ALOUETTE DES CHAMPS. ALAUDA ARVENSIS
Parties supérieures variées de noirâtre, de gris roussâtre et de blanc sale; parties inférieures blanches, avec le bas du cou, la poitrine et les flancs teints de roussätre et tachetés plus ou moins de brun ou de brunâtre; une bande étroite d’un blane roussätre au-dessus des veux; rémiges et rectrices médianes brunes et bordées de fauve ou de blanchâtre; rectrices latérales noirätres, bordées en dehors d'une teinte moins rousse, et les deux plus externes de chaque côté de blanc pur; bec brun en dessus, moins foncé en dessous; pieds brun clair roussâtre; iris brun.
Longueur totale : 0,185. (DecLanp )
M. Degland possède de cette espèce une variété noire, une isabelle, une rousse, une gris de lin et une autre à pennes alaires blanches. On cite des variétés entièrement blanches,
3° GENRE. — COCHEVIS. GALERIDA. (Boié.)
ARACTÈRES GÉNÉRIQUES.
Bec plus long et plus grêle que dans le genre Alauda.
Ailes suraiguës; les quatre premières rémiges à peu près égales; penne bätarde fort petite, n'ayant guère que le quart de la longueur de la penne suivante; tertiaires r'aiteignant pas l'extrémuülé des primaires.
Turses el pattes comme dans le genre Alauda, mais l'ongle du pouce n'étant pas plus long que ce doigt.
Les plumes cervicales allongées et érectiles en forme de huppe ou de crête.
Huit espèces de l'Europe, de l'Asie et de l'Afrique. Nous figurons les deux espèces européennes, le Cochevis huppé et le Cochevis lulu, dont nous donnons aussi la description, car nous réunissons à ce genre le Lulu (Alauda arborea) des auteurs, espèce qui, si elle tient des Alouettes par quelques-unes de ses habitudes, tient au Cochevis par la plupart de ses caractères, notamment par sa huppe.
L'espèce typique de ce genre, démembré du genre Alauda, à été nommée Cochevis, c'est-à-dire visage de Coq, parce qu’on a regardé l'aigrette de plumes dont sa tête est surmontée comme une espèce de crête, et conséquemment comme un trait de ressemblance avec le Coq. Cette crête, ou plutôt cette huppe, est composée de dix à douze plumes de diverse grandeur, qui sont le plus ordinairement relevées, mais que l'Oiseau, dans tous les cas, peut élever, abaisser, étendre ou resserrer à son gré.
C’est un Oiseau peu farouche, qui se réjouit à la vue de l'homme et se met à chanter dès qu'il le voit approcher. Il se tient dans les champs et les prairies, sur les revers des fossés et sur la crête des sillons. On le voit fort souvent au bord des eaux et sur les grands chemins, où il cherche sa nourriture dans le crottin de Cheval, surtout pendant l'hiver. On le rencontre aussi, mais rarement, perché sur un arbre à l'entrée des bois, et il est encore plus rare qu'il s'enfonce dans les grandes forêts. Il se pose quelquefois sur les toits, les murs de clôture, etc.
Le chant des mâles est fort élevé, et cependant si agréable et si doux, qu'un malade le souffrirait dans sa chambre : pour en pouvoir jouir à toute heure, on les tient en cage; ils l'accompagnent ordinairement du trémoussement de leurs ailes. Ils sont les premiers à annoncer chaque année le retour du printemps, et chaque jour le lever de l'aurore, surtout quand le ciel est serein, et même alors ils gazouillent quelquefois pendant la nuit, car c’est le beau temps qui est l'âme de leur chant et de leur gaieté. Au contraire, un temps pluvieux et sombre leur inspire la tristesse et les rend muets. Îls continuent ordinairement de chanter jusqu'à la fin de septembre. Au reste, comme ces Oiseaux s’accoutument difficilement à la captivité, et qu'ils vivent fort peu de temps en cage, il est à propos de leur donner tous les ans la volée sur la fin de juin, qui est le temps où ils cessent de chanter, sauf à en reprendre d'autres au printemps suivant : où bien on peut encore conserver le ramage en perdant l'Oiseau; il ne faut pour cela que tenir quelque temps auprès d'eux une jeune Alouette ordinaire ou un jeune Serin, qui s’approprieront leur chant à force de l'entendre.
