Pyrrhulauda grisa
Tarses de Lx longueur du doigt médian, minces et courts, de même que les doigts et lcurs ongles, celui de pouce un peu plus long que les autres : tous légèrement courbés ct aiqus.
Six espèces, de l'Asie, de l'Afrique et de l'Océanie. Nous figurons le Pyrrhulaude leucote.
Les diverses espèces composant ce genre ont, depuis M. Temminck et M. Smith, le créateur du genre, constamment été placées parmi les Fringilles, malgré les observations fort justes faites à ce sujet par M. De La Fresnaye, observations auxquelles nous nous empressons de nous ranger, et que nous ne doutons pas que la science ne finisse par adopter.
M. Temmincek, dit M. De La Fresnaye, trompé, à ce qu'il paraît, par la grande ressemblance du bec de deux Alouettes voisines de notre Alouette calandrelle avec celui des Fringilles, les a décrites et figurées dans une de ses planches coloriées faisant suite à Buffon, l'une sous le nom de Gros-Bec croisé (Fringilla cruciger), pl. ceuxix, n° 4, et l'autre sous le nom de Gros-Bec à oreillon blanc (Fringilla otoleucus), même planche, n° 2 et 3. M. Temminck n'avait sûrement pas examiné les pieds, car il eût reconnu qu'ils sont absolument semblables à ceux des Alouettes calandrelle et mirafre, c’est-à-dire à doigts et ongles antérieurs assez courts pour des Alouettes, mais dont l'ongle postérieur, presque droit, quoique plus court que chez les autres espèces, en a tout à fait le caractère. Je citerai à l'appui de mon observation la description de l'une de ces deux espèces (le Gros-Bec à oreillon blanc), donnée de la manière la plus précise par Lichtenstein (Catalogue des doubles du Musée de Berlin, p. 28) sous le nom d'Alauda melanocephala, Alouette à tête noire. M. Temminck, en décrivant ces deux espèces comme du genre Fringille, observe toutefois qu'elles offrent une particularité qui ne se retrouve pas chez les autres Fringilles, c’est que les grandes couvertures des ailes sont presque aussi longues que leurs pennes. Or, on sait que ce caractère est tout à fait particulier aux Alouettes, et, si ce savant ornithologiste, si habile observateur, eût seulement jeté un coup d'œil sur les pieds de ces Oiseaux, il n’eût pas hésité, sans nul doute, à les ranger dans les Alouettes, près de la Calandrelle, de la Mirafre et de l'Alouette bateleuse. (Magasin de Zoologie. 1833.)
Fig. 209 — Pyrrhulaude leucote
Il est permis de s'étonner, après une semblable observation, que la plupart des ornithologistes aient persévéré dans cette erreur, et qu'en 1850, dans son Conspectus, M. Ch. Bonaparte se prête à la propager, tout en observant cependant que ce genre Pyrrhulauda, par ses tarses scutellés, semble plutôt appartenir aux Alaudidés (ob tarsos scutellatos potuis ad Alaudidas pertinet), surtout lorsque l'on sait, ainsi que l’a fait connaître le colonel Sykis (Procceding, 1839, page 94), que l'une des espèces de ce genre, le Pyrrhulauda crucigera, de l'Inde, a l'étrange habitude de se tenir à terre sur les routes élevées, et de ne s'envoler que lorsqu'on est près de marcher sur lui; qu'il ne se perche jamais; que, d’après M. A. Smith, les espèces qu'il a découvertes en Afrique vont par bandes nombreuses, s’abattant et courant avec rapidité dans les plaines immenses, tantôt éloi-
gnées, tantôt rapprochées du bord des rivières, et que leurs mœurs les éloignent, tout autant que leurs caractères, du genre Fringillu; détails qui, on le voit, viennent encore à l'appui du sentiment de M. De La Fresnaye, partagé et suivi par M. Gray.
