‹ Encyclopédie chimique.Tome IX.- Applications de chimie organique. 2e sectionChapitre 140 sur 273 · TENSION DE L’A · texte numérisé non relu

TENSION DE L’A

IDE CARBONIQUE

dans le sang vivant

dans le sang défibriné

Les six premières analyses sont relatives au sang veineux; la dernière, au sang artériel.

11 est impossible de dire a priori à quelle teneur en acide carbonique correspond une tension donnée de ce gaz dans le sang ; comme la quantité de principes alcalins disponibles peut être très variable, une même tension peut correspondre à des richesses très différentes en acide carbonique.

Notons en terminant que tout ce qui vient d’être dit sur les tensions de l’acide carbonique du sang et sur la mesure de cette tension au tonomètre, comme aussi l’existence de combinaisons dissociables, implique nécessairement la présence dans le sang d’une certaine quantité d’acide carbonique dissous. C’est donc à tort que P. Bert (1), se basant sur ce fait que tout l’acide carbonique du sang ne suffit pas pour saturer les affinités basiques de ce liquide, a soutenu que le sang ne contient que de l’acide carbonique chimiquement combiné.

§ III. Azote.

L’absorption de l’azote par le sang est un simple phénomène de dissolution physique. Les preuves de ce fait sont nombreuses.

Il y a d’abord celle que fournit le simple rapprochement de la quantité d’azote contenue dans le sang et des conditions de solubilité de ce gaz, encore que de ce côté, ainsi qu’on le montrera plus loin, la question soit moins simple qu’on ne l’a cru pendant longtemps.

En étudiant, d’autre part, comment varient avec avec la pression les quantités d’azote absorbées par le sang (de porc) défibriné, Lothar-Meyer (2) a trouvé des variations sensiblement conformes à la loi de Henry-Dalton.

Les résultats obtenus par P. Bert, en faisant respirer des chiens dans de l’air comprimé, confirment ceux de Lothar-Meyer, en ce sens que la quantité d’azote trouvée dans le sang est sensiblement une fonction linéaire de la pression, mais

(1) P. Bert, Comptes rendus, t. LXXXVII, p. 628, 1878.

(2) Lothar-Meyer, Die Gase des Blutes, Gôttingen, 1837, p. 36.

ENCYCLOPÉDIE CHIMIQUE. — L.4MBLING.

l’augmentation de la quantité d’azote dissoute n’est pas aussi rapide que le voudrait la loi de Dalton (1), ainsi que le montrent les chiffres suivants :

Pression de l’air Volumes d’azote en centièmes

en atmosphères. du volume du sang.

Comme ce gaz n’est que dissous dans le sang, les variations de pression exercent sur lui une influence bien plus rapide que sur les deux autres gaz du sang. ■Chez un chien respirant dans une atmosphère d’oxygène et d’acide carbonique exempte d’azote, Pflüger (2) a trouvé au bout de très peu de temps le sang complètement exempt d’azote. A la pompe à mercure, l’azote se dégage dès les premiers coups de pompe, et, même à la température de, 0”, Pflüger (3) a pu, dans l’espace de 20 heures, enlever au sang tout son azote, tandis que la moitié seulement de l’oxygène et les 2/3 de l’acide carbonique s’étaient dégagés. C’est encore l’azote qui constitue la masse principale des gaz qui se dégagent a l’état de bulles dans le sang des animaux soumis à la décompression brusque et qui produisent les accidents bien connus des physiologistes (Bert) (4).

En ce qui concerne la quantité d’azote que dissout le sang, il faut remarquer que parmi les chiffres cités à la page 253, ceux qui sont obtenus par les méthodes les plus anciennes et les moins parfaites sont, en général, les plus élevées, ce qui indique évidemment que dans bien des cas il y a eu pénétration d’air dans l’appareil pendant l’exlraction du gaz. Mais il ne faut pas perdre de vue, d’autre part, que la solubilité de l’azote dans le sang est plus élevée qu’on ne l’a cru pendant longtemps, et qu’elle augmente considérablement avec la richesse du sang en globules. Déjà Setscheno-w (o), dans ses essais sur l’absorption de l’azote par le sang à IGMS”, avait obtenu des chiffres très élevés et en avait conclu que les globules peuvent retenir plus d’azote que l’eau pure, tandis que Zuntz (6) expliquait ce résultat par des erreurs d’expériences. En réalité, le sang dissout d’autant plus d’azote qu’il est plus riche en globules, ainsi que l’ont démontré, de la manière la plus nette, F. Jolyet et C. Sigalas (7). En saturant d’air atmos-

(1) Sans doute parce qu’aux pressions élevées l’agitation intra-pulmonairc est de moins en moins complète. (Bert, La pression barométrique, etc., Paris, 1878, p-. 660, 661 et 669). — Voy. aussi plus loin les expériences de Jolyet et Sigalas.

(2) Pflüger, Arch. f. d. ges. Physiol., t. I, p. 104, 1868.

(3) Pflüger, Die Kohlensàure d. Blutes, Bonn, 1864, p. 12.

(4) P. Bert, La pression barométrique, etc., p. 939.

(5) Setschenow, Sitsungsb. d. Wien. Acad., t. XXXVI, p. 302, 1839.

(6) Zuntz, Blutgase u. respirât. Gaswechsel, in Hermanris Handb. d. Physiol., t. IV, 2» partie, p. 83, Leipzig, 1882.

(7) J. Jolyet et C. Sigalas, Comptes rendus, t. CXIV, p. 686.

AZOTE

phéi’ique du sang à globules intacts, du sang à globules dissous et du sérum, la température de lo", ils ont obtenu les résultats que voici :

Azote absorbé dans 100“.

Chien.

Cheval

L’essai V se rapporte à une purée très riche en globules, et les essais III et IV à des sangs dont la richesse en globules avait été doublée.

Ces résultats démontrent que l’absorption de l’azote croît avec l’augmentation des globules. Le même phénomène se produit avec l’hydrogène, et Merget (1) l’explique par une condensation de ces gaz à la surface des globules. C’est là la raison pour laquelle l’absorption de l’azote par le sang ne suit pas exactement la loi de Henry-Dalton. Ainsi, du sang de mouton qui, à 503””* de pression, absorbait 1,44 p. 100 d’azote, en dissout, à 612““, 1,58 p. 100 (au lieu de 1,75 p. 100, chiffre calculé d’après la loi de Henry-Dalton) et à 758““, 1,76 p. 100 (au lieu de 2,16 p. 100, chiffre calculé).

(1) Mergot, Mém. de la Soc. des sciences phys. et nat., Bordeaux, 1882.

E.NCYCLOP.

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