Étals de l'organisme
Respiration fœtale. — Pour des raisons faciles à comprendre, la respiration fœtale n'a pu être étudiée quantitativement que chez les oiseaux. Pour les mammifères on n’a pu observer que quelques faits isolés. Il paraît certain que chez ces derniers les échanges gazeux, et d’une manière générale les mutations de matière, sont bien moins intenses que chez le nouveau-né et l’adulte. Déjà défendue par Pfliiger (1) et appuyée par lui sur des preuves indirectes, cette manière de voir est confirmée nettement par les constatations directes de Cohnstein et Zuntz (2) sur les fœtus de brebis. La différence de pression entre le sang artériel et le sang veineux n’est que de 14,2 à 31,1 (une seule fois de 31,1) millimètres. La vitesse du courant sanguin est aussi très faible, bien inférieure à ce qu’elle est dans des vaisseaux de même calibre chez l’adulte. Le sang artériel est de plus très loin d’être saturé d’oxygène. Enfin Cohnstein et Zuntz calculent que par kilogramme et par minute le fœtus de brebis ne consomme que 0“,3 à 0",5 d’oxygène, tandis que chez la brebis adulte, celte consommation est, d’après Reiset, de o",8 par kilogramme et par minute.
Chez les nouveau-nés la consommation d’oxygène reste encore très faible, et c’est à cette cause qu’il faut rapporter l’étonnante résistance des nouveau-nés des mammifères à la mort par submersion (3).
On possède de nombreuses mesures directes des échanges respiratoires chez
(1) Pflüger, Arch. f. d. ges. Physiol., t. 1, p. 61.
(2) Cohnstein et Zuntz, ibid., t. XXXIV, p. 173, 1884. — Le lecteur trouvera dans ce mémoire toute la bibliographie relative à cette question. — Voy. plus haut, p. 204, quelques indications sur la technique adoptée par ces auteurs,
(3) Voy. l’ouvrage de 1*. Bcrt, Leçons sur la physiol. comparée de la respiration, Paris,