ÉTHER TR1ISOAMYLPERTHIOPHOSPHORIQUE (C10H10)3PH5S
Les deux composés précédents s’obtiennent simultanément lorsqu’on fait réagir le persulfure de phosphore PS3 sur l’alcool isoamylique ; on doit opérer avec précaution, la réaction étant fort vive. On reprend le produit brut par de l'eau qui dissout l’acide diamyldithiophosphorique, tandis que l’éther triamylperthiophosphorique se rassemble au fond du vase.
L’acide diamyldithiophosphorique est obtenu par évaporation de sa solution aqueuse dans le vide. C’est un liquide sirupeux. Les sels qu’il forme avec les métaux alcalins et alcalino -terreux sont solubles dans l’eau; ceux des métaux proprement dits y sont insolubles, mais se dissolvent dans la benzine, l’alcool et l’éther; le sel de plomb (C10H10)2PH3PbS404 cristallise dans l’alcool bouillant en prismes monocliniques fusibles à 70°; les autres sont tous fusibles vers 100°. (Kowalewsky.)
L’éther triamylperthiophosphorique est un liquide jaunâtre visqueux, insoluble dans l’eau, et plus dense qu’elle; il se décompose vers 100° en dégageant de l'éther amylsulfhydrique. (Kowalewsky1.)
ÉTHER ISOAMYLARSÉNIEUX
Form.
Syn. : Arsénite d'isoamyle.
Éq. : (C10H10)3AsH308.
1 At. : (CW^AsO5.
Préparation. — On fait réagir l’isoamylate de sodium sur le bromure d’arsenic dissous dans l’alcool ; on sépare l’éther isoamylarsénieux par des distillations fractionnées dans le vide.
Propriétés. — Ce corps se décompose facilement en présence de l’air humide, de l’eau, de l’alcool étendud’eau. Il bout à 288° sous la pression ordinaire, mais en se décomposant ; sous la pression de 60mm, il distille sans décomposition à 193°-194°. (Crafls.)
ÉTHER ISOAMYLARSÉNIQUE
Form.
Syn. : Arséniate d'isoamyle.
(Éq. : (C10H10)3AslI308.
(At. : (C5H“)3AsO*.
Préparation. — On fait réagir l’iodure d’isoamyle sur l’arséniate d’argent sec, 1. Kowalewsk-y, Ann. der Chem, und Pharm., t. CXIX, p. 303.
en chauffant les deux corps à 100°, en tubes scellés, en présence d’un peu d’étlier anhydre.
Propriétés. — Il n’a pu être préparé complètement pur ; il est très-facilement décomposé par l’eau et ne peut être distillé, même dans le -vide, sansdécomposition. (Crafts.)
ÉTHER ISOAMYLBORIQUE
Form.
(Éq. : (C10H10)3Bo03.3HO.
| At. : (CTR^BoO3.
Syn. : Borate d’isoamyle.
Préparation. — On fait passer des vapeurs de chlorure de bore dans l’alcool isoamylique :
BoCl3 + 3 Ci0H)2O2 = (CwH10)3BoP>Û°-h 3 HCl.
11 se dégage de l’acide chlorhydrique et à la fin de l’opération le liquide finit par se séparer en deux couches. On décante la couche supérieure, on la distille en recueillant ce qui passe entre 260° et 280° ; on rectifie une seconde fois à 270°-275°. (Ebelmen et Bouquet.)
Propriétés. — C’est un liquide incolore, d’apparence huileuse ; il brûle avec une flamme blanche bordée de vert. Densité à 0°= 0,870; point d’ébullition : 270°-275° (Ebelmen et Bouquet). Densité à 0° = 0,872 ; point d’ébullition : 254°. (Schiff.)
Ebelmen a obtenu en chauffant ensemble de l’alcool isoamylique et de l’anhydride borique un corps auquel il assigne pour formule (C10II10)2(HS0!) (BoO3)4 : les propriétés qu’il lui attribue ne permettent pas de le considérer comme un composé défini, pas plus que son analogue de la série éthylique.
Les éthers amylboriques mixtes ont été décrits à la suite des éthers méthyl et éthylboriques.
ÉTHER IS0AMYLS1LICIQUE
Form.
Éq. : (C1#H10)4Si204. 4HO.
At. : (C8Hu)4Si40*.
Syn. : Silicate d’isoamyle.
Préparation. — On verse de l’alcool isoamylique dans du chlorure de silicium :
Si2Cl‘ -+- 4 C10H120* = (C10H10)4Si204,4 HO 4 HCl ; il n’est pas nécessaire de refroidir, car dans les premiers instants, la tempé-
rature s’abaisse d’elle-même par suite du dégagement considérable d’acide chlorhydrique, puis, le dégagement gazeux se ralentissant, elle s’élève peu à peu d’une quantité suffisante pour achever la réaction. Lorsqu’il ne se dégage plus d'acide chlorhydrique, on distille en recueillant ce qui passe entre 320°- 340° ; on rectifie une deuxième fois à 322°-325°. (Ebelmen.)
