EXPÉRIENCES DE REGNAULT, REISET, PETTENKOFER ET VOIT
Méthode pour comparer entre eux les échanges gazeux respiratoires dans diverses conditions. — L’expérience montre que les échanges gazeux respiratoires varient non seulement sous l’influence de l’alimentation, du travail musculaire, du repos, etc. — facteurs dont le rôle considérable apparaît à la première inspection des tableaux qui précèdent — mais encore sous d’autres influences très nombreuses qui font sentir leurs effets d’heure en heure, de minute en minute même. L’étude de ces variations ne fournit déchiffrés comparables entre eux, en valeur absolue, que si l’on poursuit une série complète d’observations sur un seul et même individu. Zuntz (1) s’est efforcé, dans ces dernières années, de rendre plus facile une telle comparaison. Chez chaque individu les échanges gazeux respiratoires atteignent une valeur minima constante, toutes choses égales d’ailleurs, lorsque deux conditions principales sont réalisées : le repos corporel absolu et l’état de vacuité et de repos du tube digestif. Les échanges gazeux sont déterminés de préférence le matin, 12 heures après un repas léger, et le sujet étant couché sur le dos et, s’il est possible, dormant. L’appareil employé par Zuntz est celui qu’il a construit avec Geppert (voy. p. 332). Les résultats sont habituellement exprimés en volumes gazeux, réduits à 0“ et 760"“ de pression en mercure, et rapportés à 1'“* de poids vif et à 1 minute.
Les Dateurs minima pour l’état de jeûne {Schwellenwerth, Nüchternwerth) que l’on a obtenues ainsi pour l’homme sont presque toutes comprises entre (2) ;
3“,0 et 4“,5 pour l’oxygène,
2“,5 et 3",S pour l’acide carbonique,
et la moyenne de tous les résultats connus est, d’après C. von Noorden, de :
3",81 pour l’oxygène,
3“,08 pour l’acide carbonique.
Cette constance de la valeur minima à l’état de jeûne, ressort aussi très nettement des expériences de Richet et Hanriot(3) :
(1) Zuntz, Sert. klin. Wochenschr., 1887, p. 430.
(21 Toutes ces valeurs sont réunies dans : R- Meyer, Ueber den Sauerstoffverbrauch, etc. — Dissert., Bonn, 1892.
(3) Richet et Hanriot, Comptes rendus, t. CVI, p. 496, 1888.
340 ENCYCLOPÉDIK CHIMIQUE. — LAMBLIXC.
Ces résullals fournissent donc une valéur étalon à laquelle on peut comparer les résultats obtenus chez divers individus à l’état sain ou pathologique. (Voy. K. Bohland, Berl. klin. Wochenschr., 1893, n- 18.)
§ III. VaRI.VTIO.NS physiologiques des ÉCH.iXGES GAZEUX RESPIRATOIRES.
Les facteurs qui font varier les échanges gazeux respiratoires peuvent être groupés sous trois chefs. On étudiera d’abord la respiration dans les divers états de l’organisme (âge, sexe, taille, constitution...), puis les variations produites pas les diverses influences fonctionnelles (rythme respiratoire, alimentation, travail musculaire, sommeil, température du corps, etc.). Ce sont là les variations qui dépendent de l’individu lui-même. Il s’en produit d’autres encore sous des influences extérieures. Ici se place l’étude des variations journalières, des effets de la température extérieure, de la lumière, et siH’tout de la pression barométrique et de la composition de l'atmosphère. A ce propos on donnera quelques indications relatives à l'action de quelques gaz toxiques sur la respiration.