Outre la prérogative de mieux chanter, qui distingue le mâle de la femelle, il s'en distingue encore par une taille plus forte. Sa manière de chercher sa femelle et de la féconder est la même que celle du mäle de l’Alouette ordinaire, excepté qu’il décrit dans son vol un plus grand cercle, par la raison que l'espèce est moins nombreuse.
La femelle fait son nid comme l'Alouette commune, mais le plus souvent dans le voisinage des grands chemins; elle pond quatre ou cinq œufs, qu’elle couve assez négligemment, et l'on prétend qu'il ne faut en effet qu'une chaleur fort médiocre, jointe à celle du soleil, pour les faire éclore; mais les petits ont-ils percé leur coque, et commencent-ils à implorer son secours par leurs cris répétés, c'est alors qu'elle se montre véritablement leur mère, et qu'elle se charge de pourvoir à leurs besoins, jusqu'à ce qu'ils soient en état de prendre lenr volée.
L'automne est la bonne saison pour tendre des piéges à ces Oiseaux; on les prend alors en grand nombre et en bonne chair à l'entrée des bois. Ils suivent l’appeau, ce que ne font pas les Alouettes. Voici d'autres différences : le Cochevis ne vole point en troupes: il s'élève moins en l'air; il est plus le jouet des vents, et reste moins de temps sans se poser.
Il semblerait, d’après ce qui vient d'être rapporté des mœurs du Cochevis, que cette espèce a le vaturel plus indépendant, plus éloigné de la domesticité que les Alouettes, puisque, malgré son inclination prétendue pour l'homme, elle ne connait point d'équivalent à la liberté, et qu'elle ne peut vivre longtemps dans la prison la plus douce et la plus commode. Gn dirait même qu'elle ne vit solitaire que pour ne point se soumettre aux assujettissements inséparables de la vie sociale. Cependant il est certain qu'elle a une singulière aptitude pour apprendre en peu de temps à chanter un air qu'on lui aura montré; qu’elle peut même en apprendre plusieurs, et les répéter sans les brouiller et sans les mêler avec son ramage, qu’elle semble oublier parfaitement. (GuÉNEAU De MoxreEILLARD.)
COCHEVIS HUPPÉ. GALERIDA CRISTATA. (Linné, Boié |
D'un gris cendré en dessus, avec une teinte plus claire sur le bord des plumes; d'un blanc teint de roussâtre en dessous, avec des taches noirâtres au bas du cou, à la poitrine et sur les flancs, sourcils d'un blanc roussätre; yeux traversés par une bande d'un gris roussâtre; rémiges et rectrices d'un brun roussâtre; rectrices latérales noirâtres, avec les deux plus externes de chaque côté bordées de roux en dehors; bec brunâtre, plus foncé en dessus; pieds gris; iris brun noisette.
Longueur totale, 0,18.
Habite les parties tempérées et méridionales de l'Europe; commun et sédentaire dans presque toute la France. (Decranp.)
COCHEVIS LULU. GALERIDA ARBOREA. (Linné, Boié.)
Parties supérieures variées de brun noirâtre et de roux, avec une raie blanchâtre qui passe au-dessus des yeux, sur l'occiput, et borne en quelque sorte le vertex; parties inférieures d'un blanc jaunâtre, nuancé de roux et tacheté de noirâtre au cou, à la poitrine et sur les flancs; pennes alaires noires, et bordées de roux; rectrices brunes, bordées de roussâtre, les latérales terminées de blanc, et la plus externe de chaque côté d'un gris brun; bec brun, moins foncé en dessous; pieds rougeàtres, iris brun.
