‹ Encyclopédie d'histoire naturelle; ou, Traité complet de cette science d'après les travaux des naturalistes les plus éminents de tous les pays et de toutes les époques: Buffon, Daubenton, Lacépède, G. Cuvier, F. Cuvier, Geoffroy Saint-Hilaire, Latreille, De Jussieu, Brongniart, etc. etc (volume 2)Chapitre 6 sur 35 · TAN · texte numérisé non relu

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Fringille chanteur

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Quelques espèces fréquentent les bois, d’autres les buissons. Lesson divisait les Paradisiers en deux familles :

4° Les vrais Paradisiers; 2° Les Epimaques,

division adoptée par MM. Gray et Ch. Bonaparte sous la dénomination de :

1° Paradiséinés; 2° Epimachinés.

Tout en conservant ces deux familles, nous y en ajouterons deux autres, dont une pour le Loriot Prince-Régent et l'Oriolie, sous le nom de :

Sériculinés, et une pour les Astrapies, sous le nom de :

’aragadillinés.

Mais nous nous gardons bien de les comprendre dans les Corvidés, où même de les en rapprocher. Nous partageons à cet égard le sentiment si instinetif et généralement si juste de M. de La Fresnaye s'exprimant ainsi :

« D'après la conformation de leurs pieds, les Oiseaux de Paradis eux-mêmes devraient être rapprochés des Epimaques et de tout le groupe des Méliphages, et être éloignés de la famille des Corvus, où on les range, quoiqu'ils n'aient ayec eux aucun rapport de mœurs ni de forme. Leurs pieds, actuellement qu'on les connaît, nous offrent la plus grande analogie avec ceux des Épimaques et des Philédons. Leur pouce, et l’ongle du pouce, sont très-forts, comparés aux doigts antérieurs; le doigt externe est presque aussi long que l'intermédiaire, et lui est uni par les deux premières phalanges, comme chez ces espèces.

«M. Lesson, qui a observé et tué des Oiseaux de Paradis à la Nouvelle-Guinée, a remarqué que ces Oiseaux se tenaient toujours sur le sommet des plus grands arbres; ils n’en descendaient que pour se soustraire aux rayons brûlants du soleil, sous le large feuillage du teck, et c’est au lever et au coucher de cet astre que cet Oiseau cherche sa nourriture, qui consiste en fruits de cet arbre de teck, et en une espèce de figue appelée dans le pays amihon.

« Selon ces détails de M. Lesson, les Paradisiers sont des Oiseaux frugivores; ils se tiennent habituellement perchés dans les arbres, et y trouvent même leur nourriture, sans être obligés d'en descendre ni de la chercher à terre. La conformité de leurs pieds avec ceux des Méliphages semble indiquer que leur mode de nourriture les oblige à se tenir souvent cramponnés aux branches. Dès lors, ces Oiseaux ne marchent probablement que très-rarement; ils devraient donc, dans un ordre de classification naturel, se trouver éloignés des espèces du genre Corvus, qui, comme on sait, sont Oiseaux marcheurs, et trouvent leur nourriture principalement à terre. » (Mag. zool., 1833.)

En rapprochant ainsi les Paradisiers des Méliphagidés, nous n'innovons pas, on le voit: nous ne faisons que nous conformer à une opinion parfaitement motivée, et que l'avenir justifiera en tout point, d'accord avec notre manière de voir.

Lesson, dans son système, n'a eu qu'un tort, c'est de se préoccuper trop exclusivement de la conformation du bec, et pas assez de celle des pattes. Il est à regretter, dans l'intérêt de son travail, qu'il ait oublié de consulter le mémoire que nous venous de citer : son Histoire naturelle des Paradisiers n'aurait pu qu'y gagner.

PREMIÈRE FAMILLE. — PARADIGALLINÉS.

Nous formons cette famille de deux genres très-remarquables de Paradiséidés :

4° Paradigalla, Lesson:

2 Astrapia, Vieillot,

qui se distinguent par un bec ou aussi long où un peu plus court que la tôte, généralement peu convexe, à commissures tantôt simples, tantôt garnies de caroneules, et par un allongement considérable des pennes de la queue.

Cette famille, ainsi établie, nous paraît faire un passage aussi naturel que possible des Néomorphidés aux Paradiséidés.

4® GENRE. — PARADIGALLE. PARADIGALLA. (Lesson, 1835.)

Paradisus, Paradis; Gallus, Coq.

CARACTÈRES GÉNÉRIQUES

Bec médiocre, plus court que la tête, peu convexe, alténué, un peu crochu et fortement denté à la pointe de la mandibule supérieure, comprimé sur les côtés, à bords entiers; la mandibule inférieure échancrée à la pointe.

Marines basales, recouvertes par un faisceau de plumes poilues, couchées en avant.

Ailes assez longues, dépassant le croupion, subobtuses, à rémiges rigides, la première médiocre, la deuxième plus longue, mais les troisième et quatrième les plus longues de toutes.

Queue deltoidale, formée de douze rectrices étagées, rigides, terminées par une pointe mucronce.

T'arses médiocres, seutellés, à pouce robuste, armé d'un ongle prononcé. (Lesson, Supplément aux OEuvres de Buffon, p. 309, 1842.)

Deux caroncules charnues à la commissure dn bec.

Ge genre se compose d’une seule espèce, que l'on a comprise pendant longtemps dans le genre Astrapie. Lesson, en 1835, en a fait un genre conservé par M. Ch. Bonaparte sous le nom de Paradigalle. C’est le Paradigalle caronculé dont nous donnons la figure et la description. C’est un Oiseau de la Nouvelle-Guinée, encore très-rare dans les collections.

PARADIGALLE CARONCULÉ. PARADIGALLA CARUNCULATA. (Lesson.;

Cette espèce de Paradisier se distingue par des caroncules charnues, comprimées, de forme à peu près triangulaire, probablement érectiles, caroncules qui rappellent un peu celles du Vanneau à calotte blanche (Vanellus albicapillus) (mais surtout, pour la partie supérieure, celles du genre Philépitte). Des bords de la mandibule supérieure, où elles prennent leur insertion, dans toute l'étendue comprise entre la commissure des mâchoires et les fosses nasales, elles se portent, en recouvrant le lorum et les joues, sur les bords latéraux de l'os frontal, y adhèrent et se prolongent librement sur les côtés du front, au-dessus duquel elles s'élèvent de quelques millimètres; un autre appendice

OISEAUX. ol

charnu beaucoup plus petit et plus étroit embrasse une grande partie des branches de la mandibule inférieure, et n'offre qu'un léger prolongement latéral; ces deux membranes, par leur rencontre vers la commissure des mâchoires, paraissent être la continuation l’une de l’autre.

Un plumage serré, d’un joli vert chatoyant, couvre tout le dessus et les côtés de la tête; la gorge est garnie de plumes d’un noir verdâtre, ayant la forme de raquettes, divergentes et débordant de 0,003 ou 0",004 les branches de la mandibule inférieure. Le dessus du corps est d'un beau noir velouté, parsemé de fines stries d'un vert doré, qui n'apparaissent que sous certaines incidences de la lumière. Tout le dessous du corps est noir, nuancé de brun foncé. Les pennes des ailes et de la queue offrent à leur face supérieure la même couleur que le dos, et sont en dessous d'un beau poir lustré. Le bec est noir. Longueur totale : 0",56 à 0",37. (Eynoux et Souceyer, zoologie de la Bonile.)

Fig. 55 — Paradigalle caronculé.

Comme objet de collection, le Paradigalle caronculé a, dans ce qui se rattache à sa publication, souffert bien des vicissitudes.

Quoique décrite pour la première fois en 1835, seulement par Lesson, dans la Revue zoologique, celte espèce existait déjà dans une riche collection que J. Verreaux avait formée et possédait en 1825, et portait sur son Catalogue le nom de Astrapia carunculata. Ce dernier en avait même fait une description très-détaillée qu'il avait remise à Vieillot pour être reproduite dans sa Galerie des Oiseaux; enfin le dessin en avait même été fait à cette époque par Oudart, peintre du Muséum d'Histoire naturelle. Par suite de diverses circonstances, le tout est resté dans les cartons de Vieillot, et cette intéressante espèce est demeurée ignorée jusqu'à l'époque où Lesson en fit le type de son genre Paradigalle.

206 GENRE. — ASTRAPIE. ASTRAPIA. (Vieillot.)

CARACTÈRES GÉNÉRIQUES

Bec médiocre, de la longueur de la tête, comprimé sur les côtés, pointu, à peine recouvert de plumes veloutées à la base; à mandibule supérieure convexe, entaillée et fléchie à la pointe, à arête étroite; la mandibule inférieure parallèle à la supérieure dans presque toute sa longueur, à l'exception de la pointe, qui se relève légèrement pour rejoindre celle de la mandibule supérieure.

Narines arrondies, glabres.

Ailes subobtuses, à première rémige la plus courte, la troisième la plus lonque.

Queue excessivement longue, composée de douxe rectrices Lrès-élagées, arrondies à leur sommet.

T'arses nus, robustes, scutellés, de la longueur du doigt médian, ce dernier soudé à sa base avec l'eæterne, ct toualement séparé de l'interne; le pouce, très-fort, égale avec son ongle le médian en longueur; ongles forts et très-crochus, cel du pouce surtout.

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fa CRU V ca 9) | 17 1 7 PSS Z ) une AS) (S nn fr NA = f [ A | = J \ { à ( 1e = \ # LA \ = / Fig. 97 — Astrapia nigra

On ne connait qu'une seule espèce d'Astrapie, que sa rareté et son admirable plumage ont fait nommer par Le Vaillant l’Incomparable où Pie de Paradis, et e’est à Vieillot qu'on doit la distinction générique et la création du nom barbare Astrapia. Cet Oiseau est un exemple frappant des fluctuations que les auteurs systématiques font éprouver aux êtres qu'ils cherchent à caser dans leurs diverses méthodes, car Guvier a persisté à le classer avec les Merles; M. Temminck avec les Pastors sorte de Turdusinés, il est vrai; M. G.R. Gray, dans ses Ptilonorhynchynés faisant partie de Le Sturnidés, bien que rien ne puisse légitimer son enlèvement à la famille des Paradisiers, à laquelle il appartient comme famille distincte seulement. M. Ch. Bonaparte, tout en le mettant en tête de

ses Sturnidés, s’est arrangé de manière à ne pas l'éloigner des Paradiséidés, auxquels, dans son système, font immédiatement suite ces derniers.

L’Astrapie a le même plumage somptueux chez le mâle, pauvre chez la femelle, que les vrais Paradisiers. Les plumes ont la forme gemmacée qui caractérise celles des Émeraudes, des Manucodes et des Épimaques; seulement les plumes de la queue ont pris un immense développement, à la manière des rectrices de quelques Merles bronzés d'Afrique. (Lessox.)

Nous en donnons la figure et la description.

On ignore complétement les habitudes et les mœurs des Astrapies.

ASTRAPIE A GORGE D'OR. ASTRAPIA NIGRA. (Gmelin, Vieillot.}

Le corps de l'Astrapie a 0",225 de longueur, et sa queue de 0",49 à 0",60; sa tête est remarquable par les plumes des côtés de la tête et de l'occiput, qui sont longues et soyeuses, et qui retombent sur les côtés du cou en formant une double huppe. Toutefois, ces plumes ne paraissent point être dressées dans l'état de vie, mais seulement flotter lâchement sur les côtés de la tête;

Fig. 58. — Astrapie à gorge d'or

celle-ci en entier d’un noir vert à reflets luisants; le dessus du cou, à partir de l’occiput, et le manteau, sont d'un vert bronzé très-brillant ou à reflets dorés, mordorés et iodurés suivant la direction

des rayons lumineux. Toutes ces plumes sont rigidules, étroites à leur base, arrondies à leur extrémité, et imbriquées les unes sur les autres, absolument à la manière des écailles de Poisson. Tout le devant de la gorge est revêtu de plumes aussi squammeleuses, formant une sorte de large cravate, ayant les teintes les plus miroitantes depuis l'or vermeil jusqu’au cuivre de rosette, et entouré d’une sorte de hausse-col des plus chatoyants en or, cuivre et acier. Les côtés de la poitrine et toutes les parties inférieures sont d’un vert uniforme, intense et lustré.

Les ailes sont à rémiges primaires noires teintées de violet sur les secondaires. La queue est formée de douze rectrices grandement étagées, très-larges, très-roides, arrondies à leur extrémité, nuancées de marron brunâtre, ondé de bandelettes transversales brunes en dessous, tandis qu’en dessus elles sont d’un beau et riche violet velouté, les barbes internes étant violettes et les externes bleu-noir pruineux.

L'individu que Le Vaillant a décrit comme étant une femelle nous paraît être un jeune mâle caractérisé par sa taille plus petite, son plumage noirâtre ou fuligineux, sa queue brun roussâtre et son ventre rayé de fauve.

La femelle a son plumage gris ardoisé, la tête et le cou noirs, les ailes grises, lavées de roux, et la queue lisérée de brunâtre.

L’Astrapie est encore très-rare dans les collections, et son prix s'élève encore à la somme de 500 fr.

Nous avons déposé au Muséum d'Histoire naturelle de Paris le bel individu qu'on y remarque, et donné un second individu à la curieuse collection de M. Kéraudren. Nous nous procurâmes ces deux magnifiques dépouilles à la Nouvelle-Guinée, par des échanges avec les Papous, et ce furent les seules que les Français se procurèrent dans les deux voyages de découvertes de {a Coquille et de l'Astrolabe. (Lesson.)

DEUXIÈME FAMILLE. — SÉRICULINÉS.

Du moment que nous nous détidons à faire entrer le genre Séricule, dont le Loriot Prince-Régent est Le type, dans la tribu des Paradiséidés, force nous est de l'élever au rang de famille, puisque l'on est convenu dans toutes les méthodes de faire suivre ce genre, en le lui adjoignant, du genre Oriolia.

Ce sont, en effet, des Oiseaux ayant de grands rapports d'analogie dans leur organisation extérieure; de plus, la nature de la langue du premier de ces genres, qui est toute ciliée et en forme de pinceau, le rapproche des Méliphagidés d'un côté, d’après la remarque originairement due à Lewin et confirmée par Swainson, et d'un autre la nature veloutée des plumes de la tête, et celle toute soyeuse et toute parée d’ornementation de celles du cou et des épaules chez ce même genre lui donnent un point de contact évident avec les Paradiséidés.

C'est pour nous conformer à cette double exigence que nous plaçons cette famille en tête de la tribu des Paradiséidés. Et comme d'ailleurs on peut tenir compte de la similitude de la constitution des pieds chez les Sériculinés avec ce qui se voit chez les Néomorphinés, ce lien de transition, dans notre système, nous semble être ménagé par le rang que nous faisons occuper à ceux-là en les classant à la suite de ceux-ci.

Cette famille se composera donc de deux genres :

1° Séricule (Sericulus), Swainson, 2° Oriolie (Oriolia), Isidore Geoffroy Saint-Hilaire.

Sylvie trichas

1e GENRE. — SÉRICULE. SERICULUS. (Swainsd.)

CARACTÈRES GÉNÉRIQUES

Bec plus court que la tête, assez fort, comprimé sur les cêtés, à arête légèrement convexe, à pointe légèrement recourbée, nu à la base; mandibule inférieure mince, pointue, échancrée à la pointe, ainsi que la supérieure.

Narines percées dans une fosse triangulaire sur le rebord des plumes du front.

Ailes s'étendant un peu au delà du croupion, pointues, subobtuses, à première rémige courte, les troisième et quatrième les plus longues.

Queue moyenne, presque égale, formée de douxe rectrices, à extrémité rectiliqne.

Tarses médiocres, assez robustes, scutellés, à doigt médian le plus long. intimement soudé à la base avec l'externe; pouce robuste : tous armés d'ongles recourbés, comprimés, assez forts.

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Fig. 59. — Sericulus mellinus. Fig. 60.— Sericulus mellinus

Langue ciliée, et frangée à la pointe et sur les bords. Plumage des mâles séricéeux, ras et épais: celui des femelles ordinaires.

Ce genre renferme trois espèces, que la plupart des auteurs ont jusqu’à ce jour confondues avec les Loriots, et cependant elles en diffèrent, au premier aperçu, et par la forme du bec et par la longueur relative des tarses avec les autres proportions du corps. (LEssox.)

Swainson, le créateur du genre Sericulus, Va ainsi caractérisé : Bec semblable à cetui du Loriot; tarses aliongés, robustes; queue échancrée. Au Sericulus regens, type du genre, cet auteur, avec juste raison, proposa d'adjoindre le Paradisea aurea des auteurs, ou le Loriot de Paradis de Le Vaillaut, Rollier de Paradis de Buffon.

Après Swainson, M. De La Fresnaye est celui qui à le plus insisté sur la distinction à faire entre les Oiseaux de ce genre et les Loriots.

C’est encore ici le cas, dit ce naturaliste dans son Essai sur la classification des Passereaux, de parler du Loriot Prince-Régent, ce magnifique Oiseau de l'Australie, dont les plumes soyeuses et veloutées de la tête et du cou rappellent tout à fait les Paradisiers. MM. Temminck et Cuvier le rangent avec les Loriots, d'après la forme de son bec; mais ses pieds l'en éloignent totalement; ses tarses sont incomparablement plus élevés et plus forts, et les doigts sont également plus longs et plus robustes, l'intermédiaire surtout, qui dépasse de beaucoup les latéraux, à peu près égaux entre eux, comme chez toutes les espèces qui cherchent leur nourriture à terre. Enfin, quoique le Prince- Régent ne soit guère que de la grosseur de notre Loriot, ses pieds semblent, par leur force, devoir appartenir à un Oiseau du double plus fort. Get Oiseau a de plus un caractère qui l'éloigne encore des Loriots : c’est une langue terminée en pinceau, comme chez les Philédons. (Magasin de Zoologie, 1835.)

Seulement, M. De La Fresnaye, concluant de la force des tarses et des pieds de cet Oiseau que, comme nos Merles, il devait trouver sa nourriture à terre, au pied des buissons, et non la chercher

sur les arbres élevés comme nos Loriots, le rapprochait tout à fait de la famille des Corvidés, et lui assignait sa place auprès des Pirolles de Temminck, et du Glaucope cendré, que M. De La Fresnaye, ainsi qu'on l'a vu préc@lemment, considérait comme un Oiseau essentiellement marcheur.

Pour nous, la conformation de la langue nous paraît trop caractéristique pour éloigner ainsi le geure Séricule des Méliphagidés; il nous paraît au contraire établir le passage naturel de ceux-ci aux Paradiséidés. Aussi sommes-nous surpris que MM. Gray et Ch. Bonaparte, malgré ce caractère si déterminant, aient suivi l’ancien errement et laissé le Séricule dans la famille des Loriots.

D'après M. Temminck, le Loriot Prince-Régent se trouverait communément sur les bords de la rivière Paterson, à la Nouvelle-Hollande, dans les broussailles épaisses.

D'après J. Verreaux, au contraire, qui l’a eu dans les environs du port Macquarie, il est assez commun, dans ce dernier endroit, d'en voir quatre à six ensemble, soit sur les eucalyptus, soit sur les figuiers sauvages, où ils paraissent se plaire dans l'épaisseur des branches, et chercher les graines qui servent à leur nourriture.

C'est, ajoute ce voyageur, un Oiseau vif et alerte dans ses mouvements; il fait entendre un cri de pihan-pihan, souvent répété par tous les individus de la troupe. En en disséquant deux individus, je vis que leur estomac ne contenait que des graines assez grosses que je ne connaissais pas. Un jeune mâle, que je préparai dans le courant de juillet, avait, comme les précédents, l'estomac garni de graines d’une grande dimension: mais il s’y trouvait aussi quelques débris d’Insectes. Enfin j'eus occasion d’en voir un vivant chez un marchand qui l'avait en cage, et le nourrissait de pommes et de Vers. (Notes mss. de Zool. tasm. et autx.)

Jules Verreaux conclut de ces remarques que tout, dans cet Oiseau, lui a rappelé un vrai Merle, ec s'étonne qu’on l'éloigne des Loriots. Sans doute que, s’il eût rencontré ces remarques sur la conformation de langue, elles l'eussent amené à une conclusion différente.

Ce qui, pour nous, à part la conformation de la langue, qui est celle d’un Méliphagidé, lève tous les doutes sur la distance qui existe entre le Séricule et les Oriolinés, ou Loriots, c’est le plumage du jeune et de la femelle, qui n’a aucun rapport avec celui des Loriots jeunes et femelles, tandis qu'il est exactement le même que celui qui se voit chez les jeunes et les femelles des Paradiséidés, surtout des Épimachinés.