PYRRIHULAUDE AUSTRAL. PYRRHULAUDA AUSTRALIS. (A. Smith)
Tête, gorge et toutes les parties inférieures du corps noires; interseapulaires et dos d'un brun ferrugineux strié de brun plus foncé; petites couvertures des ailes, rémiges primaires el secondaires brun foncé, ces dernières bordées de roux; queue noire, à l'exception des deux rectrices intermédiaires, qui sont d’un brun obscur bordé de roux; bec blanc, yeux bruns, pieds d'un brun légèrement teint de rosâtre.
Lougueur totale : 0",15.
Se trouve par bandes dans les plaines qui bordent la rivière d'Orange (Afrique du Sud.)
gme GENRE. — OTOCORIS. OTOCORIS. (Ch. Bonaparte.)
Ov:, w7c5, oreille; xoous, Alouette,
CARACTÈRES GÉNÉRIQUES
Bec plus court que la tête, mince, conique, à sommet légèrement infléchi de la base au sonuner.
Narines basales, latérales, cachées dans les plumes du front.
Ailes allongées, sans penne bâlurde, suraiguës, la première rémige la plus longue de toutes où égule à la seconde.
Queue lonque ou carrée, où légèrement échancrée
Tarses robustes, un peu plus longs que le doigt médian, scutellés ainsi que les doigts, qui sont grèles el courts; ongles courts, minces et aiïqus, celui du pouce le plus long, presque droit.
Fig. 210 — Otocoris alpestris Fig. 211. — Otoconis alpestris.
Sept espèces de l'Europe, de l'Asie et de l'Amérique septentrionale. Nous figurons l'Otocoris pénicillée.
Les mœurs de ces espèces rentrent en grande partie dans celles des autres Alaudinés; elles fréquentent toutes les contrées les plus froides et les plus rapprochées des pôles des deux continents. Ainsi l'une d'elles, celle considérée comme la plus européenne, l'Otocoris alpestre, est trèsrépandue du nord au sud, Le capitaine James Ross en tua une près du port Fédix, et le capitaine Phillip Parker King en rapporta une autre du détroit de Magellan. Cet Oiseau est un des chanteurs les plus agréables. Audubon, qui étudia ses mœurs sur les côtes du Labrador, décrit de la manière suivante la tendresse des parents pour leur progéniture.
où
« Déjà plusieurs fois, dit le savant ornithologiste, dans mes courses le long des côtes du Labrador, et parmi les nombreuses îles qui en défendent les approches, j'avais vu cette Alouette à l’époque de la ponte; mais jusqu’à ce jour je n'avais réussi ni à l'entendre chanter, ni à découvrir l'asile secret où elle cache son nid,
« L'espèce que j'ai trouvée ici est remarquable par la beauté de son chant #t de son plumage. Voici quelques détails sur ses habitudes :
« Elle dépose ses œufs au milieu des plaines stériles et désolées du Labrador, dans le voisinage de la mer. L'aspect de la contrée offre comme une ondulation de granits: le sol est couvert de mousses et de lichens de grosseur et de couleur différentes. Ces mousses sont tantôt vertes, tantôt aussi blanches que la neige; quelques-unes offrent toutes les teintes et sont disposées en grandes plaques. C’est au milieu de ces dernières que l'Alouette cache son nid. Elle choisit si bien l’emplacement convenable, et la couleur de son plumage se confond tellement avec celle de la mousse, qu'à moins que vous ne marchiez sur l'Oiseau, il reste immobile et en pleine sécurité. Que si vous en approchez de trop près, il part en feignant de traîner de l'aile pour vous exciter à le poursuivre. Cette ruse manque rarement son effet auprès des chasseurs novices. Le mâle seconde de son mieux le pieux artifice de sa femelle; heureux quand ils réussissent à sauver leurs petits. Si, malgré leurs efforts, ils se les voient ravir, ils poussent des cris tellement touchants et tellement plaintifs, qu’un naturaliste en serait ému, si un naturaliste pouvait être sensible à la pitié quand il s’agit des progrès de l'ornithologie.