Longueur totale, 0",15.
On trouve cette espèce dans presque toutes les parties de l'Europe. Elle est répandue partout en France, est sédentaire dans quelques contrées, comme dans les Landes et le département du Var; n’est que de passage dans d’autres, par exemple dans les environs de Paris et quelques autres départements du nord de la France. (DEGLaND.)
SEVALET. | <SESTREY
Fig. 197, — Cochevis lulu
4% GENRE. — CALANDRE. MELANOCORYPHA. (Boié.)
M£05, L£h VOS, noir; xcpupr, sommet de la tête.
CARACTÈRES GÉNÉRIQUES
Bec court, gros, robuste, à sommet élevé à la base, à arête arquée jusqu'à la pointe, très-comprimé sur les cotés.
Narines basales, latérales, entièrement cachées -par les petites plumes et les petits poils de la base du front.
Ailes allongées, subaiguës, à rémige bâtarde très courte, les seconde et troisième égales, les plus longues.
Queue courte.
Tarses de la longueur du doigt médian; doigts allongés, épais et fortement scuvellés, les latéraux égaux; ongles antérieurs courts, celui du pouce légèrement arqué, et pas beaucoup plus long que ce doigt
Fig. 198. — Melanocorypha Calandra. Fig. 199. — Melanccorypha Calandra.
Cinq espèces de l'Europe, de l'Asie et de l'Afrique. Nous figurons les deux espèces européennes, les Calandres mélanocoryphe et nègre.
Aux rapports de conformation et de couleurs avec le genre Alouette, le genre Calandre en joint d'aussi saillants dans les habitudes et les mœurs. La voix de l'espèce type, la Calandre commune ou
grosse Alouette, est également agréable, mais plus forte. Et cela, dit Guéneau de Montheillard, est si bien reconuu, qu'en Italie on dit communément chanter comme une Calandre, pour dire chanter bien. Elle a la même légèreté dans ses mouvements et dans ses amours; elle niche de même à terre, sous une motte de gazon bien fournie, et sa ponte est de quatre à cinq œufs. Elle a le même talent pour contrefaire parfaitement le ramage de plusieurs Oiseanx et le cri de quelques Quadrupèdes.
On ne voit pas les Calandres en troupes; elles se tiennent seules pour l'ordinaire. En automne, elles deviennent fort grasses, et sont alors un manger très-délicat. On les prend aux filets, que l’on tend à portée des eaux où elles ont coutume d'aller boire, cu aux collets et aux traîneaux, de même que les autres Alouettes.
Si l'on veut élever des Calandres pour jouir de l'agrément de leur chant et de la flexibilité de leur gosier imitateur, on doit les avoir jeunes, au sortir du nid, ou du moins avant leur première mue; les nourrir d'abord avec de la pâte composée en partie de cœur de Mouton, leur donner ensuite des graines, de la mie de pain, et tenir dans leur cage du plätras pour qu'elles s’aiguisent le bee, et du sable un peu fin où elles puissent se poudrer à leur aise; enfin, leur lier les ailes dans les commencements, ou couvrir leur cage de toile, car elles sont fort sauvages, et pourraient se tuer en cherchant à s'élever; mais, lorsque ces Oiseaux sont façonnés à l'esclavage, ils ne cessent plus de répéter leur chant propre et celui des autres Oiseaux, qu'ils retiennent facilement. (Soxnni.)
Malgré toutes ces précautions, on n’en tirera pas beaucoup de plaisir la première année, car la Calandre est un Oiseau sauvage, c’est-à-dire ami de la liberté, et qui ne se façonne pas tout de suite à l'esclavage. Mais aussi, lorsqu'elle est civilisée, et qu'elle a pris le pli de sa condition, elle chante sans cesse; sans cesse elle répète ou son ramage propre ou celui des autres Oiseaux, et elle se plait tellement à cet exercice, qu'elle en oublie quelquefois la nourriture, (Guéneau pe Mont- BEILLARD.)
