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Chiffres normaux d’après Môller . 0 ,487-0,633

A la vérité, ces chiffres sont le plus souvent voisins de la limite inférieure des oscillations normales; mais ces malades étaient encore capables d’efforts musculaires assez sérieux, ce qui revient à dire que l’organisme n’avait pas tendu jusqu’à leurs dernières limites les mécanismes compensateurs (accélération de la respiration et du cœur) dont il dispose. Il est donc permis de conclure que.

(1) Geppert, Charité- Annaten, t. IX, p. 283, 1884.

(2) Môller, Zeitschr. f. Biol., t. XIV, p. 542, 1878.

MALADIES DU SANG

malgré la dyspnée et l’oxygénation insuffisante qui peut en résulter pour le sang, les combustions intra-organiques se maintiennent sensiblement au taux normal, et c’est la encore une démonstration frappante de la loi physiologique énoncée par Pflüger et Voit. (Voy. p. 363.)

Ajoutons cependant que l’on ignore si l’organisme peut supporter pendant longtemps un pareil état de choses, et si les cellules, qui n’empruntent qu’avec peine à un sang médiocrement aéré la quantité d’oxygène dont elles ont besoin, ne finissent pas par restreindre l’activité de leurs échanges chimiques. A en juger cependant, d’après des expériences faites sur les animaux, ce ralentissement des combustions organiques se produit fort tard. Si chez des chiens on provoque des dyspnées considérables (par pneumothorax, section du nerf vague), on constate que la consommation d’oxygène et l’élimination d’acide carbonique ne diminuent nettement que dans la période agonique (1).

Ce qui précède n’implique pas, bien entendu, que les combustions intra-organiques ne sont en aucune façon touchées par la dyspnée. Elles paraissent, en efi'et, modifiées qualitativement. Senator (2) a signalé la présence du glucose dans l’urine du chien en état de dyspnée, et Dastre (3) a fortement insisté sur l’augmentation du sucre dans le sang (glycémie asphyxique). D’autre part, Hoppe-Seyler et ses élèves (4) ont démontré la présence constante de l’acide lactique dans les urines (lactacidurie asphyxique). Notons^ enfin que chez des chiens respirant dans un air raréfié, Lœvy (5) a vu le quotient respiratoire augmenter, ce qui ne s’explique guère que par la formation de produits de combustion incomplète. On reviendra sur cette question dans le chapitre relatif à l’étude des échanges nutritifs dans les maladies.

§ III. Maladies du sang.

Les expériences relatées à propos de l’influence des saignées sur les échanges respiratoires ont démontré que ces échanges sont plutôt activés que diminués même par des soustractions de sang considérables. Néanmoins, comme dans un certain nombre de cas on avait observé (6) que la consommation d’oxygène, après être restée normale pendant quelque temps, avait fini par s’installer à un taux très inférieur à la normale, on en avait conclu que dans les anémies les combustions devaient être également ralenties. On était d’ailleurs sous l’empire de cette idée préconçue, à savoir que, l’apport d’oxygène se trouvant diminué par le fait de l’hypoglobulie, la consommation de ce gaz devait nécessairement en souffrir. Mais ici encore, une observation plus précise a montré l’exactitude de la loi physiologique de Pflüger et Voit. (Voy. p. 363.)

Grüber a constaté en effet chez le lapin que les combustions respiratoires res-

(1) Voy. C. von Noorden, loc. cit., p. 314. — On observe le même fait à la suite de saignées (voy. p. 335).

(2) Senator, Virchoio’s Arch., t. XLII, p. 1, 1868.

(3) Dastre, De la glycémie asphyxique, thèse de Paris, 1879, et Société de biologie, 1891.

(4) Voy. la dernière partie de cet ouvrage.

(5) Loewy. Du Bois-Reymond' s Arch. f. Physiol., 1892, p. 545.

(6) En particulier dans les expériences de Bauer (p. 355).

3T6 ENCYCLOPÉDIE CHIMIQUE. — LAMBLING.

tent normales non seulement aussitôt après la saignée, mais encore pendant tout le temps que dure la régénération des globules. Si l’on pousse la saignée jusqu’à un degré où la consommation d’oxygène commence à baisser, il ne s’installe point un nouveau régime, où l’organisme restreignant ses besoins, vivrait sur le pied d’une moindre consommation d’oxygène, mais on voit au contraire la mort survenir à bref délai. D’autre part, Pettenkofer et Voit (1), Krauss et Chvostek (2), Bohland et Geppert (3), ont montré que, dans les cas, mêmes graves, de leucémie, d’anémies diverses, de chlorose, d’anémies pernicieuses, d’anémies par anchylostomes, les combustions sont aussi intenses que cher, l’homme normal pris dans les mêmes conditions de repos et d’alimentation. Krauss et Chvostek ont montré pour des anémies graves, des leucémies, des chloroses, que l’organisme trouve non seulement la quantité d’oxygène nécessaire au maintien du taux normal des combustions, mais encore le surplus, souvent énorme, exigé par diverses opérations physiologiques, telles que le travail musculaire par exemple.

Ainsi, malgré la diminution souvent énorme du courant d’oxygène qui va baigner les tissus, l’organisme parvient à faire face, aussi bien qu’à l’état normal, aux besoins de ses tissus; mais cet effet ne s’obtient pas sans la mise en jeu de divers mécanismes compensateurs, qui sont, notamment chez les anémiques, l’accélération de la respiration et du cœur. De plus, le sang est réduit par les tissus plus profondément qu’à l’état normal et devient plus noir et plus pauvre en oxygène (4).

