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PROPRIÉTÉS PHYSIQUES ET CHIMIQUES DE L’HÉMOGLOBINE

lutions d’hémoglobine diffèrent nettement par letir couleur des dissolutions d’oxyhémoglobine. Les premières sont en couches épaisses, d’un rouge cerise foncé, en couches minces, elles sont vertes à la lumière transmise; les secondes au contraire, sont en couches épaisses, d’un rouge plus clair, plus éclatant, et en couches minces d’un jaune rougeâtre. L’étude du spectre d’absorption de l’hémoglobine rend clairement compte de la raison de ces différences. En solution étendue, l’hémoglobine présente au spectroscope, entre les raies D et E de Eraunhofer, une bande d’absorption unique, dite communément bande de Stokes(l), et occupant sensiblement l’espace clair qui sépare les deux bandes de l’oxyhémoglobine. Le milieu de cette bande correspond à X = 534. D’après L. Hermann (2), cette bande, lorsque le spectre n’est pas trop étalé, paraît n’être pas unique : vers le rouge l’absorption, après avoir décru, se relève et il résulte de là une bande d’absorption très étroite faisant suite du côté du rouge à la bande de Stokes et séparée de cette dernière par un espace clair très étroit. Mais cette observation ne concorde pas avec les résultats obtenus par 'Vierordt dans son étude photométrique des spectres d’absorption du sang (3). Les deux extrémités du spectre sont également obscurcies sur une étendue plus ou moins grande selon l’épaisseur et la concentration de la dissolution observée (4).

En déplaçant dans la figure 3 une ligne droite parallèlement à ah et de bas en haut, on a successivement, comme dans la figure i (voy. p. 31), tous les spectres que l’on obtient avec des dissolutions de concentrations croissantes (5).

(1) C’est en effet Stokes qui, lieux ans après la découverte du spectre d’absorption de l’oxyhémoglobine par Hoppe-Seyler, signala pour la première fois cette bande unique.

(2) L. Hermann, PfLüger's Arch., t. XLIII, p. 23S, 1888.

(3) Vierordt, Die Anwendung des Spectral-Apparates, etc. Tübingen, 1873, p. 126.

(4) Lorsqu’on réduit de l’oxybémoglobine ii l’aide du sulfure d’ammonium, on voit apparaître en outre, entre C et D une bande étroite, à bords assez nets, mais très pèle (bande or de quelques auteurs) et qui est due h une action spéciale du sulfure. Les autres réducteurs ne la produisent pas.

(5) Ce schéma, comme celui de la figure 1, est emprunté h Rollet, loc. cit.

■K ENCYCLOPÉDIE CHIMIQUE. — L.AMIILING.

Cette figure montre qu’à concentration égale les dissolutions d’hémoglobine absorbent une* plus grande étendue de l'extrémité rouge, et une moins grande étendue de l’extrémité violette du spectre que les dissolutions d’oxyhémoglobine.

Remarquons, en outre, que pour des concentrations très faibles et pour lesquelles la bande de Stokes n’apparaît pas encore, le raccourcissement du spectre par ses deux extrémités est déjà sensible. Ce fait explique la coloration verte que présentent les dissolutions étendues d’hémoglobine ou les dissolutions concentrées examinées en couche mince.

Enfin, une autre particularité intéressante est la suivante, dont les schémas des figures i et 3, d’une approximation assez grossière (1), ne peuvent rendre compte et que Hoppe-Seyler a mis à profit par la recherche qualitative simultanée de l’oxyhémoglobine et de l’hémoglobine dans le sang. Lorsqu’on additionne de sulfure d'ammonium une dissolution d’oxyhémoglobine très étendue, mais telle pourtant que les deux bandes, bien que faibles, soient encore nettement perçues, on ne perçoit plus que très faiblement, ou même pas du tout, la bande de Stokes qui doit remplacer la double bande primitive.

Il résulte de là que si l’on a un mélange des deux matières colorantes, la présence de l’oxyhémoglobine sera révélée par les deux bandes, lorsqu’on observera la dissolution, sous une épaisseur très faible, et celle de l’hémoglobine par la forte absorption qui atteint la région située entre les deux bandes sitôt que l’on augmente l’épaisseur du liquide observé :

l.’étude photométrique de spectre de l’hémoglobine a été faite d’abord par Vierordt(2) et plus tard par Hüfner et ses élèves, mais spécialement en ce qui concerne la détermination du rapport d’absorption de cette substance dans diverses régions spectrales. Voici la liste des résultats qui ont été obtenus jusqu’à présent. On a signalé plus haut (p. 34, note 4), l’influence qu’exercent sur ces déterminations la nature de l’appareil emploj^é.

Dans le tableau qui suit, et A'^ désignent les rapports d’absorption de l’hémoglobine de chien pour les régions :

D32E — D54E (X = 303 — 534) et D63E — D84E (X = 345— 334).

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La connaissance de ces rapports d’aborption , combinés avec ceux de l’oxyhé-

(1) Yoy. ta note 4 de ta p. 32.

(2) Yierordt, loc. cil.

(3) Von Noorden, Zeitschr. f. physiol. Chem., t. IV, p. 9.

(4) J. Otto, Pflüger's Arch., t. XXXVI, p. 12, 1885.

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