Le Séricule Prince-Régent est de la Nouvelle-Hollande, tandis que le Séricule orangé est de la Nouvelle-Guinée

SÉRICULE PRINCE-RÉGENT. SERICULUS CHRYSOCEPHALUS. (Lewin. Swainsou }

Le Prince-Régent mâle a son plumage nuancé de deux seules couleurs, et, par la douceur des plumes veloutées comme par le brillant du jaune ou du noir qui les teint, cette livrée, si simple en apparence, est une des plus riches et des plus belles qu'on puisse voir. Sa taille est d'environ 0",22 à 0,23. Les plumes qui recouvrent la tête sont courtes, très-serrées, et d'un toucher très-velouté. Leur coloration est un jaune légèrement mordoré, et cette teinte règne aussi sur le cou, les épaules, autour de l'œil et sur les rémiges secondaires. Les paupières sont noires, ainsi que tout le reste du corps, et ce noir très-lustré offre l'aspect soyeux. Le bec est jaune citron. L'iris est rougeâtre. Les pattes sont noirâtres, et la langue est terminée par un pinceau de papilles nerveuses très-allongées.

L'individu que nous avons décrit dans le Voyage de la Coquille comme étant du sexe féminin, avait été tué au port Macquarie, et nous avait été remis par M. Fenton, chirurgien anglais de la garnison de Sydney. Cette femelle a presque tous les caractères des Séricules mâles, excepté la taille, qui est plus forte, et la coloration du plumage. Sa livrée, en effet, est terne et sans coloris. Sa longueur totale, du bout du bec à l'extrémité de la queue, est de 0",28. Son bec et ses tarses sont bruntres. Liris est rougeätre, et la mandibule inférieure présente à sa pointe une petite échancrure qu’on retrouve à celle de la mandibule supérieure.

L'occiput est recouvert d'une plaque noire. Le front est grisâtre, et granulé de brun. Un demicollier noir occupe le dessous de la gorge, et se dessine légèrement sur la nuque. Le dos est entièrement d'un gris brunätre, plus foncé sur le bord des plumes, dont le centre est blanc, ce qui con-

OISEAUX. d7

stitue des sortes de gouttes ou de taches ovalaires nombreuses et émaillées. Au-dessous de la calotte noire, on remarque une ou deux plumes jaunes à la base même de l’occiput. La poitrine, le ventre, les couvertures des cuisses, sont d’un blane grisâtre, et chaque plume est frangée par un rebord brun. La queue est composée de douze pennes presque égales. Les ailes sont d’un jaune blond uniforme, plus foncé en dedans. Le dessus de la queue est d’un blanc légèrement gris.

Fig. 61. — Séricule orangé.

Cet Oiseau vit à la Nouvelle-Hollande, dans la partie orientale que les Anglais nomment la Nouvelle-Galles du Sud, où, sans être précisément rare, on ne peut se le procurer que très-difficilement. Il paraît se tenir principalement sous les latitudes tropicales, dans les forêts encore vierges des alentours de New-Castle et du port Macquarie. Il est très-recherché et très-estimé par les Anglais, qui l'ont consacré à Williams IV, alors prince-régent de la Grande-Bretagne; car c’est Lewin qui le premier l’a fait connaître en le figurant dans son Fascicule, et lui appliquant la dénomination de Sucrier de King. Cependant le capitaine King, fils de l’ancien gouverneur de la colonie de Sydney, a réclamé en faveur de son père la consécration de ce nom de King, qui signifie aussi roi. (Lessox.)

Lesson et Garnot sont les premiers Français qui aient apporté en France et donné au Muséum d'Histoire naturelle de Paris des dépouilles de Séricules Princes-Régents, que les amateurs se sont procurées par la voie de l’Angleterre.

Depuis, J. Verreaux en a déposé au même établissement une série d'individus des deux sexes et de tout âge des plus curieuses et des plus intéressantes, rapportée par lui de son voyage à la Nouvelle-Hollande. 11 n’en a même pas omis le squelette.

2%° GENRE. — ORIOLIE. ORIOLIA. (Isid. Geoffroy Saint-Hilaire.)

CARACTÈRES GÉNÉRIQUES

Bec presque aussi long que la tête, droit, ou du moins infléchi légèrement à sa pointe seulement, qu est échancrée, assez gros, aussi large que haut à la base, et comprimé antérieurement, à arête entamant les plumes du front.

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Narines petites, iwrégulièrement ovalaires, latérales et basales.

Ailes assez lonques, obtuses, et dépassant le milieu de la queue.

Queue longue, composée de douze pennes qui se terminent en pointe, et dont les latérales sont plus courtes que les moyennes.

Tarses courts, écussonnés, terminés par quatre doigts très-développés, et armés d'ongles comprimés, aigus, et remarquablement recourbés. (Lessox, Complément de Buffon, 1858.)

Fig. 62. — Orioha Berneri Fis. 65. — Oriolia Bernieri

Une seule espèce de Madagascar, dont nous donnons la figure et la description.

Le déplacement que nous opérons de ce genre, en le transportant des Oriolinés aux Paradiséimés, nous oblige à transcrire ici les développements donnés par M. Isidore Geoffroy Saint-Hilaire aux caractères d’après lesquels il l’a établi.

Le nom que je donne à ce genre, dit le savant professeur, indique son affinité avec le genre Loriot (Oriolus).

Le bec, qui forme un peu moins de la longueur totale de la tête, est droit, sauf l'extrême pointe de la mandibule supérieure, qui s’infléchit, sans toutefois former un crochet. Il est, à la base et dans la première moitié de sa longueur, aussi large que haut, mais un peu comprimé dans sa portion antérieure. La mandibule supérieure, légèrement échancrée près de la pointe, a la forme d’une pyramide triangulaire; ses deux moitiés latérales, obliques l’une sur l’autre, se rencontrent supéricurement en une arête droite qui est d’ailleurs extrêmement mousse, et pourrait même êlre considérée comme une face supérieure très-étroite, interposée longitudinalement entre les deux faces latérales du bec.

Les narines sont petites, irrégulièrement ovalaires, ouvertes sur les côtés du bec, à peu de distance de sa base, et presque exactement au milieu de l'intervalle qui sépare l’arête supérieure de la commissure des deux mandibules. Elles sont percées presque directement dans la corne du bec, n'étant entourées que de quelques rudiments de membranes, et la base du bec ne présentant point de fosses nasales distinctes.

Les ailes, qui atteignent, par leur extrémité, un peu au delà de la moitié des pennes caudales, sont établies sur le type obtus; les pennes croissent en longueur, de la première, qui est très-courte, aux quatrième et cinquième, les plus longues de toutes.

La queue est composée de douze longues pennes terminées en pointe et comme un peu usées à leur extrémité. Ces pennes décroissent en longueur, mais d'une manière presque insensible, des médianes aux externes.

Les pattes sont remarquables tout à la fois par la brièveté des tarses, lesquels sont écussonnés, et par la longueur des doigts, tous très-développés et armés d'ongles très-comprimés, aigus, trèsrecourbés. Le doigt médian, le plus long des trois doigts antérieurs, et le pouce, qui est très-fort et très-gros, ont notamment des ongles d’une longueur considérable.

La nature des plumes ne présente rien de particulièrement remarquable.

GISEAUX. 09

Ce genre offre, par presque toutes les parties de son organisation, des rapports marqués d'analogie, et en même temps des différences notables avec les Loriots. Le bec offre la même conformation générale, mais il présente des différences importantes, et qui, au premier aspect, laissent à peine apercevoir les analogies. Ces différences résultent de sa forme rectiligne, de ses dimensions moindres, de la disposition des narines, qui sont très-petites, et semblent percées dans la corne même du bec, enfin de leur situation aussi près de l’arête supérieure que de la commissure. Les pieds, la queue, sont presque comme chez les Loriots; les ongles de ceux-ci sont toutefois moins longs, et leurs pennes caudales sont arrondies à l'extrémité. Enfin les ailes des Loriots sont beaucoup plus longues, et leur composition diffère aussi, la troisième rémige étant ici la plus longue L’aile des Loriots est donc subaiguë, tandis que celle des Oriolies est seulement obtuse, ou même subobtuse.

D’après ces différences, et notamment d'après la forme très-caractéristique du bec, il sera toujours facile de distinguer les Oriolies des Loriots. (Magasin de Zoologie, 1839 )

Fig. 64: — Oriolie de Bernier.

Les caractères qui, d’après ce qui précède, différencient l'Oriolie du genre Loriot, sont tellement identiques avec ceux qui distinguent le Séricule, que nous n’hésitons pas à la mettre avec les Sériculidés. Car il est impossible de ne pas être frappé, en comparant ces deux genres, de l'identité de conformation et du bec, et des narines, et des pieds.

Il doit en être, au surplus, et quant à présent, de ce genre, pour lui assigner son rang définitif, comme de beaucoup d’autres genres dont on ne connaît pas encore la conformation et l’organisation de la langue.

Il est bien à regretter que l'on ne possède aucun détail anatomique de cet Oiseau. Car, plus nous

l'examinons, plus nous sommes tenté d’y voir la femelle d’une espèce de Paradiséidé plus ou moins méliphage.

ORIOLIE DE BERNIER. ORIOLIA BERNIERI. (Isidore Geoffroy Saint-Hilaire.

L'Oriolie a la tête, le cou, le corps, remarquables par une multitude de raies transversales noires sur un fond roussätre, et la queue feuille morte. Les ailes sont aussi de cette dernière couleur,

moins l'extrémité des six premières rémiges, qui est d’un gris noirâtre. Le bec et les pattes sont gris. $

Le nom que M. Isidore Geoffroy Saint-Hilaire a donné à cet Oiseau est celui de l'officier de santé de la marine qui l'a découvert en même temps que d’autres types madécasses, ou Malegaches tont aussi curieux.

TROISIÈME FAMILLE. — PARADISEINES.

Vieillot, le premier, faisant des Paradisiers une famille qu’il nommait Manucodiates (Paradisei), y introduisit les quatre genres suivants :

40 Sifilet (Parotia), Vieillot:

2° Lophorine (Lophorina), Vieillot; 3° Manucode (Cicinnurus), Vieillot; 4° Samalie (Paradisea), Linné,

que Lesson à conservés tout en remanjant la composition de cette famille, dont il a fait deux tribus, celle des Paradisiers et celle des Épimaques. C’est dans la première de ces tribus qu'il a fait entrer les genres qui précèdent, en y joignant ceux-ci :

1° Diphyllode (Diphyllodes), Lesson; 2 Astrapie (Astrapia), Vieillot; 5° Séricule (Sericulus), Swainson.

Ces deux derniers genres rangés jusque-là dans d’autres familles.

M. Gray, n'ayant aucun égard aux quatre genres de Vieillot, non plus qu'au Diphyllode de Lesson, en est revenu au genre linnéen Paradisea dans sa pureté, tandis que M. Ch. Bonaparte les à au contraire adoptés tous les cinq, renvoyant le Séricule avec les Oriolidés, et l'Astrapie en tête des Sturnidés, qui suivent immédiatement ses Paradiséidés.

Nous adoptons la composition générique de Lesson en en exceptant les genres Astrapia et Sericulus, que nous avons élevés au rang de famille,

1 GENRE. — PARADISIER. (Lesson.) PARADISEA. (Linné.)

CARACTÈRES GENERIQUES.

Bec robuste, dur, aussi long que la tête, légèrement voté, à arête peu prononcée, & mandibules échancrées à leur sommet.

Narines latérales, basales, à moitié recouvertes par les plumes veloutées du capistrum, ouvertes en avant.

Ailes moyennes, pointues, surobtuses, à première rémige courte, les quatrième et cinquième les plus longues.

Queue médiocre, égale, composée de douze rectrices dont les deux moyennes s’al'ongeani chez les mûles en brins grêles ou tordus et membranacés.

Fig. 4. — Bec fin trapu,

T'arses robustes, seutellés, terminés par quatre doigts; le pouce robuste; les doigts externe et médian soudés à leur base; les ongles forts, comprimés, crochus.

Fig. 66. — Paradisea Apoda.

Langue amincie, ciliée; face encadrant le bec, veloutée, séricéeuse; tête lisse, arrondie, sans parures. Plumes des flancs allongées, filiformes, décomposées, pinnées.

La femelle est sans parures des flancs et sans brins.

Les jeunes mâles sont semblables aux femelles.

Les trois espèces connues de vrais Paradisiers habitent les îles d'Arou, Waigiou et Nouvelle-Guinée, ou la Papuasie. (Lesson.)

Nous figurons le Paradisier grand Émeraude (Paradisea apoda), Linné.

Les Oiseaux qui appartiennent à la famille des vrais Paradisiers sont remarquables par la plus grande similitude dans l’ensemble de leur organisation. Dans l'opinion de quelques personnes, deux espèces seulement lui appartiennent : l'Émeraude et le Paradisier rouge. Pour des observateurs attentifs, l'Émeraude présente deux races non-seulement variables par la taille, mais encore par les couleurs du plumage et par les circonscriptions de pays. Les anciens auteurs parlent fréquemment de ces Paradisiers sous le nom de Manucodiates, nom que nous trouvons aussi bien dans Brisson que dans Hernandez, Clusius et autres, bien que plus tard on l’ait exclusivement attribué à l'espèce appelée le Roi des Paradis. Ces Paradisiers, enfin, répondent aux Oiseaux que Vieillot appelle Samalies, sans que nous soyons fixé sur la vraie origine de ce nom barbare.

Les Paradisiers ont la taille du Geai de France; ce sont des Oiseaux remarquables par des formes robustes et des membres pleins de vigueur, ayant leurs flancs couverts par des faisceaux de plumes souples, légères et admirables dans leur élégance. Deux longs brins tenant lieu de rectrices moyennes dépassent la queue; un encadrement de plumes courtes et veloutées forme un masque sur la partie antérieure de la tête. Ces plumes, d’une nature douce et serrée, reflètent l'éclat de l’émeraude; le reste du plumage, à part les flancs, n’a rien de particulier, car les individus du sexe mâle sont seuls possesseurs des parures qui ont rendu ces Oiseaux célèbres. Les femelles et les jeunes, complétement déshérités, n’ont que des vêtements simples, et rien dans leur extérieur n’est propre à fixer les regards superficiels. Les plumes appelées rémiges et rectrices sont droites et assez résistantes; les pieds surtout sont remarquables par une puissance de préhension qu'on retrouve chez tous les Oiseaux de la famille des Corbeaux (Lessox), et bien plus encore, suivant nous, chez ceux de la tribu des Méliphagidés.

L'espèce type de ce genre est plus célèbre par les qualités fausses et imaginaires qui lui ont été attribuées que par ses propriétés réelles et vraiment remarquables. Le nom d'Oiseau de Paradis fait naître encore, dans la plupart des têtes, l'idée d’un Oiseau qui n'a point de pieds, qui vole toujours, même en dormant, ou se suspend tout au plus pour quelques instants aux branches des arbres, par le moyen des longs filets de sa queue; qui vole en s’accouplant, comme font certains Insectes, et de plus, en pondant et en couvant ses œufs, ce qui n’a point d'exemple dans la nature; qui ne vit que de vapeurs et de rosée; qui a la cavité de l'abdomen uniquement remplie de graisse, au lieu d’estomac et d'intestins, lesquels lui seraient en effet inutiles par la supposition, puisque, ne mangeant rien, il n'aurait rien à digérer ni à évacuer, en un mot, qui n’a d'autre existence que le mouvement, d’autre élément que l'air, qui s’y soutient toujours tant qu’il respire, comme les Poissons se soutiennent dans l’eau, et qui ne touche la terre qu'après sa mort.

Au reste, si quelque chose pouvait donner une apparence de probabilité à la fable du vol perpétuel de l'Oiseau de Paradis, c’est sa grande légèreté produite par la quantité et l'étendue considé. rable de ses plumes; car, outre celles qu'ont ordinairement les Oiseaux, il en a beaucoup d’autres et de très-longues, qui prennent naissance de chaque côté dans les flancs, entre l’aile et la cuisse, et qui, se prolongeant bien au delà de la queue véritable, et se confondant pour ainsi dire avec elle, lui font une espèce de fausse queue à laquelle plusieurs observateurs se sont mépris. Ces plumes subalaires sont de celles que les naturalistes nomment décomposées : elles sont très-légères en ellesmêmes, et forment, par leur réunion, un tout encore plus léger, un volume presque sans masse et comme aérien, très-capable d'augmenter la grosseur apparente de l'Oiseau, de diminuer sa pesanteur spécifique, et d’aider à se soutenir dans l'air, mais qui doit aussi quelquefois mettre obstacle à la vitesse du vol et nuire à sa direction, pour peu que le vent soit contraire; aussi a-t-on remarqué que les Oiseaux de Paradis cherchent à se mettre à l'abri des grands vents, et choisissent pour leur séjour ordinaire les contrées qui y sont le moins exposées.

Ces plumes sont au nombre de quarante ou cinquante de chaque côté, et de longueur inégale; la plus grande partie passe sous la véritable queue, et d’autres passent par-dessus sans la cacher, parce que leurs barbes séparées et effilées composent, par leurs entrelacements divers, un tissu à larges mailles et pour ainsi dire transparent; effet très-difficile à bien rendre dans une enluminure (Guéneau De Monreeisrann.)

Les détails les plus anciens que l'on possède sur les mœurs des vrais Paradisiers sont ceux rapportés par Valentyn dans ses voyages aux Indes :

QI y a aux iles des Papous et à la Nouvelle-Guinée, dit-il, six espèces d'Oiseaux de Paradis; la plus commune (l'Emeraude) habite les îles Aroo ou Arou pendant la mousson d'ouest, ou sèche, et retourne à la Nouvelle-Guinée dès que la mousson d'est, ou pluvieuse, commence. Elle y arrive en troupes composées de trente à quarante sous la conduite d’un Oiseau de couleur noire avec des taches rouges, que les insulaires d'Arou appellent leur roi, et qui vole toujours au-dessus de la troupe, laquelle ne l’abandonne jamais et se repose dès qu'il en donne l’exemple, ce qui devient quelquefois funeste à plusieurs individus; car, vu la structure et la disposition de leurs plumes, ils ne se relèvent que très-difficilement. Ils se perchent sur les grands arbres, particulièrement sur le waringa à petites feuilles et à fruits rouges, dont ils se nourrissent (ficus benjamina, Forster). L'étendue, la quantité, la longueur, la souplesse de leurs plumes hypocondriales leur permettent

bien de s'élever fort haut, les aident à se soutenir dans l'air, à le fendre avec la légèreté et la finesse de l'Hirondelle, ce qui les a fait désigner par le nom d'Hirondelles de Ternate; mais, si le vent devient contraire, ce luxe de plumes nuit à la direction du vol, et alors ils n’évitent le danger qu'en s’élevant perpendiculairement dans une région d'air plus favorable, et ils continuent leur route. Quoiqu'ils prennent toujours leur vol contre la direction du vent, et qu'ils évitent les temps d'orage, ils sont quelquefois surpris d’une bourrasque, c’est alors qu'ils courent les plus grands dangers; leurs plumes longues et flexibles se bouleversent, s'enchevêtrent, l'Oiseau ne peut plus voler; ses cris répétés annoncent sa détresse; il lutte en vain contre l'orage; son embarras augmente, la frayeur redouble l'impuissance de ses efforts, il chancelle et tombe. Les Indiens, attirés par ses cris, le saisissent ou le tuent, ou il n'échappe à la mort qu'en gagnant promptement une élévation d'où il peut reprendre son vol. »

Fig. 67. — Grand Emeraude.

Quant au vol de l'Hirondelle, que Bontius leur attribue, nous sommes très-persuadé que c’est une erreur. La coupe des ailes des Oiseaux de Paradis, et notamment de celles de l'Émeraude, est si différente de celle des ailes des Hirondelles, qu'il est impossible que ces Oiseaux aient la même manière de voler. Au reste, je doute fort que cette dernière espèce se trouve à Ternate. Ainsi, le nom d'Hirondelle de Ternate, s’il est vrai qu'on l'ait appliqué à l'Oiseau de Paradis, est au moins très-impropre; il pourrait même bien se faire que ce fût ce nom seul qui eût déterminé Bontius à nous dire qu’il avait le vol de l'Hirondelle. (Le Vaicranr, Histoire naturelle des Oiseaux de Paradis.)

Lesson, dans son voyage autour du monde, a pu, d'après ses propres observations, compléter ces détails par les suivants :

Les vrais Paradisiers semblent vivre en bandes dans les profondes forêts de la Papuasie, terre, comme l'on sait, formée d’iles agglomérées sous l'équateur, telles qu'Arou, Waigiou et la Nouvelle- Guinée. Ce sont des Oiseaux de passage changeant de districts, à ce que l'on suppose, suivant les moussons. Les femelles se réunissent en grand nombre sur les sommets des arbres les plus grands

des forêts en criant toutes à la fois dans le but sans doute d'appeler les mäles. Ceux-ci nous ont toujours paru solitaires au milieu d'une quinzaine de femelles, parmi lesquelles ils régnaient à la manière des Gogs sur des essaims de Poules.

