APPAREIL DE HANRIOT ET RICHET
et finalement à travers un compteur à gaz. D’autre part, un second système, de pompe emprunte constamment à l’atmosphère qui entoure l’appareil de l’air dans lequel on dose de la même manière l’acide carbonique et l’eau. Dans certains essais, un troisième système de pompes dirige une portion de l’air de la chambre dans un tube à combustion, et de là dans des appareils absorbant l’eau et l’acide carbonique, de façon à déterminer la proportion de gaz combustibles (hydrogène et formène) contenus dans l’air exhalé.
Cet appareil donne des résultats précis en ce qui concerne l’acide carbonique t des expériences de contrôle ont montré que l’erreur est inférieure à 3 p. 100. Le dosage précis de la vapeur d’eau est plus difficile, à cause de l’absorption d’une partie variable de l’eau par les meubles de la chambre (lit, etc.). Enfin la détermination de l’oxygène constitue la partie la plus faible de la méthode, car elle se fait par différence, et c’est par suite sur ce résultat que retombent et s’accumulent toutes les erreurs de l’expérience. Le poids d’oxygène s’obtient en effet en retranchant du poids initial du sujet (augmenté de tous les ingesta directement déterminés) le poids final (augmenté de tous les excreta) (1). Voit (2), Burdon-Sanderson, Arloing (3), Bodlânder (4), Paschutin (5), ont fait construire des appareils analogues.
Un grand nombre d’appareils ont été Imaginés pour l’étude des échanges gazeux pulmonaires. On ne décrira pas ici les appareils classiques de Valentin et Briinner, Andral et Gavarret, etc. On se bornera à la description sommaire de l’appareil très précis et très élégant imaginé par Hanriot et Richet (6).
Appareil de Hanriot et Richet. — Leur procédé repose sur le principe suivant. L’air inspiré doit traverser un compteur à gaz (I) qui mesure son volume. L’air expiré traverse successivement deux compteurs (II et III), entre lesquels est placé un appareil qui absorbe l’acide carbonique. 11 est clair que la différence de volume entre les deux compteurs I et III donnera le volume d’oxygène absorbé, et celle qu’accusent les compteurs II et III le volume d’acide carbonique produit. Des expériences de contrôle ont démontré que les compteurs employés permettaient de mesurer plusieurs mètres cubes avec une erreur maximum de 50".
L’absorption de l’acide carbonique s’opère en fai.sant passe*- les produits expirés dans une large éprouvette, haute de 1",50, pleine de fragments de verre,, et dans laquelle on fait tomber une pluie de lessive de potasse saturée, distribuée au moyen d’un petit tourniquet hydraulique. Un flacon d’eau de baryte interposé à la sortie du cylindre sert à montrer que l’absorption de l’acide carbonique est totale, en même temps qu’il restitue à l’air la vapeùr d’eau qu’il a perdue au contact de la lessive saturée. La dissolution de l’acide carbonique dans l’eau des compteurs ne modifie que très peu les résultats. Dans des expé-
(1) Pour la bibliographie relative à la discussion des causes d’erreur, voy. Zuntz, in Herman's: Handb. d. Physiol., t. IV, 2' partie, p. 124 et 125.
(2) Voit, Zeitsehr. f. Biol., t. XIV, p. 122, 1886.
(3) Arloing, Arch. de physiol., t. XVHI, p. 321, 1886.
(4) A. Bodlander, Zeitsehr. f. klin. Med., t. XI, p. 522, 1886.
(5) Paschntin, Maly’s Jahresb., t. XVI, p. 373, 1886.
(6) Hanriot et Richet, Comptes rendus, t. CIX, p. 435, 1887.
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riences de contrôle faites avec des mélanges d’acide carbonique et d’air contenant de 3,022 à 4,533 p. 100 de gaz carbonique, l’erreur fut de 0,0 — 0,116 p. 100 du mélange ou de 0,0 — 2,58 p. 100 de l’acide carbonique.
Un dispositif spécial (1) permet d’enregistrer graphiquement la quantité d’oxygène absorbé et d’acide carbonique éliminé, c’est-à-dire les différences entre les indications des compteurs I et III et II et III.
Pour un grand nombre de méthodes qu’on n’a point eu l’occasion de citer au cours de cet exposé, nous renvoyons le lecteur aux mémoires originaux (2). Notons seulement ici que la technique actuellement en faveur en Allemagne est celle de Zuntz et Geppert. En ce qui concerne les méthodes actuelles, le travail de ces deux savants est fondamental (3).
Signalons, en terminant, la méthode indirecte employée par Boussingault. On soumet un animal à la ration d’entretien. On pèse les aliments solides et liquides introduits dans le tube digestif. On pèse d’un autre côté tout ce qu’il perd par les selles et les urines. En retranchant la seconde quantité de la première, on a la perte que l’animal peut faire par la respiration et la peau. Cette méthode peut servir à contrôler les méthodes directes.
§ II. Résultats des EXPÉniENCES de Régnault et Reiset
ET DE PeTTENKOFER ET VOIT.
Avant d’étudier les variations que subissent les échanges gazeux sous diverses influences, il convient de donner, par quelques tableaux d’ensemble, une notion générale de la grandeur de ces échanges. Pour cette raison, nous reproduisons ci-après une série de tableaux qui résument les principaux résultats numériques obtenus par Régnault et Reiset, par Reiset et par Pettenkofer et Voit. Le lecteur trouvera en outre, dans les paragraphes suivants, un certain nombre d’autres données numériques.
Dans ces tableaux on désigne, sous le nom de quotient respiratoire, le rapport du volume d’acide carbonique exhalé au volume d’oxygène absorbé, ou, ce qui revient au même, le rapport du volume d’oxygène contenu dans l’acide carbonique exhalé au volume d’oxygène absorbé (4). L’intérêt et la signification de ce quotient ressortiront de la suite de cet exposé.
Voici d’abord le tableau qui résume les résultats de Régnault et Reiset (5). Dans la troisième colonne, l’indication (a) signifie qu’il y a eu absorption d’azote, et l’indication (d) qu’il y a eu dégagement d’azote. Dans la première colonne on
(1) Hanriot et Richet, Société de biologie, 1887, p. 753.
(2) Voy. notamment la méthode Ludwig et de ses élèves : Sczelkow, Wien. acad. Sitzungsber., t. XLV, 1862. — Kowalewski, Ber. d. Sachs. Gesellsch. d. Wïss , 1866. — Sanders-Ezn, ibid., 1867. — Rôhrig et Zuntz, Arck. f. d. ges. Physiol., t. IV, p. 57, 1871. — Zuntz, ibid., t. XII, p. 522, 1876. — Pflüger, ibid., t. XVIII, p. 247, 1878. — L’appareil employé par Gréhant et Quinquaud se trouve décrit dans : Quinquaud, Journal de Vanat. et de la physiol., '■ÎZ'’ année, p. 327, et Comptes rendus, t. CIV, p. 1542, 1887.
(3) Geppert et Zuntz, Pflüger's Arch., t. XLII, p. 189, 1888.
(4) Puisque CO*= 2 vol., tout comme O* = 2 vol.
(5) Régnault et Reiset, loc. cit.,p. 402-510.