«Leur nid, enfoncé dans la mousse jusqu'aux bords, est formé de brins d'herbes disposés cireulairement à deux pouces d'épaisseur, et il est revêtu en dedans de plumes proverant de divers Oiseaux. La ponte a lieu au commencement de juillet. Les œufs, au nombre de quatre à cinq, sont de couleur grise, et semés de taches brunes où d’un bleu päle. Les petits quittent le nid avant d’être assez forts pour prendre leur volée; pendant une semaine, ils suivent leurs parents en voletant sur la mousse, on les voit qui courent çà et là poussant des pip-pip remplis de douceur, et se réfugiant sous leur mère à la moindre apparence de danger. Les poursuit-on, ils ouvrent leurs ailes pour faciliter leur fuite; ils se dispersent dans différentes directions, et échappent ainsi avec une grande agilité. Il est difficile d'en attraper plus d’un seul, à moins qu'il n’y ait plusieurs chasseurs, et que chacun d'eux ne s’attache à un fuyard. Tant que dure la poursuite, le mäle et la femelle volent après l'ennemi en se lamentant du danger qui menace leur jeune famille. Maintes fois un père et une mère nous accompagnèrent ainsi jusqu'à notre barque; ils s'abattaient sur les rochers qui étaient devant nous, semblant par leurs cris nous cohjurer de leur rendre ce que nous leur avions ravi. » (New Monthly Magazine Rev. brit., 1841.)
OTOCORIS ALPESTRE. OTOCORIS ALPESTRIS
Mâle en été. — Parties supérieures d’un cendré rougeûtre plus prononcé à la tête, au cou et sur les petites couvertures des ailes, variées de brun partout ailleurs; sus-caudales d'un cendré vineux; front, gorge, un trait sur l'œil, espace au-dessous de l'oreille d’un beau jaune; un pinceau de plumes se relevant en huppe de chaque côté du vertex, une bande allant en s’élargissant du bec au méat auditif inclusivement, et un large plastron sur le haut de la poitrine, d'un noir profond; côtes de la poitrine, flancs d’un fauve rougeätre; abdomen, sous-caudales blancs; ailes brunes, avec les petites et les moyennes couvertures terminées de blanchätre; les grandes lisérées de grisâtre, les rémiges bordées de blanc; queue d’un brun noir, avec les pennes médianes brunes et bordées de roux, l’interne de chaque côté bordée de blanc; bec brun de corne plus clair en dessous qu’en dessus; pieds noirs; iris brun foncé.
Habite les parties orientales du nord de l'Europe, l'Asie et l'Amérique septentrionale; est de passage annuel dans le sud de la Russie, en Crimée, et se montre accidentellement en France, en Belgique et en Allemagne. (DEGLann.)
gme GENRE. — MACRONYX. MACRONFYX. (Siainson.)
My2205, long; UE, ongle.
CARACTÈRES GÉNÉRIQUES
Bec médiocre, droit, à arète légèrement recourbée, à pointe plus ou moins échancrée.
Narines nues, grandes, oblongues.
Ailes dépassant de très-peu la naissance des rectrices, subaiguës, les deuxième et troisième rémiges égales entre elles, les plus longues; les couvertures supérieures atteignant l'extrémité de celles ci.
Queue longue, égale
T'arses et doigts allongés et recouverts de squammelles, le tarse de la longueur du doigt médian; les ongles antérieurs minces, proportionnés, légèrement arqués et aigus; celui du pouce près du double plus long que ce 1'oigt lui-même, assez recourbé et très aigu, et avec lui dépassant en lonqueur celle du tarse.
Trois espèces particulières à l'Afrique. Nous figurons le Macronyx d'Amélie.