C'est de fruits que se nourrissent le plus ordinairement les Paradisiers; les mâles ne se mettent guère en quête de leur nourriture que le soir et le matin; ils restent tapis sous le feuillage dans le milieu du jour; leur cri est fort et accentué. Nous ne nous procurâmes des dépouilles du grand Paradisier émeraude qu'à Amboine. Les trafiquants malais ne les reçoivent dans cette métropole des possessions hollandaises aux Indes orientales que par les corocores de la grande île de Céram. Or, cette espèce paraît bien évidemment confinée aux îles d’Arou, et peut-être dans la partie méridionale de Céram même. D'un autre côté, nous n'avons jamais vu de Paradisier émeraude dans l’île de Waigiou; mais les naturels nous apportèrent des peaux de Paradisiers rouges conservées dans des bambous; et, comme nous y tuâmes une femelle, on doit assigner l’île de Waigiou pour patrie à cette magnifique espèce. Enfin, la quantité prodigieuse de petits Émeraudes mutilés en panache que nous vendirent les Papous du nord de la Nouvelle-Guinée, et le grand nombre de mâles et de femelles que nous tuâmes sur le pourtour du havre de Doréy, nous autorisent à regarder cette partie de la terre des Papous comme le pays où cette espèce est extraordinairement commune, et où elle vit d'une manière permanente.

Les parures des mâles en plumage se composent de faisceaux ou d'un jaune tendre ou d’un rouge admirable; un marron plus ou moins foncé, un jaune plus ou moins pur, colorent le reste du plumage; les rectrices comme les rémiges sont marron; une plaque émeraude forme un hausse-col sur la gorge, et le bec, de couleur de corne, est encadré de vert. (LEsson.)

Voici maintenant les particularités anatomiques intéressantes recueillies par le chirurgien-major de l'expédition de {a Coquille, M. Garnot, sur le petit Émeraude, particularités que Lesson a appli- quées également au Paradisier rouge.

Langue allongée, étroite, triangulaire, bifurquée à sa pointe; l’une et l’autre fides sont divisées en un grand nombre de filaments, ce qui leur donne l'apparence de deux petits pinceaux: à la base, on trouve deux prolongements mucronés bifides. La langue a 0,023 de longueur de la pointe au bout des prolongements de la base; ces derniers forment avec la base une espèce de croissant. La forme générale de cet organe est la même que dans les Passereaux.

Il y a deux larynx, deux muscles supérieurs et deux inférieurs de chaque côté, prenant leur insertion près du larynx inférieur; on compte soixante-six anneaux dans la trachée-artère proprement dite. La longueur de cette trachée, depuis le larynx supérieur jusqu’à l'inférieur, est de 0,084. Les anneaux sont complets. Les cornes de l'os hyoïde ont 0",033 de longueur; le deuxième larynx ou inférieur correspond à l'extrémité antérieure ou supérieure du sternum; il est peu enfoncé dans un la poitrine.

Les côtes sont au nombre de sept de chaque côté; la première est libre; les cinq qui suivent se rendent à la portion osseuse qui remplace le cartilage sterno-costal; la dernière se rend au dernier cartilage osseux.

Le sternum est beaucoup plus étroit à sa partie moyenne qu'à ses extrémités. La partie de la base comprise entre les deux échancrures est coupée carrément. Il y a cependant un très-léger enfoncement dont l'angle est saillant en avant. La longueur de cet os est de 0,038; la largeur, à sa partie moyenne, correspondant à la dernière surface articulaire qui unit le cartillage à la côte, est de Om,021. La queue, longue de 0,038, présente à sa base une étendue de 0",012. La base du sternum, ou l'extrémité abdominale, a 0,032. A l'extrémité claviculaire, on aperçoit trois apophyses : celle du milieu est la plus épaisse; elle présente trois côtés (figurés en Y); de plus, deux larges échancrures, fermées par l'extrémité sternale de la clavicule. Sur les bords du sternum, très-près de l'extrémité claviculaire, on voit cinq surfaces articulaires. A la base où extrémité abdominale, il y a deux larges échancrures ovaliformes; les apophyses qui les bornent en dehors ont la forme d’un marteau à deux pointes. Le sternum est beaucoup plus étroit à sa partie moyenne qu'à ses extrémités. Par la forme du sternum, jointe à celle des pattes, c’est un faux Passereau de M. De Blainville.

L'omoplate, longue de 0,036, est extrêmement étroite, falciforme : on ne peut mieux la comparer qu'à la figure d'un couteau de cuisine dont l'extrémité est recourbée. Cette extrémité est tronquée à 0°,00% dans sa plus grande largeur.

La clavieule, longue de 0,037, a son extrémité sternale très-élargie. L'os fureulaire a la forme de celui des Passereaux. L'ouverture que forment les deux extrémités claviculaires est de 0,024. Les branches ontun peu plus de 0,030 de long.

L'appendice qui se fixe au sternum est très-saillant.

L'oreille externe est arrondie, évasée. On aperçoit deux conduits : l’un intérieur, plus petit, se dirigeant vers l'extrémité postérieure de la mandibule inférieure; l’autre est plus large, et se porte vers l'oreillé interne.

Il y a dix pennes primaires; on n’en retrouve que neuf chez les Corbeaux : la première penne est la plus courte; elle se rend à peu près à la partie moyenne de la seconde. La cinquième est la plus longue. Elles vont en diminuant jusqu'àla dixième inclusivement. Les pennes secondaires sont au nombre de dix.

Il y a à la queue six paires de pennes. La queue est très-légèrement arrondie; les deux pennes croupiales sont plus étroites et plus effilées que les autres.

Six larges écailles recouvrent l'articulation du tarse avec le carpe et l'extrémité tarsienne des orteils. Les écailles du tarse sont larges et lisses. (Zool. de {a Coquille, pag. 596.)

La mandibule supérieure présente une échancrure vers la pointe; l'inférieure en offre également une très-légère : au premier aperçu, on serait tenté de croire que cette échancrure est due à l'usure que doivent occasionner les rapprochements fréquents de l’une et de l’autre mandibule.

Le Paradisier petit émeraude a les mouvements vifs et agiles. Ordinairement, lorsqu'il se croit seul, il fait entendre un cri perçant, fréquemment répété, que rendent avec exactitude les syllabes voile, voike, voilo, fortement articulées. Ces cris, à l'époque de notre séjour à la Nouvelle Guinée en juillet, nous parurent être un appel pour les femelles, groupées, caquetant par vingtaine d’individus sur les arbres environnants, obéissant ainsi à la voix de l'amour. Jamais, dans ces troupes appartenant au sexe conservateur du produit de la génération, nous ne vimes qu'un mâle, s’ébattant orgueilleux au milieu de celles ci, simples et sans parures, tandis que lui, dandy emplumé, ressemblait au Coq qui chante victoire après avoir battu un rival et conquis la souveraineté d’une basse-cour. Le Paradisier petit émeraude serait-il polygame? ou bien ce nombre disproportionné de femelles tiendrait-ilàce quelesindigènes, par la chasse continuelle qu'ils fontaux mâles, en amènentla dépopulation, et négligent celles-ci, qui se trouvent ainsi vivre en paix sans iaquiétude des hommes, et n'ayant à se protéger que de leurs ennemis naturels, les bêtes des bois? C’est alléchés par ces cris voike, voiko, que dans nos chasses il nous devient facile de suivre à la piste les Paradisiers, et d'en tuer un très-grand nombre. Le premier individu qué nous vimes nous émerveilla tellement, que le fusil resta muet dans nos mains, {ant notre ébahissement fut profond. Nous cheminions avec précaution dans des sentiers tracés par les Gochons sauvages dans les profondeurs ombreuses si touffues des alentours du havre de Doréy, lorsqu'un Paradisier petit émeraude, volant au-dessus de notre tête avec grâce et souplesse par bonds pleins de légèreté, nous sembla une bolide dont la queue de feu laisse derrière la masse qui fend l'air une longue trainée de lumière. Cet Oiseau de Paradis, serrant ses parures contre les flanes, ressemblait sans hyperbole au panache échappé de la chevelure d’une houri se balançant mollement sur la couche d’air qui enveloppe la croûte terrestre de notre planète.

Lorsqu'un bruit inaccoutumé vient frapper l’oreille du petit émeraude, son cri cesse, ses mouvements font place à la plus parfaite immobilité. Il reste caché dans l'épaisseur du feuillage, qui le dérobe à la vue du chasseur; mais, si le bruit continue, il ne tarde pas à s'envoler. Il se perche sur les rameaux les plus élevés des plus hauts arbres de la Nouvelle-Guinée; il devient fort difficile de le tirer, à moins de se servir d'armes à feu à longue portée, tels que les fusils du calibre de guerre; car il ne tombe qu'autant qu'il est tué roïde, et la portée convenable à laquelle il faut l'ajuster n’est guère moindre de cent cinquante pas. Il va sans dire qu'on doit se servir de gros plomb. Lorsqu'il n'est que blessé, il expire dans les halliers; cependant il nous arriva un jour de trouver mourant, sur les bords d’un réservoir d’eau dans le lit d'un torrent à demi desséché, un de ces Giseaux qui avait été blessé la veille, C’est done le soir, ou mieux le matin, que le chasseur doit se rendre au guet après avoir soigneusement reconnu les arbres chargés de fruits sur lesquels doivent venir se poser les Paradisiers. Là, dans une complète immobilité, il attendra avec patience la venue des Émeraudes, que leur cri brusque et fort décèlera bientôt. A l’époque de notre séjour sur cette terre de promission pour les naturalistes (du 26 juillet au 9 août), ces volatiles recherchaient les capsules

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légèrement charnues des tecks, mais surtout les fruits blancs rosés et très-mucilagineux dü figuieramihou. Toutefois, nous trouvämes dans leur gésier des Insectes: et, lors de notre séjour à Amboine, deux Oiseaux de Paradis émeraudes, que nous vimes en vie chez un riche marchand chinois, étaient nourris avec de grosses blattes et du riz bouilli.

Les Papous prennent ces Oiseaux en vieavec des bâtons enveloppés dela glu qu'ils retirent du suc laiteux de l'arbre à pain; mais il leur est plus facile de les tuer en grimpant pendant la nuit à la manière des Chats et silencieusement, sur les arbres où ils dorment. Lorsqu'ils arrivent aux divisions les plus faibles des branchages, ils s'arrêtent, attendant avec un calme imperturbable la naissance du jour, et ajustent leur proie avec des flèches faites avec des rachis de feuilles de latanier. Leur coup d'œil est parfait, et la roideur du trait qu'ils décochent est. assez puissante pour percer l'Oiseau; qu'ils visent avec une merveilleuse adresse.

…. Les Campongs d'Emberbaliène et de Mappia, sur la côte nord, sont ceux qui préparent le plus de ces peaux, que les Malais nomment Bouroug maté (Oiseaux morts\, et c’est de ces deux villages qu'il s'en emporte les quantités les plus considérables.

Les Papous font le commerce des Oiseaux de Paradis depuis un temps immémorial, et bien avant la conquête des Moluques par les Européens. Leurs dépouilles, prisées par le luxe asiatique, servaient de parure aux chefs puissants des diverses contrées de l'Inde australe, et ornent encore le turban des sultansindiens, la coiffure et surtout le yatagan des radjahs malais. Cette parure n'ob- Unt pas moins de succès en Europe, car les femmes la recherchèrent avec d'autant plus d'avidité, qu'elle resta longtemps rare et qu'il fallut l'acquérir à un haut prix.

Ces dépouilles écorchées, séchées dans des tubes de bambous, sont donc expédiées en Europe pour servir au luxe des modes et orner la chevelure des femmes opulentes. Les Oiseaux de Paradis sont refaits par les plumassiers, qui emploient des corps en liége sur lesquels ils adaptent la tête et quelques parties de la peau du dos et des flancs, que l’on recherche pour leur molle souplesse et la giâce du panache qu'elles font en se recourbant; ce sont ces plumes nuageuses que l'on assemble souvent d'une manière factice, en réunissant plusieurs faisceaux, enlevée à des peaux avariées ou mal préparées. Ces brins doivent être d’un jaune d'or pur, frais el intacts, ou du moins salis le moins possible à leur extrémité. Ce jaune d’or est des plus fugaces, et un Giseau de Paradis exposé au contact de la lumière du soleil ou même de celle des bougies dans les réunions dansantes, ne tarde point à se décolorer, et la nuance dorée à passer à une teinte blafarde. Les plumassiers et les préparateurs d'histoire naturelle savent, il est vrai, reteindre ces plumes de manière à tromper l'œil même exercé d’un naturaliste, et c’est ce qui fait que ces parures sont rarement fraîches à Paris.

PARADISIER ROUGE. PARADISEA RUBRA (Vicillot.)

Longtemps rare dans les coliections, ce magnifique Paradisier, dont les parures des flancs semblent être teintes par le sang Îe plus vermeil, existe maintenant (1855) dans la plupart des grandes collections et même dans les cabinets de beaucoup de simples amateurs. L'individu qu'a figuré Le Vaillant, et qu'on voit encore au Muséum d'Histoire naturelle de Paris, avait été jusqu'à ces dernières années le seul connu en France; Vieillot lui-même avoue n’en avoir jamais vu que trois; mais, de 1825 à 1852, nous eûmes occasion d'en étudier plusieurs rapportés par nous ou achetés en Angleterre par M. Guy, et principalement une peau d'une rare intégrité conservée dans la collection de M. Longuemarre. Enfin, la seule femelle de Paradisier rouge connue que l'on voit au Muséum d'Histoire naturelle de Paris a été découverte par nous, et se trouve figurée dans l'Atlas zoologique du voyage de la Coquille. (PI. xxvur.)

Les auteurs qui ont déerit cet Giseau si remarquable par sa coloration, bien qu'il soit le reflet complet, quant aux formes, des deux Paradisiers émeraudes, ne sont ni anciens ni nombreux. Valen- Un, Forrest, Sonnerat, n'en ont pas eu connaissance. La première mention paraît être due à Daudin. et date de 1800; elle a été faite sur l'individu de la collection du stathouder, que De Lacépède avait nommé du nom qu'il porte en le déposant sur les tablettes du Musée. Le Vaillant et Vieillot, dans l'histoire de leurs Paradisiers et Oiseaux dorés; Shaw, dans sa Zoologie générale, et Sonnini, dans

Fig

Bouvreuil Durbee.

le Supplément aux OEuvres de Buffon, ont mentionné cette espèce qu'on voit figurer depuis lors dans tous les articles des Dictionnaires d'Histoire naturelle et dans les Traités d'Ornithologie.

Le Paradisier rouge mâle et adulte a 0,33 de longueur totale, du bout du bec à l'extrémité de la queue. Le bec, de la longueur de la tête, est plombé ou blanchâtre, légèrement convexe, fendu presque jusque sous l'œil. Les tarses sont médiocres, bleuâtres. L'iris est jaune. Les plumes du front, jusqu’au milieu de la tête, celles placées entre la commissure et l'œil, sur les joues, les cûtés et le devant du cou, sont d'un vert noir sablé d’or. Ces petites plumes sont veloutées, serrées, émeraudines, et s'ayancent sur la région temporale en dessinant sur la ligne médiane une échancrure. Il en résulte sur les peaux mutilées par les Papous, et dont la partie osseuse de la tête a été enlevée ou brisée, deux sortes de petites huppes produites par le racornissement de la-peau du front et par le soin qu'ont les préparateurs de les faire saillir sur les individus qu'ils fabriquent en collant les plumes sur du liége, ainsi qu'on le voit dans beaucoup de musées. Le derrière de la tête et du cou, le haut de la poitrine et la partie supéricure du dos, sont d'un jaune beurre frais de nuance uniforme et douce, passant au rouge cannelle sur les épaules et sur le dos. Les ailes, le croupion et le ventre, à partir du thorax, sont d'un brun marron luisant foncé. Les parures des flancs se composent de plumes longues de 0",33 à 0",41, effilées, recourbées, à barbes plus serrées que chez les Êmeraudes, d'un rouge luisant et fulgide, du rouge de carmin le plus vif pour les antérieures, tandis que les postérieures ont leur extrémité décolorée et blanchâtre. La queue est médiocre, rectiligne, composée de dix rectrices, sans y comprendre deux brins longs de 0",61, et quelquefois convexes sur un bord, concaves sur l’autre, recoquillés sur eux-mêmes dans leur plus grande étendue, terminés en pointe, mais garnis à leur insertion de barbes rudes et très-courtes. Ces deux filets, d'un brun marron noir, partent du croupion par une insertion commune, et se séparent bientôt pour flotter librement sur les parties latérales de la queue.

Les habitudes de ce rare et admirable Oiseau sont inconnues; sa patrie est l'île de Waigiou. Les Papous des alentours d'Offacknous en donnèrent quelques peaux, et un officier, M. Bérard, lieutenant de vaisseau de la marine, tua une femelle pendant le séjour de la corvette {a Coquille dans ce havre.

Les voyageurs n'avaient donné quelque attention qu'aux mâles des Oiseaux de Paradis. Leurs dépouilles, destinées à servir de parure ou à enrichir les cabinets des curieux, étaient les seules dont on recherchât avec empressement la possession. L'autre sexe, dédaigné, n'était point parvenu en Europe, et Le Vaillant seul fit connaître une femelle du petit Émeraude.

Comme toutes les femelles des Oiseaux de Paradis, celle du Paradisier rouge est sans parures et sans vives couleurs, bien cependant que les teintes qui composent sa livrée soient assez douces pour flatter l'œil et ne pas la faire dédaigner par ceux qu'attire seule la beauté du plumage.

Cette femelle de Paradisier rouge a 0°,355 de longueur totale; dans ces dimensions, la queue entre pour 0,195. Les tarses ont 0",04, et sont garnis de larges scutelles en avant. Les doigts antérieurs sont gradués, moins robustes que le pouce, qui est terminé par un ongle fort et puissant, tandis que les antérieurs sont de moitié plus faibles. Les tarses sont bleus dans l'état de vie, tandis que le bec est plombé, avec une teinte rougeätre. Dans cette espèce, les narines ne sont point recouvertes par les plumes du front; elles sont placées dans une fossette large et basale.

Un masque d’un marron (rès-foncé et d'un aspect soyeux recouvre le front jusqu'au milieu de la tête, descend sur les joues en enveloppant les yeux, et se termine en s'arrondissant au milieu et en devant du cou. L'occiput, le derrière du cou et le devant, au-dessous du masque marron, sont d'un jaune doré plus france sur la tête, et qui se mêle sur le manteau et sur la poitrine avec le marrou qui teint ces parties. Sur le dos, toutefois, apparait une teinte jaune, orangée, brillante, mais peu dessinée. Tout le dessus du corps, le dos, le croupion. les rémiges, les rectrices, sont d’un marron franc à aspect séricéeux. Sur les épaules, le marron est teint de jaune rougetre. Tout le dessous du corps, le haut de la poitrine, les flancs, le bas-ventre, et même les couvertures inférieures, sont d'un marron ou chocolat plus elair que sur le dos, et à aspect velouté. Les ailes sont marron en dedans, ainsi que l'est la queue en dessous. Elles ne s'étendent que jusqu’au tiers supérieur de celle-ci, qui est assez longue, égale, et composée de rectrices peu fermes. (Lessox, Histoire naturelle des Paradisiers.)

Qme GENRE. — SIFILET. PAROTIA. (Vieillot.)

usa, au delà; cu5, w705, oreille.

CARACTLRES GENERIQUES. :

Bec grêle, comprimé sur les côtés, droit, court, peu épais; mandibule supérieure fléchie à l'extrémité, crochue, dentée sur les côtés; mandibule inférieure droite, mince, aiguë à la pointe.

Narines et fosses nasales entièrement recouvertes par les plumes hérissonnées et soyeuses du capistrum.

Ailes amples, s'étendant jusqu'au croupion, composées de deux rémiges terminées en lames de canif, surobtuses; la première rémige très-courte, la deuxième presque aussi longue que la troisième : celle ci et les suivantes arrondies et obtuses à leur sommet, la sixième la plus longue de toutes. j

Queue arrondie, composée de douxe rectrices médiocres, fermes et croites.

Tarses nus, scutellés, médiocres, à pouce plus robuste.

Fig. 69. — Parotia aurea.

Langue?

Six plumes à tiges filiformes, dilatées en palette à leur sommet chez les mâles, et implantées dans la région auriculaire. Les plumes de la huppe, du thorax et du front, gemmacées. Plumes hypocondriales läches, allongées, flexibles, très-épaisses et décomposées. Ÿ

l'emelles sans plumes auriculaires, et à plumage terne. (Lessox.)

Ce genre ne comprend qu'une espèce, dont les dépouilles proviennent des iles de Waigiou et de la Nouvelle-Guinée, appartenant à la Papuasie. Ses mœurs et ses habitudes sont complétement ignorées; c'est le Parotia aurea, dont nous donnons la figure et la description.

Les Sililets se distinguent des vrais Paradisiers par plusieurs caractères : leur bee, plus court que Ja tête, est emplumé jusqu'au milieu; les mandibules sont légèrement inégales; Ja supérieure échancrée à la pointe, l'inférieure pointue et très-légèrement entaillée. La tête est garnie de plumes écail-

leuses roides, formant une sorte de diadème; six brins grêles, minces, filiformes, partent des régions auriculaires, et se terminent en palettes. Les ailes sont concaves, à rémiges arrondies à leur sommet, presque égales, les première et deuxième exceptées, qui sont taillées en lame de canif à leur sommet.

