‹ Encyclopédie chimique.Tome IX.- Applications de chimie organique. 2e sectionChapitre 155 sur 273 · SOS · texte numérisé non relu

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litabli en ce qui concerne l’acide carbonique entre le sang veineux et l’air des alvéoles. On peut donc dire qu’à ce moment l’air alvéolaire contient environ 3,7 p. 100 d’acide carbonique, ce qui équivaut à une tension de 28"'", 1 de mercure. Il est regrettable qu’on ne possède pas de déterminations simultanées de ce genre portant sur l’air d’un lobule isolé et sur l’air expiré par le reste du poumon. Quoiqu’il en soit, il est certain que ce chiffre de 3,7 p. 100 est trop fort car l’air du lobule isolé a eu, dans ces expérienc’es, le temps de se mettre en équilibre de tension complet avec le sang veineux. Par suite, le chiffre de 3,7 p. 100 mesure la tension de l’acide carbonique dans l’air alvéolaire, non pas au moment où cet air vient d’être renouvelé par l’inspiration, mais au moment où il a terminé complètement ses échanges eVacide carbonique avec le sang veineux et où il est prêt pour^V expiration.

Pour l’oxj’gène, on ne possède malheureusement que des valeurs approchées. Dans leurs expériences, si bien conduites d’ailleurs, Wolfberg et Nussbaum se sont occupés surtout de l’acide carbonique, et seulement accessoirement de l’oxygène. Des résultats de Nussbaum, on peut tirer, pour l’oxygène, la valeur de 3 p. 100 environ (ou 22“",8 de mercure) et de ceux de Wolfberg, celle de 3,6 p. 100 (ou 27"", 4). Mais ces chiffres sont évidemment trop faibles.

Dans des expériences sur la respiration pulmonaire, dont il sera question plus loin, Chr. Bohr (I) a déterminé, chez des chiens trachéotomisés, et, par un procédé détourné, la composition de l’air au niveau de la hifurcatiou de la trachée avant que cet air se mélange avec celui de la trachée et de la canule. Cet air est, il est vrai, plus riche en oxygène et plus pauvre en acide carbonique que celui qui remplit les alvéoles, mais par sa composition il s’éloigne moins de l’air alvéolaire que de l’air expiré. Par là, il constitue une donnée précieuse dans des expériences où l’analyse de l’air alvéolaire au moyen du cathéter pulmonaire est impossible. Or, la composition de l’air au niveau de la bifurcation de la trachée peut être calculée avec une approximation assez grande si l’on connaît : d» la composition de Pair inspiré et celle de l’air expiré ; 2° le volume de l’inspiration (qu’on peut mesurer à l’aide d’un compteur); 3" le volume de la canule jusqu’aux soupapes et celui de la trachée jusqu’à la bifurcation (qu’on obtient par une mesure directe après la mort de l’animal). D’après Bohr, cette méthode donne des résultats suffisamment précis, car en puisant directement de l’air à la bifurcation, au moment de l’expiration au moyen d’une sonde très mince, il a dosé dans cet air 2,74 p. 100 d’acide carbonique, tandis que la richesse calculée h’après la méthode ci-dessus se trouvait être de 2,69 p. 100.

Voici quelques-uns des résultats obtenus par Bohr sur 11 chiens; les chiffres, relatifs à l’oxygène, dérivent de 9 déterminations, et ceux qui se rapportent à l’acide carbonique de 13 déterminations :

Air au niveau de la bifurcation de la trachée.

Oxygène. Acide carbonique.

Maximum . 18,52 4,03

Minimum . 13,52 0,83

Moyenne . 16,36 2,57

(1) Chr. Bohr, Bulletin de V Acad. roy. danoise, 1889.

EXCTCLOP. CHIJI.

ENCYCLOPÉDIE CHIMIQUE. — LAMBLING.

cc qui coiTCspond aux tensions moyennes suivantes :

Pour l’oxygène . 124,3

Pour l’acide carbonique . 19,5

Il n’y a pas de désaccord choquant entre ces résultats et ceux de Wolfberg et de Nussbaum en ce qui concerne l’acide carbonique, et l’écart que l’on constate se produit dans le sens et avec l’amplitude qui sont conformes aux prévisions théoriques. Au surplus, on ne peut sur ce point qu’indiquer des limites ou des chiffres moyens. Les variations très rapides que présente la composition de l’air expiré, selon le rythme et l’ampleur des mouvements respiratoires, font prévoir nécessairement d’un expérimentateur à l’autre des différences considérables. Dans les expériences de Bohr, le nombre des inspirations par minute a varié chez les 11 animaux observés de 17 (avec un volume de 457“ par inspiration) à 150 (avec un volume de 61" par inspiration). 11 n’est pas surprenant dès lors que des écarts notables puissent être observés d’un expérimentateur à l’air.

Nous donnons ci-après, à titre de renseignement, le tableau dressé par Beaunis (1) pour la composition de l’air alvéolaire, en faisant remarquer que pour l’inspiration et l’expiration calme, la proportion de l’acide carbonique nous paraît trop élevée, si l’on doit considérer ces chiffres comme des moyennes.

OXÏGÈ.NE

ACIDE CARBOMQIE

Proportion

Pression

partielle

Proportion

partielle

Inspiration calme .

Inspiration profonde .

Expiration calme .

Expiration profonde .

(1) Beaunis, Éléments de physioL, t. II, i>. 768, 2“ édit., Paris, 1881.

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