‹ Encyclopédie d'histoire naturelle; ou, Traité complet de cette science d'après les travaux des naturalistes les plus éminents de tous les pays et de toutes les époques: Buffon, Daubenton, Lacépède, G. Cuvier, F. Cuvier, Geoffroy Saint-Hilaire, Latreille, De Jussieu, Brongniart, etc. etc (volume 2)Chapitre 21 sur 35 · PIPIT OBSCUR. ANTHUS OBSCURUS, (Gmelin, Deglond · texte numérisé non relu

PIPIT OBSCUR. ANTHUS OBSCURUS, (Gmelin, Deglond

Male en été. — Parties supérieures comme dans le Spioncelle sous sa robe de printemps, ou de noces, d'une teinte un peu olivätre sur les bords des plumes; parties inférieures blanchätres, lavées de chamois rougeâtre et plus ou moins marquées de taches cendrées et brunâtres sur les côtés du cou, à la poitrine, sur les flancs et les sous-caudales, de jaunâtre au milieu du ventre; un petit trait derrière l'œil et la gorge d’un gris blanchâtre; bords des couvertures et des pennes des ailes légèrement lisérés de gris olivâtre; pennes de la queue brunes, bordées de verdâtre, la plus externe cendrée, bordée en dehors et terminée de blanc grisâtre, la suivante avec une petite tache blanche à la pointe; bec brun, plus foncé en dessus; pieds brun roussâtre; iris brun noirâtre.

Longueur totale : 0m,165. (DecLann.)

Habite l'Europe septentrionale et occidentale; se trouve en Angleterre et en Suède; visite aussi la France à son double passage du printemps et de l'automne, notamment sur les côtes de Picardie et dans les Basses-Pyrénées.

Propagation inconnue.

G. PIPIT SPIONCELLE. ANTHUS SPIONCELLA. (Linné, Ch. Bonaparte.)

Mâle en plumage de noces. — D'un brun cendré uniforme en dessus, avec les bords des plumes d'une teinte moins foncée, et des reflets gris bleuâtre à la tête, au cou et sur les scapulaires; d’un blanc terne en dessous, avec le devant du cou, la poitrine et les flancs plus ou moins lavés de roux

242 HISTGIRE NATURELLE.

rose pur ou varié de mèches brunes, surtout sur les côtés du corps; un large trait blanc roussätre au-dessus de l'œil, s'étendant du bec à l’oreille; couvertures des ailes bordées et terminées de grisâtre, ce qui donne lieu à deux bandes obliques et transversales sur l'aile: rémiges brunes, lisérées de gris verdâtre; rectrices médianes brunes, avec les bords moins foncés; rectrices latérales noirâtres, la plus externe bordée de blanc en dehors, portant une tache conique de même couléur en dedans, la suivante terminée par une tache conique, également blanche, qui occupe le milieu de la penne; bec noir; pieds d’un brun marron; iris brun clair. Longueur totale : 0",17 à 0",18. (Decraxn.)

On le trouve dans presque toute l'Europe; n'est pas rare en France; se trouve aussi dans l'Afrique septentrionale.

Sa ponte est de quatre ou cinq œufs un peu ventrus, d'un gris vineux ou d’un gris violet, quelquefois rougeâtres, d'autres fois bleuâtres, avec quelques taches plus foncées et d’autres taches d'un roux brun ou d’un brun noir. Grand diamètre, 0,099; petit diamètre, 0",016.

Fig. 220. — Pipit spioncelle.

ONZIÈME TRIBU. — MOTACILLIDÉS.

Cette tribu, créée sous le titre de famille par M. Ch. Bonaparte, renfernie les Oiseaux appelés en France Lavandières et Bergeronnettes, auxquels nous joignons les Énicures.

Aussi, au lieu d’une section qu'y admet comme sous-famille ce naturaliste, les Motacillinés, nous y en établissons trois à titre de familles, qui sont :

1° Motacillinés; 2° Eupétinés:

5° Cinclinés.

Ce sont tous Oiseaux à bec fin, à tarses élevés, à corps svelte et aux yeux largement ouverts, ct imprimant à leur queue, lorsqu'ils marchent, un mouvement continuel de bas en haut, d'où le nom de Hoche-Queue qu'ont reçu plusieurs d’entre eux.

