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TENSION DES GAZ DANS LA SURFACE INTERNE DE LTNTESTIN

tirer le mélange et l’analyser. On peut aussi étudier la tension des gaz dans des liquides qui ont été sécrétés lentement par ces tissus, c’est-à-dire qui ont été en contact et par suite se sont mis en équilibre de tension avec ces tissus. Ces deux méthodes ont été expérimentées sous la direction de Pflüger par Strassburg (1), a qui l’on doit le seul travail méthodique qiie nous possédions sur la « topographie des tensions gazeuses dans l’organisme animal ».

En ce qui concerne la première méthode, Strassburg fait remarquer avec raison qu’il n’est pas possible, au moins pour ce qui regarde l’acide carbonique, de s’adresser à une surface de tissu artificiellement créée, c’est-à-dire à une plaie, ou même à une surface normale, mais qui serait mise en contact avec un liquide non physiologique, car dans ces conditions les cellules superficielles meurent rapidement, avec des phénomènes d’acidification qui, grâce à la présence constante des carbonates, augmentent d’une façon anormale la tension de l’acide carbonique. 11 n’est donc pas possible non plus d’injecter de l’air sous la peau, ou dans des cavités séreuses, pour mesurer ensuite la tension dè l’acide carbonique dans cet air (2).

§ 1. Tension des gaz dans la surface interne de l’intestin.

Pour ces raisons, Strassburg s’est adressé uniquement à la surface intestinale (chez le chien). Dans un segment de tube intestinal long de 50'“ environ, limité par deux ligatures, on injecte, au moyen d’une canule et d’une petite pompe, de l’air atmosphérique. De demi-heure en demi-heure, on vide le segment et on injecte une nouvelle quantité d’air. En ne tenant compte que des analyses faites au début de chaque expérience, c’est-à-dire à un moment ou la muqueuse n’était encore nullement enflammée, Strassburg a trouvé, pour l’acide carbonique, comme moyenne de 8 expériences, une tension de 7,7 p. 100 d’une atmosphère (c’est-à-dire 58,52““ de mercure). L’analyse a permis de constater que la teneur en oxygène fléchit constamment. Elle était tombée dans une expérience, au bout d’une demi-heure, à 13,44 p. 100 (maximum observé) et dans une autre, au bout de 2 heures un quart à 3,23 p. 100 (minimum observé).

Cette tension de l’acide carbonique est sensiblement inférieure à celle du même gaz dans le sang veineux du cœur droit (3,81 p. 100 d’après Nussbaum et 5,4 p. 100 d’après Strassburg). A la vérité, il faudrait pouvoir comparer cette tension à celle de l’acide carbonique dans le sang veineux intestinal. Mais Strassburg fait remarquer à ce propos que le sang du cœur droit ne présente pas une tension d’acide carbonique plus forte que le sang de la veine fémorale, qui est surtout un sang provenant de tissus musculaires et conjonctifs, bien que le sang du cœur droit ait reçu une quantité assez notable de sang provenant de la surface intestinale. On peut donc conclure de ces essais, avec une grande vraisemblance, que la tension de l’acide carbonique dans les parois intestinales est supérieure à la tension de ce gaz dans le sang veineux.

(1) Strassburg, Pflüger’s Arch. f. d. ges. Physiol., t. VI, p. 65, 1872.

(2) Ces critiques ne s’adressent pas directement b l’oxygène, encore que dans une cellule on voie de mortification, par suite de contacts anormaux, il puisse se produire des réactions chimiques capables de modifier la tension de ce gaz. D’ailleurs, Strassburg avait surtout en vue la mesure dos tensions de l’acide carbonique et ne s’est occupé que très secondairement de l’oxygène.

292 ENCYCLOPÉDIE CHIMIQUE. — LAMBLING.

En ce qui concerne l’oxygène, nous possédons des expériences déjà anciennes de Lecomte et Demarquay (d), qui injectèrent à des animaux de grandes masses de gaz sous la peau ou dans la cavité péritonéale. La teneur en oxygène de l’air injecté était constante au bout de 24 heures et oscillait entre 4 et 6,9 p. 100. Mais ce sont là des valeurs minima, puisque de l’azote injecté contenait, dans un cas, au bout de 24 heures, 9,74p. dOO, dans un autre, après 48 heures, 8,04 p. 100, dans un troisième, après 24 heures, 9,09 p. dOO d’oxygène. Mais il faut remarquer que ces masses gazeuses étaient en échanges de diffusion aussi bien avec le sang artériel ou veineux qu’avec les tissus et qu’il est difficile de prétendre que l’on mesurait ainsi la tension de l’oxygène au sein même des cellules. Les indications fournies par l’étude des produits de sécrétion ont, à cet égard, une signification beaucoup plus grande. Des résultats analogues avaient été obtenus antérieurement par Bouley et Clément (2), J. Davy (3), et plus tard par Sertoli (4) et M. Runge (5).

Ce sont là les seules expériences directes que nous possédions relativement à la tension des gaz dans les tissus. Strassburg a en outre mesuré la tension des gaz dans la lymphe, dans quelques produits de sécrétion (urine, bile) et dans le liquide de l’hydrocèle. Nous donnons ces résultats ci-après, en même temps que ceux qu’a fourni l’analyse des gaz contenus dans ces liquides.

§ IL Gaz de la ly.mphe et du chyle.

Les gaz de la lymphe ont été étudiés, chez le chien, par Ilammarsten (6), qui a trouvé pour 100''”’ de lymphe les volumes gazeux que voici, ramenés à 0» et à 960"“ de pression :

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