Fig. 200. — Aloucile Calandre
CALANDRE MÉLANOCORYUHE. MELANOCORYPIHA CALANDRA. Bo
Parties supérieures brunes au centre des plumes, et d'un gris roussätre sur les bordures, parties inférieures blanches, avee deux grandes taches ou une sorte de demi-collier d'un noir profond au bas du cou; ure nuance roussätre et des taches brunes à la poitrine; flanes d'un brun roussâtre; pennes alaires noirätres et bordées de grisâtre, les moyennes terminées de blanc; pennes caudales noirätres, les deux plus latérales presque entièrement blanches, les suivantes terminées par un liséré de cette couleur, les médianes brunes, et bordées de roussätre; bec brun en dessus, roussätre en dessous; pieds d'un blanc rougeâtre; iris cendré. (Male au printemps.)
Longueur totale, 0",49 à 0,20.
On trouve cette espèce en Jtalie, en Sicile, en Sardaigne, en Grèce et dans les parties les plus méridionales de la France. Elle est commune dans certaines localités du département du Var ct
aux environs de Pézénas. Elle est également abondante dans la Russie méridionale, partout dans les steppes. (Drecann }
CALANDRE NÈGRE. MELANOCORYPIIA TARTARICA. (Boié.)
Vicux mâle en été. — Tète, corps, ailes et queue, d'un noir profond; bec jaunâtre, avec la poiate brune; pieds noirs.
Mäle adulte au printemps. — Plumes noires, avee un léger liséré blanchâtre au croupion et aux flancs.
En automne après la mue. — D'un jaune gris. avec des taches, sous forme d'écailles, à la poi-
trine; le ventre, les ailes et la queue, noirs; les rémiges secondaires et les rectrices hordées de gris
blanc. Les plumes sont alors sensiblement plus longues qu’en été, et sont noires de la base à quatre
millimètres environ de leur pointe. Pendant l'hiver, elles s’usent, s'aiguisent pour ainsi dire, et
laissent apercevoir le noir qui se trouve au-dessous de la couleur grise où jaunâtre dont elles sont
bordées. Au printemps, elles se débarrassent entièrement de leurs bordures chez les vieux sujets. Longueur totale,-0",20 à 0",21.
Habite la Russie méridionale et le nord de l'Asie. (Decrann.)
De GENRE. — MIRAFRE. MIRAFRA. (Horsfield, 1820)
Mot barbare.
CARACTÈRES GÉNÉRIQUES
Bec fort, plus court que la tête généralement, mais excessivement variable quant à ses dunensions de hauteur et de longueur; bords mandibulaires siuneux.
Narines basales, latérales, nues, mais percées dans une membrane qui les recouvre.
Ailes courtes, arrivant à peine à la naissance des rectrices, subobtuses, à première rémige courte, et les seconde, troisième, quatrième et cinquième égales entre elles, les plus lonques.
Queue courte, légèrement échancrée au milieu
T'arses robustes, un peu plus longs que le doigt médian; doigts médiveres, les latéraux égaux; l'ongle du pouce plus long que ce doigt, un peu droit et faiblement courbé à la ponte.
Fig. 201. — Mirafra Javanica. Fig. 202. — Mirafra Javanica.
Neuf espèces de l'Asie, de l'Afrique et de l'Océanie. Nous figurons la Mirafre de Horsfield.
Les plumes de la tête forment parfois une crête.
Ce genre, créé par Horsfield, que M. Temminek n'a jamais voulu admettre, et que-Lesson confondait avec le genre Mégalophone, est définitivement acquis à la science; réduit pendant longtemps à la seule espèce typique, il s'est successivement, depuis 1831, accru de huit autres espèces.