PREMIÈRE FAMILLE. — MOTACILLINÉS.

L'on a souvent confondu la Lavandière et les Bergeronnettes; mais la première se tient ordinairement au bord des eaux, et les Bergeronnettes fréquentent le milieu des prairies et suivent les troupeaux; les unes et les autres voltigent souvent dans les champs autour du laboureur, et accompagnent la charrue pour saisir les Vermisseaux qui fourmllent sur la glèbe fraîchement renversée. Dans les autres saisons, les Mouches que le bétail attire et tous les Insectes qui peuplent les rives des eaux dormantes sont la pâture de ces Oiseaux; véritables Gobe-Mouches, à ne les considérer que par leur manière de vivre, mais différents des Gobe-Mouches proprement dits, qui attendent et chassent leur proie sur les arbres, au lieu que la Lavandière et les Bergeronnettes la cherchent et la poursuivent à terre. Elles forment ensemble une petite famille d'Oiseaux à bec fin, à pieds hauts et même à longue queue, qu'elles balancent sans cesse, et c'est de cette habitude commune que les unes et les autres ont été nommées Motacilla par les Latins, et que sont dérivés les différents noms qu’elles portent dans nos provinces. (Guéneau De MonreriLLanD.)

Les Lavandières ou Bergeronnettes africaines, dit Le Vaillant, qui leur attribuait les mêmes habitudes, ont absolument les mêmes caractères physiques et moraux que nos espèces européennes. Elles ont le corps svelte et allongé; leur queue, qui a toujours douze pennes, est à peu près aussi longue que leur corps et n’est étagée que dans les deux latérales de chaque côté, plus courtes que les huit intermédiaires. Le bec est fin chez ces Oiseaux, et de moyenne longueur; les tarses sont hauts, les yeux grands et très-vifs. Leurs ailes ont aussi une conformation particulière qui semble les rapprocher des Échassiers, qui tous généralement ont cette même coupe d'ailes, c'est-à-dire que les premières pennes sont aussi longues que les dernières, et qu'ainsi l'aile déployée forme un V très-ouvert par le vide intérieur que laissent les plus courtes pennes, qui sont celles du milieu. Ges

Oiseaux sont très-agiles et d'une pétulance extrême: ils fréquentent les rivières, les étangs, les marais, tous les lieux aquatiques; ils suivent aussi les bestiaux pour se repaitre des Insectes et des Moucherons qui se rassemblent en grand nombre autour d'eux. Il est encore à remarquer que les Lavandières ou Bergeronnettes ne sautent point pour avancer, mais qu'elles marchent comme les Pluviers et qu'elles trottent avec une vitesse extrême. Elles ont aussi la manière très-particulière de voler par bonds et par sauts, de sorte qu'elles décrivent dans cette action autant de paraboles qu'elles donnent de coups d'ailes. On observe dans les Pics cette même manière de voler: aussi ai-je remarqué qu'elle n'a aucun rapport avec la coupe de l'aile, puisque les Pies, qui volent ainsi, ont les ailes différemment étagées que celles des Lavandières. Cette manière de voler tient done à une cause qui s’explique naturellement par celle dont ces Oiseaux ouvrent et ferment les ailes dans l’action du vol. En les ouvrant entièrement, ils sont nécessairement portés en haut, et ils décrivent une portion de cerele quelconque; en les refermant tout à coup. ils redescendent et achèvent la courbe qu'ils avaient commencée en s’élevant; mais on sent que ces courbes ou paraboles sont plus ou moins considérables, et qu'elles sont subordonnées à la fréquence des coups d'ailes que donne l'Oiseau. (Histoire naturelle des Oiseaux d'Afrique.)

Fig. 221. — Bergeronette Jaune,

Cuvier le premier fit des Bergeronnettes deux genres :

1° Lavandières (Motacilla):

2° Bergeronnettes (Budytes);

se fondant sur une légère différence d habitudes, mais surtout sur la différence d'organisation du pouce et de son ongle dans chacune de ces deux coupes. Swainson, qui a créé cette famille, la composait des cinq genres suivants :

1° Lessonia, Swainson:;

2° Bergeronnette (Budytes), Cuvier; 3° Lavandière (Motacilla), Linné:

4 Énicure (Enicurus), Temminek; »° Pipit (Anthus);

les plaçant entre ses Sylrialæ et ses Ampelidæ

OISEAUX. 215 M. G. R. Gray, adoptant cette composition, y a ajouté les geares :

1° Muscisaæicola; 20 Muscigralla; 5° Grallina;

4° Ephthianura.