Le Vaillant a placé le Sifilet parmi les Geais; Buffou, ou plutôt Guéneau de Montbeillard, l'a décrit sous le nom de Manucode à six filets, et Sonnerat sous celui de Paradis à gorge d'or. C'est à Vieillot que l’on doit la distinction générique de cet Oiseau et le nom de Parotia. (Lessox.)

SIFILET À GORGE DORKE. PAROTIA AUREA. (Gmelin, Vieillot.}

Le nom de Sifilet a été donné à l'Giseau de Paradis qui nous occupe pour rappeler le trait le plus caractéristique de son organisation, e’est-à dire les six filets minces et grèles qui partent de la région auriculaire, et qui s’élargissent en palettes à leur sommet, relevant ainsi par cet accessoire un plumage noir de velours et une gorge étincelante par le cuivre, le bronze et le vert glacé d'or.

Fig. 70. — Sifilet.

Le Sifilei mâle adulte a de longueur totale 0",53; son bec et ses pieds sont noirs; l'iris est Jaune, la queue légèrement arrondie, formée de rectrices égales, roides, au nombre de douze; les ailes sont un peu concaves, et s'étendent jusqu'après la naissance de la queue; elles se composent de rémiges arrondies, presque égales, excepté les deux premières, qui sont aciculées à leur sommet. Les plumes frontales sont étroites, roides, à peine barbues, et s'étendent sur les narines en formant une sorte de petite huppe comprimée et disposée en brosse: elles sont noires à leur base, puis blanc satiné à leur sommet, ce qui dessine une écharpe d'une nuance gris de perle sur le devant de la tête; les plumes qui recouvrent le crâne s’arrondissent et s’allongent sur l'occiput de manière à former sur celte partie un diadème métallisé. Quelques filets tronqués. avortés, naissent derrière l'œil, mais trois filets grêles, arrondis, inermes, longs de 0,440 à 0,165, partant de chaque joue, se dirigent en arrière, comme des crins, et se terminent par des barbes qui s'épanouissent pour former

TÙ HISTOIRE NATURELLE.

une palette ovalaire. Ces brins et la palette sont noirs. Les plumes de la gorge sont étroites, puis élargies et taillées en un demi-cerele à leur sommet. Ce dernier segment est de couleur d'or à reflets violets irisés en vert sur les bords, et chatoyant avec un éclat des plus vifs, tandis que le reste de la plume est noir velouté; tous ces segments, en s’imbriquant, forment un magnifique plastron écailleux. Les flanes sont garnis de plumes noires épaisses et très-touffues qui se redressent sur les ailes, qu'elles enveloppent et qu’elles cachent. Ces plumes sont arrondies, à barbes lâches et uniformément noires.

Le Sifilet est, excepté la gorge et les deux couronnes de la tête, uniformément d’un noir profond, ayant partout la douceur et la nuance du velours.

Le jeune mâle tient à la fois du mâle adulte et de la femelle. Il ressemble au premier par les longues plumes des flancs; mais toutes ces plumes, soit du ventre, soit des hypocondres, sont, dans leur partie moyenne, d’un fauve clair, rayées en travers de noir comme cela se voit chez la femelle, et se trouvent terminées de noir uni; cependant, les plus allongées des plumes des flancs sont, dans leur entier, noires, comme chez les mâles, tandis que le dos est tapissé ou tacheté de roux vif.

La femelle du Sifilet n’était point connue avant la description publiée dans nos illustrations de zoologie. Elle est aussi venue nous prouver que les femelles des Oiseaux de Paradis ne participaient en rien à l'éclat de leurs époux, et que, revêtues d’une livrée généralement sombre, elles avaient sous ce rapport l'organisation des Oiseaux-Mouches et des Soui-Mangas.

Le bec de la femelle que nous décrivons est noir mat; sa longueur médiocre; ses mandibules sont légèrement comprimées sur les côtés et terminées en pointe : la supérieure a une arète très-vive, légèrement recourbée, finissant en un petit crochet denté sur les côtés; l'inférieure se termine par une pointe redressée; la commissure, légèrement déjetée en bas, est notablement fendue, sans aller cependant jusqu'à l'œil; les fosses nasales, tout à fait situées à la base du bec, sont larges, mais complétement recouvertes par les plumes soyeuses qui s'unissent en devant du front pour former une petite houppette comprimée. Les ailes s'étendent jusqu'au tiers supérieur de la queue; celle-ci est formée de douze rectrices assez rigides, inégales entre elles, c’est-à-dire que les plus externes sont les plus courtes; toutes sont arrondies à leur extrémité, et entièrement d'un brun fuligineux.

Les plumes qui recouvrent le corps sont douces, mollettes et soyeuses; celles qui revêtent la tête sont étroites, très-fournies et serrées, et se projettent sur les côtés de l’occiput en deux petits faisceaux auriculés qui rappellent les deux houppettes des individus mâles. La tête, en dessus, les joues, le dessus et les côtés du cou, sont d'un noir soyeux, peu franc, se dégradant sur le haut du corps et sur le dos pour faire place à un brun fuligineux, puis à un rouge-brun marron qui domine sur le croupion.

À l'angle du bec, on voit un trait fauve émaillé, bordé en dessous par un large trait noir profond; le menton est roux-brun, rayé de noir, puis tout le devant du cou et du thorax est d'un fauve blond, rayé par lignes égales, distantes, noir-brun. La teinte rousse du ventre, des flancs et des couvertures inférieures, est plus vive, et les raies brunes sont aussi plus espacées el moins marquées.

Les plumes de ces parties sont aussi plus mollettes, plus lâches et assez abondantes.

Cette femelle avait 0,36 de longueur totale.

ome GENRE. — LOPHORINE. LOPHORINA. (Vicillot.)

Acwc:, crèle; p:v, nez ou bec.

CARACTÈRES GÉNÉRIQUES

Bec plus court que la tête, comprimé sur les côtés, droit, mince, à arête convexe, étroite, garnie eu (dessous et jusqu'au milieu de plumes allongées; la pointe de la mandibule supérieure fléchie et échancrée: l'inférieure droite et plus courte.

Narines en fissure dans une fosse nasale ovalaire, allongée, vêtues de deux touffes de plumes.

Ailes médiocres, ne dépassant pas le tiers de la queue, subobtuses, La première rémige large et dolabriforme; les troisième et quatrième les plus longues de toutes.

OISEAUX. guil

Queue médiocre, égale, formée de douze rectrices. Tarses nus, scutellés; Le doigt du milieu soudé à l'externe et complétement séparé de l'interne.

Fig. 71. — Lophorina superba.

Les plumes de la partie inférieure de la gorge s'étendent sur le devant du cou et sur le thorax, en s'écartant sur les côtés du ventre, et simulant un ornement disposé en queue d'Hirondelle. Les longues plumes des épaules s’allongent en formant un manteau largement échancré.

Ce genre ne renferme qu'une espèce, presque toujours mutilée dans les collections. Ses mœurs sont complétement ignorées. On dit que Sergiile, à la Nouvelle-Guinée, est l'endroit où les Papous préparent les dépouilles de cet Oiseau; toutefois, nous en avons rencontré à Offack, dans l'ile de Waigiou ct à Doréy, à la Nouvelle Guinée. Nous donnons la figure et la description de cette belle espèce, que distinguent des parures jetées sur le dos en riche manteau de velours, tombant sur la poitrine en un camail d'émeraude.

Le bec est, comme celui des autres Paradisiers, en partie caché par des touffes de petites plumes sétacées qui s'avancent sur les narines. Les plumes qui revêtent la tête sont écailleuses, et celles du devant du cou sont imbriquées et s’allongent de manière à former sur le haut du ventre un ample chevron scintillant. Enfin, les plumes du cou, en arrière, celles du dos et les couvertures alaires, sout développées avec un luxe qui leur permet, en se recourbant, d'envelopper tout le corps comme d'un manteau de velours liséré d’or.

Forrest (Z£., p. 158 de la trad. franç.) est le premier qui ait vaguement décrit la Lophorine, sous le nom de grand Oiseau de Paradis noir, où du moins sa description est une réminiscence du Cinnamolequs et de la Lophorine, et convient même mieux à la première espèce d'Oiseau. Sonnerat a parlé de la Lophorine sous le nom d'Oiseau de Paradis à gorge violette, dit le Superbe; mais nous isnorons ce qui a pu décider ce voyageur à la représenter tenant un petit Oiseau dans ses doigts pour le déchirer à la mauière des Accipitres. Depuis lors, cette espèce a été supérieurement gravée dans les ouvrages de Le Vaillant et de Vicillot. Le Vaillant pense même que la Lophorine a des points de contact avec certains Troupiales, parce que l'arête du bec s'avance entre les plumes du front, et que deux petites touffes distinctes forment sur chaque narine un mince toupet isolé. (Lessons .)

LOPHORINE SUPERBE. LOPHORINA SUPERBA, (Scopoli, Vieillot.)

Un peu plus mince que le Merle de France, la Lophorine superbe a, au plus, 0",922 à 0",95 de longueur totale. Le front est orné de deux petites aigrettes noires déjetées en dehors et implantées sur le bord supérieur des fosses nasales. Les plumes imbriquées du devant du cou et de la poitrine sont comme gaufrées, et brillent de la nuance verte bronzée la plus chatoyante en s'irisant en violet. Les plumes étagées du manteau, qui sont implantées par rang de taille depuis la nuque jusqu'au bas du cou, s'allongent de manière à former sur le corps une ample échancrure, dont les deux pointes sont longues et écartées : ce mantelet est d'un riche noir violet, offrant l’éclat, la nuance, le moelleux et la douceur du velours, et les plumes qui le forment sont obliquement tronquées à leur sommet. Le dos, le croupion, les ailes, les couvertures de la queue et les pennes qui la

composent, sont également noirs, mais avec des reflets violets lorsque les rayons lumineux les frappent obliquement.

La Lophorine, si justement décorée du nom de Superbe, n'est point encore parvenue en Eurone intacte, et on ignore quelle peut être la livrée de la femelle et des jeunes mâles. Forster dit qu'elle vit dans cette partie de la Nouvelle-Guinée nommée Serghile, et que les naturels portent à Salawat ses dépouilles desséchées à la fumée et privées des ailes et des pieds. Forrest ajoute qu'on lui donne le nom de Shag-awa, ou Oiseau de Paradis de Serghile, tandis que les Malais de Tidor la désignent par l’épithète de Soffou-Kokotou, ou Oiseau de Paradis noir. (Lessox.)

Fig. 72. — Lophorine superbe.

4e GENRE. — MANUCODE. CICINNURUS. (Wieillot. }

Ktzwczs, frisé; 022, queue.

CARACTERES GÉNÉRIQUES

Bec gréle, court, conveæe en dessus, légèrement comprimé sur les côtés, recouvert à la base de peites plumes sétacées abondamment fournies : mandibule supérieure très-légèrement échancrée à sa pointe, qui est un peu fléchic; l'inférieure est plus courte que celle-ci, presque droite, el aussi un peu entaillée.

Narines entièrement recouvertes par les plumes frontales.

Ailes courtes, épaisses, subaiguës, à première rémige Lrès-courte; la deuxième plus courte que lu sixième; mais les deuxième et broisième plus longues que toutes les autres; les secondaires presque équles.

Queue très-courte, tronquée, formée de douxe rectrices carrées, dont les deux moyennes sont Lrès-longues, disposées en brins filiformes, sans barbes, excepté à la base, puis au sommet, où elles se recoquillent sur elles-mêmes et d'un seul côté.

T'arses nus, à acrotwrse réticulé : le doigt intermédiaire soudé à la base avec l'externe, et totalement séparé de l'interne : l'ongle du pouce crochu, comprimé, creusé en gouttière en dessous.

Langue médiocre, cartilagineuse, ciliée à la pointe. Les plumes sont décomposées; celles des flancs sont larges, tronquées à leur sommet, et s’allongent sur les épaules en parures.

La seule espèce encore appartient à ce genre, dont le mäle est si remarquable par ses brillantes parures. Nous en donnons la figure et la description.

La seule espèce connue de ce genre vit à la Nouvelle-Guinée d'une manière sédentaire, bien que

Casse-Noix

quelques auteurs la supposent soumise à des migrations régulières, suivant les moussons. Elle vit appariée par couples, se tenant dans les arbres de moyenne taille, où elle se nourrit de fruits. Les naturels des iles d'Arou en placent les dépouilles sur leurs casques dans leurs costumes de cérémonie ou de guerre. Ils wont jamais vu ces Oiseaux nicher dans leur île, et ils disent qu'ils ne se livrent à la reproduction qu'à la Nouvelle Guinée, leur patrie. Ils les prennent avec des lacets faits de gunumaty, où avec la glu qu'ils retirent du succom, ou arbre à pain ordinaire.

Fig. 75. — Cicinnurus Fig. 74, — Cicinnurus. Fig. 75. — Cicinnurus. Le} o Le}

Les Manucodes que nous observämes aux alentours du havre de Doréy, à la Nouvelle-Guinée, y portaient le nom de Saya, dans la langue des Papous. Nous ne les rencontrâmes que par couples solitaires, se tenant sur les branches moyennes des tecks et des figuiers d’amihou, dont ils recherchaient les fruits.

Cet admirable et rare Paradisier mérite bien le nom de Spinturnix ou d'Incendiaire, que Pline, dans son Histoire naturelle, applique à un Oiseau d'espèce inconnue; car le rouge éclatant de son plumage le fait ressembler, lorsqu'il vole, à un charbon étincelant.

Le Manucode a joué de tout temps un rôle dans les croyances superstitieuses des peuples d’origine malaise. Ses dépouilles, portées en panache ou placées sur les arnies des guerriers indiens, devaient empêcher de faillir un jour de combat. De là, le nom de Manou deonata, où Oiseau divin, qu'ils leur conservèrent et qu'ils reçurent des langues tidoriennes. Les premiers voyageurs hollandais firent connaitre en Europe, sous le nom corrompu de Manueodes, les Paradisiers émeraudes, et ee nom, traduit en latin barbare par Cardan, a été exclusivement transporté par les auteurs modernes à l’espèce qui nous occupe. Les récits exagérés, consignés dans Ausius, ne peuvent plus intéresser que ceux qui aiment les recherches historiques. Certes, le Manucode ne mérite point le titre pompeux de Roi des Oiseaux de Paradis, que lui conservent les naturalistes sans y attacher d'importance, et que lui donnaient, au dire des vieux auteurs, les insulaires qui en vendaient les dépouilles. Suivant eux, le Manucode volait toujours en tête des troupes formées par les Émeraudes lorsqu'ils émigrent d'uneile dans uneautre, etc’était lui qui, chargé de la conservation de la bande, allait goûter l'eau des fontaines placées sur la route, et que les Papous empoisonnent pour obtenir par cette chasse facile un grand nombre de Paradisiers, dont ils convoitent les plumes avec tant d'avidité. Mais ces récits, propagés dans des temps d'ignorance, tombent d'eux-mêmes, et certes les Manucodes, s'ils émigrent, ce qui est incertain, émigrent seuls, ne recherchent point la compagnie des Émeraudes, etil est plus que douteux que les insulaires empoisonnent les eaux où ils vont boire pour se les procurer.

M. Valenciennes, dans son Catalogue de nos collections présenté à l'Institut, avait pris cette femelle pour un Giseau du genre Merle (Turdus). (LEssox.)

Peut-être qu'au lieu de tirer, comme les indigènes, de quelques circonstances particulières les inductions étranges qui viennent d'être rapportées, et au lieu de les traiter purement et simplement

de fables grossières, ainsi que le fait Lesson, doit-on considérer ces faits à la manière de Le Vaillant, qui s'exprime à ce sujet, dans son article Manucode, de la façon suivante :

Nous savons déjà, dit-il, que cette espèce vit en troupe, ce que prouve irrésistiblement le nom de Roi des Oiseaux de Paradis que lui ont donné les naturels du pays qu'elle habite, sans cependant qu'il y ait dans cette prétendue royauté autre chose de réel pour le Manucode que d'en illustrer l'origine; car la même chose a lien à l'égard de tous les Oiseaux qui vivent en troupes, c'est-à-dire qu'il arrive souvent qu'un de ces Oiseaux s'étant écarté de sa bande par des causes quelconques, et ne la retrouvant plus, se réunit à celle d’une autre espèce, et que, voyageant avec elle toute une saison, il y reste attaché, lors surtout qu'il se trouve transporté dans un pays où dans un canton ordinairement inhabité par les siens. Geci explique naturellement comment il se fait qu’il arrive tout à coup dansun pays des Oiseaux qu'on n°y avait jamais vus: c'est ainsi qu'en 1804 on vit arriver au Jardin des Plantes, parmi d'autres Oiseaux, une petite troupe de Becs-Croisés qu’on sait ne point se trouver ordinairement dans ce pays-ci. Or, ces sortes de nouveaux venus dans un pays avec une bande d’une espèce qui n’est pas la leur ont, pour l'ordinaire, des habitudes, des mœurs, une manière de se nourrir, le vol, et surtout les allures différentes de ceux de leurs compagnons; ils ne peuvent done participer à toutes les actions de ces derniers; ils conservent même toujours au milieu d'eux un air étranger, et se tiennent toujours un peu à l'écart de la bande, ce qui les fait paraitre en effet la commander et en diriger les actions : de là, la dénomination vulgaire de Roi de tels ou tels Oiseaux, parmi lesquels se trouvent ces étrangers à l'espèce à laquelle ils se sont réunis après avoir perdu leur propre bande. C’est encore ainsi que j'ai vu, l’année dernière (1805), aux environs de Sézanne, dans la Brie, nommer Roi des Étourneaux une Litorne qui se trouvait seule dans une troupe de ces Oiseaux qu'elle avait effectivement l'air de présider, ne pouvant les suivre dans leur vol, ni en imiter les évolutions tournoyantes. Aux environs du cap de Bonne-Espérance, la Veuve- Dominicaine (dont l'espèce vit en troupe comme celle des Bengalis ou des Sénégalis qui y sont de passage, et qu'on y nomme indistinctement Becs-Rouges) ne porte pas d'autre nom que celui de Roi des Becs-Rouges; c'est qu'après avoir perdu sa bande, et s'être associée à quelque troupe de Bengalis ou de Sénégalis, telle de ces petites Veuves arrive aux environs du Cap avec ces derniers, sur lesquels les irrégularités de son vol, causées par l'extrême longueur de sa queue, ses allures particulières, les couleurs et les attributs propres de son espèce, lui donnent cet air de supériorité dont nous avons parlé plus haut. Il est donc très-probable que le Manucode se trouve quelquefois, et par les mêmes raisons, voyageant avec des bandes de l'espèce de l'Oiseau de Paradis émeraude, dont on le fait roi; mais que ses titres à cette qualité ne sont pas mieux fondés que ceux de la Litorne et de la Veuve-Dominicaine et de tant d’autres. Ceci prouve au surplus que l'espèce de l'Oiseau de Paradis émeraude vit en troupe aussi bien que celle du Manucode; car ces sortes d’associations d’un Oiseau à la bande d'une espèce à laquelle il est étranger ne sauraient avoir lieu qu'entre espèces vivant ainsi. Cela prouverait encore, ce me semble, que le Manucode ne se trouve pas communément dans les cantons de la Nouvelle-Guinée qu'habite le Paradis émeraude; car, s'il se trouvait dans ces contrées des bandes de cette espèce, il est certain que ceux de ces individus qui y arrivent avec des bandes étrangères s’y réuniraient bientôt aux leurs propres, et n’y recevraient par conséquent pas le nom de Rois d’autres espèces. (Histoire naturelle des Oiseaux de Paradis.)

MANUCODE ROYAL. CICINNURUS REGIA. (Linné, Vieillot.)

Le mäle adulte a 0,18 de longueur totale, les brins de la queue non compris. La tête est forte, et son bec médiocre et jaunâtre; sa langue est ciliée, l'iris est brun, et les tarses sont bleu-azur clair. Une tache noire se dessine à l'angle interne de l'œil, et les narines sont entièrement recouvertes par les plumes veloutées et serrées qui s’avancent jusqu’à fa moitié de la mandibule supérieure. Les ailes sont amples, et dépassent dans l'état de repos (0,19) la queue. Celle-ci est trèscourte (un peu plus de 0",04), formée de dix rectrices égales et de deux brins; ces derniers tiennent donc la place des deux rectrices médianes, et apparaissent sous forme de deux tiges grèles ou eriniformes, entièrement nues, se prolongeant au delà de la queue, se recourbant en dehors en s’éva-

sant avec grâce (elles ne s’entre-croisent jamais dans l'état de vie), de manière à s'épanouir à leur terminaison, ou, en d’autres termes, à se garnir en dehors seulement de barbes assez longues qui, contournées, forment un disque vide au centre, ou un demi-cercle enrounlé ayant l'éclat et le jeu de l'émeraude. On compte aussi une vingtaine de plumes cubalaires dont les premières, fort courtes, ont de larges barbes.

