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MALADIES FÉBRILES. — MALADIES LNFECTIECSES

les deux globulines du sang, la fibrinogène et la sérum-globuline, sont contenues dans le sang des fébricitants en proportion plus considérable qu’à l’état normal. (Voyez cependant ce qui a été dit plus haut au sujet des variations de la partie liquide du sang.)

Parmi les maladies infectieuses le choléra prend, en ce qui concerne les modifications du sang, une place à part. Ces altérations ont été étudiées par C. Schmidt dans un travail classique et toujours cité, fait au cours de l’épidémie de choléra qui ravagea Dorpat en 18i8 (1).

L’altération caractéristique est l’épaississement énorme du sang produit par les évacuations aqueuses qui se font par l’intestin. Cette concentration atteint son maximum déjà au bout de 36 heures. Corrélativement on observe une richesse relative plus grande en matériaux solides, en globules et en hémoglobine, d’une manière générale en matériaux fixes à 120°, puis il se produit une diminution au fur et à mesure que l’effet des boissons se fait sentir. Cette augmentation ne porte que sur les matières organiques (principalement les matières albuminoïdes), et non sur les sels. Ceux-ci sont à la vérité un peu augmentées immédiatement après le début de l’affection, mais leur proportion diminue considérablement parla suite. C’est surtout le chlorure de sodium qui s’élimine en quantités considérables, puis le globule rouge perd à son tour une partie de ses éléments salins. La spoliation aqueuse finit par rendre le sang visqueux. Il circule difficilement, ne s’écoute que lentement de la veine quand on pratique la saignée. La répartition de chaleur, l’apport d’oxygène aux tissus ne se font plus qu’incomplètement : de là le refroidissement des extrémités, les crampes, la dyspnée.

Le sang des cholériques contient en outre des proportions souvent considérables d’urée, jusqu’à 2,43 (Voit) et 3s',60 (Chalnet) p. 1000 (2). De plus son alcalinité est considérablement diminuée. Strauss et la mission française envoyée en Égypte en 1883 ont constaté que le sérum même examiné immédiatement après la mort, présente souvent une réaction acide. La même constatation a pu être faite dans un cas sur le liquide du péricarde et sur le sang aussitôt après la mort. Le même fait est d’ailleurs signalé par C. Schmidt. Ce phénomène n’est pas la conséquence de la spoliation aqueuse. Du moins Swiatecki ayant provoqué chez des chiens un flux intestinal intense à l’aide de fortes doses de sulfate de soude, a constaté que l'alcalinité du sang est plutôt augmentée. 11 est probable que l’infeclion de l’organisme a pour effet de déterminer, par l’intermédiaire de toxines d’origine bactérienne (3), celte fonte rapide du protoplasma des éléments cellulaires que l’étude des échanges nutritifs permet de constater dans tant de maladies infectieuses. 11 résulte de cette désagrégation un afflux de principes acides analogue à celui que l’on observe dans le diabète, dans la fièvre (voy. plus haut).

(1) G. Schmidt, Zur Charakt. d. epidemischen Choiera gegenüber verwandten Transsudalionsanomalien, Leipzig et Mitau, 1830.

(2) Cité d’après Gamgee, Physiol. Chemistry, Londres, 1880, p. 16i.

(3) On sait que le bacille du choléra produit des diamines très toxiques, telles que la cadaverine ou penta-méthylène-diamine, la putrescine ou tétraméthylène-diamine. La cadavérine injectée sous la peau produit dos nécroses étendues. (Scheuerlein, Fehleisen, Arb. aus d. chirurg. Klinik der Univers. Berlin, 3' partie. — Grawitz, Virchow' s Arch., t. CX, p. 1.)

ENCYCLOPÉDIE CHIMIQUE. — L.WIBLINC.

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