M. Ch. Bonaparte s'est borné à y comprendre les quatre genres:

1° Budytes;

90 Pallenura; 5° Motacilla; 4 Nemoricola;

que nous réduisons à deux:

1° Bergeronnette (Budytes); 2 Lavandière (Motacillu).

4° GENRE. — BERGERONNETTE. BUDYTES. (G. Cuvier.)

CARACTÈRES GÉNÉRIQUES

Bec très-menu, droit, subulé, un peu moins long que la tête, légèrement échancré à la pointe, comprimé sur les côtés.

Narines latérales, basales, percées longitudinalement dans une membrane à nu qu les recouvre en partie.

Ailes longues, subaiguës, les trois premières rémiges presque égales; les scapulaires fort allongées; l'une d'elles atteignant ou atteignant presque l'extrémité des pennes primaires.

Queue longue, composée de pennes étroites, mais très-suscephbles de se développer.

Tarses grèles, très-élevés, plus longs que le doigt médian; les doigts latéraux à peu près égaux et notablement plus courts que le médian; l'externe soudé avec celui-ci à sa base; les ongles antérieurs courts et peu arqués; celui du pouce presque droit et plus long que ce doigt.

Renferme dix espèces propres à l'Europe, à l'Asie et à l'Afrique, sur lesquelles six sont communes à l'Europe.

L'espèce d'affection que les Bergeronnettes marquent pour les troupeaux; leur habitude à les suivre dans la prairie; leur manière de voltiger, de se promener au milieu du bétail paissant, de s'y mêler sans crainte, jusqu'à se poser quelquefois sur le dos des Vaches et des Moutons; leur air de familiarité avec le berger, qu'elles précèdent, qu’elles accompagnent sans défiance et sans danger, qu'elles avertissent même de l'approche du Loup ou de l'Oiseau de proie, leur ont fait donner un nom approprié pour ainsi dire à cette vie pastorale. Compagne d'hommes innocents et paisibles, la Bergeronnette semble avoir pour notre espèce ce penchant qui rapprocherait de nous la plupart des animaux s'ils n'étaient repoussés par notre barbarie et écartés par la crainte de devenir nos victimes. Dans la Bergerounette, l'affection est plus forte que la peur; il n'est point d'Oiseau libre dans les champs qui se montre aussi privé, qui fuit moins et moins loin, qui soit aussi confiant, qui se laisse approcher de plus près, qui revienne plus tôt à portée des armes du chasseur, qu'elle n’a pas l'air de redouter, puisqu'elle ue sait pas même fuir.

Les Mouches et les Moucherons sont sa pâture pendant la belle saison; mais, quand les frimas ont abattu les Insectes volants et renfermé les troupeaux dans l'étable, elle se retire sur les ruisseaux et y passe presque toute la mauvaise saison, du moins la plupart de ces Oiseaux ne nous quittent pas pendant l'hiver; car, tant qu'elle fréquente le bord des eaux en hiver, elle vit de Vermisseaux et ne

laisse pas aussi que d’avaler de petites graines; nous en avons trouvé avec des débris de Scarabées, et une petite pierre dans le gésier d'une Bergeronnette jaune prise à la fin de décembre. La Bergeronnette jaune est la plus constamment sédentaire; la grise est moins commune dans cette mauvaise saison.

Elle fait son nid vers la fin d'avril, communément dans les prairies ou quelquefois dans des taillis, sous une racine, près d'une source où d’un ruisseau, ou bien sur un osier près de terre, à l'abri de la pluie; le nid est posé sur la terre et construit d'herbes sèches ou de mousse en dehors, bien fourni de plumes, de crin ou de laine en dedans. Quand les petits sont élevés, après la récolte des herbes dans les prés, le père et la mère les conduisent avec eux à la suite des troupeaux. Elle pond et couve ordinairement deux fois par an. La dernière ponte est tardive, car l’on trouve des nichées jusqu'en septembre, ce qui ne pourrait avoir lieu dans une famille d'Oiseaux qui seraient obligés de partir et d'emmener leurs petits avant l'hiver; cependant les premières couvées et les couples plus diligents des Bergeronnettes se répandent dans les champs dès le mois de juillet et d'août, au lieu que les Lavandières ne s’attroupent guère que pour le passage, sur la fin de septembre et d'octobre.

