car la majeure partie se transforme en acide urochloralique.

Nous avons indiqué précédemment les transformations que subissaient dans l’organisme les dérivés aromatiques tels que les phénols, la nitrobenzine, etc. Ces composés se retrouvent dans les urines sous forme do dérivés sulfoconjugués ou hippuriques. L’antipyrine et la kairine passent en nature dans les urines, mais aussi en partie à l’état de combinaison sulfurique.

L’urine qui renferme de l’antipyrine se colore en rouge par addition de chlorure ferrique; en présence de la kairine, l’addition goutte à goutte d’une solution de chlorure de chaux à 10 p. 100 au liquide acidulé par l’acide acétique, donne encore une coloration rouge fuchsine.

2° Composés acides et salins.

Ingérés à l’état libre, les acides organiques citrique, tarfrique, maliqiie, oxalique et gallique (en lequel se transforme au préalable le tannin) passent en nature- dans les urines; leurs sels alcalins sont transformés en carbonates. L’usage immodéré ou longtemps prolongé de l’acide oxalique ou d’aliments qui en renferment (oseille, rhubarbe), fait apparaître ce composé dans les urines, rarement à l’état libre, ordinairement sous forme d’oxalate de chaux.

Les dérivés sulfoconjugués des alcools et des phénols (sulfovinates et phénolsulfates alcalins) passent sans altération dans les urines.

L’acide benzo’ique, l’éther benzo'ique, l’essence d’amandes amères, l’acide cinnamique provenant des baumes de Pérou, de Tolu ou du benjoin sont transformés en acide hippurique.

Les acides oxybenzo’iques et les isomères de l’acide salicylique sont transformés en acides hippuriques correspondants; l’acide salicylique est éliminé partie en nature ainsi que l’indique la coloration violette au contact du chlorure ferrique, partie à l’état d’acide salicylurique.

L’acide toluique donne de l’acide tolurique, l’acide anisique de l’acide anisurique, tous dérivés qui sont à l’acide primitif ce qu’est l’acide hippurique à l’acide benzoïque.

L’acide pyrogallique se retrouve en nature dans les urines.

L’asparagine est transformée en acide succinique.

Ainsi qu’on l’a vu, les résines apparaissent dans les urines sous forme d’abiétinates alcalins dont l’acide insoluble est précipité par l’addition d’acide nitrique.

3® Bases organiques.

La plupart des alcaloïdes, en particulier la morphine, la quinine et la strychnine, sont éliminés en forte proportion par les urines.

Quinine. — Pour rechercher la quinine, on précipite 250" d’urine par le tannin; le précipité lavé est mis en digestion avec un lait de chaux qui déplace la quinine du tannate insoluble, évaporé au bain-marie, puis repris par de l’alcool éthéré. Le résidu de la solution évaporée à siccité, redissout dans quelques gouttes d’eau acidulée, se colore en vert émeraude par l’addition successive d’eau chlorée et d’ammoniaque.

En projetant un faisceau de rayons lumineux à la surface de la solutionaqueuse de l’extrait éthéro-alcoolique maintenue contre un fond noir, il traverse le liquide de haut en bas sous forme de cône lumineux avec une coloration bleue due à la fluorescence de la quinine; cette réaction est encore sensible avee t/400.000' d’alcaloïde en solution (Flückiger).

4® Matières colorantes et odorantes.

Beaucoup de matières colorantes et odorantes sont éliminées par les urines; telles sont les pigments de l’indigo, do la garance, de la gomme-gutte, de la rhubarbe, du campèche, dos carottes, des mûres, etc., et les principes odorants de la

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