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COMPOSITION CHIMIQUE DES SÉROSITÉS, DES TRANSSUDAIS ET DES EXSUDAIS

§ I. généralités.

A la lymphe et au sang se rattachent une série de liquides tant normaux que pathologiques, réunis sous les dénominations assez mal définies de sérosités, de transsudats et d’exsudats. Parfois on désigne, sous le nom générique de sérosités, l’ensemble de ces liquides, en réservant alors les dénominations de transsudats et d’exsudats aux productions pathologiques. Mais la nomenclature varie beaucoup d’un auteur à l’autre, et souvent ces diverses dénominations sont employées presque indifféremment ou tout au moins avec des différences mal définies.

A l’état normal, il existe dans un certain nombre de cavités séreuses des liquides ayant à peu près la composition du sérum. Tels sont, par exemple, le liquide cérébrospinal, le liquide amniotique, la synovie. Ces liquides peuvent être recueillis à l’état normal en quantités relativement assez grandes et ont pu être analysés dans ces conditions. D’autres liquides séreux n’apparaissent normalement qu’en très petites quantités et n’ont pu être analysés que dans certains cas pathologiques, où ils sont produits en quantité exagérée et sans doute avec des caractères anormaux. Tels sont le liquide péritonéal que l’on ne connaît que par l’analyse des liquides recueillis dans les cas de péritonite ou d’ascite, le liquide de l’hydrocèle, celui du péricarde, celui de la plèvre, qui rentrent dès lors dans le groupe des productions pathologiques. En ce qui concerne plus particulièrement le liquide du péricarde, on le trouve à la vérité à l’autopsie, en,

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assez grancie quantité chez le cheval, et l’on se rappelle que c’est sur ce liquide et celui de l’hydrocèle que Al. Schnnidt fit ses premières expériences relatives à la coagulation du sang, mais il est certain que dans ces conditions il a pu se produire, au moment de la mort, des phénomènes de filtration pouvant altérer notablement les caractères du liquide normal (t).

Nous appliquerons donc, dans ce qui suit, l’expression de sérosités normales, aux liquides analogues au sérum ou au plasma que l’on trouve dans certaines cavités, et nous décrirons sous cette rubrique celles d’entre ces sérosités que l’on a pu analyser à l’état normal. Dans cette catégorie rentrent : le liquide cérébrospinal, les liquides de synoviale, les périlymphe et endolymphe de l’oreille de certains animaux, le liquide amniotique, l’humeur aqueuse.

Nous rejetterons, au contraire, dans le groupe des productions anormales, les liquides de péricarde, de l’hydrocèle, du péritoine, de la plèvre, qui n’ont guère pu être analysées qu’à l’état pathologique.

Étudions successivement ces deux catégories.

§ II. Sérosités .normales.

On les considère en général comme de simples produits de filtration du plasma sanguin, sortis du sang par un mécanisme de simple filtration, sans intervention d’aucune action spécifique sécrétoire. Cependant Halliburton (2) s’est élevé récemment contre cette manière devoir en ce qui concerne le liquide cérébrospinal, que sa composition éloigne notablement des sérosités trouvées dans d’autres cavités, et que ce physiologiste considère comme un véritable produit de sécrétion. Il est probable que cette conclusion doit être étendue à tous les liquides séreux. Si l’on s’en rapporte aux récents travaux de Ileidenhain sur la formation de la lymphe (voy. p. 391) — travaux qui modifient si considérablement nos idées sur ces phénomènes de « filtration » — il devient probable que dans la production des sérosités intervient toujours l’activité propre do la membrane à travers laquelle passe la sérosité au moment de sa production. A la vérité, toutes ces sérosités se ressemblent beaucoup qualitativement, puisqu’elles proviennent toutes de la même source, qui est le plasma sanguin; mais il y a entre elles des différences quantitatives et même qualitatives, difficilement conciliables avec la théorie purement physique de la filtration.

Ces sérosités sont en général des liquides légèrement jaunâtres, à réaction alcaline, à densité inférieure à 1.012 ou 1.010. Elles ne sont pas spontanément coagulable, ne contiennent souvent pas de fibrinogène, mais seulement de la sérum-albumine, de la sérum-globuline, parfois seulement cette dernière.

Liquide cérébro-spinal. — C’est le liquide qui remplit les cavités sous-arachnoïdiennes, et qui entoure à la fois le cerveau et la moelle épinière. On a pu

(1) Voy. à ce sujet l’expérience de Tigerstedt rapportée à la page 391.

i2I Halliburton, Lehrb. d. c/iem. Physiol., traduction allemande de Kayser, Heidelberg, 1893,

SÉKOSITÉS KORMALES.

recueillir du liquide cérébro-spinal dans des cas de fracture de la base du crâne avec rupture du tympan, et dans lesquels ce liquide s’écoule par l'oreille ou par le nez (d). On a également analysé des liquides provenant d’individus hydrocéphales, ou obtenus dans des cas de méningocèles.

C’est un liquide incolore ou jaunâtre, neutre ou faiblement alcalin; sa densité est d’environ 1.007 'a 1.008. Il ne contient pas de fibrinogène, car par addition de ferment delà fibrine ou de sérum, il ne donne aucun coagulum. Traité par le sulfate de magnésie, il donne un précipité contenant toutes matières albuminoïdes. Une contient, par conséquent, pas de sérum-albumine. Mais il renferme, d’après Iloppe-Seyler (a), une globuline à côté de laquelle Halliburton (3) place une petite quantité d’une alburnose (protalbumose). Le liquide contient, outre une substance réduisant la liqueur de Fehling, ne fermentant pas alcooliquement, sans action sur la lumière polarisée, et ne donnant pas de combinaison avec la phénylhydrazine. Ce corps qui serait, d’après Halliburton, de la pyrocatéchine, n'apparaîtrait, d’après Hoppe-Seyler, que lorsqu’il y a eu irritation par suite de ponctions successives, fait contesté par Halliburton.

Voici les résultats de quelques analyses de liquide cérébro-spinal. Pour le liquide rachidien d’un chien bien portant, Hoppe-Seyer indique la composition suivante :

Eau .

Malièi’es solides .

Albumine et autres matières organiques Matières minérales .

Pour divers liquides de spina-bifida, Halliburton a trouvé les résultats que voici, rapportés à 1.000 parties :

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