GOUTTE
proportion de fibrine qui peut s’élever à 6-8 et 10 p. 1.000. Ce fait, déjà constaté par Becquerel et Rodier, a été vérifié depuis par de nombreux observateurs. Au cours de l’accès, il se produit, eu outre, une diminution notable du nombre des globules rouges. Celte déglobulisation, qui est un fait bien connu des cliniciens, se traduit par une anémie assez intense. Becquerel et Rodier signalent encore une diminution de la sérum-albumine et des sels solubles, et une augmentation des matières grasses. A ces caractères se sont ajoutés, dans ces dernières années, ceux que fournissent l’étude si importante du titre hémo-alcalimétrique et hémo-acidimétrique du sang. Canard, Lépine, Peiper, von Jaksch, Krauss ont signalé un abaissement notable de l’alcalinité apparente du sérum, avec augmentation très nette de l’acidité réelle de ce môme liquide (Krauss). Chez un malade atteint de rhumatisme cérébral. Bouchard a constaté, quelques heures avant la mort, que le sérum sanguin n’exerçait plus aucune actiori appréciable sur le papier de tournesol (1),
A la vérité, cette diminution de l’alcalinilé s’observe dans tous les états fébriles et ne peut donc être rapportée ici uniquement au facteur arthritique, mais comme elle s’observe également, encore que moins prononcée, dans le rhumatisme chronique, il est permis de conclure finalement que la diathèse rhumatismale s’accompagne d’une dyscrasie acide du sang (2). Ce fait n’a rien de surprenant. Le rhumatisme, ou si l’on veut employer un terme plus compréhensif, l’arthritisme rentre dans le cadre des affections à nutrüion retardante (Bouchard), c’est-à-dire à désassimilation incomplète. Or parmi les produits d’une telle désassimilation, fort peu jouissent de fonctions basiques (leucomaïné’s) ; la plupart sont acides (ac. urique (3), lactique, oxalique, acides gras volatils, etc.), et l’on comprend que leur production en quantité anormale ou leur accumulation se traduisent par un abaissement de l’alcalinité et une augmentation de l’acidité réelle du sang. Mais il serait sans doute prématuré de considérer cette diminution de l’alc^inité comme donnant la clef de tous les accidents pathologiques du rhumatisme.