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DE L’AIR DANS LA RESPIRATION

Les échanges gazeux dont les poumons sont le siège s’accomplissent entre la nappe sanguine qui passe incessamment par les capillaires des alvéoles pulmonaires et l’air qui est introduit dans ces alvéoles. La composition de cet air alvéolaire est d’une détermination très difficile, fait qui tient aux conditions particulières delà circulation gazeuse dans les poumons. En effet, tandis que,, dans la circulation sanguine, l’arrivée et le départ se font par des voies distinctes, l’artère pulmonaire et les veines pulmonaires, la ventilation gazeuse sc fait par une voie unique, la trachée et les bronches. L’air pénètre dans les poumons, puis en est expulsé par un simple mouvement de soufflet, et comme les poumons ne se vident jamais complètement de l’air qu’ils renferment, il suit de là que l’air alvéolaire diffère à la fois de l’air expiré et de l’air inspiré et que sa composition doit être déterminée directement.

Étudions donc successivement : 1' l’air inspiré; 2“ l’air expiré; 3° la masse gazeuse des poumons.

§ I. Air inspiré.

Le volume d’air introduit dans les voies respiratoires à chaque inspiration, varie dans des limites a.ssez étendues et sous des influences très nombreuses. Il suffit, du reste, que l’attention soit attirée sur le phénomène, pour que l’ampleur et le rj'thme des mouvements respiratoires soient aussitôt modifiés. En tenant compte de ces incertitudes, on peut déduire des très nombreuses observations de Vierordt (1) que le volume moyen d’une inspiration est de SOO", avec 11, H

(1) Vierordt, Wagner’s Handioôrlerb. d. Physiol., t. Il, p. 836.

ENCYCLOPÉDIE CHIMIQUE. — LAMBLISG.

inspirations par minute, ce qui fait en 1 heure environ 360**', et en 24 heures, environ 9.000**' d’air inspiré. Regnard (1), qui s’est servi d’un procédé graphique très élégant, est arrivé à des chiffres notablement plus élevés. 11 évalue à 350 à 600**' le volume d’air qu’expire par heure un homme adulte, d’une taille de l'“,60 et d’un poids de 60‘s. Ces différences tiennent en grande partie au rythme respiratoire, si variable suivant les individus et les circonstances. Ainsi Hutschinson donne comme moyenne de ses observations sur 1.898 personnes, le chiffre de 20 inspirations par minute , tandis que Speck arrive à une moyenne de 6,3 {avec un volume de 1.193“ par inspiration).

L’âge, les repas, les mouvements du corps, la température, etc..., exercent une influence considérable sur la fréquence des mouvements respiratoires, questions pour lesquelles nous renverrons aux ouvrages spéciaux de physiologie. On étudiera d’ailleurs plus loin l’influence de quelques-uns de ces facteurs sur la grandeur des échanges respiratoires.

La composition de l’air inspiré est la suivante :

En volume. En poids.

Oxygène . 20,9 23

Azote . 79,1 77

Il contient en outre 2 à 3 dix-millièmes d’acide carbonique et des quantités variables de vapeur d’eau. Pour une pression barométrique de 760"*““ de, mercure, les pressions partielles de ces différents gaz, sont :

Pour l’oxygène . 158”“

Pour l’azote . 601

Pour l’acide carbonique . 0,002

§ H. Air expiré.

L’étude de la composition de l’air expiré, pratiquée d’abord par Lavoisier et Séguin, ainsi qu’on l’a exposé plus haut, a été reprise plus tard par H. Dawy et surtout par Prout (2) qui a fixé le premier l’influence exercée sur la proportion d’acide carbonique exhalé, par divers facteurs tels que les heures de la journée, les repas, l’exercice musculaire. Cette étude a été reprise plus près de nous par Vierordt (3) qui s’est servi d’une méthode à peu près semblable à celle de Prout. Vierordt inspirait par le nez et chassait l’air expiré, au moyen d’une embouchure introduite dans la bouche, sous une cloche piriforme remplie d’eau salée. Lorsque cet « expirateur » était rempli d’air, on faisait passer une partie du gaz dans un long tube, « l’anthracomètre », continué à son extrémité supérieure par une boule assez volumineuse et dont l’autre extrémité munie d’un robinet, pouvait être vissé sur un flacon rempli d’une lessive alcaline. Le volume total de l’anthracomètre était de 2.670". .Après absorption de l’acide carbonique,

(1) Regnard, Recherches exp. sur les variations path. des combustions respiratoires, Paris, 1879.

(2) Prout, Ann. of. phil., 1813.

(3) Vierordt, Physiol. des Athmens, Heidelberg, 1843.

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