‹ Encyclopédie chimique.Tome IX.- Applications de chimie organique. 2e sectionChapitre 208 sur 273 · PARIS · texte numérisé non relu

PARIS

P. VIGQ-DUNOD ET G’^ ÉDITEURS

LIBRAIRES DBS CORPS NATIONAUX DES PONTS ET CHAUSSÉES, DES MINES ET DBS TÉLÉGRAPHES

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LES ÉCHANGES NCTBITIFS

LES ÉCHANGES NUTREIIES

GÉNÉRALITÉS

Les organismes sont, dans toutes leurs parties, en état de constant renouvellement. Cette permanence dans les formes et dans la composition chimique que nous révèlent l’élude morphologique et l’analyse immédiate des tissus n’est, en effet, que l’apparence extérieure des choses. La réalité est une succession ininterrompue d’écroulements et de restitutions, d’usures et de réparations. C’est que, d’une part, l’activité fonctionnelle des êtres vivants a pour condition nécessaire l’usure des tissus, et celle-ci aboutit à la production de déchets qui sont déversés au dehors ; d’autre part, ces pertes sont sans cesse réparées par l’apport de matériaux nouveaux venus du dehors et adaptés à l’organisme par le travail de réparation.

Ces deux opérations de destruction et de réparation résument tout le travail de la nutrition. On peut même dire qu’elles résument la vie tout entière, car à travers l’infinie variété des formes du monde animal et végétal, ce double courant d’assimilation et de désassimilation nous apparaît comme la caractéristique la plus générale de la vie (t). On l’observe chez la plante comme chez l’animal, chez l’être monocellulaire comme chez les organismes supérieurs. La vie, a dit Cl. Bernard, c’est la création, c’est-à-dire la synthèse organisatrice, et la vie, c’est la mort, c’est-à-dire la destruction organique nécessairement liée à toute manifestation d’un phénomène chez l’être vivant, et l’on peut mesurer immédiatement l’importance fondamentale de l’étude de la nutrition en biologie à cette constatation, à savoir que la définition des phénomènes de la nutrition est aussi compréhensive que la définition de la vie elle-même.

Ce courant de matière qui vient ainsi alimenter les organismes représente pour eux un double apport; il leur fournit à la fois la matière qui va constituer leurs tissus et l’énergie qu’ils vout dépenser pour vivre. On ne reviendra pas ici sur ces notions générales que l’iutroduction de cet ouvrage a eu pour Imt de mettre en lumière. Constatons seulement que c’est entre ces deux actes physio-

(t) Voyez au début de cet ouvrage. Notions préliminaires, p. 20.

logiques, l'usure et la rénovation des tissus, Yhistolyse et V histopoUse (Chauveau) que s'intercalent et se déroulent tous les phénomènes de la vie normale ou pathologique. Étudier pour chaque tissu ou pour chaque organe, et dans les diverses conditions de la vie, la succession et l’enchaînement de ces phénomènes de nutrition, voilà à quoi se résume le problème fondamental de la physiologie. Toutes les connaissances exposées dans les précédentes parties de cet ouvrage n’ont, à les considérer' de ce point de vue général des échanges nutritifs, qu'un intérêt et qu'une valeur fragmentaires. Les faire converger en vue d’une explication des phénomènes de la nutrition cellulaire dans chaque tissu, tel est le but le plus élevé de Télude des échanges nutritifs chez les organismes, étude à laquelle toutes les autres parties de la chimie physiologique ne servent, à vrai dire, que d’introduction.

Ce problème des échanges nutritifs présente plusieurs aspects. On peut étudier, en premier lieu, le bilan général des échanges nutritifs dans les diverses conditions physiologiques, c’est-à-dire déterminer quelles sont les rations alimentaires qui mettent l’organisme en état de perte, d'équilibre ou de bénéfice, et quelle est, selon les circonstances, la nature du gain réalisé par l’économie ou de la perte subie par elle. Ajoutons immédiatement que, malgré de sérieuses lacunes, c’est là, de toutes les parties de la physiologie de la nutrition, la mieux documentée et la plus solidement assise.

Mais cette étude du bilan des échanges nutritifs n’introduit pas dans l’intimité des phénomènes de la nutrition. Elle u’apprend rien sur le mécanisme de ces phénomènes, ni sur la succession des actions chimiques qui sont intercalées entre l’absorbtion d’un aliment, et l’excrétion des déchets ou la fixation des réserves fournies par cet aliment. En d’autres termes, l’étude du bilan total des échanges nutritifs doit être complétée par celle de la nutrition cellulaire.

Les phénomènes chimiques de la nutrition cellulaire se présentent à l’étude par divers côtés. On peut se demander ici :

1“ Dans quelles catégories de réactions (oxydations, réductions, dédoublements, etc.) rentrent, d'une manière générale, les procès chimiques de la vie, et quelle est l'importance relative de ces diverses réactions au point de vue thermique, c’est-à-dire au point- de vue des quantités d’énergie que ces réactions mettent à la disposition de l’organisme ?

2° Quels sont les mécanismes que l'économie met en jeu pour réaliser ces; réactions?

3“ Quelle est la succession des transformations que subissent les divers matériaux alimentaires au cours des échanges nutritifs?

De ces quelques considérations, découle immédiatement le plan de la présente étude. Ce plan est le suivant :

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