PROPRIÉTÉS PHYSIQUES ET CHIMIQUES DE I/HÉMATOPORPHYRI.NE
de E. Les dissolutions d’hémaloporphyrine clans les acides minéi'aux étendus possèdent surtout une belle coloration rouge avec une teinle légèrement bleue. Leur spectre ne présente plus que deux bandes dont l’une, plus étroite et plus pâle, est immédiatement à gauche de D, et l’autre, plus foncée et plus large, est au milieu de l’espace D-E. C’est le spectre de l’hématoporphyrine acide des auteurs. Une particularité spectrale qui doit être signalée est relative au chlorhydrate d’hématoporphyrine; lorsque ce»sel est desséché au-dessus de l’acide sulfurique et de la chaux sodée jusqu’à poids constant, il perd en partie sa solubilité dans l’eau, mais reste soluble dans l’alcool, et cette solution présente un spectre à cinq bandes, en tout semblable à celui que Le Nobel attribue à Visohémato- ■porphyrine (1). L’addition d’un peu d'acide rainérai suffit pour faire disparaître ces bandes et reproduire le spectre à deux bandes que l’on vient de décrire (2).
Propriétés chimiques. — L’hématoporphyrine — comme aussi ses combinaisons — est facilement altérable. Desséché dans le vide, le pigment reste facilement soluble dans l’alcool et l’acide chlorhydrique étendu. Desséché au contraire à 100°, il se colore en brun et devient peu à peu insoluble dans ces deux véhicules. Calciné, il se décompose en fournissant, comme l’hématine et la bilirubine, du pyrrol. L’acide nitrique fumant et chaud le dissout avec une coloration rouge, puis le liquide devient vert, puis bleu, puis jaune, a la manière des pigments biliaires dans la réaction de Gmelin. L’amalgame de sodium, le fer et l’acide acétique ne l’attaquent pas, mais l’ébullition avec l’étain et l’acide acétique, en milieu alcoolique, opèrent une réduction rapide. Le liquide prend une coloration jaune intense, présente exactement les réactions spectrales de l’urobiline (bande unique entre b et F) et la fluorescence verte en présence de l’ammoniaque et du chlorure de zinc. Mais cette urobiline provenant de l’hématoporphyrine s’oxyde beaucoup plus vite à l’air que celle que l’on obtient à l’aide de la bilirubine et les deux produits ne doivent pas être identifiés (Nencki et Sieber, Le Nobel). On peut obtenir le même produit en partant directement de l’hématine.
Le chlorhydrate d'hématoporphyrine C'®H*®Az^O®,HCl est en aiguilles brunes, qui s’altèrent par la dessiccation. Le chlorure de sodium, les chlorures de magnésium et d’ammonium, etc., précipitent le sel de sa dissolution. 11 se conserve presque indéfiniment sous l’acide chlorhydrique étendu.
L’hématoporphyrine sodique C*®H”NaAz^O^ est en petits cristaux bi- réfringents, associés en choux-fleurs, plus facilement solubles dans l’eau que le chlorhydrate, mais moins soluble dans l’alcool. Avec les acétates des métaux lourds il donne des précipités insolubles, amorphes, rouges ou bruns. Les sels de chaux et de baryte sont presque insolubles.
L’hématoporphyrine est, d’après Nencki et Sieber (3), un isomère de la bili-
(1) Le Sobet considère son isohématoporphyrine comme identique à Yurohémaline de Mac Munn.
(2) Ilammarsten a attiré Tattention sur tes particularités que présente dans certaines conditions le spectre de l’hématoporphyrine on solution ammoniacale avec addition de chlorure de zinc et qui permettent de reconnaître l'urohiline à côté de l’hématoporphyrine. {Maly’s Jahresb., t. XXL p. 423, 1891.)
(3) Xencki et Sieber, Arch. f. exp. Path., t. XXIV, p. 446, 1888.
