‹ Encyclopédie chimique.Tome IX.- Applications de chimie organique. 2e sectionChapitre 249 sur 273 · gr. de viande · texte numérisé non relu

gr. de viande

600 gr. de viande.

gi'-

430 gr. de pain. . .

120 gr. de lard

Ainsi, avec une ration de SOls^i d’albumine contenus dans 1.435 grammes de viande, le sujet a perdu 65 grammes de viande, tandis qu’avec moitié moins d’albumine (146®'', 9), la présence de 195 grammes de graisses a eu, au contraire, pour effet la fi.xation de 55 grammes de viande.

Dans les expériences de Voit, la quantité d'albumine épargnée ne s’est élevée qu’à 7 p. 100, en moyenne (au maximum à 15 p. ICO), de la quantité d’albumine détruite en l’absence de graisse . Les graisses paraissent donc posséder vis-àvis des albumines un pouvoir d’épargne moindre que celui des hydrates de carbone. Celte infériorité ressort encore plus nettement si l’on calcule avec Kayser(2) quelle fraction de la valeur thermi que du surplus de graisse fournie a servi, dans les diverses expériences de Voit, à l’épargne de l’albumine. Le calcul se fait comme dans l’exemple cité plus haut (expérience de Deiters). On trouve ainsi t3) :

CALORIES DES HYDROCARBONÉES employées

POUR l'épargne d'albumine

CALORIES DES GRAISsES employées

POUR l’éparüne d'albumine

Minimum .

Maximum .

Moyenne .

(1) Rubner, Zeitschr. f. Biol, t. XV, p. 122, 123 et 173.

(2) Kayser, Beziehungen von Fell. v. Kohlehydraten zum Eiweissunisalz der Menschen, paru dans C. von Noorden, Beilrdge z. Lehre oom Stoffmechs'el, 2" fascicule. Berlin, 1894, p. 4.

(3) Voy., pour plus de détail, le mémoire précité de Kayser où les résultats d'un certain nombre d’autres e.xpériences de Voit sont réunis en tableaux très bien ordonnés, et où la valeur thermique du surcroît de graisse ou d'albumine est chaque fois calculée-

.’aLIUENTATION St’RABONDA.NTE

La même conclusion ressort des expériences faites sur lui-même par Kayser(l}, sous l’inspiration de C. von Noorden.

RATION DES 24 HEURES {ex

3 jours

L’expérience a consisté, comme on le voit, à remplacer pendant 3 jours, les 338 grammes d'hydrates de carbone de la ration par une quantité thermiquement équivalente de graisse, de façon à maintenir sensiblement constant l’apport total de calories (4° colonne). Le résultat a été qu’à un gain quotidien de ls'-,03 d’azote a succédé une perte de 3e%0o d’azote par jour. Lorsqu’ensuite, pendant les 3 jours suivants, on est revenu à la ration primitive, le bénéfice d’azote a reparu, sensiblement le môme. Ou voit donc qu’au moins pour de courtes périodes, le 'pouvoir d’épargne des hydrates de carbone vis-à-vis des albumines l’emporte nettement sur celui des graisses.

Cette couclusion est importante au point de vue de la physiologie pathologique du diabète. Il y a longtemps que Prout, Bouchardat, Bence Jones et d’autres encore ont insisté sur la nécessité d’introduire largement les graisses dans l’alimentation des diabétiques, partout où cet aliment est bien supporté, et cette pratique nous paraît aujourd’hui plus justifiée encore, maintenant que nous pouvons calculer avec précision l’importance de la perte en énergie que subit parfois l’organisme d’un diabétique. Ainsi un malade observé par Lusk consommait par jour :

Albumine . 137 grammes valant 661,7 caloiies

Graisse . 117 — — 1.088,1 —

Hydrocarbonés . 332 — — 1.443,3 —

Total . 3.093,1 —

Or, ce malade éliminait 464 de glucose, valant 1.902,4 calories, ce qui représente la perte énorme de 61 p. 100 de la quantité totale d’énergie apportée par la ration. Évidemment les 1.190,6 calories restantes ne pouvaient .suffire à l’entretien de l’organisme ; aussi, le sujet[prélevait-il quotidiennement sur ses tissus un complément de graisse et d’albumine. Ce dernier point est capital. C’est à éviter cette perte d’albumine que doivent tendre tous les efforts du médecin.

(1) Rayser, loc. cit .

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car c’est en maintenant au même niveau la richesse en albumine de l’organisme que l’on réussit à conserver aux divers tissus et organes, et spécialement au tissu musculaire, leur activité normale. Les graisses paraissent particulièrement désignées pour suppléer à l’absence ou la perte des hydrocarbonés. Sauf certains cas (1) où existent sans doute des lésions pancréatiques, les graisses sont en général, très bien tolérées et résorbées (2). D’autre part, les corps gras représentent sous un faible volume' un apport caloi’ifique considérable (voy. p. 467). L’emploi des graisses est donc tout indiqué. C’est ainsi qu'au Congrès des médecins allemands de Wiesbade, en 1886, von Meringa cité l’observation d'un diabétique, qui fut nourri pendant plusieurs semaines avec une ration quotidienne, composée de 1.000 grammes de viande, 100 grammes de beurre, 100 grammes de lard et 6 œufs. La valeur en énergie de la ration était d’après von Mering :

Viande . 9b0 calories

Beurre . 814 —

Lard . 900 ~

œufs . 471 —

Total . 3.133 —

Comme le malade perdait chaque jour de 80 à 100 grammes de sucre, soit 400 calories environ, il restaità la disposition de l’organisme 3.135 — 400=3 2.7.’15 calories, soit 47,3 calories par kilogramme de poids vif. Avec cette alimentation le malade se maintient pendant plusieurs semaines en équilibre azoté. Il ne perdait donc point d’albumine.

Beaucoup moins favorables sont les résultats de Fr. Voit, qui a suivi pendant 2 périodes de 3 jours chacune un diabétique ne recevant que des albumines et des graisses (3). Voici les résultats de la deuxième période :

JOURS

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