Les plumes qui revêtent les narines et le front sont d’un orangé qui passe au rouge, mais qui devient d’un pourpre éclatant et des plus fulgides sur le cou, les parties supérieures, les rémiges et même les rectrices. Le devant du cou est de ce même rouge, teinté de mordoré et parfois de brunâtre sur les côtés. Les nuances de ces diverses parties ont aussi bien l’aspect du velours que son toucher moelleux et doux. Une large écharpe d’un vert métallique traverse la poitrine, et tranche sur le blanc neigeux de tout le dessous du corps. Sur chaque flanc, au-dessous de l'aile, naissent des plumes longuettes, droites, coupées carrément à leur sommet, et grises dans leur plus grande étendue, et que rendent remarquables deux bandelettes étroites, l’une blanche, l'autre roux vif, puis une plus large occupant toute l'extrémité, et d’un vert émeraude des plus éclatants. Les rémiges sont jaunes en dedans, et les rectrices brunâtres en dessus.

Fig. 76. — Manucode royal.

Le jeune âge doit tenir de la femelle dans ses deux premières années, du mâle dans la troisième. Le Vaillant a regardé comme un jeune âge un individu ayant son écharpe thoracique jaune, le ventre mélangé de grisätre et de brun.

Si le Manucode mâle est sans contredit un des plus brillants Oiseaux de Paradis, sa femelle, jusqu'à ces derniers temps ignorée, découverte par nous dans les vastes forêts de la Nouvelle-Guinée, est venue fournir un nouvel exemple de l'identité de création qui a présidé chez tous les divers membres de Ja famille à la répartition de leurs attributs corporels. La femelle du Manucode est donc, comme celle des Paradisiers émeraudes, rouges, Sifilets, ou des Épimaques à livrée terne, bariolée de roux, de brun et de bistre. Cette femelle a 0,18 de longueur totale. Son bec, de couleur roussâtre, est légèrement comprimé sur les côtés et élargi à la base. Les plumes du front s’avancent sur les fosses nasales, et dérobent les narines. Les ailes s'étendent jusqu’au milieu de la queue; elles sont concaves, et composées de rémiges assez larges. Les rectrices, au nombre de douze, sont égales, arrondies à leur extrémité, et peu consistantes. Les tarses sont longs de 0,05, garnis de scutelles très-minces, peu apparentes. Les doigts antérieurs, gradués, sont plus faibles que le pouce, dont l'ongle est robuste. Les pieds sont en entier colorés en bleu de ciel tendre dans la vie. Tout le plumage de cet Üiseau est un marron brun sale et jaunâtre, disposé de la manière qui suit : la tête, le dos, les couvertures des ailes et le croupion, sont d'un brun roux foncé uniforme. Les moyennes

couvertures des ailes et les rémiges sont d'un roux ocreux vif, se changeant en brun sur les barbes internes de ces dernières. La queue, en dessus, est d'un roux brun à teinte égale, et d’un brun jaune clair en dessous. Les joues et les côtés du cou sont roux-brun tachgté de jaune roux. Liris est brun, tout le dessus du corps, depuis la gorge jusqu'aux couvertures inférieures de la queue, est d'un jaune roux finement rayé de brunâtre par raies rapprochées et régulières.

Cette femelle n’a point d'éclat, n'a point de parures; sa queue est régulière; en un mot, elle ressemble à un Oiseau obscur, s’il ne s’attachait pas à sa connaissance le haut intérêt que la beauté et la rareté du mâle inspirent aux ornithologistes.

M. Roland, le maitre canonnier de la corvette la Coquille, dans son voyage autour du monde, qui nous 2 rendu tant de services par son adresse à la chasse, tua le mâle et la femelle des Manucodes qui enrichissent en ce moment le Muséum d'Histoire naturelle de Paris. (Lessox.)

5me GENRE. — DIPHYLLODE, DIPHY LLODES. (Lesson.)

Au, deux; œvx2sv, fouille, brin.

CARACTÈRES GÉNÉRIQUES

Bec plus court que la tête, à arète légèrement arrondie, comprimée sur les côtés, pointu; mandibule inférieure mince, droite, plus courte que la supérieure; l'une et l'autre légèrement entaillée à la pointe.

Narines entièrement cachées par les plumes courtes, serrées et veloutées du front.

Ailes courtes, pointues, subaiguës; la première rémige la plus courte, les autres atteignant la naissance de la queue.

Queue brève, carrée, formée de douze rectrices, dont dix rectilignes à leur sommet, les deux «autres moyennes très-lonques, recourbées, réduites à une tige amincie et filiforme au sommet, qarnies de barbes rudimentaires sur leur bord externe .

T'arses médiocres, scutellés.

Plumes du cou, sur les épaules, droites, imbriquées, régulièrement recouvertes en tuiles; celles du devant du cou en ligne droite, disposées en mosaique. (Lesson.)

A l'époque où Lesson écrivait son Histoire des Paradisiers, il n'existait qu'une seule espèce de ce genre, dont le mâle seul fut connu. Depuis, et tout récemment, en 4850, M. Ch. Bonaparte en a décrit une seconde espèce, qu'il a dédiée à l’idée abstraite de République, sous le nom de Diphyllodes respublica.

La première espèce, type du genre, la seule espèce connue jusqu'à ces derniers temps sous le nom de Magnifique ou de Manucode à bouquets (dont nous donnons la figure et la description), se rapproche plus du vrai Manucode que de tout autre genre de Paradisiers. Comme chez le premier, le bec, plus court que la tête, est comprimé sur les côtés, ayant les fosses nasales abondamment revètues de plumes courtes, serrées et veloutées. Comme chez le Manucode male, les deux rectrices moyennes s’allongent en deux longs brins recourbés, mais avec cette différence que ces deux brins se terminent en pointe, et se trouvent garnis de fines barbules sur leur bord externe. Ce qui caractérise assez nettement le Diphyllode, ce sont les plumes allongées et imbriquées du manteau, les plumes en pavé du devant du corps, et les ailes moins longues que la queue, bien que celle-ci soit courte; ailes moins amples, plus pointues, que celles des Manucodes. Les flanes n’ont point non plus les parures de ces derniers.

Le Diphyllode, que Guéneau de Mohtbeillard a nommé, le premier, Manucode à bouquets, par rapport aux plumes rangées en faisceau derrière le cou, paraît être identique avec le Paradis huppé ou Manucodiata cirrhata, qu'Aldrovande à décrit d'après des peaux évidemment falsifiées par les préparateurs, et dont quelques auteurs ont fait à tort une deuxième espèce. (LEssox.)

Gobe-Mouche de Bonaparte

[QEMIE

DIPHYLLODE MAGNIFIQUE ou MANUGODE À BOUQUETS. (Guéneau de Montheillard). DIPHYLLODES MAGNIFICA.

(Scopoli, Lesson.)

Les deux bouquets dont j'ai fait le caractère distinctif de cet Oiseau se trouvent derrière le cou et à sa naissance. Le premier est composé de plusieurs plumes étroites, de couleur jaunâtre, marquées près de la pointe d’une petite tache noire, et qui, au lieu d’être couchées comme à l'ordinaire, se relèvent sur leur base, les plus proches de la tête jusqu’à l'angle droit, et les suivantes de moins en moins.

Fig. 77. — Diphyllode magnifique.

Au-dessous de ce premier bouquet, on en voit un second plus considérable, mais moins relevé et plus incliné en arrière. Il est formé de longues barbes détachées qui naissent de tuyaux fort courts. et dont quinze ou vingt (selon Le Vaillant, plus de cent) se réunissent ensemble pour former des espèces de plumes couleur de paille. Ces plumes semblent avoir été coupées carrément par le bout, et font des angles plus ou moins aigus avec le plan des épaules.

Ce second bouquet est accompagné, de droite et de gauche, de plumes ordinaires, variées de brun et d’orangé, et il est terminé en arrière, je veux dire du côté du dos, par une tache d’un brun rougeàtre et luisant, de forme triangulaire, dont la pointe ou le sommet est tourné vers la queue, et dont les plumes sont décomposées comme celles du second bouquet.

Un autre trait caractéristique de cet Oiseau, ce sont les deux filets de la queue; ils sont longs d’environ un pied (0",35,) larges d’une ligne, d’un bleu changeant en vert éclatant, et prenant naissance au-dessus du croupion. Dans tout cela, ils ressemblent fort aux filets du genre précédent; mais

ils en différent par leur forme, car ils se terminent en pointe, et n'ont de barbes que sur la partie moyenne du côté intérieur seulement.

Le milieu du cou et de la poitrine est marqué, depuis la gorge, par une suite de petites lignes transversales qui sont alternativement d'un beau vert clair changeant en bleu, et d'un vert canard foncé.

Le brun est la couleur dominante du bas-ventre, du eroupion et de la queue; le jaune roussätre est celle des pennes des ailes et de leurs couvertures; mais les pennes ont de plus une tache brune à leur extrémité.

Au reste, cet Oiseau est un peu plus gros que celui dont nous venons de parler à l’article précédent; il a le bec de même, et les plumes du front s'étendent sur les narines, qu’elles recouvrent en partie.

Les plumes de la tête sont courtes, droites, serrées, et fort douces au toucher; c'est une espèce de velours de couleur changeante, comme dans presque tous les Oiseaux de Paradis, et le fond de cette couleur est un mordoré brun; la gorge est aussi revêtue de plumes veloutées; mais celles-ci sont noires, avec des reflets vert doré. (Guéneiu pe Monrreeicrann.)

Longueur totale, 0®,19 à 0",20.

Le bec est brunâtre à la base, et jaune à la pointe. Les tarses et les pieds, desséchés, paraissent avoir été à teinte cornée ou jaunätre.

Les Papous du havre de Doréy nous vendirent une dépouille de Magnifique en mauvais état. Ce fat la seule que nous observämes durant notre séjour sur ce point du globe. Les auteurs s'accordent tous à donner pour patrie à cette espèce la Nouvelle-Guinée.

Le Vaillant, dans la planche x de ses Oiseaux de Paradis, à fait figurer un individu qu'il regarde comme un jeune âge, et cet ornithologiste suppose avec juste raison que la femelle doit avoir une livrée terne et bariolée. Il va même jusqu'à dire le plamage brun en dessus, gris rayé de noir en dessous, avec les ailes roussâtres. Certes, cette femelle doit être, comme toutes celles que nous connaissons, privée des parures des mäies, des brins de la queue, et peinte de roussâtre, avec des traits en zigzags bruns sous le corps. (Lrssox )

QUATRIÈME FAMILLE. — ÉPIMACHINES.

Nous réunissons sous le nom d'Epimachinés un petit groupe d'Oiseaux qui nous parait très-naturel, et que tous les auteurs indistinctement semblent, pendant iongtemps, n'avoir point compris, car on ne peut se dissimuler les fluctuations sans nombre dont il a été l’objet.

C'est avec les Huppes et les Promérops que les anciens naturalistes rangeaient la seule espèce connue par eux; et, bien que Le Vaillant, Cuvier, Vieillot et Temminck aient eu sous les yeux les autres Épimaques, on voit ces auteurs les placer loin des Oiseaux de Paradis dans les coupes purement artificielles de leurs méthodes. C'est ainsi que Cuvier les maintient dans ses Passereaux ténuirostres où Huppes; Vieillot, dans ses Sylvains épopsides; Temminck, dans ses Anisodactyles, ete. ( LESsox.)

Lesson lui-même, dans son Traité d'Ornithologie (1831), avait sacrifié aux idées reçues, bien que depuis (1839) il eût reconnu que cette famille des Épimaques tenait de près à celle des Paradisiers, et qu'elle devait être un lien intermédiaire entre les Coraces et les vrais Méliphagidés, ou cette famille qu'il avait nommée, dans son Manuel (1898), Philédonés.

C'est Swainson d'abord, puis d’après lui M. De La Fresnaye, qui, l'un en 1897, l'autre en 1853, et depuis en 1847 (cv. x0ol.), retrouvant très-prononcés chez les Épimaques, l'un le carac-

tère pénicillé de la langue, l’autre jes caractères de doigts robustes, armés d'ongles forts et arqués et d'un pouce vigoureux, considérèrent ces caractères comme un indice non douteux que ces Oiseaux devaient être aussi du nombre des Méliphages. Aussi le naturaliste anglais fit-il de son genre Ptiloris le passage de ces derniers aux Paradisiers. « Is ont en effet, ajoutait l'ornithologiste français (les espèces à queue courte principalement, tel que l'Épimaque royal de la Nouvelle-Hollande), tous le faciès des Soui-Mangas, et n’ont nul rapport avec les Huppes à pieds d'Alouette, près desquelles on les avait placés à cause de leur bec grêle et arqué. Mais on sait combien la forme du bec peut induire en erreur, si on l’employait seule comme moyen de classification; car, dans le genre Picucule, par exemple, une espèce se fait remarquer par un bec de Promérops, et une autre par un bec de Fauvette, une autre enfin par un bec de Sittelle, ete. » (Magas. de Zool., 1833.)

Ce qui est remarquable dans les idées de Swainson et de M. De La Fresnaye, c'est qu'à l'époque où elles ont été émises par ces savants on ne possédait aucun détail, ni sur la conformation de la langue chez les Épimachinés, notamment chez les Ptiloris, ni sur leurs mœurs.

Maloré ces exemples; il est curieux de voir M. Gray, fidèle en cela aux données de Cuvier, dont il a en général adopté les grandes divisions tirées de la forme du bec, laisser encore les Épimaques dans ses Upupidés.

M. Ch. Bonaparte, plus logique et mieux inspiré, en a fait une famille intermédiaire entre celle de ses Irrisoridés et celle de ses Paradiséidés.

On conçoit en effet qu'un caractère purement artificiel comme celui du bec ne doit pas suffire seul pour diriger les vues d'un classificateur, mais qu'il est nécessaire d'adjoindre à cette diagnose ceux naturels tirés de la forme des ailes et surtout des pattes, organes locomoteurs par excellence (Lessox), et nous ajouterons ceux tirés de la forme de la langue, indice non trompeur des habitudes et des mœurs.

Les Épimaques ne différent donc des vrais Paradisiers que par un plus grand allongement du bee, qui s’amincit et se recourbe; mais, comme aux Paradisiers, les plumes veloutées du front s’avancent sur les narines. Les mandibules sont dentées à leur pointe, et leur commissure ample s’étend jusque sous l'œil. Les pieds sont forts, avec de larges scutelles sur l’acrotarse, et ont un pouce notablement robuste. Les ailes dépassent légèrement le croupion, et leurs premières rémiges sont taillées en lames d'épée, tandis que les suivantes sont larges et obtuses à leur sommet.

Les mâles sont vêtus d'une splendide livrée : celle des femelles est terne, ondée de brunâtre sur un fond roussâtre; les jeunes tiennent à la fois de leurs père et mère.

Toutes les espèces, à l'exception de l'Épimaque royal, qui habite la Nouvelle-Galles du Sud, sont de la Nouvelle-Guinée. (Lessox.)

Lesson composait cette famille de quatre genres :

41° Puloris (Puloris), Swainson,

2 Épimaque (Epimachus), Guvier;

3° Falcinelle (Seleucidis), Lesson;

4° Canéliphage (Cinmmamolequs), Lesson.

M. G. R. Gray ne fait entrer dans la sienne que deux genres :

1° Epimachus, se composant de tous les types des genres qui précèdent; 2° Neomorpha! Gould.

Nous nous rangeons au sentiment de Lesson, partagé par M. Ch. Bonaparte, sans adopter toutefois la substitution faite par ce dernier naturaliste du nom d'Epimachus, Cuvier, à celui de Cinnamolequs, et celui de Craspedophora, Gray, à celui d'Epimachus, Lesson, ce qui constitue nos Épimachinés de la manière suivante :

1° Seleucides;

20 Puloris:

3° Epinachus; 4° Cinnamolequs.

Les Epimachinés relient parfaitement les Paradiséidés aux Irrisoridés.

1 GENRE. — FALCINELLE. SÉLEUCIDE ou SELEUCIDIS. (Lesson.)

Nom donné par les anciens à un Oiseau d'espèce inconnue.

CARACTÈRES GÉNÉRIQUES

Bec plus long que la tête, presque droit, à bords lisses, comprimé sur les côtés, à conumissure ample, fendu jusque sous les yeux; la mandibule supérieure presque droite, terminée en pointe recourbée, dentée sur les bords, à arête lisse et entamant les plumes du front; l'inférieure mince et droite.

Fig. 78. — Falcinella.

Narines oblonques, triangulaires, en partie cachées par les plumes veloutées du front, et ouvertes dans un sillon latéral.

Ailes médiocres, s'étendant jusqu'au croupion, surobtuses; la première rémige la plus courte, les troisième, quatrième et cinquième les plus longues de toutes.

Fig. 79. - Falcinella.

Queue courte, subrectiligne on échancrée, composée de douxe rectrices à peu près égales. T'arses médiocres, forts, dentelés, à doigt intermédiaire soudé à l'externe à la base; le pouce robuste et long; tous les doigts armés d'ongles recourbés, acérés; comprimés latéralement.

Le genre Séleucide, tel que nous le concevons, ne comprend ainsi qu'une espèce, remarquable par l'éclat extraordinaire de ses parures. Get Oiseau, que quelques auteurs, et Cuvier entre autres, ont nommé Paradisier à douxe filets, à ses parures des flancs terminées au contraire chacune par un filet, de sorte que le nom de Multifil qu'on lui a appliqué lui convient parfaitement.

Les Séleucides se distinguent des Ptiloris et des Épimaques parce qu'ils n'ont point de plumes éeailleuses ni sur la tête ni sur le cou. Leur bec est aussi plus droit, bien qu'il ne diffère en rien d'essentiel. Les plumes des flancs, chez les mâles, s’allongent beaucoup, sont très-touffues, trèslâches, et terminées par des brins criniformes, cadues, et en nombre très-irrégulier, parfois considérable, le plus souvent restreint; ces brins doivent en effet se briser à mesure que l'Üiseau ac-

Fringille pourpré.

Pl

quiert de l'âge, car ils ne sont que le prolongement du rachis des plumes costales amplement développées. (LES50N.)

Les mœurs et les habitudes de cet admirable Oiseau, dont nous donnons la figure ei la descrip- ‘tion, sont inconnues. On sait seulement qu'il vit à la Nouvelle-Guinée, car ses dépouilles arrivent en Europe par la voie des Hollandais, qui les achètent dans les Moluques aux trafiquants malais.

SÉLEUCIDE MULTIFIL. SELEUCIDIS ALBA. (Blumenbach, Ch. Bonaparte

Ce magnifique Oiseau a 28 pouces de longueur totale; le bec et les pieds noirs; les plumes veloutées du front s'avancent jusque sous les narines; la queue, courte, presque rectiligne, a ses rectrices roides, d’un violet noir, avec quelques ondes transversales brunâtres. La tête, le cou, le manteau et la poitrine, sont d'un noir velouté des plus riches, avec des teintes brillantes purpurines et

Fis SO — Falcinelle multitil

violettes qui étincellent suivant la direction des rayons lumineux. Les plumes du bas du thorax prennent de l'ampleur, s'élargissent et dessinent une sorte de camail ample. Elles sont délicatement frangées d’émeraude sur leur pourtour. Le bas du dos, le croupion, le ventre et les couvertures des jambes et de la queue, sont d'un blanc neigeux. On remarque quelques plumes sur les côtés ayant une teinte verte, avec des reflets bleu d'acier bruni. Les plumes des flancs, ou subalaires. sont assez semblables à celles des Paradisiers émeraudes; elles sont élargies, décomposées, à barbes flottantes d'un jaune tendre où parfois orangé qui s’efface aisément, et auquel succède un blane mat. Ces plumes ont toutes un rachis un peu roide, terminé, chez les plus fortes et les plus proches 0ÿ 11

des ailes, par des brins en forme de crins, longs de 0,22 à 0",928, entièrement nus et flexueux. Les couvertures de la queue, en dessus comme en dessous, sont d’un beau noir brillant. La femelle du Multifil est inconnue.

Que GENRE. — PTILORIS. PTILORIS. (Swainson.)

Par contraction de 77207, penne, et cpvË, creusé en forme de faux ou de pioche

CARACTÈRES GÉNÉRIQUES

Bec plus long que la tête, comprimé sur les côtés, légèrement arqué, pointu, à commissure s'ouvrant jusque sous l'œil, sans échancrure à la pointe.

Narines en partie cachées par les plumes écailleuses (et non veloutées) du front.

Ailes courtes, concaves, s'étendant jusqu'au croupion, surobtuses, à première et deuxième rémiges étroites, courtes, pointues; les suivantes arrondies; la première la plus courte, les cinquième, sixième et septième, égales, les plus longues.

Queue médiocre, arrondie, formée de douxe rectrices circulaires à leur sommet, qui est mucroné.

Tarses médiocres, scutellés, de la longueur du doigt médian, terminés par trois doigts, dont celui-ci est le plus long, et se trouve soudé à la base avec l'interne : pouce robuste, puissant, égal avec son ongle, quiest le double de celui du doigt médian, à la longueur du tarse; tous les doigs, du reste, armés d'ongles recourbés, acérés, comprimés, mais grêles

Fig, 81. — Priloris Fig. 82 — Ptiloris.