Les mœurs en sont les mêmes que celles de nos Alouettes; l'une de ces espèces, la Mirafre chan-
teuse, est même l’objet d'une prédilection toute particulière de la part des naturels de la péninsule de l’Inde, qui, d’après M. Jerdon, la recherchent et l'apprivoisent à cause de son chant.
Fig. 203. — Mirafre de Horsfeld.
MIRAFE CHANTEUSE. MIRAFRA CANTILLANS. (Jerdon.)
En dessus, d'un brun foncé, chaque plume bordée finement, dans toute sa longueur, d'un brun roussâtre, rentrant tout à fait dans le système de coloration des Alaudinés; les ailes, ainsi que leurs couvertures, lisérées du même brun-roux; uue tache päle près des jeux; toutes les parties inférieures d’un blanchâtre teinté de roux seulement sur les flancs; bec couleur de corne, plus foncé à la pointe; la mandibule inférieure plus päle. (Journ. asi. Beng., 184%, tom. XIE, p. 960.)
Longueur : 0%,15 environ.
Habite le Bengale; c'est l'Agqun des naturels.
6" GENRE. — RAMPHOCORIS. RAMPHOCORIS. (Ch. Bonaparte.)
Pauvc:, bec; #ogu:, Alouette,
CARACTÈRES GÉNÉRIQUES
Bec épais, robuste, recouwrbé, à mandibule supérieure profondément échancrée; mandibule inférieure comprimée à la buse.
Narines basales, cachées par les plumes du front.
Ailes aiguës; la seconde rémige la plus longue, la première et la troisième égales, dépassant l'extrémité de lu queue; les scapulaires très courtes, atteignant à peine la naissance des rectrices.
Queue courte, très-échancrée.
T'arses ruqueux, seutellés devant et derrière, à doigts également écaillés, courts; le pouce plus long que les doigts latéraux, robuste; ongles très-courts, les antérieurs les plus petits, le postérieur un peu plus long, légèrement infléchis,
GISEAUX. 197 Une seule espèce, de l'Algérie.
Ce genre a été l'objet d'un Mémoire que nous avons rédigé en commun avec M. H. Lucas, aide naturaliste et voyageur du Muséum, et publié dans la Revue de Zoologie (janvier 1851), où nous en avons exposé ainsi pour la première fois les caractères.
Lis. 20%. — Rumphocoris. Fig. 205. — Ramphocoris.
Cette alouette est remarqueble par l'étrangeté de ses principaux caractères, qui l'éloignent de ceux affectés par les Alaudinés. C’est bien le même port et le même ensemble de coloration; mais elle ne se rapporte à aucune des espèces de cette famille, si ce n’est par sa coloration inférieure, qui la rapproche, dans une certaine mesure, de la Calandre (Mirafra calandra), et par ses teintes supérieures, qui rappellent celles de l'Otocoris bilopha de Temminck, comme elle d'Afrique; car le développement de la tête, celui du bec, de même que sa conformation, le type des ailes, celui des pattes, l’éloignent considérablement de ses congénères.
Fig. 206. — Ramphocoris de Clot Bey.