■Si ENCYCLOPÉDIE CHIMIQUE. — LAMBLING.
rubine, et ces auteurs admettent que dans la cellule hépatique il y a production simultanée des deux isomères. 11 est probable que les deux composés peuvent chacun, par réduction ultérieure, fournir une urobiline, et il faudra se préoccuper, à l’avenir, de déterminer quelle est l’origine de l’urobiline ou des urobiliues urinaires. Mais il paraît probable qu’au moment de la production des deux ■corps, l’hématoporphyrine, très altérable et d’une plasticité chimique plus grande, sert à la reconstruction de la molécule hémogiobine, tandis que la bilirubine, non utilisable, est éliminée dans le tube digestif.
L’hématoporphyrine, injectée sous la peau du lapin, ne reparaît dans les urines qu’en très petite quantité et n’est accompagnée ni d’urobiline, ni de bilirubine. Peut-être est-elle utilisée pour la formation de l’hémoglobine. L’hématoporphyrine se trouve chez quelques invertébrés, d’après Mac Munn, et a été rencontrée par Tappeiner dans le tissu osseux altéré de deux porcs. Hammarsten et Salkowski ont signalé enfin sa présence dans l’urine et dans des cas où son élimination a pu être rattachée, avec une très grande vraisemblance, à un usage prolongé du sulfonal. L’urine a, dans ce cas, une couleur de vieux vin de Bordeaux (Hammarsten) ou celle d’une solution alcoolique de sang-dragon (Salkowski) et elle devient plus foncée par son contact avec l’air. Dans les cas observés par Salkowski, la quantité de pigment.éliminée par jour s’élevait à peu près à 0*',87, ce qui correspondrait à 18,5 d’hémoglobine détruite et totalement perdue pour l’organisme, soit 1/32* environ de la quantité totale d’hémoglobine contenue dans le sang, pans deux des cas observés par Hammarsten, le pigment put être isolé à l’état cristallisé (1).
La recherche de l’hématoporphyrine pour les besoins cliniques peut se faire, d’après Salkowski, de la manière suivante : 30" d’urine environ sont additionnés d'une solution alcaline de chlorure de baryum (volumes égaux d’une solution de chlorure de baryum au 1/10" et d’eau de baryte saturée à froid) jusqu’à ce qu’il ne se produise plus de précipité. On filtre et on lave plusieurs fois à l’alcool altsolu le précipité obtenu, puis après avoir laissé égoutter complètement, on triture la masse dans un mortier en ajoutant 6 à 8 gouttes d’acide chlorhydrique et autant d’alcool qu’il en faut pour obtenir une purée liquide. On attend quelque temps ou bien on chauffe modérément au bain-marie et on jette sur un filtre sec. Si la quantité de liquide qui s’écoule est trop faible, on ajoute encore un peu d’alcool, mais l’extrait obtenu ne devra pas mesurer plus de 6-8". Le liquide qui passe présente une coloration rouge, s’il y a de l’hématoporphyrine, et fournit au spectroscope les deux bandes caractéristiques de l’iiématoporphyrine en solution dans l’alcool chlorhydrique. L’addition d’ammoniaque produit une teinte jaune et fait apparaître le spectre à quatre bandes de l’hématoporphyrine alcaline. Si l’ammoniaque produit un trouble, il faut ajouter un peu d’eau ou filtrer.
(1) Salkowski fait remarquer que ces observations ne sont pas isolées et que le pigment de Neusser {Wiener Sitzungs ber., t. LXXXIV, 3« partie, p. 536, 1881) et celui de Stokwis [Maly’s Jahresb., t. XIX, p. 436, 1889), que ces deux auteurs ont trouvé dans des urines pathologiques, sont probablement de l’hématoporphyrine. Le lecteur trouvera éealement la relation de deux cas d’hématoporphyrinurie dans The Lancet, 1890, t. II, n° 12, p. 607. Sur s se sont terminés par la mort.
s étudiés, trois