Ce qui paraît donc bien établi aujourd’hui, c’est que l’état de dépérissement de l’organisme, dans les maladies du sang, ne peut plus s’expliquer par cette simple affirmation que les tissus ne trouvent dans le sang qu’une quantité insuffisante d’oxygène. En fait, on constate qu’ils parviennent à emprunter au liquide noürricier autant d’oxygène qu’à l’état normal.

L’explication du dépérissement de l’organisme doit donc être cherchée plus loin. Elle réside, dit C. von Noorden (5), dans les tissus mômes qui, obligés d’extraire leur oxygène d’un sang pauvre, ne parviennent à s’alimenter suffisamment qu'au prix d’un « effort », nuisible à la longue. On se représente mal en quoi consiste cet effort. Pourtant on conçoit que si, malgré le trop faible écart qui existe chez l’anémique entre la tension de l’oxygène dans le sang et les tissus, ceux-ci parviennent néanmoins à s’oxygéner suffisamment, l’afflux d’oxygène, du sang vers les tissus, se fasse suivant un régime différent du régime normal, d’où résulte une altération du chimismes des cellules. C’est cette altération qui est devenue le point central de la question.

11 faut bien reconnaître que cette conception est moins claire que celle de nos prédécesseurs, qui expliquaient tout par l’apport insuffisant d’oxygène. Mais cette explication n’est plus aujourd’hui soutenable, et l’on voit finalement quec’est moins du côté des échanges respiratoires des anémiques que du côté de

(Il Pettenkofer et Voit, Zeitschr. f. Biol., t. V, p. 319, 1869.

(2) Krauss et Chvostek, Wien. med. 'SVochenschr., 1891, n” 33.

(3) Voy. la Dissert, inaug. de R. Meyer, Bonn, 1892.

(4) Finkler, Pflüger’s Arch., t. X, p. 363, 1875.

(6) C. von Noorden, loc. cit., p. 335.

MALADIES DU SANG

leurs mutations de matières qu’il convient de diriger actuellement les recherches. Ce que l’on sait sur ce point sera exposé dans la dernière partie de cet ouvrage.

§ IV. Affections divekses.

Diabète. — Les échanges respiratoires ont été étudiés chez le diabétique par Pcttenkofer et Voit, qui se sont servi de leur appareil, et par Léo, qui a mesuré la consommation d’oxygène à l’aide de la méthode de Zuntz et Geppert (voy.p. 332). Dans cinq cas, la quantité d’oxygène consommée fut par kilogramme et par minute :

Oxygène consommé. Quotient respiratoire.

On voit que les écarts ne sortent pas des limites normales (voy. p. 339). Ils s’expliquent au surplus, comme le fait remarquer C. von Noorden (1), lorsqu’on examine chaque cas à part. C’est ainsi que la faiblesse du quatrième résultat s’explique par ce fait qu’il s’agissait d’un sujet obèse chez lequel par conséquent des masses graisseuses considérables, fort peu actives au point de vue des combustions, venaient augmenter le poids total. On remarquera aussi la faiblesse du quotient respiratoire dans la première observation (0,66). Le sujet éliminait des quantités énormes de sucre et n’en brûlait donc que fort peu. Or, le quotient respiratoire dans la combustion des hydrates de carbone est égal à l’unité (voy. p. 349). 11 devait donc, dans l’espèce, s’éloigner autant que possible de cette valeur. L’intensité des combustions ne paraît donc pas atteinte chez le diabétique, qui consomme, au moins dans la période d’état de la maladie, des quantités normales d’oxygène. Mais on verra que, par le fait de la glycosurie, lanature et les produits de ces combustions présentent des anomalies pathologiques.

Goutte. — On admet en général qu’il y a, dans la goutte, ralentissement des combustions. Mais cette théorie s’appuie surtout sur le fait de l’accumulation dans l’organisme de l’acide urique, considéré comme produit d’une combustion incomplète des albuminoïdes. Mais aucune expérience n’a été faite encore en vue de mesurer l’influence de la goutte sur la quantité d’oxygène consommée.

Obésité. — On ne possède que deux observations dans lesquelles l’intensité des combustions respiratoires a été mesurée chez des obèses. Elles sont de Zuntz et C. von Noorden et ont porté sur une fille de 33 ans et un homme de 30 ans. Les quantités d’acide carbonique éliminé ont oscillé, par kilogramme

^1) C. Ton Noorden, loc. cit., p. 387.

€t par minute, dans le premier cas entre 2“,27 et 3“,48, et dans le second cas entre 1",91 et 2", 73. C. von Noorden (I) fait remarquer que ces chiffres sont faibles et voisins des limites inférieures des chiffres normaux. Peut-être s’expliquent-ils suffisamment par ce fait que le poids du sujet est augmenté de toute la surcharge graisseuse qui ne compte pour ainsi dire pas au point de vue des combustions, sans qu’il soit nécessaire d’admettre que, dans le reste de l’organisme, le pouvoir comburant des cellules est diminué.

Maladies du rein. — On possède une observation de Hannover (2) sur un sujet atteint de néphrite et qui exhalait à l’état d’acide carbonique 08',142 de carbone par kilogramme et par minute, tandis qu’à l’état normal, Hannover trouvait par sa méthode 0ï%i37, soit à peu près le même chiffre.

(1) C. Yon Noorden, loc. cit., p. 448.

(2) Cité d’après C. von Noorden, p. 360.

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