Fig. 222 — Rergeronnctie printanière.

La Bergeronnette, si volontiers amie de l'homme, ne se plie point à devenir son esclave; elle meurt dans la prison de la cage; elle aime la société et craint l'étroite captivité; mais. laissée libre dans un appartement en hiver, elle y vit donnant la chasse aux Mouches et ramassant les mies de pain qu'on lui jette. Quelquefois les navigateurs la voient arriver sur leur bord, entrer dans le vaisseau, se familiariser, les suivre dans leur voyage et ne les quitter qu'à leur débarquement; si pourtant ces faits ne doivent pas s’attribuer à la Lavandière, plus grande voyageuse que la Bergeronnette, et sujette dans ses traversées à s'égarer sur les mers. |

Quand les Lavandières s’envolent en automne, les Bergeronnettes se rapprochent de nos habitations, dit Gesner, et viennent durant l'hiver jusqu'au milieu des villages. C'est surtout à la Bergeronnette jaune que l'on doit appliquer ce passage et attribuer cette habitude. Elle cherche alors sa vie sur les bords des sources chaudes, et se met à l'abri sous les rives des ruisseaux; elle s'y trouve assez bien pour faire entendre son ramage dans cette triste saison, à moins que le froid ne soit excessif: c'est un petit chant doux et comme à demi-voix, semblable au chant d'automne de la Lavandière, et ces sons si doux sont bien différents du eri aigu que cette Bergeronnette jette en passant pour s'élever en l'air. (Burron.)

Viero solitaire,

1. BERGERONNETTE PRINTANIÈRE. BUDYTES FLAVA. (Linné, G. Cuvier)

Mâle au printemps. — Dessus de la tête, nuque et joues, d'un cendré bleuâtre; dos et croupion d'un vert olivètre; côtés et devant du cou, et le reste des parties inférieures d'un beau jaune jonquille, avec quelques taches brunâtres sur le haut de la poitrine, paupières blanches, une raie sourcilière de même couleur s'étendant des narines à l’occiput, une autre raie plus petite part de la mandibule inférieure et sépare le cendré des joues du jaune de la gorge; ailes brunes, avec les petites couvertures terminées de gris jaunâtre; les moyennes terminées et bordées de même, et les grandes bordées seulement; les huit rectrices médianes noirâtres et lisérées d'olivâtre, les deux plus latérales de chaque côté blanches, avec la plus grande partie des barbes internes noirâtre; ber, pieds et iris noirs.

Longueur totale : 0",165. (Deccann.)

Commune dans toute l'Europe; très-répandue en France.

Sa ponte est de quatre à six œufs, d’un jaune sale ou d'un blanc roussâtre, avec de petits points grisâtres et roux très-nombreux, peu apparents et presque confondus, quelquefois un ou deux traits en zigzag, très-fins, brunâtres ou noirâtres, occupent le gros bout. La teinte générale de l'œuf est plus jaune ou plus rousse que celle de l'œuf de la Bergeronnette soufrée. Grand diamètre, 0,018; petit diamètre, 0,014.

2. BERGERONNETTE À TÊTE CENDRÉE. BUDYTES CINEREOCAPILLA. (Savi, Ch. Bonaparte

Mäle. — Dessus de la tête, du cou et joues d'un brun de plomb, dos et croupion vert olivâtre (pas de raie sourcilière); gorge, côtés et devant du cou d'un blanc pur; quelquefois point de raie sourcilière; poitrine, abdomen et sous-caudales d’un beau jaune, avec les parties latérales lavées d’olivâtre; quelquefois des taches de même couleur au bas et sur les côtés du cou; ailes et queue comme dans la Bergeronnette printanière, mais les couvertures alaires terminées et bordées de jaune olivâtre; bec, pieds et iris bruns.

Longueur totale : 0",16. (DEcrann.)

Commune, durant l'été, en Italie; se montre très-accidentellement dans le nord de la France et en Belgique.

Propagation inconnue.

