QUANTITÉ DU SANG
Malassez(l) a proposé, d’autre part, un procédé indirect qui peut s’appliquer sans qu’on sacrifie l’animal, ce qui a permis de l’employer chez l’homme. Il injecte dans les veines du sujet du sang d’un animal de même espèce, mais de richesse globulaire différente. 11 détermine la richesse globulaire du sang injecté et celles du sang de l’animal qui reçoit l’injection, avant et après cette injection. On possède ainsi tous les éléments nécessaires à la détermination de la masse totale du sang. Soient V, le volume inconnu de la masse totale; n, la richesse globulaire du sang de l’animal avant l’injection ; n', la richesse du sang injecté, dont le volume est u'; n", la richesse du sang de l’animal après l’injection; on a :
d’où :
Gréhant a indiqué la méthode suivante qu’il a appliquée avec Quinquaud à la détermination de la masse du sang chez le chien (2). On soustrait à l’animal environ 30“ de sang qui servent à la mesure de la capacité respiratoire. Puis on fait respirer à l’animal, à l’aide d’un masque en caoutchouc et pendant 9 à 18 minutes, un mélange gazeux contenant pour 5’*' d’oxygène et 1“' d’hydrogène autant de fois 100“ d’oxyde de carbone que le nombre représentant le poids de l’animal contient de fois (L’absorption d’un tel mélange n’est pas toxique.) Pendant la dernière minute de l’expérience, on extrait, du môme vaisseau que la première fois, une deuxième portion de sang sur laquelle on détermine la capacité respiratoire. On mesure ensuite et on analyse le gaz resté dans la cloche et on dose, en le transformant en acide carbonique, l’oxyde de carbone expiré par l’animal. Ces données permettent de calculer la masse totale du sang.
D’après Tarchanof (3), la perte d’eau que subit dans un bain de vapeur un homme qui n’a pris, depuis 12 a 15 heures, aucun aliment liquide ou solide est presque exclusivement supportée par le sang. En déterminant, d’une part, l’épaississement subi par le sang — détermination que l’on peut faire à l’aide de l’hémochromomètre de Malassez — et, d’autre part, la perte d’eau, on peut calculer la masse totale du sang. Les résultats ainsi obtenus concordent bien avec ceux que fournissent d’autres méthodes.
La masse totale du sang a pu être évaluée chez l’homme à environ 1/13‘ du poids du corps, soit en moyenne 4 ou 4'‘8,5. Chez le nouveau-né elle ne serait, d’après AVelker, que 1/19°.
Les recherches de Cohnstein et Zunlz(4) ont établi qu’elle est, au contraire, un peu plus forte chez le fœtus, immédiatement avant la naissance. Il se passe d’ailleurs, à ce moment, dans la masse sanguine toute une série de modifications qui seront exposées plus loin (voy. p. 204).
La quantité du sang paraît, du reste, varier dans des limites relativement
(1) Malassez, Arch. de physioL, 1874 et 1873.
(2) Gréhant et Quinquaud, Comptes rendus, t. XLIV, p. 1430, 1882.
(3) Tarehanof, Pflüger's Arch.,t. XXIII, p. 348, et t. XXIV, p. 203 et 323, 1881.
(4) Cohnstein et Zuntz, Pflüger's Arch., t XXXIV, p. 173, 1884.
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étendues selon les conditions physiologiques, les tempéraments, etc., ainsi que le prouvent les chiffres souvent très différents que l’on a obtenus chez des animaux de même espèce, pris en apparence dans les mêmes conditions de santé. Ainsi la niasse totale du sang est relativement moindre chez les sujets gras que chez d’autres tout aussi bien nourris, mais à tissu adipeux moins développé (1). L’inanition la fait diminuer rapidement, d’après G. Schmidt.
Elle est plus forte chez les jeunes animaux que chez les adultes, chez le mâle que chez la femelle. Pendant la grossesse elle reste d’abord la même qu’avant la conception, puis augmente notablement.
Voici quelques résultats numériques que nous empruntons au tableau réuni par Hoppe-Seyler (2) :
ESFÈCES ANlM.iLES
R.\PPORT I)ü POIDS DU SANG
h celui du corps