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Cas d'un surplus d’hydrates de carbone ou de graisses

Si l’on ajoute à une ration suffisante un surplus notable d’aliments ternaires, graisses ou hydrocarbonés, on constate que la quantité d’azote total éliminé par les urines diminue, à supposer, bien entendu, que la ration d’albumine n’ait pas été prise trop près du minimum indispensable. Ce fait signifie que l’organisme a détruit tout ou partie du surplus d’aliments ternaires fourni, et qu’il a fait corrélativement l’économie d’une quantité isodyname d’albumine. Les graisses et les hydrates de carbone font donc ['épargne d’une certaine quantité d’albumine, mais on va voir que les hydrocarbonés exercent, dans ce sens,

une action bien plus énergique que les graisses. Ajoutons immédiatement que cette épargne d’albumine est toujours accompagnée d’une augmentation des réserves graisseuses de l’organisme.

Action d’épargne des hydrates de carbone vis-a-vis de l'albumine. — C’est F. Hoppe (1) qui a montré le premier que, lorsqu’on ajoute du sucre à une ration de viande chez le chien, l’animal élimine moins d’urée qu’auparavant. Plus tard, Bischolî et Voit (2) ont repris l’étude de ce phénomène, et enfin Voit (3), par de très nombreuses expériences, a établi nettement l’influence que les hydrates de carbone exercent chez le chien sur la destruction ou la fixation des albumines.

Cette action d'épargne des hydrates de carbone vis-à-vis des albumines ressort notamment des expériences suivantes de Voit (4) sur le chien.

L’action d’épargne exercée par les hydrates de carbone apparaît avec évidence. Ainsi, avec 2.000 grammes de viande, l’animal élimine une quantité d’azote qui correspond à la destruction de i.991 grammes de viande. Si, au contraire, on ajoute à ces 2.000 grammes de viande, 200 grammes d’amidon, la quantité de viande détruite n’est plus que 1.82S grammes.

Chez l’homme, la même action d’épargne a pu être constatée et notamment par Deiters (b), sous la direction de C. von Noorden.

Une femme reçoit, pendant 4 jours, une ration suffisante à tous égards et de composition constante. L’apport azoté est de i28'',b72 et la perte par l’urine de iOs^ST. Au cinquième jour, on lui donne un surplus de 200 grammes de sucre, ce qui fait tomber l’azote urinaire à O^LOIO. La différence, soit is'’,3b9, correspond

(1) F. Hoppe, Arch. f. palh. Anat., t. X.p. 144,1853.

(2) Bischoff et Voit, Die Gesetze dev Ernàhrunq des Fleichfressers, 1860, p. 133.

(31 Voit, Zeitschr. f. Biol., t. V, p. 431, 1869.

(4) Voit, Allff. Slo/fwechsel, etc., p. 140.

(5) Observations brièvement rapportées dans C. von Noorden, Beilrage zur Lehre vom Sloffwechsel; Berlin, 1892, p. 71.

l’aumentatiox sluaboadante 509

à 8B'',49 d albumine épargnée, soit 13,2 p. 100 de la qnantité précédemment détruite.

Ce qui est frappant dans ces résultats, c’est qu'une si faible fraction seulement du surplus de sucre ingéré ait servi à l’épargne de l’albumine. Ce surplus valait, en effet, 200 X 4,1 = 820 calories, tandis que la quantité d’albumine épargnée ne représente que 8,49 X4,l == 3b calories. Des 820 calories fournies en surplus, 35 seulement, soit 4,2 p. 100, ont donc servi à l’épargne de l’albumine ; le reste, soit 773 calories, a simplement contribué à augmenter les réserves en graisse de l’organisme. Si l’on veut admettre que les réserves en glycogène étaient déjà complètes, ce qui est très vraisemblable, on peut calculer que ces 785 calories représeiîtent un gain de 785 : 9,3 = 848'-, 4 de graisse (1).

Aimi un gain de 88'', 49 d’albumine n’a pu être obtenu que concurremment avec la fixation dune quantité de graisse dix fois plus forte. On reviendra plus loin sur ce fait si remarquable.

Action d’épargne des graisses vis-à-vis de l'albumine. — L’action d’épargne exercée par les graisses, d’abord signalée par Bischoff et par BoUkin (2), a été nettement démontrée par les expériences de Bischoff et Voit (3), puis, enfin, par celles de Voit (4).

Cette action ressort déjà avec évidence de l’inllueuce si manifeste qu’exercent les réserves graisseuses de l’organisme sur la quantité d’albumine prélevée sur ses tissus par l’animal à jeun (voy. p. 486). Plus l'animal est gras, plus les pertes d’albumine se trouvent diminuées. 11 était à prévoir que la graisse apportée par l’alimentation exercerait la même action d’épargne. C’est ce que Voit a d’abord nettement établi chez le chien.

(1) Dans un autre essai de Deiters sur une femme, l’ingestion de 200 grammes de sucre fit tomber la quantité d’albumine détruite de 54,4 à 47®%!. On voit que 3,6 p. iOO seulement des 820 calories fournies en surplus ont servi à l’épargne de l’albumine.

(2) Bischoff, Oer Harnsloff als Mans d. Stoffwecksels; Giessen, 1833, p. 143.— Bottkin Virchow’s Arch., t. XV, p. 380, 1838.

(3) Bischoff et Voit, Die Gesetze der Ernührung des Fleichf ressers, 1860, p. 97.

(4) Voit, Zeilschr. f. Biol., t. V, p. 329, 1869.

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ENCYCLOPÉDIE CHIIIIQL'E

On voit donc qu’avec l.oOO grammes de viande sans addition de graisse, par exemple, l’animal a dû prélever sur ses tissus un surplus de 12 grammes de viande, tandis qu’après addition de 150 grammes de graisse à la même ration de viande, il y a eu, au contraire, fixation de 26 grammes de viande (expérience I).,

Citons encore quelques essais de Rubner(l) portant sur l’homme. •

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