5. BERGERONNETTE A TÊTE NOIRE. BUDYTES NIGRICAPILLA. (Ch. Bonaparte.)

Toute la nuque, le dessus et les côtés de la tête d'un noir pur; pas de raie sourcilière; parties inférieures de la tête, dos, épaules et couvertures supérieures de la queue d'une teinte olive tournant au Jaunâtre, surtout vers les parties postérieures; menton, gorge, poitrine, abdomen, flancs et couvertures inférieures de la queue d'une belle couleur jaune jonquille; rémiges brunes avec la base de leur page interne et leur bord externe blanchâtre; les grandes et les moyennes couvertures bordées d'un blanc jaunâtre; les deux rémiges externes blanches, avec leur base et la moitié de leur page interne noire presque jusqu’à la pointe. Bec noir; pieds et ongles noirâtres.

Longueur totale : de 0",16 à 0",17.

Se trouve en Dalmatie et en Ltalie, au sud de l'Europe et au nord, en Suède et en Laponie.

# BERGERONNETTE DE RAY. BUDYTES RAYI. (Ch. Bonaparte)

Mäle au printemps. — Dessus de la tête, nuque, région parotique, d'un vert olivâtre pâle; dos et croupion d'un vert olivâtre plus foncé; parties inférieures d'un très-beau jaune jonquille; quelquefois avec quelques faibles taches olivätres sur la poitrine; pennes alaires noirâtres et bordées de jaunâtre; pennes caudales également noirâtres, avec les deux médianes nuancées d'olivâtre et les deux plus latérales de chaque côté d'un blanc pur, avec une bande longitudinale noire sur les barbes internes, et la tige de la seconde de cette dernière couleur; bec et pieds noirâtres; iris brun clair.

Longaeur totale : 0m,175. (DecLano.)

Elle habite l'Angleterre et se montre de passage aux environs de Paris, d'Amiens, de Dieppe et d'Abbeville.

Sa ponte est de quatre ou cinq œufs d'un blanc roussâtre, avec des points bruns peu apparents; quelquefois ces œufs sont d'un gris jaunâtre sans taches.

5. BERGERONNETTE CITRINE. BUDYTES CITREOLA. (Pallas, Ch. Bonaparte )

Mâle au printemps. — Dessus de la tête, joues, côtés et devant du cou, presque toute la poitrine et l'abdomen d’un jaune citron; occiput traversé par une bande noire sous forme de croissant; nuque, das, côtés de la poitrine et flancs d'un cendré bleuâtre, couvertures alaires de la même couleur que le dos, avec les moyennes et grandes couvertures bordées et terminées de blanc; rémiges et rectrices noirâtres, excepté les deux plus latérales des dernières, qui sont d'un blanc pur, bec et pieds bruns.

Longueur totale : 0",18 environ

Fig. 295. — Bergcronnette citrine

Habite la Russie orientale et FAsie, près de Boukhara, d'où elle a été rapportée par le docteur Eversmann, On dit qu’elle a été tuée en Ligurie en 1821, et qu'elle est comprise par le professeur Calvi dans le Catalogue des Oiseaux de cette contrée. (DegLann.)

Propagation inconnue

6. BERGERONNETTE SOUFREE. BUDYTES SULPHUREA. (Bechstein, Ch. Bonaparte.)

Mûle en robe de noces. — Parties supérieures d’un cendré nuancé d'olivätre, avec le croupion jaune verdâtre; gorge et devant du cou d’un noir profond; poitrine, abdomen et sous-caudales d’un beau jaune, avec les flancs et les jambes lavés d’olivâtre; joues cendrées, avec un trait blane audessus des yeux s'étendant du bec au delà de la région parotique; un autre plus large sépare le cendré des parties supérieures du noir du cou; ailes noirâtres avec les petites et moyennes couvertures faiblement bordées de grisätre, et les grandes de blanchâtre; les six pennes médianes de la queue noirâtres, la plus latérale de chaque côté est entièrement blanche, les autres blanches avec les barbes externes noirâtres sur la plus grande partie de leur étendue; bec brun, plus foncé en dessus qu’en dessous; pieds brunâtres; iris noir.

Longueur totale : 0",90.

Habite l'Europe tempérée et méridionale, le nord de l'Afrique et de l'Asie; est sédentaire en France. (Deccann.)