Propriétés. — C’est un liquide incolore, bouillant à 322°-325° ; densité à 20° = 0,868. Il brûle avec une flamme blanche qui dépose de la silice en poudre impalpable. L’eau le décompose beaucoup plus lentement que le silicate d’éthyle. (Ebelmen.)
Les éthers amylsiliciques mixtes ont été décrits à la suite des chlorhydrines méthyl et éthylsiliciques.
ÉTHER ISOAMYLFORMIQUE
Form.
Éq. : (C101IJ0)C2H20*.
At. : CsH11.CH02.
Syn. : Formiate d’isoamyle.
Préparation. — 1. On chauffe, après une digestion préalable de quelques heures, de l’alcool isoamylique avec un mélange de glycérine et d’acide oxalique employé en excès ; on opère comme pour l’éther éthylformique. (Lorin.)
2. On distille ensemble 6 parties d’alcool isoamylique, 7 parties de formiate de sodium desséché et 10 parties d'acide sulfurique, en opérant comme dans toutes les préparations analogues. (Kopp.)
Propriétés. — C’est un liquide très mobile, possédant une agréable odeur de fruits. Il bout à 123°, 3 sous la pression de 760mm , (Schumann). Densité à 21° = 0,8743 (Kopp); à 15» = 5,8809. (Mendelejew.) '
ÉTHER TRIISOAMYLORTHOFORMIQUE
Form.
Éq.: (C10H10)5C2HsO4.H‘O2.
At. : CIROC3!!11)3.
Syn. : O rtko formiate, sous-formiate triisoamylique.
On le prépare comme l’éther éthylorthoformique en faisant réagir sur le chloroforme soit l’amylate de sodium, soit le sodium et l’alcool amylique.
C’est un liquide incolore, huileux, insoluble dans l’eau. Il bout à 267° environ, mais en se décomposant partiellement. Densité = 0,864. (Deutsch.)
ÉTHERS AMYLACÉT1QUES
Form.
S Éq. : (G10H1#)C*H*0*.
(At. : (C'H^CTPO*.
ÉTHER RMYLACÉTIQUE NORMAL ( de l'alcool amylique normal ou propyléthylique).
On le prépare au moyen de l’iodure d’amyle normal et de l’acétate d’argent. Il bout à 148°, 4 sous la pression de 757mm Densité à 0°=0,8963; à 20° — 0,8792. (Lieben et Rossi.)
ÉTHER AMYLACÉTIQUE INACTIF (de l'alcool isopropylélhylique ou alcool amylique inactif).
Il se prépare comme le précédent au moyen de l’iodure d’amyle inactif.
Il bout à 158°, 6 sous la pression de 747mm (Balbiano) ; à 140° sous la pression de 760mm. (Schorlemmer.)
ÉTHER ISOAIYIYLACÉTIQUE (de l'alcool isoamylique ou alcool amylique de fermentation).
Préparation. — 1. On chauffe au bain d’huile à 120°, en tubes scellés, l’éther isoamyliodhydrique avec de l'acétate d’argent sec. On distille; on le purifie comme ci-après.
2. On distille un mélange formé de 1 partie d’acide sulfurique et de I partie d’alcool amylique avec 2 parties d’acétate de potassium sec. On agite le produit distillé avec de l’acide acétique étendu de son volume d’eau qui dissout l’excès d’alcool amylique dont on le débarrasserait difficilement par distillations fractionnées, et qui ne dissout qu’une très petite quantité d’éther amylacétique (Berthelot) ; on l’agite ensuite avec une solution alcaline étendue ; on le déshydrate sur du chorure de calcium fondu, et enfin on le rectifie sur de l’oxyde de plomb. (Cahours.)
Propriétés. — Ce corps possède une odeur agréable de poire jargonnelle qui se développe surtout lorsqu’on l’étend d’alcool ; on l’emploie, ainsi étendu, à aromatiser les bonbons dits anglais. Il bout à 138° (Friedel et Crafts) ; à 137°, 6 sous la pression de 745 mm; densité à 0° = 0,8837, .à 15° = 0,8702 (Kopp).
Un courant de chore sec employé d’abord à froid, puis à 100°, le transforme à la lumière diffuse en un dérivé bichloré insoluble dans l’eau, décomposable à la distillation ; à la lumière solaire il se fait des produits de substitution plus avancée. (Cahours.)
Chauffé au bain d’huile à 180°, en tubes scellés, pendant six heures, avec du protochlorure de phosphore, il se transforme en chlorure d’acétyle et éther amylchlorhydrique :
3 (C10H10)C4H40* -+-2PC13 =2 PO3 +3 C‘I13C10S + 3(Cl0H1#)HCl. (Schlagdenhaufen.)
Lorsqu’on le maintient pendant quarante heures à 240° avec de l’alcool absolu en vase clos, une partie de l’alcool amylique est déplacé, il se forme de l'éther acétique et de l’alcool amylique qu’on peut séparer par distillation fractionnée. (Friedel et Crafts.)