Ce genre, créé par Swainson, a été confondu avec le genre Anthus, par Gray. Nous le rétablissons ainsi que l’a fait M. Ch. Bonaparte, parce que nous {lui reconnaissons des caractères tout à fait distincts de ceux-ci. C’est un genre qui, placé comme l’a mis M. Bonaparte à la fin des Alaudinés, établit une transition des plus heureuses entre cette famille et celle des Anthiinés.
On ne connaît des mœurs de ce petit genre que le peu que Le Vaillant nous apprend de celles de l'espèce type, l'Alouette du Cap, à laquelle il a donné le nom de Sentinelle.
Il lui a imposé ce nom, dit-il, d’abord parce qu'il y a plusieurs espèces d’Alouettes à cravate jaune, et ensuite parce que celle-ci fait à chaque instant entendre un cri qui exprime de la manière la plus précise qui vive, qui vive, et qu'elle semble même se plaire à répéter lorsqu'elle voit passer près d'elle un homme ou un animal quelconque.
L’Alouette sentinelle est très-commune dans les environs du Cap, où elle fréquente les prairies et le bord des rivières. Les habitants du Gap, trouvant sars doute quelque rapport entre la couleur orangée de la gorge de cet Oiseau et le rouge de la tête du Dindon, l'ont nommé Petit-Dindon (Calkoentje). Gette Alouette est aussi la seule aux environs du Cap dont on fasse cas sur les tables; et
du temps que j'étais au Cap nous faisions beaucoup de parties de chasse, uniquement pour aller tuer les Calkoentje dans les plaines sablonneuses du pied. du Tigre-Berg, où nous en trouvions une grande quantité.
L'Alouette sentinelle se perche très-souvent, aussi peut on facilement remarquer que ses ongles postérieurs, loin d’être droits, sont au contraire très-courbés et même excessivement grands, puisque la corde de leur are mesuré équivaut au moins à la longueur du tarse, quoique celui-ci soit assez long.
On trouve l'Alouette sentinelle sur toute la côte de l’est, depuis le cap de Bonne-Espérance jusque dans la Cafrerie. Je ne l'ai point vue à la côte de l’ouest, nulle part, passé la rivière des Éléphants. Elle construit son nid au pied des buissons et souvent dans le milieu du buisson; ce nid, composé de brins deliés, est revêtu de racines faibles en dedans. La ponte est de trois à quatre
œufs.
MACRONYX D'AMÉLIE. MACRONYX AMELIÆ. (De Tarragon.)
Une bande d’un blane mêlé de rose passant au-dessus des yeux et venant se fondre vers l’occiput avec la couleur des plumes de la tête et du dos, lesquelles, y compris les couvertures de la queueet des ailes, sont noires dans leur milieu, plus ou moins frangées de roux, de roux clair et de blanc; le poignet de l'aile légèrement teint de rose. Les grandes pennes d'un brun noir: les petites terminées de blanc avec un très-faible liséré roux. Les rectrices supérieures noires, terminées d'un peu de blanc; l'avant-dernière latérale noire, avec une tache blanche à son extrémité; la dernière entièrement blanche. Toutes portant les mêmes teintes inférieurement.
g. 215. — Macronyx d'Amélie.
Gorge d'un roux vif, rehaussé par un collier de plumes noires, lisérées de blanc et de rose qui descend sur la poitrine et y forme une large bande tapirée de noir et de blane. Tout le dessous du corps est d’un rose assez vif, les flancs lavés de rose; les couvertures sous-caudales d'un blanc sale, légèrement teint de rose. Les cuisses blanches; le bee, les pieds, les ongles ont à peu près les mêmes dimensions que chez l'espèce type. Taille généralement plus petite. (De Tanracow, Revue zoologique, 1845.)