Sa ponte est de quatre à six œufs d'un blanc sale ou légèrement roussâtre, quelquefois de couleur isabelle, avec une multitude de très-petites taches et de stries presque effacées, grisâtres, jaunâtres et roussâtres. Grand diamètre, 0",02; petit diamètre, 0,015. É

2me GENRE. — LAVANDIÈRE. MOTACILLA. (Scopoli, Linné.)

CARACTÈRES GÉNÉRIQUES

Les mêmes que ceux du genre Bergeronnette, sauf que l'ongle du pouce est arqué, et n'est pas plus long que ce doigt.

Fig. 294. — Motacilla alba Fig. 295. — Motacilla alba.

Ce genre renferme dix espèces répandues, comme les Bergeronnettes, en Europe, en Asie ct en Afrique. Nous figurons les deux espèces qui se rencontrent en Europe.

La Lavandière, en général, n'est guère plus grosse que la Mésange commune; mais sa longue queue semble agrandir son corps, et lui donne en tout 7 pouces (0,18) de longueur; la queue elle-même en a 3 1/2 (0°,9) : l'Oiseau l’épanouit et l’étale en volant; il s'appuie sur cette longue et large rame, qui lui sert pour se balancer, pour pirouetter, s’élancer, rebrousser, et se jouer dans le vague de l'air; et, lorsqu'il est posé. il donne incessamment à cette même partie un balancement assez vif de bas en haut par reprises de cinq à six secousses.

Ces Oiseaux courent légèrement à petits pas très-prestes sur la grève des rivages; ils entrent même, au moyen de leurs longues jambes, à la profondeur de quelques lignes dans l'eau de la lame affaiblie, qui vient s'épandre sur la rive basse en un léger réseau; mais plus souvent on les voit voltiger sur les écluses des moulins et se poser sur les pierres; ils y viennent pour ainsi dire battre la lessive avec les laveuses, tournant tout le jour alentour de ces femmes, s’en approchant familière-

ment, recueillant les miettes que parfois elles leur jettent, et semblent imiter, du battement de leur queue, celui qu'elles font pour battre leur linge, habitude qui a fait donner à ces Oiseaux le nom de Lavandière.

Fig. 296. — Lavandière grise.

La Lavandière est de retour dans nos provinces à la fin de mars; elle fait son nid à terre, sous quelques racines ou sous le gazon dans les terres en repos, mais plus souvent au bord des eaux, sous une rive creuse et sous les piles de bois élevées le long des rivières; ce nid est composé d’herbes sèches, de petites racines, quelquefois entremêlées de mousse, le tout lié assez négligemment, et garni en dedans d'un lit de plume ou de crin. Elle pond quatre ou cinq œufs, et ne fait ordinairement qu'une nichée, à moins que la première ne soit détruite ou interrompue avant l'exclusion ou l'éducation des petits. Le père et la mère les défendent avec courage lorsqu'on veut en approcher; ils viennent au-devant de l'ennemi, plongeant et voltigeant, comme pour l'entrainer ailleurs; et, quand on emporte leur couvée, ils suivent le ravisseur, volant au-dessus de sa tête, tournant sans cesse, et appelant leurs petits avec des accents douloureux. Ils les soignent aussi avec autant d’attention que de propreté, et nettoient le nid de toutes ordures; ils les jettent au dehors, et même les emportent à une certaine distance; on les voit de même emporter au loin les morceaux de papier ou les pailles qu'on aura semés pour reconnaître l'endroit où leur nid est caché. Lorsque les petits sont en état de voler, le père et la mère les conduisent et les nourrissent encore pendant trois semaines ou un mois; on les voit se gorger avidement d'Insectes et d'œufs de Fourmis, qu'ils leur portent. En tout temps, on observe que ces Oiseaux prennent leur manger avec une vitesse singulière, et sans paraître se donner le temps de l’avaler; ils ramassent les Vermisseaux à terre; ils chassent et attrapent les Mouches en l'air: ce sont les objets de leurs fréquentes pirouettes. Du reste, leur vol est ondoyant, et se fait par élans et par bonds; ils s'aident de la queue dans leur vol en la mouvant horizontalement, et ce mouvement est different de celui qu'ils lui donnent à terre, et qui se fait de haut en bas perpendiculairement. Au reste, les Lavandières font entendre fréquemment, et surtout en volant. un petit cri vif et redoublé, d’un timbre net et clair : gui-quit, gui-gut-guit; c'est une voix de ralliement, car celles qui sont à terre ÿ répondent; mais ce cri n’est jamais plus bruyant et plus répété que lorsqu'elles viennent d'échapper aux serres de l'Épervier. Elles ne craigneñt pas autant les autres animaux, ni même l’Ilomme; car, quand on les tire au fusil, elles ne fuient pas loin, et reviennent se poser à peu de distance du chasseur. On en prend quelques-unes avec les Alouettes au filet à miroir, et il paraît, au récit d'Olina, qu'on en fait, en Italie, une chasse particulière vers le milieu d'octobre.

