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DE L’AIR DANS LA RESPIRATION

l’anthracomètre, séparé du flacon de potasse, était porté sur la cuve à eau et on procédait à la lecture du volume de gaz restant.

D’autres méthodes plus précises ont été employées encore et notamment celles de Valentin et Brunner, de Voit, de Ludwig, de Kowelesky, et surtout de Speck, et pour la description desquels nous renverrons le lecteur aux ouvrages classiques de physiologie (1).

L’air expiré diffère de l’air inspiré par les caractères suivants : 1° il contient moins d’oxygène et plus d’acide carbonique; 2” il contient un peu plus d’azote ; il est saturé de vapeur d’eau.

La composition de l’air expiré varie un peu suivant la profondeur des inspirations. Ainsi, après des inspirations normales et des expirations d’un volume moyen de 574“, Vierordt a trouvé une moyenne de 4,63 p. tOO d’acide carbonique ; pour des inspirations très profondes, ce chiffre montait à 5,18 p. 100. Voici les chiffres extrêmes trouvés par Speck (2).

Oxygène. Acide carbonique. Azote.

Maximun . 17,21 vol. p. 100 3,43 vol. p. 100 81,28 vol. p. 100

Minimun . 13,01 . — 3,33 — 78,32 —

Moyenne . 16,15 — » »

Mais l’ensemble de ces recherches montre que la composition de l’air expiré ne varie pas notablement aussi longtemps que le sujet respire normalement. Si au contraire il retient sa respiration, on voit la proportion d’acide carbonique s’élever rapidement.

Ainsi Bccher (3) a vu la proportion d’acide carbonique qui, pour l’air expiré immédiatement était de 3,6 p. 100, s’élever à :

5,6 p. 100 après 20 secondes.

de retard dans l’expiration. — Des variations analogues s’observent lorsqu’on modifie volontairement le nombre et la profondeur des inspirations.

Tout en ne perdant pas de vue T’influence de ces facteurs, on peut admettre pour l’air expiré par l’homme la composition moyenne que voici (en volume) (4):

Air expiré. Air inspiré.

Oxygène . 15,4 vol. p. 100 20,9 vol. p. 100

Azote . 79,3 — 79,1 —

Acide carbonique. . 4,3 — »

(1) Pour les conditions que doivent réaliser les appareils employés dans ces recherches, voy. Hoppe-Seyler, Physiot. Chem., Berlin, 1881, p. SU. .

(2) Speck, Schriften d. Ges. z. Forderung d. ges. Naturwiss. zu Marburg, t. X, p. 3,

(3) Bccher, Zeitsch. f. rat. Med., nouvelle suite, t. VI, p. 249.

(4) Beaunis, Éléments de Physiol., 2' édit., t. II, p. 739, Paris, 1881.

ENCYCLOPÉDIE CHIMIQUE. — LAMBLING.

Notons encore la composition de l’air expiré chez le chien, d’après Bohr (I). Les animaux avaient subi la trachéotomie. Les chiffres relatifs à l’oxygène dérivent de 11 expériences; ceux qui sont relatifs à l’acide carbonique, 4e 13 expériences :

AIB EXPIRÉ

Oxygène. .Aeide carbonique.

Maximum . 19,18 vol. p. 100 3,0i vol. p. 100

Minimum . 16,63 — 0,68 —

Moyenne . 18,08 — 1,67 —

Le volume de l’air expiré est à peu près égal à celui de l’air inspiré; mais c’est uniquement à cause de la dilatation do l’air inspiré et à la présence de la vapeur d’eau. Comparés à l’état sec et à la môme température, les volumes de l’air expiré et de l’air inspiré sont entre eux comme 99 : 100. Cela tient à ce fait déjà signalé par Lavoisier, qu’il disparaît plus d’oxygène qu’il n’en revient sous la forme d’acide carbonique (20,9 — 15,4 = 5,5 d’oxygène, contre 4,3 d'acide carbonique).

L’air expiré paraît contenir encore de petites quantités d’hydrogène et de carbure d’hydrogène. Du moins trouve-t-on toujours de petites quantités de ces gaz dans l’air d’un milieu confiné dans lequel des hommes ou des animaux ont respiré pendant longtemps. Mais il est difficile de dire qu’elle est la proportion de ce gaz qui provient directement de l’intestin. On a signalé plus haut la présence de gaz combustibles dans le sang. Rappelons toutefois que Valentin et Brunner (2), ont pu faire passer 13‘ d’air expiré (débarrassé d’acide carbonique et d’eau) sur de l’oxyde de cuivre chauffé, sans observer aucune formation d’eau ou d’acide carbonique (3).

On a trouvé aussi des traces d'ammoniaque dans l’air expiré.

Enfin Brown-Séquard et d’Arsonvai ont signalé la présence dans l’air expiré, de substances toxiques dont l’élimination expliquerait les effets nuisibles du confinement et l’agglomération. Dastre et Loye, et après eux Hoffmann, Wellendorf, Giliberti, K. B. Lchmann, etc..., n’ont pu confirmer ces résultats (4).

§ lll. Masse gazeuse des pou.moxs.

La composition de l’air contenu dans les poumons n’est pas la même dans les différentes parties de l’arbre aérien. Vierordt a montré que si l’on fractionne en deux portions l’air expiré, la première portion, qui provient surtout des grosses bronches et des voies supérieures, est moins riche en acide carbonique que la seconde, qui vient des parties plus profondes. L’air des vésicules pulmonaires

(1) Chr. Bohr, Bulletin de l’Acad. roy. danoise, séance du 2 novembre 1888.

(2) Cité d’après Zunts, in Uermann’s Handb. d. Physiol., t. IV, 2" partie, p. 113.' — Le lecteur trouvera là des indications bibliographiques nombreuses.

(3) Plus récemment, Take a trouvé de l’hydrogène et du formène dans l’air expiré par le lapin trachéotomisé, et L. de Saint-Martin, partant de ce fait, a pu extraire du sang de bœuf de 0",41 à 0'%64 d’hydrogène avec 0,69 à 0,68 de méthane pour 1.006“ de sang. (Take, Deutsche chem. Ges., t. XVll, p. 5827. — L. de Saint-Martin, Comptes rendus, t. CXIX, p. 83.)

(4) Voy. pour la bibliographie de cette question, Dastre, Société de Biolog., 1888, p. 43 et p. 91. — The journal of Physiol., 1890, p. 509. — Ilygienische Rundschau, 1893, p. 104.

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