L'individu figuré par M. Gray dans son Genera, planche r1v, et qui parait plus adulte que celui qui a servi à la description qui précède, en diffère en ce que toute la gorge, au lieu d’être d’un roux vif, est d’un beau rouge brique rosé, encadré d'une bande noire partant en filet très-mince de la commissure, et allant en s’élargissant jusqu'à la poitrine, où elle forme un plastron brun clair flamméché de noir,
OISEAUX. 205 Cette Alouette vient de Port-Natal (Afrique), où elle paraît rare.
Il n'y à aucun doute que c’est à cette Alouette que les colons hollandais du Cap ont donné le nom de Petit-Dindon (Calkoentje), que Le Vaillant, dans l'ignorance où il était de cette espèce découverte quarante ans après lui, applique mal à propos à son Alouette sentinelle, en s'exprimant ainsi : « Les habitants du Cap, trouvant sans doute quelque rapport entre la couleur orangée de la gorge de cet Oiseau et le rouge de la tête du Dindon, l'ont nommé Petit-Dindon (Colkoentje). »
TROISIÈME FAMILLE. — ANTHINÉS.
Quoiqu'à la rigueur, et se renfermant dans les règles de la méthode, les Anthinés ne dussent pas figurer au milieu d'Oiseaux en grande partie conirostres et considérés conume tels jusqu'à ce jour, les rapports des genres qui composent cette famille avec ceux des Alaudinés sont si nombreux et si intimes, selon nous, qu'on ne pouvait les séparer sans s'éloigner de l’ordre naturel, et qu'ils devaient au moins être groupés dans la même famille. Cet ancien nom d’Alouette de pré, donné à une des espèces les plus connues, est certainement la dénomination la plus naturelle et la plus vraie des Pipits; car, en les comparant avec quelque détail, on est frappé de leur analogie avec les Alouettes. Parmi ces espèces, il en est quelques-unes qui, telles que l'Alouette sentinelle du Cap, l'Alouette jaune du Sénégal, si voisine de la première, notre Pipit rousseline, forment évidemment, d’après leur bec plus fort ou la teinte de leur plumage, le chaînon entre les deux groupes, et ont été placées par divers auteurs, tantôt avec les Alouettes, tantôt avec les Pipits. Ces dernières ont donc de commun avec les Alouettes, quant aux formes, les ongles antérieurs courts et peu arqués, le postérieur plus ou moins allongé, peu arqué où presque droit; quelques-unes des rémiges tertiaires presque aussi longues que les primaires; un plumage sombre, généralement convert de mèches plus foncées, avec les pennes latérales de la queue en partie blanches, et, quant aux mœurs, l'habitude de chanter en volant et en descendant les ailes étendues, de se tenir souvent à terre, d’y nicher, d'y pondre des œufs grisâtres, tout couverts de petites taches et de petites lignes plus foncées, olivätres ou roussâtres. Elles s’en éloignent, toutefois, en ce que la plupart se perchent et se tiennent dans les prairies, les vergers, et non dans les plaines, ce qui explique très bien leur ancien nom d'Alouettes de pré. (De La Fresxaye, Dictionnaire d'Histoire naturelle, 1844.)
Ce sont ces nombreux rapports qui, paraissant à M. De La Fresnaye des rapports d’affinité bien plus que de simple analogie, l'ont décidé, an risque de s'éloigner un peu des règles méthodiques, à rapprocher les deux groupes sous le nom d'Alaudinés ou Alouettes arvicoles, et d'Anthusinés où Alouettes praticoles.
Les caractères de la famille, continue cet ornithologiste, sont : bec grêle, droit, pointu ct légèrement échancré; tarses allongés, et pieds propres à la marche; le pouce, et surtout son ongle, allongés: ce dernier quelquefois fort long, très-grêle, et presque droit ou peu courbé; rémiges tertiaires obtuses et prolongées; queue plus ou moins développée en longueur; les rectrices latérales toujours hordées de blanc ou de roussâtre pâle comme chez les Alouettes. Mœurs marcheuses, et chant souvent en volant, comme chez ces dernières. Nidification sur le sol où entre les pierres des carrières, et œufs à coloration à peu près semblable à ceux des Alouettes. (Jbid.)
