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MASSE GAZEUSE DES POC.MOXS

est donc plus chargé d’acide carbonique que l’air inspiré, et la détermination exacte de la composition de cet air alvéolaire est une donnée capitale dans l’étude de la respiration.

Examinons d’abord de plus près quelle est l’intensité de la ventilation pulmonaire. Le volume total de l’air que peuvent contenir les poumons d’un adulte, dans le cas d’une inspiration aussi profonde que possible, est en moyenne de 4.970“'. Cette masse d’air peut se décomposer ainsi qu’il suit :

1° Air résidual ou résidu respiratoire. — C’est la quantité d’air qui reste dans les poumons après une expiration aussi forte que possible. Elle est de 1.200“ en moyenne.

2» Réserve respiratoire. — C’est l’air qui reste dans les poumons en sus du résidu respiratoire, après une expiration ordinaire. Celte réserve, qui pourrait donc être expulsée par une expiration forcée, s’élève en moyenne à 1.600“.

3° Quantité normale d'air inspiré ou expiré. — On a vu qu’elle est en moyenne de 500“.

4' Air complémentaire. — C’est l’excédent d’air inspiré dans une inspiration forcée, en sus de la quantité normale. Elle est de 1.670" en moyenne.

Le résidu respiratoire et la réserve respiratoire constituent ensemble ce que Grébant appelle la capacité pulmonaire (1). Celle-ci est d’environ 2.800". C’est sur ce volume d’air que se répartit la quantité d’air pur que chaque inspiration laisse dans les poumons. Cette quantité a été déterminée par Grébant, par un procédé des plus ingénieux qui a consisté à remplacer l’air inspiré par de l’bydro- ■gène. -Lvec une capacité pulmonaire de 2.930", il retrouva, après une inspiration normale de oOO" environ, 170" d’hydrogène dans l’air expiré. Il en était donc resté 330" dans les poumons. Le coefficient de ventilation était donc de ;

La petitesse de ce coefficient montre que pour une respiration tranquille, la composition de l’air alvéolaire ne doit varier que très peu avec les phases de la respiration. Mais la grandeur du volume de Vair complémentaire et de celui de la réserve respiratoire, font voir aussi combien dans les inspirations profondes suivies d’expirations forcées, la ventilation pulmonaire doit se trouver modifiée, et combien, par conséquent, la composition de l’air alvéolaire peut varier avec le rythme et l’ampleur des mouvements respiratoires. (Voy. p. 301 .)

Cette composition est fort difficile à déterminer. Les premières recherches faites sur ce point par Vierordt(2), P. Bert(3), Becher(4), ont donné pour l’acide carbonique des chiffres manifestement trop élevés, parce que les méthodes employées modifiaient considérablement les conditions des échanges gazeux entre l’air alvéolaire et le sang. Ainsi Paul Bert pratique la trachéotomie complète chez une

(1) Hutschinson appelle capacité vitale l’ensemble des trois dernières portions, c’est-à-dire la quantité maxima d’air que l’on peut expirer après une inspiration aussi profonde que possible. Pour les variations de la capacité vitale avec l’àge, la taille, etc., voy. les traités de physiologie et notamment Beaunis, Éléments de physiologie, 2“ édit., t. II, p. 764, Paris, 1681.

(2) Vierordl, toc. cit., p. 130.

(3) P. Bert, Physiol comp. de la respiration, p. 160, Paris, 1870.

(4) Becher, Zeilsch. f. rat. Med., nouvelle suite, t. VI, p. 249.

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chienne, puis à la fin d’une expiration (qu’un aide rend aussi complète que possible en pressant avec ses mains de chaque côté du thorax), il met brusquement le bout central de la trachée en communication, pendant un instant, avec un flacon de plusieurs litres dans lequel on a fait le vide. L’air des alvéoles se précipite dans ce flacon et peut ainsi être analysé. Mais il est clair qu’une aspiration aussi violente devait précisément augmenter la proportion d’acide carbonique. Paul Bert trouve en effet :

Oxygène . 12,9 p. 100

Acide carbonique . 7 —

Les premiers résultats précis ont été obtenus par les élèves de Pflüger au moyen d’un procédé fort ingénieux, consistant à pratiquer chez un animal le cathétérisme d’un lobule pulmonaire, sans que la circulation et la ventilation dans le reste de l’organe ne soient gênées. L’instrument employé, le cathéter pulmonaire, se compose d’une sonde droite ordinaire, souple et très mince, enveloppé d’un tuyau en caoutchouc qui est disposé, par rapport à la sonde, à peu près comme l’enveloppe à eau d’un réfrigérant de Liebig l’est par rapport au tube qu’il entoure. Il existe donc tout autour de la sonde un espace annulaire, entièrement clos, sans communication avec le canal de la sonde, et dans lequel on peut injecter de l’air à l’aide d’une petite poire en caoutchouc adaptée au voisinage de l’une des extrémités. A l’autre extrémité, qui est l’extrémité bronchique, la sonde ne dépasse que fort peu l’enveloppe en caoutchouc, et celle-ci peut à ce niveau être dilaté en ampoule par insufflation d’air.

La manipulation de l’instrument est fort simple. On pousse la sonde par la trachée jusqu’à une division bronchique, et on gonfle, à l’aide de la poire, l’extrémité de l’enveloppe en caoutchouc, qui par son ampoule obture exactement le canal de la bronche. On isole ainsi un territoire pulmonaire sans gêner la ventilation du reste du poumon, grâce au faible calibre du cathéter. L’extrémité extérieure de la sonde est mise en communication avec un tube rempli de mercure, et lorsque l’on suppose que l’air du lobule isolé s’est mis en parfait équilibre de tension avec les gaz du sang, on provoque la chute du mercure et par suite l’aspiration de l’air du lobule.

Les premiers essais de Wolfberg (1) ont donné en moyenne pour l’air du lobule cathétérisé, une teneur en acide carbonique de 3,2 p. 100. Plus tard, en étudiant simultanément la tension de l’acide carbonique dans l’alvéole pulmonaire et dans le sang veineux du cœur droit, il a obtenu des chiffres d’une concordance remarquable, que des expériences analogues de Nussbaum (2) vinrent confirmer peu après. Voici les chiffres moyens obtenus par ces deux expérimentateurs :

TENSION DE l’ ACIDE CAHBONIQÜE'

dans le sang veineux dans l’air alvéolaire. du cœur droit.

Wolfberg . 3,36 vol. p. 100 3,43 vol. p. 100

Nussbaum.' . 3,84 — 3,81 —

Ces chiffres démontrent qu’en quelques minutes l’équilibre de tension s’est

(1) Wolfberg, P/lüger’s Arch., t. V, p. 46S, 1871, et t. VI, p. 23, 1872.

(2) Nussbaum, ibid., t. VII, p. 296, 1873.

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