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I. Globules blancs

Les globules blancs ou cellules lymphatiques ou leucocytes ne représentent pas, comme le globule rouge, un élément morphologique spécial au sang, puisqu’on les rencontre également dans la lymphe, le tissu adénoïde, la moelle des os, etc. Ces leucocytes sont constitués par une masse globuleuse de protoplasma visqueux, très réfringent, mou, contractile et dépourvu d’une membrane d’enveloppe. Après addition d’eau ou d’acide acétique, on y distingue plusieurs noyaux (de 1 à 4); en même temps le protoplasma devient trouble en présence de l’eau et granuleux en présence de l’acide acétique. Dans l’intérieur du noyau, on distingue un ou plusieurs nucléoles.

Le diamètre de ces cellules varie de 4 à 13 [x. Leur nombre est beaucoup moins considérable que celui des globules rouges, puisqu’on compte environ l pour 350 à 500 globules rouges. Mais AL Schmidt, Landois,... prétendent que dans le sang en circulation les globules blancs sont en nombre beaucoup plus élevé, et qu’aussitôt après la sortie du sang hors des vaisseaux ces éléments se détruisent

(1) Voy. les nouveaux dosages exécutés par Manasse, sur le sang humain {Zeitschr. f physiol. Chem., t. XIV, p. 437, 1890).

(2) R. Wanach, loc. cit.

GLOBÜLES BLANCS.

€11 masse, si bien qu’un dixième à peine persiste au bout d'un certain temps (Al. Scbmidt). On dira plus loin la relation que l’on a établie entre cette destruction des globules blancs et le phénomène de la coagulation. La densité des globules blancs est un peu plus faible que celle des globules rouges.

La propriété la plus remarquable de ces éléments est la contractilité déjà signalée plus haut. Ces contractions du protoplasma auxquelles on a donné le nom de mouvements améboïdes permettent à ces cellules d’englober dans leur in térieur de petites particules (graisses, pigments, microbes, etc.) qui peuvent subir ainsi une véritable digestion. On sait la part considérable que l’on attribue, depuis les travaux de Metschnikoff, au rôle joué par les leucocytes dans la lutte de l’organisme contre les microbes (phagocythose).

On ne sait que fort peu de chose sur la composition chimique des globules blancs. Ehrlich a montré que les granulations du protoplasma ont une affinité fort différente pour les matières colorantes acides (éosine, acide picrique), basiques (acétate de rosaniline) ou neutres (picrate de rosaniline), et il distingue par ce moyen plusieurs sortes de leucocytes, qui sans doute ont une origine différente (1). Ces réactions correspondent évidemment à des différences chimiques; mais ces dernières nous restent absolument inconnues. Al. Schmidt distingue aussi les leucocytes qui persistent dans le sang après la sortie des vaisseaux et que le carmin colore facilement, et ceux qui se détruisent promptement et qui ne fixent point ce colorant. Les alcalis et la solution de sel marin transforment les premiers en une masse visqueuse (2).

Il n’existe point de méthode permettant d’isoler du sang humain les globules blancs qu’il contient, et les quelques données que l’on possède sur leur composition chimique ont été acquises en comparant au sang normal le sang leucémique dans lequel le nombre de globules blancs est considérablement ■augmenté. Mais on suppose ici, comme le fait observer lloppe-Seyler, que toutes les différences chimiques que l’on observe dans ce cas sont uniquement dues à l’augmentation du nombre des leucocytes. On sait, par les recherches de Scherer, Kôrner, Salkowski, Gorup-Besanez, Andrae, Hoppe-Seyler, que le sang des leucémiques contient les acides formique, acétique, lactique, glycérophosphorique, de l'hypoxanthine, de la lécithine (3). L’hypoxanthine provient probablement de la décomposition de la nucléine, et il est probable que le sang des leucémiques contient également les autres bases de la nucléine {adénine, guanine).

L’étude des leucocytes du sang de cheval, qui sont relativement faciles à isoler, a fourni quelques données en plus. La séparation de ces globules peut se faire, d’après J. von Samson-Himmelstjerna (4), de la manière suivante : t00“'de plasma de sang de cheval sont additionnés de 80 fois leur volume d’eau glacée et abandonnés dans la neige pendant 24 heures. On recueille par décantation le dépôt des globulesblancset on recommence ce lavage jusqu’àquatrefois.

