Tension de l’oxygène dans le sang veineux
Les seules expériences que nous possédions sont celles de Strasshurg(2). Elles sont au nombre de 9 et ont porté sur le sang veineux du chien, puisé directement dans le cœur droit au moyen d’une sonde introduite par la veine jugulaire. Elles ont donné comme résultat moyen le chiffre de 2,9 p. 100 d’une atmosphère, ce qui équivaut à une tension de 22““,04de mercure. L’équilibre de dissociation qui correspond à cette tension dans un sang à 14 p. 100 de matière colorante est, d’après les formules de Hüfner (voy. plus haut), le suivant ;
Pour 14<"'
de mat. colorante. En centièmes.
Hémoglobine . 1,38 9,8
Oxyhémoglobine . 12,62 90,2
Les résultats de Nussbaum donnent une moyenne un peu plus faible, soit 2,23 p. 100, ce qui donne une tension de 16'"”,9o et un équilibre de dissociation exprimé par les chiffres suivants :
Pour li”'
de mat. colorante. En centièmes.
Hémoglobine . 2,0
Oxyhémoglobine . 12,0
(1) Cette conclusion est en accord avec les chiffres que nous avons déduits plus haut des recherches de Hüfner touchant la dissociation de l’oxyhémoglobine. Cet accord méritait d’être signalé, car si nous n’attribuons pas aux formules et aux tableaux de Hüfner une exactitude absolue, le degré de présision que présentent ces résultats nous paraît néanmoins suffisant pour qu’on puisse les appliquer sans crainte aux déductions que l’on vient d’exposer.
(2) Strassburg, loc, cit.
Ces résultats cadrent mal avec ce que l’on sait sur la composition du sang veineux, en particulier de celui du chien. J. Otto (1) a trouvé, en effet, chez cet animal, dans 10 déterminations, de 6«'',21 ki^’,11 (moyenne: 5*', 70) d hémoglobine sur 16s%43 à 13ss47 (moyenne : 14®', 84) de matière colorante totale (2), ce qui donne un équilibre de dissociation représenté par les chiffres suivants (en supposant, comme toujours, le sang à 14 p. 100 de matière colorante) :
Pour 14’'
de mat. colorante. En centièmes.
Hémoglobine. .
Oxyhémogloliine
état auquel correspond une tension d’oxygène (calculée à l’aide des formules de llüfner, précédemment exposées) de 3’"“, 8.
L’accord est peu satisfaisant. La tension mesurée au tononiètre paraît ici trop forte, si on la compare aux données fournies par l’étude des tensions de dissociation de l’oxyhémoglobine et par le dosage des deux matières colorantes du sang veineux. La raison de ces divergences nous échappe encore complètement. Peut-être tient-elle à l’existence de plusieurs variétés d’hémoglobine, capables de se transformer rapidement les unes dans les autres, comme le veut Chr. Bobr, et possédant chacune une courbe de dissociation spéciale (voy. p. 43, 40 et plus loin p. 322).
§ IL Acide carbonique.