Cette famille, sagement créée par M. Ch. Bonaparte, n’est qu'un démembrement de la famille des Motacillinw des auteurs, qui, ayant toujours compris les Pipits dans ces dernières, ont toujours rendu difficile le rapprochement qui était à faire et la transition à établir entre les Alouettes et les Bergeronnettes.
Il est bien évident, en effet, ainsi que le remarque M. Degland, que les Pipits ont de grands rapports avec les unes et les autres. Comme les premières, ils chantent en s’élevant dans les airs, et. comme les dernières, ils sont plus insectivores que granivores, et impriment à leur queue, lorsqu'ils marchent et souvent lorsqu'ils sont au repos, un mouvement de bas en haut.
M. Ch. Bonaparte compose cette famille des trois genres :
1° Corydalla, Vigors; 2 Agrodromu, Swainson; 3° Pipit (Anthus), Bechstein.
Nous n'admettons que le premier et le dernier.
1° GENRE. — CORYDALLE. CORYDALLA. (Vigors, 1825.)
Kopudo;, Alouette
CARACTÈRES GÉNÉRIQUES
Bec «le la longueur de la tête, assez fort; les deux mandibules égales, à pointe échancrée. Narines situées à la base et sur les côtés du bec, à moitié fermées par une membrane voütée. Ailes subaiguës; les trois premières rémiges égales entre elles.
Queue longue, élargie et légèrement échancrée.
T'arses très-longs, avec l’ongle postérieur plus long que le pouce, et presque droit
‘Jusqu'à ces derniers temps, ce genre ne reposait que sur une seule espèce européenne, décrite par Vieillot sous le nom de Pipi de Richard. M. Ch. Bonaparte en a depuis peu (Conspectus Avium, 1850) fait connaître une seconde espèce propre au continent asiatique, et à laquelle il a donné le nom de Corydalla sinensis. Peut-être même deux autres espèces du Népaul, décrites par le major liodgson, sous le nom générique de Cichlops (visage de Merle), seraient-elles à y joindre. Nous figurons l'espèce européenne, dont nous donnons aussi la description
CORYDALLE DE RICHARD. CORFDALLA RICHARDI. (Vieillot, Vigors )
Parties supérieures brunes, avec les plumes bordées de roussâtre à la tête, au dos, et grisâtres au cou; parties inférieures d’un blanc terne, lavé de roux au cou, à la poitrine, sur les flancs et les
Fig. 214. — Corydalle de Richard.
sous caudales; un large trait jaunâtre, partant du bec, passe au-dessus des yeux et s'étend au delà lu méat auditif, ligne brune transversale au-dessous des joues; une autre ligne longitudinale sur
les côtés du cou, et des taches oblongues de même couleur sur le haut de la poitrine; petites couvertures des ailes noirâtres, bordées de blanchâtre; grandes couvertures et rémiges brunes, bordées et terminées de roussâtre; rectrices médianes également brunes, bordées et terminées de roussâtre; les latérales noires, excepté les deux plus externes, qui sont presque entièrement blanches, et qui ont, la première la baguette entièrement blanche, et l'autre brune; bec brun foncé er dessus. brun roussätre en dessous; pieds gris roussâtre; iris brun grisâtre. (Male en été.)
Longueur totale, 0,18. (Deccann.)
Habite l'Europe; se trouve dans le midi de la France. en Espagne, en Italie, en Allemagne.
Sa ponte est de quatre ou cinq œufs, qui sont, d'après P. Roux, d’un blanc sale, avec des taches irrégulières rougeätres.
2m GENRE. — PIPIT. ANTIIUS. (Bechstcin.)
CARACTÈRES GÉNÉRIQUES
Bec grèle, droit, cylindrique, taillé en alène, qlabre à la base, à bords courbés en dedans vers le nulieu, échancré à la pointe de la mandibule supérieure.