Le bee, plus fort que celui des Loxia curvirostra et Pythiopsittacus, est d'une structure toute particulière. La mandibule supérieure suit une courbe non interrompue depuis la base du bec, qui entame les plumes frontales, jusqu'à sa pointe, qui dépasse un peu celle de la mandibule inférieure; il y a absence complète d'arête, cette partie du bec étant tout à fait arrondie; elle n’est un peu prononcée qu’à la pointe, à cause de la compression continue du bec dans toute sa longueur, depuis la commissure. Quant à la tranche de cette mandibule, au lieu de suivre une ligne non interrompue depuis la commissure jusqu'à la pointe, elle s'arrête aux deux tiers de la longueur du bec, dans le
développement de cette ligne; arrivée à cet endroit, elle redescend en forme de dent, ou, pour mieux dire, en forme de profonde échancrure, pour reprendre sa direction presque droite vers la pointe, et l'intervalle compris entre cette partie et l'échancrure est de matière cornée, dure et pleine, capable de rompre et briser les graines ou les Coléoptères les plus résistants. La même bizarrerie de construction s’observe pour la mandibule inférieure. Ainsi, à partir de la commissure, ses bords suivent une ligne parallèle à celle de la mandibule supérieure, jusqu'à l'échancrure de celle-ci; mais à ce point, l’'échancrure venant à augmenter subitement l'épaisseur du bee, cette ligne se trouve arrêtée et forcée de prendre une autre direction; et, en effet, elle se brise vers son milieu à angle ouvert pour prendre une direction inclinée en bas; mais, dans cette nouvelle direction, elle se creuse légèrement pour recevoir l'épaisseur extrême ou apicale de la mandibule supérieure. Les côtés à la base de la mandibule inférieure sont fortement comprimés, aplatis et robustes.
Ce caractère du bec, tenant plus encore de celui des Oiseaux de proie, moins la pointe en crochet, que de celui des vrais Conirostres, où l'on a toujours rangé les Alaudinés, était assez important par lui-même, ce nous semble, pour en faire l'élément de formation d’un nouveau genre; mais, combiné avec le caractère des ailes, doni nous allons parler, il eu acquiert un degré d'importance tel, que cette création, ne présentant rien d’arbitraire, ne saurait rencontrer la moindre opposition sérieuse. Il n’y a rien là, on le voit, de ces anomalies qui se rencontrent souvent dans la forme ou la structure du bec de certains Oiseaux, principalement des Granivores; anomalies qui ne sont que des déviations accidentelles survenues à cet organe; la conformation rationnelle de ces deux mandibules indique assez ici le vœu de la nature pour qu'une pareille supposition ne puisse être admise, quoique nous ne possédions encore qu'un individu de ce genre si curieux.
Les ailes, chez les Alouettes, sont en général plutôt aiguës qu'obtuses; mais ee n’est guère ‘que la troisième rémige qui est la plus longue, et la première est presque ordinairement nulle, ou à peu près, excepté dans le genre Otocoris; de plus, les grandes couvertures ou scapulaires, comme chez les Pipits et les Motacillinés, sont très-développées. et atteignent presque toujours les deux tiers de la longueur des rémiges quand elles n'arrivent pas à leur niveau; enfin, les ailes ne dépassent Jamais l'extrémité de la queue, et restent même presque toujours en deçà. Ici, rien de semblable; les ailes sont vraiment organisées sur le type de celles des Oiseaux de proie les meilleurs voiliers, tels que les Faucons proprement dits. Ainsi, elles sont allongées et très-aiguës; les trois premières rémiges les plus longues : la première égale à la troisième, et la seconde la plus longue de toutes; à partir de la troisième, elles diminuent toutes également d'un centimètre; les secondaires n’arrivent qu'aux deux tiers des primaires, et les scapulaires, où grandes couvertures, ne dépassent pas cette longueur; et les ailes, au total, excèdent d’un centimètre l'extrémité de la queue, qui est courte et échancrée comme dans le genre Pyrrhulauda.
Les pattes, enfin, sont tout aussi en dehors de ce qui se rencontre chez les Alaudinés. Le tarse des Alouettes est ordinairement lisse et uni en dessus comme en dessous; les seutelles de cette partie sont plutôt des divisions ou segments de la peau que de véritables seutelles; il n'y à guère que les doigts où ces scutelles aient réellement leur caractère granuleux. Dans notre nouveau genre, au contraire, les tarses sont recouverts, devant et derrière, de scutelles rugueuses, presque cornées, de la même nature et dans la même disposition que celles des Gangas, des Outardes et des Court- Vite; c'est-à-dire que ces scutelles sont conformées de manière à résister le mieux possible au frottement continuel du sable des régions arides dans lesquelles semble confinée cette Alouette. Les doigts et les ongles sont, du reste, dans les mêmes proportions que chez l'Otocoris bilopha, qui se trouve aussi dans les mêmes contrées; en telle sorte, que cette nouvelle espèce réunit des conditions presque identiques à celles des Gangas, c’est-à-dire des ailes organisées pour un vol rapide et soutenu, et des pattes organisées pour la marche et la course au milieu des sables.
