HISTORIQUE. — FORMATION. — PROPRIÉTÉS
Historique.
Le composé qui sert de type à celte classe de corps, le quinon, C ls H l O\ a été découvert par Woskresensky, en 1852, parmi les produits de la distillation de l'acide quinique.
Quelques mois plus tard, Wohler y fixa de l’hydrogène et le transforma en hydroquinon ; mais ce n'est que dix années après que Laurent fit connaître la véritable composition de ces deux corps.
La généralisation du mot quinon, c’est-à-dire la découverte d'un groupe de composés présentant avec certains phénols les mêmes relations que le quinon avec l'hydroquinon, n’a été faite qu’en 1848 par Graebe, à la suite de l’étude du naphtoquinon.
Depuis cette époque, l’histoire des quinons a été poursuivie par plusieurs chimistes, notamment par Graebe et Liebermann, Étard, Japp, Nietzki, Perkin, Schultz, Spica, Zincke, etc. Cette étude a été féconde eu applications, car elle a mis en évidence les relations qui existent entre les quinons et certaines matières colorantes, ce qui a mis sur la voie pour effectuer la synthèse de ces dernières. Cependant l'histoire de ce nouveau groupe de corps présente de nombreuses lacunes et ce sujet réclame encore de nouvelles recherches.
Graebe a envisagé les quinons comme formés par la substitution de l’oxygène à
l’hydrogène, à atomes égaux, c'est-à-dire à volumes gazeux égaux dans la même molécule d’un carbure aromatique. Pour lui, les quinons dérivent par oxydation des carbures à noyaux benziniques, comme la benzine, le toluène, le cymène, la naphtaline, l'anthracènc» etc., les deux atomes d’oxygène formant un groupe bivalent
susceptible de se substituer à 11 3 dans un carbure incomplet. Dès lors la formule atomique du quinon serait la suivante :
C*H*0* = C*ll*
et celle de l’hydroquinon
Cfl»0 2 = C“I1 3
Nl||
Mais cette hypothèse, à savoir que les deux atomes d'oxygène échangent chacun une atomicité pour former un composé dans lequel toutes les atomicités sont salis faites, paraît contredite par des faits qui ont été mis en lumière postérieurement aux conceptions spéculatives de Graebe.
En effet, on obtient l’hydroquinon en dédoublant à l’ébullition le sulfate du y-diazophénol par l’acide sulfurique étendu, ce qui conduit à la formule atomique
C°ll
x on ( 4 )
S'il en est ainsi, le quinon
G 6 ii 4
constitue un noyau bcnzinique dans lequel se trouvent deux groupes (CO) qui no sont pas voisins, puisqu’ils sont dans la position para. C’est donc un corps incomplet, comme le veut sa fonction aldéhydique, et comme l’indique la formule (1) :
Hiy^\cH HC./'N.HC HC n/ €H HCx/Cll
Ô- ÔII
Quinon. Itydroqumon.
D’autre part, 1 ’ortko et le métacrésol, attaqués par un mélange d’acide chlorhydrique et de chlorate de potassium, se transforment en toluquinons chlorés, tandis que le paracrésol n’engendre pas de quinon dans ces conditions. On admet donc
QUINONS. 655
maintenant, dans la théorie atomique, que dans les deux premiers composés les deux groupes (CO), formés par oxydation, se trouvent dans la position para.
En un mot, pour les alomistes, les véritables quinons sont ceux qui ont un noyau benzinique constitué par deux groupes carbonyles en position para, et par quatre groupes Cil ou CR, R étant un résidu monovalent quelconque.
Mais il existe d'autres composés dans lesquels les deux groupes (CO) ne sont pas en position para et servent d’intermédiaires anx noyaux bcnziniques : tel est le cas de l'anthraquinon.
Si l’on admet pour l’anthracène la formule atomique /Cil
C n H 10 = C e Il 4 < C[1 ; Cil 4 ,
le quinon anlhracénique, qui en dérive par oxydation, aura pour formule C«H 4 <££> C 8 H 4 ,
corps que l’hydrogène naissant transformera en hydroanthroquinon,