Langue fibreuse et en pinceau, comme celle des Méliphaginés. Plumes des flancs larges, lâches, arrondies, comme écailleuses et frangées sur leurs bords. Plumage des mâles séricéeux, avec des plumes métallisées, écailleuses; celui des femelles roussätre, grivelé et sans éclat.

Ce genre renferme aujourd'hui trois espèces, dont une de l'Australie, et deux de la Nouvelle-Guinée. Nous citerons le Ptiloris, dédié par M. Gould à la reine d'Angleterre sous le nom de Ptiloris Victoriæ. (A848.)

Pendant longtemps, on a été sans aucun renseignement sur les habitudes des Oiseaux de ce genre.

Pour la première fois, M. Gould, dans la vingt-septième livraison de son grand ouvrage sur les

CE

Oiseaux d'Australie, parue en 1847, donne en ces termes quelques détails de mœurs qui viennent à l'appui des prévisions de Swainson, de M. De La Fresnaye et de Lesson sur le Ptiloris Paradisœus :

« J'ai été informé, dit:l, par plusieurs personnes qui ont observé cet Oiseau dans son pays natal, le sud-est de l'Australie, qu'il a plusieurs des habitudes des Climacteris (Echelets, Tem.), et qu'il escalade comme eux les troncs verticaux des arbres. Je n’ai pu me convainvre par moi-même de cette particularité, mais, en observant la conformation de cet Oiseau, il m'a paru qu'il offrait plus d’ana- Jlogie avec ce genre qu'avec tout autre. D'après la brièveté et la troncature de ses ailes, l’action du vol doit être très-limitée chez lui, et restreinte probablement au trajet d'un arbre à l'autre ou d’une partie de la forêt qu’il habite à une autre partie de la forêt. »

C'est en conséquence de ces renseignements que M. Gould à dessiné sur la planche où il en a donné la figure trois individus de cette espèce à l'extrémité d’un tronc desséché; un mâle est représenté se tenant cramponné verticalement le long du tronc à la manière des Pics, et la femelle apparait à l’orifice de cet arbre creux, ayant toute la partie postérieure du corps cachée dans son intérieur, position naturelle à tous les Oiseaux grimpeurs qui se réfugient dans l'intérieur des arbres creux.

Grâce aux investigations de J. Verreaux, qui a eu occasion de voir et d'observer ce Ptiloris par lui-même, nous pouvons aujourd'hui compléter ces renseignements, surtout quant à la conformation de la langue.

Quoique cet Oiseau, dit-il, soit modelé sur des formes plus volumineuses que les Climactéris de l'Australie, cette espèce parait avoir tant de similitude avec ces dernières, qu'il faudrait, suivant moi, en faire un rapprochement intime. Ainsi, comme les espèces du genre Climactéris, notre bel Oiseau se tient souvent sur le corps des arbres énormes qui couvrent une grande partie de ce sol encore si peu connu sous le rapport scientifique. Cependant, quoique cette espèce soit principalement insectivore, il est bon de dire qu'à certaines époques de l’année elle émigre des ravins qui lui sont favoris pour se réfugier dans ces immenses forêts, et y chercher les baies de diverses espèces de végétaux, tant de lianes que d'arbres. Son bec long et acéré paraissant peu propice à ce mode de nourriture, nous devons dire et affirmer que ce fait n'est qu'accidentel, et qu'il n’a lieu que lorsque ces baies sont déjà attaquées par les divers Insectes qui détruisent ces graines, souvent même avant leur maturité. Cet Oiseau, comme je l'ai observé, ne se perche que rarement, et se voit le plus ordinairement sur les arbres ou sur les grosses branches. cherchant les larves et les Insectes mous qui leur sont le plus convenables (car, bien qu'en Australie les écorces ne soient pas ni aussi lâches, ni aussi molles qu'en Tasmanie, on y rencontre souvent d'énornes quantités de larves, principalement de Diptères) : beaucoup de Punaises et même de Cigales. Ce fait m'a été confirmé par l'ouverture de l'estomac. Quant aux formes massives de cette espèce, elles sont très-appropriées à son genre de vie. Aussi l'inspection seule des tarses et des longs doigts nous suffit-elle pour supposer avec juste vérité qu'elle représente. en Australie, nos Grimpereaux de muraille, comme les représentent également les Climactéris, qui ne se servent pas plus de leur queue que ne le font ces derniers. Je dois également dire que la langue de cet Oiseau est fibreuse comme celle des Méliphages. J'ai observé qu'il était rare de voir plus d’un couple ensemble, volant d'un arbre à l’autre, montant et descendant absolument comme ces derniers, et, comme eux, courant assez souvent sur le sol pour y rechercher les larves détachées de l'endroit déjà fouillé. Les jeunes de l’année se retrouvent, comme dans beaucoup d’autres espèces, en assez grand nombre. (Notes mss. de Zool. tasm. et austr.)

J. Verreaux a également observé que le passage de la livrée du jeune âge à l’âge adulte s'opère sans ce qu'on appelle l'intervention de la mue, c’est-à-dire sans la chute des plumes, et par la coloration progressive de chacune d'elles, comme chez les Soui-Mangas.

PTILORIS PARADIS. PTILORIS PARADISÆUS (Shaw, Swainson.)

Le Ptüloris paradisier mâle a de 0",280 à 0,305 de longueur totale, et le bec entre pour 0",04 dans cette dimension, en le mesurant depuis les plumes du front jusqu'à la pointe; car il est largement

fendu, et sa commissure avance jusque sous les veux. La couleur du bec, celle des tarses et des ongles, est un noir mat. La queue est élargie, presque rectiligne, et composée de dix rectrices. Les ailes sont moyennes, concaves, la première rémige très-courte, la deuxième plus longue, les cinquième, sixième, septième et huitième, presque égales et les plus longues de toutes.

Fig. 85. — Ptüloris paradis

Le dessus de la tête est revêtu de plumes écailleuses d'un vert bleuâtre d'acier irisé : une cravate triangulaire occupe le devant du cou et de la gorge, en formant un plastron de plumes écailleuses brillantes, et jouissant de tout l'éclat de l'émeraude, en prenant sous les rayons lumineux divers reflets chatoyants et métallisés. Ces plumes sont triangulaires, colorées en vert olive mat, et comme frangées sur les bords, tandis que leur portion moyenne est à facettes qui resplendissent. Les plumes du dos, des ailes, ont la douceur du velours, et leur couleur noire intense en offre l'aspect et la nature séricéeuse sous un certain jour, tandis que, différemment éclairées, elles prennent les teintes les plus suaves du velours noir ponceau passant au riche violet; des plumes comme écailleuses recouvrent aussi l'abdomen; elles sont plus fermes que celles du cou et de l’occiput, noires, séricéeuses au centre, et frangées de cuivre rosette et d'acier chatoyant.

La queue est courte, presque rectiligne, et les rectrices sont d’un vert doré uniforme en dessus. Les tarses sont noirs, garnis de scutelles en avant et d’aréoles réticulées en arrière; les ongles des trois doigts antérieurs sont très-robustes, très-crochus, comprimés sur les côtés et concaves en dessous; celui du pouce est le plus puissant.

Le bec, légèrement fléchi dans sa longueur, est très-comprimé sur ses bords, et la commissure se déjette un peu en se recourbant en dessous; les narines sont percées dans une membrane située sur une fossette que les plumes du front recouvrent en partie.

La femelle a 0",29 de longueur totale. La queue entre pour 0w,10 dans cette dimension, et dépasse les ailes de 0,05.

Les plumes qui recouvrent la tête, depuis le front jusqu'à l’occiput et les joues, sont d’un gris brun, et chaque très-petite plume est rayée en long d'un trait blanc. Un sourcil blanchâtre assez large se dessine derrière les yeux. Les petites plumes du tour des yeux, du rebord de la mandibule inférieure, et celles des jugulaires, sont blanchâtres, teintées de roux vif. Le dos, les couvertures des ailes, le croupion, sont d'un gris olivätre brun uniforme : les rémiges et les rectrices d’un fauve brunâtre, parfois tirant au blond vif. Le rebord de l'aile est varié de blanc et de brun, ainsi que le

dedans; les rémiges en dessous sont brunes près des tiges, et couleur rouille ou d'un blond doré sur leurs bords.

La gorge est blanchâtre, sans tache : le devant du cou, ses côtés, le thorax, et toutes les parties inférieures, jusqu'aux plumes tectrices de la queue en dessous, sont d'un gris teint de roux, et sur le milieu se dessine en forme de V, et souvent de fer de lance, un ruban fauve noirâtre. Les plumes du bas-ventre sont seulement rayées en travers de ce même trait noir. Le bec et les pieds sont bruns.

On trouve cette espèce au port Macquarie et à Morton-Bay.

C'est de 1824 à 1825 qu'elle fut découverte, et que la décrivirent Shaw et Swainson, et, jusqu'en 1848, elle fut l'unique du genre. L’est depuis cette dernière époque que les deux autres espèces ont été découvertes.

5% GENRE. —- ÉPIMAQUE. ÉPIMACHUS. (G. Cuvier.)

Ertaycs, nom grec d'un très-hel Oiseau des Indes, d'espèce indéterminée

CARACTÈRES GÉNÉRIQUES

Bec plus long que la tête, atténué à l'extrémité, recourbé, comprimé, arrondi, à mandibules robustes, dentées à la pointe, à bords lisses et coupants, à commissure ample, fendue jusqu'aux yeux.

Narines entièrement cachées par les plumes soyeuses du front, qu'entame l'arête convexe du bec.

Fig. 84. — Epimachus Fig 85 — Epimachus.

Ailes amples, dépassant le croupion, à première rémige courte, taillée ainsi que la seconde en lame de sabre, subobtuses, la troisième plus courte que la deuxième, et brusquement tronquée où coupée carrément au sommet; les cinquième, sixième et septième égales et les plus longues de toutes; celles-ci avec une ponte mucronée.

Queue médiocre, égale, composée de six rectrices carrées au sommier.

T'arses robustes, de la longueur du doigt médian, scutellés, à pouce très-robuste, à doigts armés d'ongles crochus, recourbés, aplatis en dessous et cannelés sur les côtés.

Parures des flancs formées, chez les mâles, de longues plumes décomposées, filamenteuses. (Lessons )

Fig. 86. — Eprmachus.

Si, par l'ensemble général des formes, à part ses ornements, l'Épimaque ressemble aux Ptiloris, ilen diffère considérablement par la structure du bec. Ainsi, chez l'Épimaque, cet organe est moins courbé que chez les Ptiloris; il est beaucoup plus robuste en toutes ses parties; les deux mandibules en sont fortement échancrées à leur pointe; depuis la base de la commissure jusque vers le milieu de sa longueur, la mandibule supérieure porte un développement ou évasement de ses bords qui sert, en cette partie, de recouvrement à la mandibule inférieure; de plus, le menton ou base de cette dernière mandibule, au lieu de servir de prolongement ou de continuité à la ligne courbe qu'elle dessine parallèlement à l'arête supérieure, se rétrécit de manière à former une brisure à cette même ligne, qui offre ainsi un renflement vers la moitié de sa longueur; enfin le bec des Ptiloris est exactement un bec de Soui-Manga; il en est différemment, comme on le voit, de celui de l'Épimaque. I n'y a pas moins de différence entre laile des Ptloris et celle de l'Épimaque. Chez celui-ci l'aile offre un type tout à fait anomal et exceptionnel dans toute la classe des Oiseaux Ainsi la première et la seconde rémige, distancées l’une de l’autre de 0",04, dessinent tout à fait de dehors en dedans une véritable lame de sabre; les quatre suivantes, au contraire, sont coupées car: rément et offrent un développement de barbules en largeur de 0,03; mais, ce qui est particulier, c'est que la troisième est plus courte que la seconde; quoique coupées carrément en apparence, les autres rémiges présentent à leur milieu une espèce de pointe provenant d’une faible saillie du rachis. Enfin les pattes et les pieds offrent avec ces parties, chez les Ptiloris, les mêmes différences que le bec : tout en est plus fort, plus épais et plus robuste.

Nous ignorons le motif qui a décidé M. Ch. Bonaparte à préférer pour cette espèce le nom de Craspedophora, Gray (1840), à celui d’Epunachus, que lui avaient donné Vieillot et Cuvier. qui, lui, en avait fait le type du genre pour le transporter au contraire à l'Epimachus speciosus de Gray, qui est le Cinnamolegus de Lesson.

La seule espèce connue vit à la Nouvelle-Guinée; nous en donnons la figure et la description

ÉPHMAQUE PROMÉFIL. (Levallant) EPIMACHUS MAGNIFICUS. (Vieillot )

La figure que Le Vaillant a le premier donnée de ce magnifique et somptueux Épimaque était mutilée, et personne n'avait encore signalé à notre connaissance un Proméfil complétement intact, quand Lesson l’a figuré dans son Histoire naturelle des Paradisiers.

L'Épimaque proméfil mâle a près de 0,36 de longueur totale. Son bec a 0,055. Les ailes dépassent un peu la queue. Le bec et les tarses sont noirs. Les mandibules sont robustes, à narines vêtues de plumes soyeuses dans toute l'étendue de la fosse nasale et dans l'intervalle des branches de la mandibule inférieure.

Le plumage, d'un noir velours, à nuance pourpre sous certains reflets, est d’une exquise douceur au toucher. Le devant du cou est couvert par un long plastron d’écailles imbriquées, gaufrées et d’un vert bleu très-métallisé: une bordure noire encadre la partie inférieure de ce plastron, et une bordure d'or vert en fixe la limite sur le thorax. Le ventre est noir, à teinte pourpre des plus vives;

sur chaque flanc sont implantées de longues plumes décomposées, poilues, molles, qui retombent d’une manière gracieuse en parures capillacées.

La queue est courte, composée de rectrices dures, très-roides et coupées carrément à leur sommet comme avec des ciseaux. Ces rectrices sont droites, d’un noir velouté partout, excepté les deux moyennes, qui sont d'un vert sablé d'or et splendides.

Les ailes sont, ainsi que nous l'avons déjà dit et démontré, la partie la plus remarquable de l’organisation de l'Épimaque proméfil; elles sont puissantes, plus longues que la queue, composées de rectrices rigides, à tiges solides. Quant à leur coloration, elle est entièrement noire.

Fig. 87. — Épimaque promelil

L'Épimaque proméfil femelle a 0,32 de longueur totale. Dans ces dimensions le bec entre pour 0®,055, depuis la commissure jusqu’à la ponte, et la queue pour près de 0",10. Les tarses de l'articulation, à la naissance des doigts, ont 0",04, et le pouce, y compris l'ongle, en a presque autant, ainsi que le doigt médian. Les deux latéraux, à peu près égaux, sont un peu plus courts que celui du milieu. .

Le bec est rougeätre. Les tarses sont d’un noir intense et les ongles cornes. Les plumes du front sont courtes et de nature soyeuse; toutes les plumes du corps sont molles, douces au toucher; leur teinte, sur le cou, le dos, le croupion, est d’un roux blond cannelle d’une seule nuance. Les ailes, V compris les rémiges, la queue, sont en entier du même roux blond cannelle frais et sans mélange.

Une sorte de soureil varié de blanc et de gris surmonte l'œil, et tout le dessous du corps, depuis la gorge jusqu'aux couvertures inférieures de la queue, sur les flancs comme en dedans sur le rebord des ailes, est à fond blanc, d’abord finement strié, striures qui, sur le devant du cou, se changent en raies brunes émaillant toutes les parties inférieures.

Les Épimaques mäles ont d'éclatantes parures, et les femelles un plumage généralement roux et terne; autre analogie assez remarquable entre ces Oiseaux, les Colibris et les Soui-Mangas.

C'est dans les immenses et profondes forêts qui enccignent le havre de Doréy à la Nouvelle-Guinée que se trouve l’Épimaque proméfil. (Lesson.)

4e GENRE. — CANNELLIPHAGE. CINNAMOLEGUS. (Lesson.)

Ce nom, qui signifie cueille-cannelle, est celui qui, selon Pline, était donné en Arabie à un Oiseau qui nichait sur les cannelliers, et que les aborigènes tuent avec des flèches plombées.

CARACTÈRES GÉNÉRIQUES

Bec deux fois plus long que la tête, recourbé, robuste, comprimé sur les côtés, égal en diamètre dans les deux tiers de sa longueur, à arête convexe, à mandibules presque égales, l’inférieure à peine plus courte que la supérieure; toutes les deux dentées à l'extrémité.

Narines basales, cachées par les plumes veloutées du front.

Fig. 88. — Cinnamolegus magnus.

Anles médiocres, dépassant à peine le croupion, à première rémige courte.

Queue très-lonque, composée de douxe rectrices très-étagées, fermes, à barbes larges et roudes sur leurs bords, arrondies an sommet.

Tarses robustes, scutellés, trapus, de la longueur du doigt médian; le pouce égal au turse, et ayant l'ongle le plus long et le plus recourbé; les ongles des doigts antérieurs plus faibles et peu recourbés.

Fig. SO. = Cinnamolegus magnus

Scapulaires et couvertures alaires formant de chaque côté deux bouquets de plumes élargies et évasées à leur extrémité, ou arrondies, ou terminées en pointe, et métallisées. Plumes uropygiales décomposées, très-finement barbelées. (LEsson.)

Sonnerat est le premier qui ait fait connaitre l'unique espèce type de ce genre, dont nous donnons la figure et la description. Aucun individu n'est encore parvenu complet en Europe, où les dépouilles arrivent toujours mutilées. On ignore ses mœurs, ses habitudes et son genre de vie. Elle habite la Nouvelle-Guinée,

Les Cannelliphages, selon Lesson, conduisent des Épimaques aux véritables Sucriers par lintermédiaire du Philédon Moho et du Promérops du Cap.

Les plumes qui recouvrent le crâne sont écailleuses; celles du menton piliformes. Les plumes des flancs ont les barbes externes bien plus longues que les internes, et se trouvent recourbées et élargies à leur sommet; toutes sont amples, allongées, et forment deux larges parures sur les côtés, surmontés par deux touffes épaisses de plumes longues, droites et pointues. La queue est énormément longue, de manière que les rectrices, toutes taillées en lame d’épée, se trouvent être, les deux médianes plus longues, les latérales plus courtes, et successivement très-étagées, car les deux plus externes ont à peine 0,16 de longueur, suivant les individus.

Les femelles possèdent une livrée terne émaillée de bariolures brunätres. (Lessox.)

CANNELLIPHAGE PAPOU. (Lesson.) CINNAMOLEGUS MAGNUS. (Gmelin, O. des Murs.)

Lorsque cet Oiseau est bien adulte et du sexe mâle, il a jusqu'à 1",16 de longueur, et, dans ces dimensions, le corps n'entre guère que pour 0",22 à 0",2%. Son bec, long de 0",08 à 0,09, est

Fig. 90. — Cannelliphage papou

fortement recourbé, de couleur noire; ses tarses sont de la même couleur. L'ivis est, dit-on, d'un jaune noirâtre. La tête est vevêtue de plumes imbriquées, de forme écailleuse, et qui ne dépassent

pas l'occiput; elles sont d'un vert glauque métallisé. Sous le menton, des plumes soyeuses s'avancent jusqu'entre les branches de la mandibule inférieure, et sont teintes en cuivre rouge, à reflets d’iode. Le corps est abondamment fourni de plumes läches, brunâtres, avec des reflets luisants, dorés et violâtres. Celles du dos sont d’un vert brillant, ainsi que le haut de l'abdomen et la poitrine. Les ailes sont noir violâtre. La queue est formée de douze rectrices très-étagées; les deux moyennes sont les plus longues, les deux externes sont les plus courtes. Elles sont uniformes, à pointes mousses à leur sommet, à rachis dur et droit, d'un brun teint de vert-émeraude en dessus, et uniformément marron brun ou ehocolat foncé en dessous. Les dimensions de ces rectrices varient beaucoup, et c’est ainsi que les médianes ont depuis 0",64 jusqu'à 1",00 et plus, et les externes depuis 0,16 jusqu'à 0",055 Les plumes uropygiales, étendues en couverture supérieure sur la queue, sont longues, décomposées, et d'un beau noir.

Ce qui distingue surtout ce Cannelliphage, ce sont, sur les côtés et recouvrant les ailes, deux sortes de plumes formant double parure sur chacun des flancs. Le premier faisceau est composé de plumes thoraciques abondantes, épaisses, s'allongeant graduellement au fur et à mesure qu'elles s'implantent en arrière du thorax et proche les épaules. Toutes ces plumes sont molles, Îlexueuses et pointues d'une certaine façon. Les huit à dix premières sont en entier d'un noir velouté. Celles qui suivent ont à leur sommet une raie azur relevée par une frange d’un vert émeraude des plus purs; puis les postérieures se trouvent être largement bordées d’un bleu céleste des plus luisants, tandis que les dernières et les plus larges sont d’un noir uniforme et velouté. Ces parures ont cela de particulier, que la texture de la plume présente des barbes très-longues sur le bord extérieur du rachis; puis des barbes très-courtes sur le côté opposé. Il en résulte que l'extrémité est contournée presque en demi-cercle par une inversion dans l'allongement des barbes qui la garnissent, et qu'il semble qu'elle soit taillée artificiellement.

