FORMATION ET DESTRUCTION DES MATIÈRES COLORANTES DD SANG
Lorsque la proportion d’hématoporphyrine est très faible, on précipite l’urine par l’acétate de plomb basique ; le précipité, lavé plusieurs fois à l’eau, puis une fois avec l’alcool absolu, est trituré avec de l’alcool chlorhydrique et jeté sur filtre après quelques heures. Le filtrat est neutralisé par l’ammoniaque, puis traité par le mélange barytique, et l’on achève comme il est dit plus haut (I).
Hexahydrohématoporphyrine. — C’est un produit de réduction encore mal déterminé, obtenu par Nencki et Sieber, et que Hoppe Seyler se refuse à considérer comme un individu chimique. On l’obtient en chauffant pendant 4 heures, au réfrigérant à reflux, bsr d'hémine avec d’alcool à 90°, et 100°° d’acide chlorhydrique concentré. Le liquide filtré est ensuite concentré au 1/3 par évaporation lente au bain-marie. Au bout de 5 à 10 heures il se dépose un pigment rouge brun en petites masses arrondies cristallines. Ce composé, qui a pour formule Az^O®, est insoluble dans l’ammoniaque, dans les alcalis fixes, peu soluble dans l’acide chlorhydrique étendu, et facilement soluble dans l’alcool avec une coloration rouge brun. L’ébullition avec la potasse alcoolique le transforme en un pigment analogue à l’urobiline. (Voy. p. 93 et 94).
Hématoïdine. — Virchow a donné ce nom à un pigment cristallisé en tablettes rhombiques, de couleur rouge orange, et que l’on trouve fréquemment dans de vieux extravasats sanguins. Ce pigment est évidemment un produit de transformation de l’hémoglobine du sang, mais on sait aujourd’hui que la composition de ces cristaux est variable. Le chloroforme, l’éther ou le sulfure de carbone les dissout toujours avec une belle coloration rouge ou orangée, mais tantôt la soude étendue enlève tout son pigment à cette solution, tantôt, au contraire, ne la touche pas. Dans le premier cas on a affaire à de la bilirubine, dans le second à un pigment qui paraît être identique à la luléine ou hémoluiéine des corps jaunes et du jaune d’œuf. L’expression de hématoïdine serait donc à rayer du vocabulaire chimique (2).