Narines basales, ovalaires, en partie cachées par une membrane.
Ailes dépourvues de penne bâtarde, subaiguës; les trois premières rémiges égales, la plus longue des rémiges tertiaires atteignant l'extrémité des rémiges primaires.
Queue plus ou moins développée, échancrée.
Tarses allongés, de la longueur du doigt médian : celui-cù uni à su base avec l'externe; ongle postérieur le plus long. presque toujours subulé, un peu courbé et très-aigu.
Fig 9215 — Anthus Malayensis. Fix. 216. — Anthus Malayensis.
Trente-sept espèces cosmopolites, dont sept appartenant à l'Europe, et que nous figurons.
Dans les espèces de ce geure, le mâle et la femelle ne différent que par des nuances insensibles. Les jeunes, avant la première mue, se distinguent, les uns par un plumage plus sombre et plus taché, les autres par une livrée particulière. Leur mue est simple. Les Pipits sont insectivores; ils se tiennent indifféremment à terre ou sur les branches les plus élevées des buissons, ou les plus basses des arbres, quoiqu'ils aient en général l'ongle de derrière fort long (moins long cependant et plus courbé que dans l’Alouette ordinaire). Mais, dit Guéneau de Montbeillard, ils savent bien se servie de leurs ongles antérieurs pour saisir les petites branches et s'y tenir perchés.
Les Pipits ne vivent pas tous au milieu des mêmes circonstances. Les uns fréquentent les champs cultivés et les prairies; les autres se plaisent, surtout dans la belle saison, sur la lisière des bois, dans les clairières, les terrains arides, les bruyères et les bosquets clair-semés; d’autres préfèrent les montagnes, les falaises, les écueils et les pâturages maritimes; quelques-uns, enfin, habitent, pendant l'été, les collines, les lieux sablonneux ou pierreux, et se tiennent, à l'arrière-saison, sur les bords des rivières.
Quoique les Pipits aient la faculté de se percher, cependant ils se tiennent rarement sur les ar-
bres, et, lorsqu'ils s'y rendent, ce n’est que momentanément. Le Pipit des buissons fait seul exception, car on le voit assez souvent, durant la journée, ÿ chercher un refuge ou y prendre du repos. Tous ont une démarche lente et gracieuse quand rien ne les inquiète; mais, lorsqu'ils sont pourchassés, ils courent avec légèreté, à la manière des Alouettes. Leur naturel n’est point sauvage; on les approche assez facilement, et, lorsqu'on les détermine à fuir, ils vont se poser à peu de distance. Tous les Pipits ont un eri qu'ils font entendre en volant, et principalement lorsqu'ils s'élèvent du sol. Celui du Pipit des buissons peut être exprimé par la syllabe pi, prononcée très-distinctement et d’une manière traînante; la Farlouse, ou Pipit des prés, pousse le même cri, mais plus faible, plus bref, et plusieurs fois de suite; celui du Pipit à gorge rousse diffère si peu du cri du Bruant des roseaux, qu'on ne sait, en l’entendant, auquel des deux l’attribuer; enfin, le Pipit rousseline en à un qui se rapproche de celui de l’Alouette calandrelle, et qui peut être rendu par les syllabes priouw-priou-pripriou. Mais, en outre, les Pipits ont un chant fort agréable et retentissant qu'ils font entendre à l'époque des amours. Le Pipit des buissons, perché sur les branches mortes d’un arbre qui avoisine son nid, après quelques préludes, prend son essor en chantant, s'élève droit en battant des ailes, et descend, en planant, ordinairement sur la branche d’où il est parti, et sur laquelle il finit son chant. Après un instant de repos, il recommence le même jeu jusqu’à six ou huit reprises, et toujours en chantant. Les autres Pipits agissent de même, avec cette différence pourtant qu’au lieu de se tenir sur les branches mortes des arbres, ils se perchent sur une pierre, sur un petit monticule de terre, sur les pointes d’un roc.