(1) Le lecteur trouvera un bon résumé de cette question dans : Landois, Traité de physiol., trad. par Moquin-Tandon, Paris, 1892, p. 31.

(2) On verra plus loin qu’au point de vue de l’influence que les globules blancs paraissent .exercer sur la coagulation, ou distingue aussi deux sortes de leucocytes.

(3) Voy. Hoppe-Seyler, Physiot. Chem., p. 405.

(4) J. V. Simon-Himmelstjerna, Inaug. -Dissert., Dorpat, 1865; Maty’s Jaresb., t. XV, p. 160.

EKCYCI.OPÉDIE CHriIIQÜE. — LAMBLISG.

La quatrième fois, les leucocytes, fortement gonflés, se déposent très lentement ; à ce moment le liquide intercellulaire ne contient plus ni sel ni albumine. Le dépôt recueilli est finalement soumis à l’action de la force centrifuge. Ce procédé donne une purée globulaire dans laquelle on ne trouve plus au microscope que des globules blancs, les uns avec leur aspect primitif, d’autres au contraire fortement gonflés et lisses.

Ces leucocytes contiennent, d'après Al. Schmidt, de la sérumglobuline. En outre, certains d’entre eux donnent, lorsqu’on les traite par de l’eau salée, une sorte de gelée visqueuse, due à un corps qui paraît identique à la substance phosphorée que Miescher a retirée du pus et que Rovida a appelée suô.sfance hija.line{i). Rauscbenbach (2) a pu extraire, en outre, des globules blancs, par l’action prolongée de l’eau, une matière albuminoïde que Wooldridge a appelée lymphofibrinogène. Ce corps est précipitable par l’acide acétique, mais insoluble dans un excès de réactif; il possède, vis-à-vis du plasma sanguin, un pouvoir coagulant considérable, mais seulement lorsqu’il provient d’une certaine catégorie de leucocytes (voy. au chapitre Coagulation). — .Ajoutons que dans les leucocytes des ganglions lymphatiques, Halliburton et Friend(3) ont trouvé : 1° en petite quantité, une cyioglobuline a, coagulable à AS-oO»; 2° une cytoglobutine P, soluble dans l’eau salée à 3-10 0/0 et coagulable à 60-65° ; 3° une cytoalbumine, coagulable à 73°; 4° un corps phosphoré analogue à la substance hyaline de Rovida, qui est insoluble dans l’eau, qui gonfle dans les dissolutions de sulfate de sodium, mais non dans celles de sulfate de magnésium, et qu’un excès de sel précipite. L’ébullition avec les acides étendus n’en sépare pas de corps réducteur, comme il arrive pour la mucine. La pepsine la dédouble en nucléine d’une part, et en albumine et peptones d’autre part. Ce composé appartient, par conséquent, au groupe des nucléoalbumines (4).

(1) La présence d’un corps de cette nature avait déjà été signalée par Denis dans le pus.

(2) Rauschenbach, Inaug. Dissert., Dorpat, 1883; Maly’s Jahresb., t. XIII, p. 131.

(3) Halliburton et Friend, loc. cit.

(4) Comme complément à ce qui a été dit dans le tome précédent (p. 122 et 539) sur les nucléines, nous reproduirons ici l’intéressant schéma de Kossel qui résume l’bistoire ebimique de ces composés et que Lilicnfeld a publié récemment ; Du Bois Reymond’s Arch. f. Anat. u. Physiol. (physiol. Abth.), 1892, p. 129.

Nucléoalbumine (moins de 1 p. ICO de P).

Soluble dans les acides ; dédoublée par la pepsine cblorbydrique

Albumine. Nucléine (3 à 4 p. 100 de P).

(Peptone). Insoluble dans les acides; en solution

alcaline-alcoolique se dédouble , sous faction des acides en :

Albumine. Acide nucléinique '(9-10 p. 100 de P).

Se dédouble sous l’action des acides étendus en ;

Acide phosphorique. \ Hydrate de carbone.

Bases de la nucléine. (pour la plupart des (Atlénine, Guanine, etc.). nucléines).

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