Derrière ce large faisceau marginal, si abondamment fourni, et s’élevant sur le côté de l'Oiseau avec tant de grâce, est placé un second faisceau composé de plumes à teinte sombre, qui toutes oni des barbes läches, décomposées, à barbules finement barbulées elles-mêmes, de sorte que la plume a une forme pointue, allongée et droite.

La femelle, de moitié plus petite que le mâle, a la queue fortement étagée, mais sans aucune parure des flancs. La tête et le cou, de même que le dos, les couvertures des scapulaires, sont d'une teinte rousse cannelle, tirant au brun sur le crâne, et passant au noir en devant du cou. Les rectrices elles-mêmes sont chocolat clair; le bec et les pieds brunâtres. Le dessous du corps est de couleur de suie, avec des rayures soyeuses blanches.

La Billardière dit avoir rencontré le Cannelliphage papou dans l'île de Waigiou. Nous nous en sommes procuré des dépouilles à la Nouvelle-Guinée. (Besson .)

SIXIÈME TRIBU: — IRRISORIDÉS.

TÉNUIROSTRES SUSPENSEURS à langue plus ou moins carüilagineuse.

Sous le nom d'Upupide, M. G. R. Gray a formé une tribu composée des familles Upupinæ pour les [luppes et les Faleulies, et Epimachinæ pour les Épimaques, que nous avons réunis aux Paradiséidés. Partageant à cet égard le sentiment de M. Ch. Bonaparte, nous retranchons de cette tribu les Huppes, et, comme on l'a vu, les Épimaques, pour la composer des genres (types de familles) Jrrisor et Falculia, ce qui implique forcément la substitution, pour cette tribu, du nom d'un de ces genres à celui d'Upupide, auxquels nous réunissons les Arachnothères, que la conformation de leur angue ne permet pas de laisser avec des Méliphages tels que les Nectarianés.

Ce sont tous Oiseaux d'Afrique, de l'archipel indien et de la Nouvelle-Guinée, à langue généralement cartilagineuse, à bec courbe et allongé, et à pieds et ongles de Suspenseurs, dont ils ont une

grande partie des habitudes. La plupart, cependant, d'après Le Vaillant, nichent dans des trous d'arbres.

Cette tribu se compose pour nous de trois families :

1° Falculianés; 99 Arachnothérinés:

3° [rrisorinés.

PREMIÈRE FAMILLE — FALCULIANÉS

Nous créons cette famille pour deux genres qui nous paraissent assez éloignés des vrais Irrisorinés pour nécessiter une délimitation plus tranchée que celle qui résulte d'une distinction simplement générique; le premier, qui, par ses caractères particuliers, principalement celui de la langue, semblerait devoir plus appartenir aux Épimaques qu'aux Moqueurs, et qui doit au moins établir le passage des uns aux autres, c'est le genre Lumprolophos (nom spécifique donné par Wagler à l’une des deux espèces dont nous le composons), que nous établissons sur l'espèce appelée par Buffon Huppe noire et blanche, et par Le Vaillant, qui l’avait très-bien distinguée des véritables Huppes et de ses Promérops, Mérops huppé, à laquelle nous réunissons le Promérup de ce dernier naturaliste. Le second est le genre Falculie de M. Isidore Geoffroy Saint-Hilaire : deux genres dont les espèces typiques rappellent par leurs formes générales, à part le bec et les pattes, l’ensemble des véritables Huppes, mais s’en éloignent nécessairement par leurs habitudes.

Ainsi, les Falculianés sont des Oiseaux à bec allongé, plus ou moins arqué, à langue pénicillée et à pieds de Suspenseurs quant aux doigts et aux ongles, mais à tarses plus allongés que ne les ont les Irrisorinés.

Ils renferment deux genres :

1° Promérup (Lamprolophos), 0. Des Murs; 2% Falculie (Falculia), Isid. Geoffroy Saint-Hilaire.

4e GENRE. — PROMERUP. (Le Vaillant.) LAMPROLOPHOS. (Wagler, 0. Des Murs.)

A2p7065, brillant; Acc:, huppe.

CARACTÈRES GÉNÉRIQUES

Bec de lu longueur de la tête ou l'excédant de très-peu, plus ou moins graduellement arqué, à arête fort obtuse; la mandibule supérieure à bords échancrés près de la pointe, plus longue que l'inférieure : celle-ci tout aussi large.

Narines basales, longitudinales, plus ou moins recouvertes par les plumes du front.

Ailes presque aiguës atteignant le tiers de la longueur de la queue.

Queue longue, ample, plus ou moins arrondie.

Tarses élancés, de la longueur du doigt médian, scutellés; doigts écaillés; ongles allongés, minces, aiqus el recourbés, surtout celui du pouce, qui est le plus long de tous.

Langue assez longue; son extrémité divisée en plusieurs filets. Tête et occiput ornés d'une huppe formant plus ou moins crinière.

L'Oiseau type pour nous de ce genre est, nous l'avons dit, la Huppe variée (Upupa varia) Bodd; la Huppe noire et blanche de Buffon, rangée par lui, et maintenue depuis par Cuvier et tous les ornithologistes modernes, jusques et y compris MM. Gray et Ch. Bonaparte, à l'exception toutefois de Le Vaillant et de Vieillot, avec les Huppes. Ce dernier en avait fait, lui, un Coracias, qualification que nous ne discuterons pas Mais on n'a pas jusqu'à ce jour assez fait attention, et au caractère que, depuis Buffon, on est d'accord à assigner à la langue de cette espèce, non plus qu’au rang que lui a assigné Le Vaillant dans la grande division de ses Promérops. La Huppe commune, on le sait, a la langue cartilagineuse, très-courte, et comme cachée au fond du gosier; les ongles très-peu courbés. La Huppe noire et blanche de Buffon, au contraire, a la langue allongée, pointue, et divisée en plusieurs filaments, d’après les expressions de Le Vaillant, et les pieds forts, les ongles grands et arqués : tous caractères suffisants d'abord pour l'éloigner des Huppes, et conséquemment aussi pour la rapprocher des Méliphagidés sous le double rapport de ces deux caractères de la langue et des pieds. Aussi cette remarque a-t-elle si peu échappé à Le Vaillant cette fois, que, non-seulement il a retiré cet Oiseau des véritables Huppes et de ses Promérops, mais qu'il en a fait une division à part sous le nom de Mérops, en la réunissant au Moho, que l’on sait être un vrai Méliphage ou Philédon, Un Oiseau qui, en effet, dit-il, a, d’après Buffon lui-même, la mandibule supérieure du bec échancrée du bout, la langue cornée, pointue, divisée en plusieurs filaments, et de la longueur à peu près du bec; qui a les pieds extraordinairement forts, relativement à sa taille, et les ongles grands et arqués, quoiqu'il dise qu’ils sont semblables à ceux de notre Huppe, et qui. enfin, se nourrit de fruits, n'est bien certainement pas un Oiseau qui appartienne au genre de la Huppe ni à celui des autres Promérops (Moqueurs), qui tous ont des caractères très-différents, comme on le verra, et ne se nourrissent que d'Insectes.

C’est en étudiant ces rapports et ces différences que nous nous sommes décidé, tout en comprenant cette espèce dans la famille des Irrisorinés, à en faire le lien naturel de transition des Épimaques aux Irrisoridés, sous le nom de genre qui précède. Nous y avons réuni le vrai Promérup de Le Vaillant, auquel Wagler a donné le nom spécifique de Lamprolophos, dont nous faisons celui générique de cette nouvelle coupe, à cause des rapports extérieurs qu'il paraît avoir avec la Huppe noire et blanche, de préférence aux Moqueurs.

Ce genre renfermera donc deux espèces, que nous croyons plus appartenir au continent de Madagascar qu'au véritable continent africain. Nous figurons le Promérup à crinière (Lamprolophos jubatus, Wagler), 6. Des Murs.

Le Promérup varié, d'après Buffon, se tient dans les grands bois de Madagascar, de l'ile Bourbon et du cap de Bonne-Espérance. On a trouvé, dit-il, dans son estomac, des graines, des baies de pseudo buxus.

Ce qu'il y a de certain au sujet de l'habitat de cet Oiseau, ajoute Le Vaillant, c’est que je ne l'ai rencontré dans aucun des cantons du continent de l'Afrique que j'ai parcourus, et qu'un habitant de l'île Bourbon m'a assuré que l'espèce y était très-abondante, qu'elle vivait en grandes bandes, fréquentait les lieux humides, les marais; qu'on l'y nommait Martin, et qu’elle faisait beaucoup de dégâts aux cafiers, du fruit desquels elle était très-avide; ce qui prouverait, continue-t-il, que cet Oiseau doit avoir montré aux habitants beaucoup d’analogie avec les autres Oiseaux auxquels on donne généralement dans l'Inde le nom de Martin, pour qu'il en ait reçu le même nom.

PROMÉRUP VARIÉ. LAMPROLOPHOS VARIUS. (Lathar, 0. Des Murs |

Huppe dont toutes les plumes sont effilées, dessus de la tête, cou et tout le dessous du corps, y compris les couvertures du dessous de la queue, d'un blanc pur; manteau d’un brun clair et comme poudreux, plus foncé sur le dos et les ailes, marquées de blanc vers le milieu de leurs pennes; croupion et queue, celle-ci carrément coupée du bout, de la couleur des ailes; bec, pieds et ongles, d’un jaune citron, ainsi que la langue et le dedans de la bouche; le palais de celle-ci, qui est fort uni d'ailleurs, a de petites tubérosités dont le nombre varie; iris brun bleuâtre,

Longueur totale, 0m,4%.

Habite Madagascar, Bourbon et le sud de l'Afrique

Liu. 2, — Anthus aquatique.

9e GENRE. — FALCULIE. FALCULIA. Isidore Geoffroy Saint-Hilaire. Falcula, petite faux, ‘iucille, CARACTÈRES GÉNÉRIQUES.

Bec très-long, arqué, comprimé en lame, à faces latérales presque parallèles.

Narines basales, latérales, de forme ovalaire, presque contiquës aux plumes antérieures de la région frontale.

Fig. 91. — Falculia palliata.

Ailes surobtuses; la première rémige très-courte, la quatrième el la cinquième les plus longues de toutes, alteignant seulement, par leur extrémité, le milieu des pennes caudales.

Queue carrée, composée de douze pennes.

Pieds à tarses courts. mais très-robustes:; doigts longs, p'incipalement le pouce et le médian, et tous forts et terminés par des ongles longs et très-arqués; chaque doigt, mais surtout le pouce, garni en dessous d'une sorte de semelle qui en élargit considérablement la base. (Magasin de Zoologie, 1836.)

Fig. 92. — Falculia palliuta.

Ce genre repose sur une espèce unique de Madagascar, la Falculie mantelée (Faleulia palliata, dont nous donnons la figure et la description.

Nous allons faire suivre cette diagnose de la description générique plus étendue qu'a donnée de ce genre M. Isidore Geoffroy Saint-Hilaire, son fondateur, ainsi que des considérations sur les rapports naturels de la Faleulie, dont il a accompagné cette description.

«Le genre Faleulie, dit le savant professeur, est surtout remarquable par son bec très-long, fortement comprimé. La comparaison de sa forme avec celle d’une lame de faux se présente à l'es-

prit dès qu'on jette les yeux sur lui, et c’est cette ressemblance que nous avons voulu indiquer par le nom de Falculia.

Les deux mandibules sont courbées sur toute leur longueur de haut en bas. La courbure, quoiqu'un peu moins prononcée vers la base, est, en somme, assez régulière pour qu'on puisse la comparer à un arc de cercle, are qui serait égal au cinquième environ d'une circonférence.

Le bec est tellement comprimé, que sa surface se compose de deux faces latérales parallèles, séparées par deux arêtes médianes, toutes deux mousses, l'une supérieure, convexe, qui est le dos de la mandibule supérieure, l’autre inférieure, concave, qui est la ligne médiane de la mandibule inférieure. Chaque face latérale est divisée en deux portions presque égales par la commissure des deux mandibules, courbe aussi bien que les arêtes supérieure et inférieure. En d'autres termes, les deux mandibules, de forme très-semblable, sont aussi sensiblement de même hauteur. La supérieure est toutefois un peu plus longue que l'inférieure; elle forme à elle seule la pointe du bec, ou plus exactement son extrémité terminale, car cette extrémité est arrondie et non aiguë.

Toute la surface des mandibules est lisse, et leurs bords ne sont point dentelés; seulement, la mandibule supérieure présente sur chaque bord, vers son extrémité, une légère sinuosité, faible vestige de ces dentelures, qui, très-prononcées chez les Dentirostres, passaient autrefois pour leur appartenir en propre, mais que j'ai retrouvées depuis dans un grand nombre de genres de divers groupes.

Si ce n’est vers l'extrémité du bec, où la mandibule inférieure pénètre un peu dans la supérieure, la commissure n’est qu'un simple sillon résultant de la rencontre des deux bords légèrement rentrants de chaque demi-bec.

Les narines, placées à la base du bec, sont oyalaires; elles sont séparées des plumes antérieures du front par un intervalle très-étroit et presque exactement linéaire. Il est à remarquer qu'elles sont tout à la fois latérales et non supérieures, ce qui est une conséquence nécessaire de la forme trèscomprimée du bec. Les yeux sont de grandeur moyenne.

Parmi les organes du mouvement, les ailes, dont l'extrémité n’atteint que la région moyenne de la queue, se composent d’une très-petite penne, d’une autre double de la première, mais encore courte, d’une troisième plus longue, puis de deux autres sensiblement égales, les plus longues de toutes; après celles-ci les pennes décroissent graduellement en longueur. Les ailes, très-semblables à celles des Huppes et des Promérops (Prrisor), sont donc, en somme, établies sur le type que j'ai nommé surobtus.

Les membres abdominaux offrent une conformation plus remarquable et beaucoup mieux caractéristique.

Les tarses sont épais, robustes, mais courts. Chacun d'eux est recouvert antérieurement par une rangée de longs écussons irrégulièrement quadrangulaires. Il n’est pas sans intérêt de remarquer que, dans l'individu qui sert de type à notre description, les écussons diffèrent de forme et même de nombre d'un tarse à l’autre; c’est une preuve de plus de l'impossibilité de trouver, comme quelques ornithologistes ont cru pouvoir le faire, de bons caractères génériques dans la conformation de ces plaques épidermiques.

Les pieds ont, comme chez la plupart des Oiseaux, quatre doigts : trois antérieurs, un seul postérieur; celui-ci, ou le pouce, est remarquable tout à la fois par sa longueur, qui surpasse (toutefois en comprenant l'ongle) celle du tarse, et par sa grosseur. Il est bordé de chaque côté d'une membrane qui, indiquée par un simple vestige linéaire à l'extrémité onguéale, s’élargit de plus en plus en se rapprochant de l'autre extrémité, et qui finit même par former une expansion triangulaire qui rend le pouce au moins deux fois plus large en avant qu'en arrière. Dans la moitié postérieure de ce doigt, il est même à remarquer que la membrane ne borde plus seulement le doigt, mais est changée en une sorte de semelle qui en couvre toute la partie inférieure, en même temps qu'elle le dépasse de beaucoup en dedans et en dehors. Cette semelle paraît, au premier aspect, lisse et seulement membraneuse; mais, en l’examinant de près à l'œil nu, et mieux encore à la loupe, on reconnaît qu'elle est recouverte d’une multitude de petites écailles; en d'autres termes, qu'elle est finement réticulée. En dessus, au contraire, le pouce est couvert d'écussons semblables à ceux des tarses, mais un peu plus petits.

Chacun des trois doigts antérieurs ressemble au pouce par la nature et la disposition de ses tégu-

ments. Chacun d'eux, écussonné en dessus, est recouvert en dessous d’écailles extrêmement fines, et pourvu, vers l'extrémité onguéale, d’un rebord membraneux, linéaire, qui se continue en arrière avee une sorte de semelle assez épaisse et couvrant la totalité de la face inférieure. Le doigt interne, qui est le plus court, a sa semelle antérieure distincte de celle des autres doigts; l’externe un peu plus long, et le médian plus long encore, et qui, plus grêle que le pouce, le surpasse même en longueur, ont au contraire leurs semelles confondues sur toute l'étendue de la première phalange. Ces deux derniers doigts sont de même supérieurement un peu plus intimement réunis entre eux que ne le sont ensemble le doigt externe et le médian, disposition qui est, au reste, commune à la plupart des Passereaux, et qui est analogue, en petit, à celle qui caractérise les Syndactyles.

Les ongles sont grands, comprimés, assez pointus, et tous très-aigus (C'est là, après celle qui résulte de la conformation du bec, une des plus remarquables différences qui distinguent la Faleulie des Huppes. On sait que celles-ci ont les ongles des pouces presque droits.); leur courbure peut être représentée par une demi-circonférence presque entière. Quant à leur longueur, celui du pouce l'emporte de beaucoup sur tous les autres; viennent ensuite celui du doigt médian, puis ceux des deux doigts latéraux; mais ces derniers le cèdent à peine au médian.

La queue se compose de douze longues pennes, sensiblement égales entre elles. Étalée, elle est dans son ensemble carrée; chaque penne est néanmoins irrégulièrement arrondie à son extrémité. On ne voit, sur aucune partie de la queue, rien que l’on puisse considérer comme une trace d'usure; mais, dans chacune des trois pennes externes, on voit la pointe de la baguette tutrice dépasser un peu les barbes, caractère qui rappelle, mais seulement par un faible vestige, ce qu'on observe chez la plupart des Oiseaux qui grimpent en prenant appui sur leur queue.

Enfin nous devons noter, comme un dernier caractère générique, la nature du plumage, Nulle part on ne voit aucun développement comparable, soit à celui qu’on observe dans les Huppes, soit à plus forte raison aux ornements de quelques Épimaques. La coloration manque également de l'éclat accordé à quelques Oiseaux de la même famille; des reflets métalliques assez ternes rappellent seuls, et seulement sur une portion du plumage, la parure si resplendissante des Epimaques.

Nous eussions désiré pouvoir confirmer la détermination générique de cet Oiseau par l'examen comparatif de ses mœurs. Malheureusement nous manquons presque entièrement de renseignements sur cette partie intéressante de l’histoire de la Falculie mantelée. M. Goudot, qui a découvert cette rare espèce dans son second voyage à Madagascar, nous a seulement appris qu'elle fréquente le bord des eaux, et vit, outre la chasse des Insectes aquatiques, de la recherche des débris organiques que renferme Ja vase des marais et des ruisseaux. Le seul individu que ce voyageur ait pu se procurer à été trouvé dans le nord de l'île; il fait aujourd'hui partie des collections du Muséum d'Histoire naturelle.

Quant aux rapports naturels de notre Oiseau, on connait déjà, parmi les Passereaux, plusieurs genres qui offrent avec la Falculie, soit par la conformation de leur bec, soit à d’autres égards, des analogies qu'il est intéressant de rappeler ici, et dont il importe surtout d'apprécier la valeur.

Une partie des Oiseaux qui nous les présentent rentre dans le groupe des Certhia de Linné; d'autres, dans ce groupe si distinct dont les Picuculus sont le type, d’autres encore, dans celui que tout le monde connaît sous le nom d'Oiseaux de Paradis; les autres enfin, dans le groupe des Upupa de Linné, ou, si l’on aime mieux, dans celui des Promerops (rrisor) de Le Vaillant. En d'autres termes, et suivant la nomenclature abréviative dont nous nous servons ordinairement dans nos cours, les uns sont des Certhidés, d'autres des Picuculidés, d’autres des Paradisidés, d'autres enfin des Üpupidés.

Parmi les premiers, les Oiseaux si improprement nommés Grimpereauæ par la plupart des auteurs, par d'autres Guit-quits, et les Héorotaires, ceux-ci surtout, ont, par la longueur considérable et la courbure très-marquée de leur bec, quelque analogie avec la Falculie; mais l’analogie est ici beaucoup plus apparente que réelle. Le bec de ces Certhidés est prismatique, et n’a rien de cette forme comprimée et en lame qui est le caractère le plus remarquable de la Faleulie. Rien d'ailleurs, daus la conformation des pattes ou dans celle des ailes, ne confirme l’analogie apparente du bec. Les Guit-guits et les Héorotaires, au moins les espèces qui appartiennent véritablement à ces deux genres, ont les ailes aiguës ou subaiguës, et leurs membres inférieurs ont les tarses grêles ct longs, les doigts courts ct les ongles petits.