C'est en automne qu'on les voit en plus grand nombre dans nos campagnes. Cette saison qui les rassemble parait leur inspirer plus de gaieté; elles multiplient leurs jeux; elles se balancent en l'air, s'abattent dans les champs, se poursuivent, s'entr'appellent, et se promènent en nombre sur les

toits des moulins et des villages voisins des eaux, où elles semblent dialoguer entre elles par petits cris coupés et réitérés : on croirait, à les entendre, que toutes et chacune s'interrogent, se répondent tour à tour pendant un certain temps, et jusqu'à ce qu'une acclamation générale de toute l'assemblée donne le signal ou le consentement de se transporter ailleurs. C'est dans ce temps encore qu'elles font entendre ce petit ramage doux et léger à demi-voix, et qui n'est presque qu'un murmure, d'où apparemment Belon leur a appliqué le nom italien de Susurade (a susurro). Ce doux accent leur est inspiré par l'agrément de la saison et par le plaisir de la société, auquel ces Oiseaux semblent être très-sensibles.

Sur la fin de l'automne, les Lavandières S'attroupent en plus grandes bandes; le soir, on les voit S'abattre sur les saules et dans les oseraies, au bord des canaux et des rivières, d’où elles appellent celles qui passent, et font ensemble un chamaillis bruyant jusqu'à la nuit tombante. Dans les matinées claires d'octobre, on les entend passer en l'air quelquefois fort haut, se réclamant et s'appelant sans cesse; elles partent alors, car elles nous quittent aux approches de l'hiver, et cherchent d'autres elimats. M. De Maillet dit qu'il en tombe en Égypte, vers cette saison, des quantités prodigieuses, que le peuple fait sécher dans le sable pour les conserver et les manger ensuite. M. Adanson rapporte qu'on les voit eu hiver au Sénégal avec les Hirondelles et les Cailles, qui ne s’y trouvent également que dans cette saison (Burron.)

Ni Lavandières ni Bergeronnettes ne peuvent s'habituer à vivre en cage, et les unes et les autres ont un égal penchant à se rapprocher de l'homme. Jesse, naturaliste anglais, rapporte un curieux exemple de cette sociabilité.

Une Lavandière, dit-il, avait choisi le plus bruyant des ateliers de M. William Coxe, à Taunton, celui des chaudronniers, pour s’y établir. Elle bâtit son nid à un pied de distance tout au plus du haut du tour, dont la roue tournait incessamment. L'Oiseau pondit, couva; ses quatre petits vinrent à bien dans ce voisinage intime. Moins familier que sa compagne, le mâle n’osait, comme de coutume, donner lui-même à sa progéniture la becquée, qu'il venait déposer sur le toit, où sa femelle allait 1x prendre. Iabituée à la présence des ouvriers, elle volait dehors et dedans sans crainte; mais, si elle se trouvait sur son nid à l’arrivée d'un étranger, elle prenait son vol, et ne revenait qu'après le départ de l'intrus.

LESESTRE EVALET,

Fig. 227. — Lavandière jaune.

Doutant de la vérité de ce récit inséré dans un journal, un curieux alla trouver M. Coxe, et, conduit à l'atelier, vit le nid encore en place. La mère exerçait sa couvée dans le champ voisin, où elle se laissa approcher par le maître de la manufacture et par ses ouvriers. Mais, dès que le visiteur voulut s'avancer à son tour, mère et pelits, tous s'envolérent. (Magasin Pittoresque, 1851.)

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