Ces considérations réunies nous avaient décidé à constituer de cette espèce un genre, et à lui donner un nom qui rappelât les rapports apparents de ses principaux caractères organiques, c’està-dire de ses ailes et de son bec, avec ces mêmes parties chez les Oiseaux de proie, et ce nom était [icrapterhina (de 24, Faucon; #repev, aile, et ow, bec).
Nous ne dirons pas de quelle manière une priorité, que nous pouvions considérer comme nous élant acquise, en ce qui concerne la création de ce genre, a été tournée à son profit par M. Ch. Bouaparte, qui, dans son Conspectus, en avait simplement fait la seconde espèce du genre Melanoco-
aux.
ein des rose
Bi
fauve
— Ilirondelle
rypha, en se bornant à en comparer le bee à celui du genre Loxien (Paradoxornis) : ceci n'est qu'une question de procédés, et nous n'avons à nous occuper ici que de science. Et puis, quel ,aisonnement, si Juste soit-il, peut tenir contre cette réponse, qui résume tous les arguments du savant exnithologiste à l'appui de la création de san genre Ramphocoris : Mon siége est fait!
PAMPHOCORIS DE CLOT-BEY. RAMPHOCORIS CLOT-BEY. (Ch. Bonaparte.)
En dessus, de couleur isabelle cendrée, surtout vers la tête et le cou; base du front, lorums, jouesr menton et gorge, noirs; paupière inférieure blanche; une tache de n.ême couleur à la partie inférieure de la joue; rémiges primaires grises dans le premier tiers de leur longueur, et bordées finement de blanchâtre, brunes dans le veste, le brun tournant au noir sur la page interne, à l'exception de la pointe de chacune d'elles, qui est d'un brun cendré; rémiges secondaires noires dans les deux premiers tiers de leur longueur, à partir de l’origine de la queue, noires dans le reste, et légèrement lisérées de blanchâtre en cette partie, à l'exception des deux intermédiaires, de couleur isabelle, En dessous, cou et poitrine d’un blanc sale, parsemé de flammèches noires; flancs, abdomen, cuisses et couvertures inférieures de la queue, d'un blanc légèrement ocracé.
Nous ne serions pas étonné qu'à l'état adulte toute la face et le dessous du corps, depuis le men- Lon jusqu'à la poitrine, fussent d'un noir intense uniforme.
Bec jaunâtre, noir à sa base et à sa pointe; pattes d'un jaunâtre pâle; ongles d’un brun nolrâtre.
L'individu sur lequel a été faite la description qui précède provient de M. le général Cavaignae, qui l'avait rapporté de son expédition militaire dans les Keçours d'Ain-Séfra, Iche, Magraz, ete. Algérie), en 1847.
7m GENRE. —— PYRRHULAUDE. PYRRHULAUDA. (Smith.)
Pyrrhula, Bouvreuil; Alauda, Alouette
CARACTÈRES GÉNÉRIQUES
Bec plus court que la tête, conique, élevé à la base, comprimé sur les côtés, à pointe enutre, à bords ondulés.
Narines basales, entièrement cachées dans les petites plumes du front.
Ailes longues, subaiguës, à première rémige très-courte, les seconde et troisième égales entre elles, les plus lonques.
Queue médiocre, légèrement échancrée.
Fig. 207. — Pyrrhulauda yrisea. Fi