La Falculie n'a pas plus de droit à être placée parmi les Picuculidés. Il est vrai que cette famille renferme un Oiseau dont le bec a une analogie frappante, et cette fois très-réelle, avec celui de la Falculie : c’est le Picucule à bec en faucille, espèce sur laquelle ses caractères très-remarquables et véritablement génériques ont fixé l'attention d’un assez grand nombre d'auteurs, et qui, par suite, a aujourd’hui cinq ou six noms. Le bec du Picueule en faucille et celui de la Faleulie sont tous deux, comme l’indiquent leurs noms, comparables à la lame d'une faux; le degré de courbure de l'un et de l'autre diffère peu; et si le bec du Picucule est proportionnellement un peu plus long, si celui de la Falculie est encore beaucoup plus fortement comprimé, ces différences, si remarquables qu’elles sont, n'excèdent pas, et il s'en faut de beaucoup, celles que l’on est habitué à rencontrer dans le sein d’une même famille naturelle. La Falculie a aussi l'aile établie sur un type peu différent de celui des Picuculidés; mais l'analogie qui se soutient encore ici est tout à coup rompue quand on passe à la comparaison des pieds, Les caractères si remarquables de ceux-ci, dans les Picuculidés, manquent entièrement dans la Falculie ou n’y existent qu’en vestiges que l'analyse seule peut mettre complétement en lumière. La Falculie ne peut donc pas plus être placée parmi les Falculidés que parmi les Certhidés.

Les F'aradisidés ne comprennent, comme les Pieuculidés, qu'un seul genre que l'on puisse considérer comme très-analogue, par la forme de son bec, à la Falculie : c'est le genre Épimaque, genre par lequel se lient si intimement les Upupidés et les Paradisidés, et, par suite, d’une manière plus générale, la tribu tout entière des Ténuirostres et celle des Cultrirostres. Les Épimaques ont, en effet, comme la Falculie, un bec long, comprimé et même un peu recourbé en bas; on peut ajouter que leurs ailes ont aussi quelque analogie avec celles de cet Oiseau. Mais il existe aussi de très-importantes différences parmi lesquelles il suffit de citer la disposition des narines, en partie couvertes par des plumes veloutées dans les Épimaques comme chez tous les autres Paradisidés, et percées, au contraire, chez la Falculie comme chez la plupart des Passereaux. (Magasin de Zoologie, 1856.)

En procédant de la sorte par voie d'exclusion, M. Isidore Geoffroy Saint-Hilaire en est arrivé à chercher les véritables analogues de la Faleulie parmi les Upupidés, et c’est dans cette famille (composée par lui des genres Promérops, Huppe, Cravuppe, Falculie) qu'il a cru à cette époque pouvoir la placer, se décidant en cela plutôt par les mœurs indiquées vaguement par le voyageur Goudot, mœurs offrant il est vrai, en les supposant exactes, quelque rapport avec celles de nos Huppes, que par la différence si grande de conformation et du bec et des pattes, surtout des ongles, si exclusifs, par leur courbure et leur pointe aiguë, des habitudes d’un Passercau marcheur; ces différences l'emportant de beaucoup à nos yeux, par leur importance, sur celle des analogies. Prenant done en grande considération les observations déjà faites depuis longtemps par M. De La Fresnaye sur la véritable place de la Huppe, observations auxquelles s’est aussi récemment rendu M. Ch. Bonaparte, nous croyons que la véritable place de la Falculie est ainsi que, malgré ses conclusions, l'a si bien pressenti lui-même le savant membre de l’Institut, beaucoup plus près des Épimaques, et par con séquent des Paradiséidés, que de la Huppe ou des Upupidés. Nous pensons même, en procédant comme nous le faisons, nous rapprocher beaucoup plus de la manière de voir de M. Isidore Geoffroy Saint-Hilaire que nous en éloigner. Car, en définitive, c’est auprès de ces Promérops, qui sont nos Moqueurs, que nous rangeons la Faleulie, et dans nos Moqueurs se trouve le genre Rhinopomastus, avec lequel ce z0ologiste lui trouve également de grands rapports, témoin la note suivante qui accompagne son remarquable Mémoire sur la Faleulie : « Je pourrais citer aussi comme analogues à la Falculie, par la conformation de leur bec, la plupart des Méropidés, et principalement ceux que M. Jardines a distingués génériquement sous le nom de Rhinopomastus. »

Enfin nous ne serions pas étonné, et c’est uotre dernière raison déterminante, que les observations anatomiques que l'on pourra faire par la suite sur la Falculie ne révélassent une conformation de langue très-rapprochée de celle du Mérops varié de Le Vaillant. Type de notre genre Lamprolophos.

FALCULIE MANTELEE. FALCULIA PALLIATA (Isidore Geoffroy Saint-Hilaire )

La tête, le cou, toute la partie emplumée des membres, sont d’un blanc plus où moins pur, et l'on retrouve aussi un peu de blanc en dessus, immédiatement au-dessus de l'insertion de la queue. Au contraire, le dos, le dessus des ailes et de la queue, et c’est ce caractère que rappelle le nom de Falculia palliata, sont d’un vert métallique très-foncé, et l'on pourrait même dire d’un noir verdâtre, dont les reflets sont toujours sans éclat, même sous l'influence de la plus vive lumière, encore ne les aperçoit-on guère que par réflexion. Lorsqu'on place l'Oiseau entre la lumière et l'œil, et, à plus forte raison, lorsqu'on le considère dans un lieu mal éclairé, les parties métalliques nonseulement perdent tout éclat, mais leur couleur verte elle-même n’est plus sensible, et l'Oiseau parait blanc et noir.

Le dessous des ailes et de la queue est noirâtre et sans aucun reflet, disposition de couleur qui est, au reste, commune à la Faleulie et à un grand nombre d'Oiscaux trés-brillants.

Les veux sont d’un noir bleuâtre. Le bec, noirâtre dans sa première portion. est grisâtre dans sa région moyenne, et blanchâtre à son extrémité. Les pattes sont entièrement noires.

Une disposition assez remarquable de la couleur de la Faleulie mantelée est celle que l’on aperçoit lorsqu'on examine avec soin les plumes du dos. On reconnaît alors que toutes sont de deux couleurs : blanches près de leur insertion, d'un vert métallique à leur extrémité libre; mais ces deux couleurs varient beaucoup dans leur disposition, suivant la région où on les examine. Près du cou, et même plus exactement sur le bas du cou, ce sont des plumes presque entièrement blanches, avec un simple liséré vert. Plus bas, la portion verte s'accroît aux dépens de la blanche et lui devient égale, puis bientot de beaucoup supérieure en étendue. Plus bas encore, au contraire, le blanc commence à reprendre plus d’étendue, jusqu'à ce qu'enfin on trouve, près du croupion comme près du cou, des plumes blanches à liséré vert, puis enfin d’autres toutes blanches.

Longueur totale. . 0m,3920:

— du bec, depuis les plumes du front, prise en à ligne droite. 0",060; — prise en suivant la courbure supérieure. . : . DE 0",070: — dutarse. . . 1 OR 02050:

— du pouce, l'ongle non n compris. ne RD M 0025: — de l'angle du pouce, prise en suivant la courbure. nn Utd 0n 20:

Habite Madagascar; découverte par M. Goudot. (Mag. de Zool., 1836.)

Fig. 95. — Falculie mantelée

DEUXIÈME FAMILLE. — ARACHNOTHÉRINÉS.

Par leur langue courte et cartilagineuse, les Arachnothères, qui ont tant de rapports de forme avec les Nectarinidés qu'on les y a constamment compris jusqu’à ce jour, s’en éloignent cependant considérablement si l'on veut prendre en considération d'abord la forme de la langue, qui, chez eux, est courte et cartilagineuse, ensuite le mode de nourriture, puisque, loin de chercher les Insectes dans le calice ou le pollen des fleurs, ils se nourrissent exclusivement d’Araignées. Force est done de les séparer des Nectarinidés; c’est ce qui nous a décidé à les mettre tout à la fin des Méliphagidés et des Paradiséidés (que nous regardons comme de vrais Méliphages) et à en faire le passage de ces derniers aux Irrisoridés.

Ce sont des Oiseaux dont on ne connaît pas les mœurs, si ce n’est leur mode de nourriture; ils sont confinés dans l'archipel indien et à la Nouvelle-Guinée.

Ne repose que sur un seul genre :

Arachnothère (Arachnothera), Temminck

GENRE UNIQUE. — ARACHNOTHÈRE. ARACHNOTHERA. (Temminck.)

Acayvn, araignée; Ünpaw, je chasse.

CARACTÈRES GÉNÉRIQUES

Bec deux fois plus long que la tête, à bords lisses dans la plus grande partie de leur longueur, très-finement denticulés vers son extrémité, élargi à la base, recourbé, à pointe aiguë.

Fig. 94. — Arachnothera magna Fig. 95. — Arachnothera magna.

Narines basales, latérales, longitudinales, recouvertes d'une peau membraneuse.

Ailes médiocres et arrondies, surobtuses; la première rémige très-courte, la quatrième et la cinquième égales entre elles, les plus longues.

Queue médiocre, large et légèrement échancrée.

T'arses un peu plus longs que le doigt médian, robustes, et couverts de larges écailles; doigts relalivement courts, le pouce vigoureux et le plus long de tous, chacun muni d'un ongle court, mais

aigu et crochu; celui du pouce du double plus long que les autres, et beaucoup plus recourbé ct aiqu

Fig. 1. — Mésange huppée.

OISEAUX. 99 Langue entière et cartilagineuse; plumage sans teintes métallisées.

Dix espèces de l'Asie méridionale et de l'Océanie. Nous figurons l’Arachnothère uropygiale.

ARACHNOTHÈRE AUX JOUES JAUNES. ARACHNOTHERA LONGIROSTRA. (Raflles.)

En entier d'un vert pré fort agréable, relevé de jaune sur les sourcils, aux joues, sur les couvertures inférieures et au bord des pennes de la queue; le ventre d’un vert plus gai que le dos. Se tient dans les bois de Bentam, à Java.

Fig. 96, — Arachnotère uropygiale.

TROISIÈME FAMILLE. — IRRISORINÉS.

Cette famille, dans laquelle Lesson, tout en adoptant le genre Rhinopomaste du docteur Smith, a introduit le genre type lrrisor ou Moqueur, se compose des Oiseaux ténuirostres auxquels Le Vaillant a donné le nom de Promérops proprement dits. Mais ces Oiseaux à mœurs à peu près semblables, quant à ceux du moins dont on connaît les habitudes, diffèrent entre eux d’une manière assez sensible dans la forme du bec, tout en conservant lé vrai caractère de Ténuirostre; c'est au point qu'à la rigueur chaque espèce pourrait constituer un genre, car nous ne voyons pas pourquoi, dans cette famille, si l'on admet un genre à part pour le Namaquois de Le Vaillant (Cyanomelas), où n’en admettrait pas un pour son Promérar (Caudacutus), un pour le Promérup (Lamprolophos), et un enfin pour le Siffleur (Sibilator), qui diffèrent entre eux autant par leurs becs que par leurs formes. Nous n’en conservons pas moins les deux genres admis généralement depuis Lesson :

1° Moqueur (/rrisor), Lesson; 2 Rhinopomaste (Rhinopomastus), Smith.

C'est à Le Vaillant que l’on doit la connaissance des mœurs des Irrisorinés, et c'est à lui que nous emprunterons les détails qui suivent :

« Les Promérops proprement dits (Irrisorinés) ne fréquentent que les bois de haute futaie, et font leur principale nourriture d’Insectes qui se portent à la surface des arbres, et qui y pullulent. Ces Oiseaux ont, par conséquent, la faculté de se cramponner au tronc et aux branches des arbres: mais ils n'ont pas celle de grimper, leur queue n'étant pas propre à se prêter à cette action. Ils ont

le bec plus ou moins long, grêle, et plus ou moins arqué. Leurs mandibules sont solides, si ce n’est vers leurs bases dans la région de la bouche, où elles sont creuses: aussi ont-ils tous la langue courte, triangulaire, et collée au fond du gosier à se montrer à peine. Les tarses sont courts, robustes, et emplumés à l'endroit où ils se joignent à la jambe. Les doigts, disposés un par derrière et trois par devant, sont noueux et forts : ces derniers sont réunis à leur base, l'extérieur l'étant à celui du milieu d'une phalange de plus que celui d'en dedans. Les ongles sont arqués, forts, et propres à tenir l'Oiseau cramponné, c’est-à-dire qu'ils sont aplatis sur les côtés, creusés en gouttières, et que leur bord extérieur est plus élevé que l'intérieur, et dentelé, caractère commun à tous les Pics et à tous les Oiseaux qui se cramponnent.

« Quant au moral, les Promérops proprement dits sont vifs, pétulants, et vivent par couple ou en troupes composées chacune d’une nichée entière, du père et de la mère; mais cette association, lorsqu'elle a lieu, ne dure que jusqu'au moment où le besoin de se reproduire amène l'isolement de chaque couple, et ce n'est qu'alors qu'elle se dissout : si à d’autres époques quelque accident vient à en séparer les membres, ils se rappellent jusqu'à ce qu'ils se soient de nouveau réunis. Ces intéressantes petites familles parcourent, du matin au soir, tous les arbres des cantons qui les ont vues naitre, et d'où elles ne s'éloignent jamais beaucoup. Ils se cramponnent fortement au tronc et aux branches des arbres, où, en fouillant dans les gerçures et sous les écorces qu’ils soulèvent à coups de bee, ils font leur proie des Insectes qui s'y étaient réfugiés, des larves, des œufs de Papillons qui s'y trouvent déposés. Dans un instant, la petite bande à parcouru toutes les diverses parties du plus gros arbre, sans jamais grimper à la manière des vrais Grimpeurs, les Promérops n'ayant pas, comme ceux-ci, la queue propre à favoriser cette action. Aussi, lorsque les Promérops sont cramponnés et qu'ils changent de place, c'est toujours par un petit mouvement d’ailes, un petit vol, un saut à droite et à gauche, si l'endroit qu'ils veulent atteindre n'est pas trop éloigné. Îls font quelquefois un pas de côté, en s'accrochant par la pointe du bec dans une crevasse; ils feront ainsi sur une branche horizontale, en s’aidant du bec, quelques pas en avant; mais ils ne grimpent absolument jamais sur un tronc perpendiculaire, comme le font si bien les Pics et plusieurs autres Oiseaux qui ont la même forme de queue que ces derniers. Nous avons dit aussi que les Promérops ne s’éloignent guère des cantons qui les avaient vus naître : comment en serait-il autrement quand on voit chaque famille de ces Oiseaux se retirer la nuit dans le même trou d'arbre qui a servi de berceau aux nouveau-nés, et où le père et la mère les ramènent tous les soirs ?

« Les Promérops ont la tête forte, les os solides et compactes, comme tous les Oiseaux piocheurs ou qui frappent du bec; leur cou, muni de forts muscles, est long, grêle, et ils ont le corps svelte el allongé: les ailes sont amples et arrondies, les pennes intermédiaires en étant les plus longues; la queue a dix ou douze pennes; elle est longue ou courte. Dans le premier cas, elle est toujours étagée; dans le second, égale. Ces Oiseaux, enfin, sont vifs, pétulants et maigres : leur chair est noire et de mauvais goût: ils ont l'estomac membraneux et gros.

(«A l'ouverture de l'estomac très-ample et bien plein de plusieurs de ces Oiseaux, je n'ai reconnu que des débris de Coléoptères et de très-petits Charançons, mais tellement entiers, que j'en fis entrer plusieurs dans mes collections de ce genre d’Insectes.

«C'est dans le fond d'un trou d'arbre, et sur la poussière du bois vermoulu, que la femelle dépose ses œufs, au nombre de six, sept ou même de huit, et d'un bleu verdissant. Le mâle et la femelle les couvent tour à tour : c’est aussi dans ce même trou qu'ils rassemblent tous les soirs leurs petits pour y passer la nuit en famille, et qu'il est très-facile de surprendre ces Oiseaux, car il suffit de les suivre au déclin du jour pour découvrir le lieu de leur retraite, ce qui est même d'autant plus facile, qu'on les entend incessamment crier partout où ils se trouvent, et qu'ils sont si peu craintifs et naturellement si curieux ou confiants, qu'ils accourent tous dès qu'ils voient un homme, un Chien ou tout autre animal, autour duquel ils se rassemblent et qu'ils suivent d'arbre en arbre en répétant à l'unisson, et avec une vitesse étonnante, leur eri guttural : Gra-ga-ga-qu-ga. Nous arrètezvous un instant, ils se portent tous sur l'arbre le plus voisin de vous, et là, continuant leur bruyant caquetage, ils se redressent sur leurs pieds et se balancent tout le corps de côté et d'autre, de manière à faire croire qu'ils vous narguent et qu'ils se moquent de vous. Il m'est arrivé aussi, et plus d'une fois, de voir ces Oiseaux accourir tous au coup de fusil et m'entourer avec les mêmes signes de curiosité et de plaisir que je viens de dire. Il faut pourtant ajouter qu'ayant appris à connaître

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Gobe-Mouche Savana.

le danger, un jour qu'il m'arriva d'en tuer plusieurs dans une troupe, je les vis devenir plus méfiants; mais, une fois que j’eus appris à mon tour à connaitre leur manège, et combien il était facile de découvrir le lieu de leur retraite, je n’en tirai plus un seul, et préférai de les prendre vivants dans leur trou. Je n'avais pour cela qu’à me promener dans les bois au soleil couchant, à prêter l'oreille à leurs cris, à me rendre à une certaine distance de la première bande que j'entendais, et à ne pas la perdre de vue jusqu’à ce qu'elle fût arrivée à l'arbre qui lui servait de retraite. J’attendais de là qu'ils fussent tous, l’un après l’autre, entrés dans leur trou, que j'allais ensuite boucher avec un tampon de filasse, de mousse, ou même avec mon mouchoir : opération pour laquelle j'étais toujours obligé d’assujettir mon tampon au bout d'une perche assez grande pour le faire arriver à l'entrée d'un de ces trous, que nos Promérops se choisissent ordinairement de préférence dans les arbres les plus gros et les plus élevés. Le trou une fois bien bouché, j'étais assez dans l'usage de remettre au lendemain la levée du scellé. Le moment arrivé, je grimpais sur l'arbre, et, ne donnant que peu de jour au trou, je ne tardais pas à voir un bec s’avancer; et, le saisissant, j'en retirais ainsi, l'un après l'autre, le père, la mère, et toute la nichée. C’est de cette manière que je me suis procuré, à peu de frais, soixante-deux mâles d'une espèce, quarante-cinq femelles, et onze jeunes de différents âges.

Fig. 97. — Promérops à parements frisés.

« J'ai en vain essayé de conserver vivants quelques individus du Promérops moqueur ou à bec rouge. Ils ont constamment refusé toute espèce de nourriture, quoique je leur présentasse toujours celle qui leur convenait le mieux, et que ces Oiseaux recherchent eux-mêmes dans l'état de liberté. I nest arrivé plusieurs fois de trouver dans l'estomac de quelques-uns des os de Grenouilles ou Raines, qui fréquentent les arbres. Je n’ai jamais surpris aucun de ces Promérops par terre, et il est certain qu'ils ne marchent point; je n’en ai jamais vu non plus aux abreuvoirs, où je me mettais souvent en embuscade pour tuer les Oiseaux qui venaient ou s’y baigner ou S'y désaltérer. Les Promérops moqueurs sont cependant couverts d'un quantité prodigieuse de vermine, dont on est même fort incommodé lorsqu'on les écorche : à peine visible, elle grimpe le long des doigts, puis du bras; elle se répand sur tout le corps et cause des démangeaisons insupportables. Ils ont du reste cela de commun avec tous les Oiseaux qui, comme eux, fréquentent les trous d'arbres Les uns et les autres ont aussi une odeur que leur donne le bois mort, et qu’on distingue si bien et si vite, qu'il n'est rien de si facile que de reconnaitre à cette odeur qu’un Oiseau habite l'intérieur des arbres.

«Pour une autre espèce. le Promérops namaquois, lorsqu'il m'arrivait de tuer une femelle sans le mâle, celui-ci s'isolait, et se perchait au sommet des plus grands arbres du canton où elle avait dis-

paru pour lui; et, de là, il la rappelait jour et nuit par des cris lamentables et d'une expression vralment touchante, mais d’une voix si élevée, qu’on l’entendait à une prodigieuse distance. Il était inutile de chercher à l’approcher dans ces moments de douleur: le moindre bruit le faisait sauver plus loin. » (Histoire naturelle des Promérops.)

Une note du Voyage du docteur Petit en Abyssinie (1840-1841) vient compléter les observations de Le Vaillant sur les Moqueurs.

« Il se nourrit de Vers, dit-il, au sujet du Moqueur à bec rouge; de là la cause de l'odeur infecte que répand cet Oiseau, car il mange surtout dans les cimetières, et on le trouve sur les arbres qui sont dans l'enceinte ou aux environs des églises; il pique les arbres avec son bec, comme les Pics, et va par bandes. » (Voyage en Abyssinie du lieutenant de marine Th. Lefebvre, tome VI. Zoologie.)

4% GENRE. — MOQUEUR. ZRRISOR. (Lesson )

CARACTÈRES GENÉRIQUES.

Bec assez recourbé, très-comprimé sur les côtés, à arête entamant les plumes du front, y formant un enfoncement, et les séparant en deux pointes qui vont jusqu'aux narines, sans cependant les couvrir, à commissure oblique.

Narines étroites, longitudinales, taillées le long du bec.

Fig. 98 — Moqueur promérar

Ailes surobtuses; la première rémige courte, les quatrième et cinquième égales entre elles, les plus lonques

Fix,

Di

— Bec-fin-rouge-queue

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