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ABSORPTION DE L OXYGÈNE

moyen qu’ont fourni les analyses de sang veineux chez le chien, effectuées par J. Otto (1). Les formules de Hüfner (2) permettent de calculer qu’un tel partage de la matière coloranle entre l’oxyhémoglobine et l’hémoglobine ne peut exister que si, dans le milieu entourant les globules, c’est-à-dire dans le plasma, il existe une tension en oxygène égale à :

Po

Pour une telle tension — il est intéressant de le noter en passant — la quantité d’oxygène dissoute dans 100" de plasma, à 37°, est égale à :

et la quantité d’oxygène chimiquement combiné (3) est de :

Supposons maintenant ce système en contact avec l’air alvéolaire, dans lequel l’oxygène a une tension de 130"“ environ (ce qui correspond à 17,1 p. 100 d’oxygène). L’oxygène va se dissoudre dans le plasma et sa tension dans ce liquide ira en croissant. Mais grâce à cette tension croissante, une partie de l’bémoglobine s’emparant de l'oxygène du plasma se transformera en oxybémoglobine, et de nouvelles quantités d’oxygène pourront se dissoudre dans le liquide intercellulaire, jusqu’à ce que l’équilibre de tension soit atteint. Supposons que cet équilibre se produise pour une tension de 112"" (4), c’est-à-dire que dans l’air alvéolaire et dans le sang artérialisé, l’oxygène ait pris finalement une tension de 112”“. A celte valeur correspond le partage que voici, d’après les formules de Hüfner ;

Pour 11'"'

mat. colorante. En centièmes.

Hémoglobine . 0,29 2,1

Oxyhémoglobine . . . 13,71 97,9

A ces 13«'',71 d’oxybémoglobine correspond un volume d’oxygène chimiquement combiné égal à ;

tandis que le plasma contient, à l’état de dissolution physique pour 100" :

(1) Voy. p. 276.

(2) Voy. p. 261, 271, etc.

(3) En admettant que 1"' d’hémoglobine fixe, en se transformant en oxyhémoglobine, 1“,58

d’oxygène (mesuré à 0° et 760““). t

14) C’est la tension mesurée par Frëdéricq, dans une de ses expériences sur le sang artérie (voy. p. 274).

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Le gain d’oxygène dissous aura donc été pour 100" de plasma :

et celui de l’oxygène chimiquement combiné, pour 100" de sang, de :

La plupart des physiologistes admettent que telle est bien la forme générale du phénomène, c’est-à-dire qu’ils sont d’accord pour expliquer l’absorption de l’oxygène dans le poumon — comme aussi l’élimination de l’acide carbonique dont il va être question plus loin — à l'aide de la théorie purement physique qu’on vient d’exposer dans l’exemple choisi ci-dessus et qui se résume dans la proposition suivante : Dans les échanges respiratoires, l’oxygène marche dans un sens qui est déterminé uniquement par les différences des tensions de ce gaz dans l’air et dans le sang.

Les divergences ne portent que sur la valeur de ces tensions dans l’air et dans le sang veineux au début du phénomène, dans l’air et le sang artériel au moment où l’oxygénation est achevée. La critique des valeurs attribuées par ces divers auteurs à ces tensions a été faite précédemment. On ne reviendra pas ici sur cette question (2).

11 convient d’ajouter encore que ceux qui admettent la théorie purement physique qui a été exposée plus haut, ne nient pas pour cela que la membrane organisée, à travers laquelle les échanges gazeux s’opèrent dans le poumon, ne puissent influer sur ces échanges. De même qu’il faut admettre que l’oxygène n’arrive jusqu’aux globules qu’après s’être dissous dans le plasma, de même entre le plasma et l’air alvéolaire .s’interpose le protoplasma de cette membrane organisée qui doit évidemment intervenir dans le phénomène. Mais de quelle façon ? La plupart des physiologistes pensent que le tissu pulmonaire ne joue qu’un rôle secondaire, que sa présence influe par exemple sur la rapidité des échanges gazeux, mais non point sur leur direction, laquelle est toujours réglée par les différences de tension.

De divers côtés, au contraire, et comme périodiquement, se fait jour la doctrine contraire qui attribue au poumon un rôle actif dans les échanges gazeux. C’est ainsi, en ce qui concerne l’élimination de l’acide carbonique, que Robin et Verdeil, en France, et l’école de Ludwig, en .illemagne, ont d’abord attribué au poumon un rôle sécrétoire. Pour ce qui regarde l’absorption de l’oxygène, ce n’est que récemment que la théorie de l’int^jÊ^tion active du poiimon dans ce phénomène a été défendue de Chr. BolirTa). Voici les faits sur lesquels s’appuie cet auteur :

(1) On cite ici cos chiffres non point comme l’expression exacte de la réalité, mais uniquement pour donner une idée précise de l’ordre de grandeurs dont il s’agit.

(2) En SC reportant à cette critique (p. 268 et suiv.), le lecteur pourra constater que les résultats obtenus jusqu’à présent permettent d’affirmer que la tension de l’oxygène est plus forte dans l’air alvéolaii’e que dans le sang veineux, mais qu’il est vain de vouloir mettre en regard les uns des autres des chiffres précis.

(3) Chr. Bohr, Bull, de l'Acad. roy. danoise des sciences et des lettres pour l'année 1889, — Une partie des résultats de Bohr a été publiée dans ; Centralbl. f. Physiol., t. 1, 1887,

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