CHAPITRE III
CAMPIIRK.
I Équiv. . . .
Formules j Atom< . . .
C ïo H i« 0 « C‘»H 8 .C*H'.C*0‘[-] C*°H‘ 6 0 = C 8 !! 1 */ < ܰ H
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Syn. : Camphre (lu Japon, — Camphre des Laurinées, — Camphre droit.
Historique.
La matière camphrée la plus anciennement connue est le camphre de Bornéo, fourni par le Driobalanops camphora (Diptérocarpées), grand arbre qui croît surtout à Sumatra.
Le camphre du Japon, produit par le Laurus camphora (Laurinées), était employé en Europe, comme médicament, dès le quinzième siècle. 11 fut pendant longtemps importé du Japon par les Hollandais, qui le raffinaient à l'aide d’un procédé longtemps tenu secret. Actuellement, il nous vient surtout des îles de Formose et du Japon.
On le rencontre, associé à des terpènes ou à des camphres isomériques, dans plusieurs végétaux aromatiques : le romarin, la lavande, la sauge, la matricaire, etc.
Son étude chimique, commencée par Th. de Saussure, a été continuée par Liebig, Dumas et Pelouze; ce dernier, notamment, l’a obtenu en soumettant le camphre de Bornéo à une oxydation ménagée :
Mais c’est Dumas qui a donné la formule C 20 H le O s en se basant sur les analogies et sur la détermination de la densité de vapeurs. A la suite de son travail, il signale les rapports qui existent entre le camphre et les carbures C î0 H 16 , ainsi que le cymène qui se forme par déshydratation sous l’influence de l'anhydride sulfurique :
C*°I1* 6 0* —11*0* = c*°ll u .
Déjà au dix-huitième siècle, vers 1765, l’action des oxydants avait été signale'e par Lemery, qui a entrevu l’acide camphorique. Vingt ans après, Kosegarten reprit l’étude de cet acide qui a été ensuite examiné par Bouillon-Lagrange, Grandes et Bucholz. Par l’action prolongée de l’acide nitrique, Schwanert a obtenu un acide camphorésinique, considéré par Kachler comme un mélange d’acide camphorique et d’acide camphoronique.
En 1841, Delalande découvrit l’acide campholique en faisant passer des vapeurs de camphre sur de la chaux potassée, chauffée entre 500 et 400° :
C M H“0* + KHO* = C S0 I1 17 K0*.
Loir, Walter, Pfaudler ont fait connaître, de leur côté, plusieurs dérivés du camphre.
Par l’action de l’acide hypochloreux sur le camphre, Wœhler a fait connaître un dérivé monochloré qui l’a conduit à la découverte de l’oxyeamphre. En étudiant l’action du brome sur le camphre, Swartz a signalé le camphre monobromé, qui a ensuite été étudié par Perkin et d’autres chimistes.
Dans les résidus de la préparation camphorique, Sehlebusch a trouvé un camphre nitré. Le même chimiste a signalé pour la première fois un dérivé sulfuré, qui a été étudié depuis par Kachler, etc.
Malgré toutes ces recherches, la fonction chimique du camphre est restée longtemps obscure et controversée.
Dès l’année 1858, à la suite de ses recherches sur les principes sucrés et l’éthérification, M. Berthelot avança que le camphre de Bornéo était un alcool dont le camphre du Japon était vraisemblablement l’aldéhyde; il réussit en effet à fixer l’hydrogène sur celui-ci pour reproduire celui-là, réaction inverse de celle qui avait été réalisée par Pelouze :
C«oHie()S-|-H ! = C'°II ls O’.
Il reconnut, en outre, qu’un camphre artificiel peut être obtenu en oxydant le térécamphène, dérivé de l’essence de térébenthine française, soit au moyen de la mousse de platine, soit à l’aide de l’acide chromique :
Enfin, en oxydant le camphre, de Montgolfier a préparé directement l’acide camphique, acide qui est au camphre ce que 1 acide acétique est à l’aldéhyde éthylique :
C ÎO H 16 0 2 + O* = C*°H 18 0 v .
Par une réaction inverse, en chauffant le camphite de calcium avec le lormiate calcique, selon la méthode de Piria, on régénère le camphre, qui devient dès loi s l’aldéhyle de l’acide camphique :
C*>H ls CaO* 4- C'IICaO* = C ! Ca‘0« + C‘°H ,# 0*.
Par suite, le camphre se rapproche plutôt, par ce caractère du moins, des aldéhydes proprement dits que des acétones ; mais comme il jouit de caractères
CAMPHRES.
spéciaux, il convient de le ranger avec M. Berthelot dans la subdivision des carbonyles.
Les aloinistes ne sont pas d’accord sur sa formule rationnelle. Rappelons d'abord que ces formules ne peuvent avoir la prétention d’exprimer l’arrangement intérieur de la molécule, mais simplement de donner une image symbolique des réactions.
A la suite d’une série de mémoires sur le groupe camphre, Kachler a proposé la formule schématique suivante, qui conduit à une fonction acétonique: