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NAITRE ET SIGNIFICATION THERMIQUE DES RÉACTIONS CHIMIQUES SSÏ

ger (l) qui a vu une grenouille introduite dans un milieu absolument exempt d oxygène exhaler de l’acide carbonique pendant 11 heures encore.

Toutes ces observations démontrent qu'il doit se produire dans l’organisme, à côté des phénomènes d’oxydation, d’autres réactions capables de fournir des quantités d énergie considérables, et l’on va voir dans un instant que les réactions de dédoublement peuvent être accompagnées d’un effet thermique positif, très puissant. .4.u surplus, en soumettant au calcul les résultats des expériences de Voit et Pettenkofer sur le chien, A. Gautier (2) a montré que sur 100 parties J oxygène éliminées par l’animal dans ses excrétions (urines, fèces, produits respiratoires, abstraction faite de Teau absorbée toute formée), 81,2 parties seulement proviennent de l’air ; le reste, soit 18,8 p. 100, a été directement fourni par la partie organique de l’aliment (dans l’espèce 1.500 grammes de viande par jour), et cet aliment a pu se transformer en eau, acide carbonique, urée, etc., pourprés du cinquième de la quantité totale, sans aucune intervention de l’oxygène de l’air, c’est-à-dire anéorobiquement et uniquement par voie de dédoublement.

D’ailleurs, l’observation directe établit la réalité de ces phénomènes de dédoublement dans l’organisme, en même temps que la thermochimie nous montre leur importance au point de vue des quantités d’énergie mises en jeu. En ce qui concerne d’abord les aliments ternaires, ne citons ici que le dédoublement des graisses en acides gras et en glycérine, les hydratations successives, avec dédoublement, des matières amylacées en présence de la salive et du suc pannéatique, le dédoublement du saccharose, du maltose.

En ce qui concerne les albuminoïdes, la réalité et l’importance des phénomènes de dédoublement et d’hydratation successifs, comme mode de désassimilation préliminaire, peuvent être établis d’après A. Gautier (3) par deux ordres de preuves indirectes. D’une part, nous trouvons dans l’économie animale, l’urée et les acides amidés, alanine, leucine, tyrosine, que M. Schützenberger a démontrés être les produits directs de l’hydratation des matières albuminoïdes, en dehors de tout apport d’oxygène. D’autre part, M. Gautier a fait ressortir l’analogie frappante, et presque l’identité qui existe entre les produits de la désassimilation azotée et ceux de la fermentation bactérienne des matières albuminoïdes (4). Or, entre le dédoublement bactérien des albuminoïdes et l’hydratation des mêmes substances par l’hydrate de baryte, telle que Ta étudiée M. Schützenberger, le parallélisme est frappant. Au début de la fermentation putride apparaît une faible quantité d’hydrogène, qui disparaît bientôt entièrement (5). Puis, et presque simultanément, il se fait un dégagement rapide d’acide carbonique, tandis que la liqueur devient franchement ammoniacale, comme si, dès le début, se détachait de la molécule initiale d’albumine le nitrile uréique, CH^Az^, qui par son hydratation donnera Turée dans l’économie et, dans ces fermentations

11) Pflüger, Arch. f. d. ges. Pkysiol., t. X, p. 313, 1873. — Voy. aussi Aubert. Ibid., t. XXIV. p. 293, 1881.

(2) A. Gautier, Chim. biolog.\ Paris, 1892, p. 808.

(3, A. Gautier, Chim. biolog., p. 730.

(4) Cette analogie s’explique très simplement si Ton se rappelle ce qui vient d être dit sur la vie anaérobée d’une partie des tissus animaux.

(5) Voyez, pour l’explication de ce phénomène, A. Gautier, Chim. biolog., p. 106 et 107.

spéciales, fournira de l’ammoniaque et de l’acide carbonique par une hydratation plus avancée :

CH2Az2 + 21120 = C02 4- 2A7.H2.

Enfin, apparaisssent les amides complexes, leucine, aniide stéarique, tyrosine, etc., ou plutôt les produits de leur hydratation : acides butyrique, valérique, palmitique, benzoïque, etc., qu’accompagnent l'ammoniaque et l'acide carbonique. Les choses se passent de même, on le sait (1), dans l’hydratation et le dédoublement des albuminoïdes par l’hydrate de baryte à chaud.

Il est probable, d’après A. Gautier, que ces phénomènes d’hydratation et de dédoublement constituent la première attaque que subit la molécule albuminoïde. Cette attaque, qui est sans doute très profonde, a pour effet, d’une part, de détacher de la molécule l’urée — ou les matériaux nécessaires à la formation de l’urée, ammoniaque et acide carbonique — et, d’autre part, de désagréger le reste de l’édifice, par étapes successives, en fragments variés que des oxydations réitérées, associées peut-être à de nouveaux dédoublements, conduisent ensuite jusqu’à l’acide carbonique et à l’eau.

Montrons, enfin, combien peuvent être considérables les quantités de chaleur mises en jeu au cours des l’éactions de dédoublement et d’hydratation. "Voici, d’abord, une réaction dédoublement, sans hydratation concomitante : c’est celle du déboublement du glucose en alcool et en acide carbonique, qui dégage 71 calories pour = 180 grammes. Des réactions de ce genre s’accomplissent

certainement dans l’intimité des tissus et spécialement par le jeu de la vie anaérobie de nos cellules.

Les réactions d’hydratation, avec ou sans dédoublement concomitant, ne sont pas moins importantes. L’hydratation des matières albuminoïdes nous intéresse tout particulièrement. On sait que ces composés fixent, en s’hydratant à fond, autant de fois 2H'20 qu’ils renferment d’atomes d’azote. Par là ils se comportent comme des nitriles d’acides bibasiques. Or, .\I. Berthelot a montré que les nitriles sont presque toujours formés avec absorption de chaleur; il résulte de là qu’au moment où ces corps se transforment eu sels ammoniacaux par hydratation il y a mise en liberté d’une quantité considérable de chaleur, due à la fois à l’énergie emmagasinée au moment de la formation du composé, et qui devient libre en grande partie, et au phénomène d’hydratation lui-même. C’est ce que démontrent les nombres suivants (2) :

aU.VLEUR DE TRA.XSFORM.VTION DES NITRILES E.N SELS -VMJIONI.VC.VÜX (.VBSORPTION DE SIPO PAH ATOME d’ AZOTE)

Nombres rapportés aux poids moléculaires et pour la matière dissoute dans l’eau.

Nitrile formique . -j- 10,4

— acétique . 12,7

— propionique . -f 9,0

— benzoïque . -j- 17,7

Nitrile oxalique . -f- 60,7

— ■ malonique . J- 51,0

— succinique . -p 42,7

(1) Voyez dans V Encyclopédie chimique. Les Amides, par M. Chastaing, et A. Gautier, op. cit., p. 97.

(2) Cités d’après Gautier, op. cit., p. 792.

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