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D’après Schunck et Roemer, le produit insoluble dans l’eau (anthraflavone de Rarth et Senhofer), qui se forme lorsqu’on traite l'acide métaoxybenzoïque par l’acide sulfurique, renferme non-seulement de l’acide anthraflavique et du métabenzdioxyanthraquinon, mais encore un autre isomère de l’alizarine, qu'ils désignent sous le nom d ’anthrarufine, et qui se distingue des deux autres produits par son insolubilité dans la baryte.
Dans cette préparation, il se dépose dans le col de la cornue ou du ballon des aiguilles jaunes, qui communiquent à l’acide sulfurique une belle couleur pourpre. C’est également de l'anthrarufine.
Pour la retirer de la poudre insoluble dans la baryte, on épuise cette poudre par la benzine bouillante, ou, ce qui est préférable, on utilise la tendance qu’elle possède à se volatiliser. En effet, lorsqu'on chauffe à 120-150® la poudre brune entre deux verres de montre, l’anthraruline se sublime et il reste une matière étrangère.
qui se dissout dans l’acide sulfurique avec une coloration brune. Dans cette préparation, il faut employer de l’acide sulfurique pur, 100 p. d’acide dioxybenzoïque fournissent 50 p. d’acide anthraflavique, 4 à 5 p. de métabenzdioxyanthraquinon et seulement deux p. d’anthrarufine.
Liebermann et Boeck prennent pour point de départ l’anthracène, que l’on chauffe pendant une heure au bain-marie avec trois fois son poids d’acide sulfurique, de manière à ne dissoudre que le quart environ du carbure, ce qui donne un mélange d’acides disulfonés. On transforme ces acides en sels plomhiques : celui qui répond à la chrysazine se dépose en premier lieu (15 pour 100 de l’anthracène dissous); puis, par une concentration plus forte, le second sel cristallise assez brusquement (45 pour 100 de l'anthracène dissous).
L’acide de la série de l’anthraruline, mis en liberté par l’acide sulfurique, se présente sous forme de flocons cristallins, composés d’aiguilles microscopiques. On fond son sel sodique avec 5 à 6 fois son poids de potasse et on traite la masse fondue par l’acide chlorhydrique. On lave le précipité cristallin à l’eau et on le fait cristalliser dans l’acide acétique ; ou bien, on le dissout dans l’alcool et on étend la solution d'eau. C’est le dioxyanthracène C 28 H I0 CH. On le transforme en dérivé diacétylé, que l’on décompose par la potasse bouillante, ce qui fournit l’anthrarufine.
Liebermann et Dehnst ont abrégé ce procédé de la manière suivante :
On oxyde l’acide anthracène-disulfonique et on fond avec la potasse l’acide anthraquinoa-disulfonique qui en résulte. L’oxydation a lieu facilement en faisant bouillir le sel sodique avec de l’acide nitrique. Le même procédé s’applique à la préparation de la chrysazine avec l’acide anthracène-disulfonique correspondant.
Fondus avec la potasse, les sels sodiques fournissent respectivement l’anthrarufine et la chrysazine; puis, à une température plus élevée, leurs oxydérivés, l'oxyanthrarufine et l’oxychrysazine, qui sont d’ailleurs identiques. (L. et D.)
L’anlhrarufme est identique avec le dioxyanthraquinon dérivé du diorthoamidoanthraquinon. On dissout ce dernier dans l’acide sulfurique et on étend le soluté de 2 ou 5 fois son volume d'eau, puis on ajoute au nitrite de potassium, jusqu’à production d’une solution jaune et limpide. On étend d’eau et on fait bouillir pendant une heure. 11 se dégage des gaz et il se dépose des flocons jaune foncé, presque entièrement solubles dans la potasse. On purifie le produit en le précipitant par l’acide chlorhydrique de sa solution alcaline et le transformant en laque barytique, qu’on décompose de nouveau par l’acide chlorhydrique. La laque barytique est insoluble et d’un rouge cramoisi, tandis que celle de lerythroxyanthraquinon, provenant du dérivé orthomononitré qui pourrait s’y rencontrer, est soluble dans l'eau. On obtient aussi l’nnthrarufine sous forme d’une poudre cristalline orangée, soluble dans l’acide acétique qui la dépose en cristaux dentelés et brillants. (Roemer.)
L’anthrarufine cristallise en aiguilles jaunes, fusibles à 280°. Elle est à peine soluble dans l’eau, peu soluble dans l’alcool et dans l’acide acétique. Sa solution alcoolique, qui est jaune et fluorescente, l’abandonne en tables quadratiques, jaunes et irisées, alors que le chloroforme fournit des cristaux prismatiques. La benzine la dissout mieux que l’éther et le sulfure de carbone.
QUINONS.
Elle est soluble dans l'acide sulfurique concentre. Avec ^ , la solution est
rouge cerise par transparence, douée d’une forte fluorescence brun kermès; avec 100 000 ’ so ^ ul * on cst c ^ un rou r c cramoisi et cette couleur est encore sensible
avec | q qo(j qqq • Ces solutés étendus, alors même qu’ils paraissent à peu pi es
incolores, présentent trois bandes d’absorption, deux fortes et une faible. La couleur rouge passe au jaune en présence de traces d’acide azoteux ou azotique et les bandes disparaissent.
Avec la baryte et la chaux, l’anthrarufme donne des laques insolubles, d’un rouge carmin. Elle ne précipite pas une solution alcoolique d’acétate de plomb, mais précipite en brun par l’acétate de cuivre.
Elle n’est pas sensiblement soluble dans l’ammoniaque et les carbonates alcalins, mais elle fournit avec la potasse une solution jaune olive, que l’acide chlorhydrique précipite en orangé.
Lorsqu’on fait bouillir cette dissolution alcaline et qu’on la concentre, on voit se déposer successivement des aiguilles brun rouge, puis un sel bleu indigo. En évaporant à sec et en fondant le résidu, on obtient une masse bleu foncé, à éclat métallique, se dissolvant dans l’eau avec une couleur violette, se sublimant en petites aiguilles, qui représentent sans doute un trioxyanthraquinon. Ce corps se dissout dans l’acide sulfurique avec une couleur violette ; dans la potasse, avec une couleur indigo. Il donne avec l’acétate de plomb alcoolique un précipité bleu violet; avec l’acétate de cuivre, une solution bleue.
On a décrit un acétate et un dérivé tétranitré de l’anthrarufine.
Le diacétate ou diacélylanlhrarufine, C* 8 II 1 O t (G*ll*O i )* ; en atomes,
se produit par l’action de l’anhydride acétique sur l’anthrarufine, mais seulement à une température de 200°, alors que les autres dioxyanthraquinons n’exigent qu’une température comprise entre 41)0 et 170° (Schunck et Roemer). Il se forme également en oxydant par l’acide chromique une solution acétique de diacétyl-dioxyanthraeène (Liebermann et Boeck) :