Tous les Pipits nichent à terre. Ils établissent leur nid dans une touffe d'herbe, dans les bruyères, au pied d’un buisson (parfois au milieu d’un épais buisson, ainsi que l'a observé M. Neville-Wooden pour un Pipit des arbres, au dire de M. Yarrell), contre une motte ou une pierre; ils le composent de mousse et de tiges d'herbes à l'extérieur; l'intérieur est tapissé de brins plus déliés et de crins.
Les Pipits commencent à émigrer dans les premiers jours de septembre. Les uns, comme le Pipit des buissons et le Pipit spioncelle, voyagent isolément ou par petites compagnies de trois ou cinq individus; les autres, comme la Farlouse, forment de plus grandes bandes. A l'époque de leurs migrations, ces Oiseaux sont susceptibles de devenir très-gros, surtout si la fin de l'été est pluvieuse, parce qu'alors ils trouvent. à ce qu'il paraît, une plus grande quantité de Vers et de petits Insectes que l'humidité fait sortir du sol. Le Pipit des buissons surtout prend un embonpoint excessif. Le moindre vol le fatiguant alors, il devient très-paresseux et laisse approcher l'homme à la distance de deux ou trois pas. Malgré l'autorité de G. Cuvier, nous sommes persuadé que ce n’est point la Farlouse (Anthus pratensis) qui s'engraisse en automne en mangeant du raisin, mais bien l'espèce dont nous parlons. La Farlouse n'arrive dans nos départements méridionaux qu'après les vendanges, ne fréquente d’ailleurs que les prairies en plaines, tandis que le Pipit des buissons commence à y paraitre en septembre, et aime alors à se tenir dans les vignes. C'est donc lui qu'on recherche dans plusieurs de nos provinces du midi de la France sous le nom de Becfique et de Vinette, et c'est lai aussi qui est le Pivote-Ortolane des Provençaux. Du reste, dans les environs de Paris, et à Paris même, ces deux Oiseaux portent indistinctement, pour le vulgaire, le nom de Bec-Figue. La taille seule les distingue; lun (le Pipit des buissons) est le grand Becfique, et l'autre (la Farlouse) est . le petit Becfique. Quoi qu'il en soit, la chair de ces deux Oiseaux n’est pas au-dessous de la réputation qu'on lui a faite, et elle ne le cède en rien à celle de nos meilleurs Bec-Fins. (Gerges, Dictionnaire universel d'Histoire naturelle.)
Les Pipits de l'Amérique méridionale ont les mêmes mœurs que ceux d'Europe.
On les voit, dit d'Azara, qui les confondait avec les Alouettes, suivre, pour l'ordinaire, les sentiers dans les campagnes, la tête levée et l'œil attentif pour découvrir les Oiseaux de proie; elle sont ordinairement seules ou par paires, et quelquefois il y a quatre ou cinq paires près l’une de l’autre, mais elles ne paraissent pas agir de concert. Quand ces Alouettes prennent leur vol, elles ne l'étendent pas fort loin; mais elles s'élèvent souvent en ligne verticale ou faiblement circulaire; elles tombent ensuite presque perpendiculairement en faisant entendre un ramage agréable; et elles répètent ces ascensions et ces chutes pendant longtemps, jusqu'à ce qu'on les perde de vue dans les airs, car elles s’élèvent toujours plus qu'elles ne descendent, et elles terminent ce jeu en se laissant tomber d'aplomb. Quelquefois elles font une espèce de bourdonnement singulier. La saison des
amours est celle de leurs chants et de leurs ascensions : c'est en septembre et octobre; ces Oiseaux se taisent presque toujours lorsqu'ils sont à terre. Je n'en ai jamais vu, ajoute-t-il, se poser sur les arbres; et ce n’est que dans des occasions fort rares qu'ils se perchent sur de très-petits arbrisseaux.