‹ Encyclopédie d'histoire naturelle; ou, Traité complet de cette science d'après les travaux des naturalistes les plus éminents de tous les pays et de toutes les époques: Buffon, Daubenton, Lacépède, G. Cuvier, F. Cuvier, Geoffroy Saint-Hilaire, Latreille, De Jussieu, Brongniart, etc. etc (volume 2)Chapitre 8 sur 35 · TROISIÈME SOUS-ORDRE. — TÉNUIROSTRES GRIMPEURS · texte numérisé non relu

TROISIÈME SOUS-ORDRE. — TÉNUIROSTRES GRIMPEURS

SEPTIÈME TRIBU. — CERTHIIDÉS.

Cette tribu, qui n'est, comme plusieurs des tribus précédentes, qu'un démembremens du grand genre Certhia de Linné, et de la grande division des Ténuirostres de Guvier, se borne, pour nous, à l'un des deux groupes de Passereaux que M. De La Fresnaye a appelés Passereaux grimpeurs, qu'il formait «des espèces qui peuvent réellement grimper le long des troncs d'arbres où des rochers, soit à l’aide de leur queue, armée de pointes roides, tels que les Picucules et notre Grimpereau; soit sans le secours de leur queue, mais à l’aide d'un pouce très-allongé, armé d'un ongle également fort long et très-arqué, tels que les Sittelles, les Sittines, les Sittines anabatoïdes, les Grimpereaux de murailles, ete.; » l’autre groupe étant représenté, pour cet ornithologiste, par les Nectariniidés, les Méliphagidés, etc., que nous avons simplement nommés Suspenseurs.

« Chez nos Ténuirostres grimpeurs comme chez ces derniers, ainsi que le remarque M. De La Fresnaye (1), le pouce, de même que l'ongle qui le termine, sont toujours remarquablement longs et forts à proportion des doigts antérieurs; c'est-à-dire que ces ongles, très-comprimés latéralement, ont au contraire beaucoup de hauteur dans le sens vertical, et conservent cette hauteur jusqu'auprès de la pointe, comme on peut l’observer chez les Pics, Oiseaux, comme l’on sait, essentiellement grimpeurs.

« Ce caractère, commun à tous les Passereaux suspenseurs et grimpeurs, de la longueur du pouce et de son ongle, ne se retrouve nullement chez les Picucules. Il semble que la nature, prévoyante et économe de ses moyens, leur ayant accordé dans les pointes très-roides qui terminent leur queue un aide puissant pour se maintenir verticalement, ait jugé inutile d'y en ajouter un second, celui d'un pouce fort allongé, qu'elle a réservé, au contraire, à ceux qui ne sont pas pourvus d'une queue à baguette roide formant point d'appui.

« Dans toutes les espèces de ces deux groupes existe un caractère qui, paraissant insignifiant chez les Syndactiles comme chez la plupart des Passereaux chez lesquels il se rencontre, semble ici acquérir une véritable importance : c'est celui de la soudure plus ou moins prolongée des doigts latéraux avec l'intermédiaire. I semble que cette réunion des doigts antérieurs par leur base, contribuant à les maintenir dans une position plus parallèle entre eux et en ligne droite avec le pouce, facilite le mouvement d’ascension de ces Oiseaux, car nous le remarquons d'abord dans l'ordre des Grimpeurs, chez les Pics et les Torcols, qui, n'ayant que deux doigts antérieurement, l'interne et l'intermédiaire, les ont néanmoins réunis par la première phalange de l’interne, et, dans nos Passereaux grimpeurs, chez les Picucules et les Sittines, le doigt externe est soudé par ses deux premières phalanges, et l'interne l'est aussi par la première. Chez les Sittelles, le Grimpereau de muraille, le Grimpereau commun, la soudure a lieu par une phalange et demie de l’externe, et par la première de l'interne.

«Un autre caractère commun à ces deux groupes est que, chez eux, le doigt latéral externe est toujours beaucoup plus allongé que l’interne, quelquefois autant que l'intermédiaire, ce qui se remarque chez les Picucules, qui ont alors l'interne extrêmement court. Les Sittelles, Sittines, Grimpereaux de muraille ou Tachydromes, nous offrent ce caractère presque aussi marqué que chez les Pieucules, et il devient moins prononcé à mesure que les Oiseaux sont moins aptes à grimper. Îl existe

(1) Magasin de Zoologie, 1833.

rs

néanmoins chez tous les Méliphages et se retrouve très-prononcé chez les Epimaques. Ce double caractère sépare nettement ce groupe des Oiseaux marcheurs, qui ont, au contraire, les doigts sépa rés à leur base; les latéraux à peu près égaux et beaucoup plus courts que l'intermédiaire. »

M. Gray à introduit dans cette tribu sept familles :

4° Furnarinés;

2° Synallaninés;

3° Dendrocolaptinés,; 4° Certhinués;

b° Sittinés;

6° Orthonycinés:

7° Ménurinés.

Mais, parmi ces familles, les unes étant exclusivement grimpeuses, les autres marcheuses, et d'autres, enfin, percheuses, on comprend que, d’après les principes que nous nous sommes posés relativement aux mœurs et aux habitudes des Oiseaux, nous ne puissions adopter une pareille formation.

M. Ch. Bonaparte, faisant une tribu ou famille à part des Picucules, réduit les Certhiidés à deux sous-familles :

1° Certhiinés; 29 Kittinés,

ce qui se rapproche plus de notre manière de voir. Nous en tenant en effet aux caractères généraux et communs que nous avons reconnus tout à l'heure, nous composons notre tribu des Certhidés des trois fanulles suivantes :

1° Dendrocolaptinés; 2° Certhinés; 9° Sittinés

PREMIÈRE FAMILLE. — DENDROCOLAPTINÉS.

Trois ou quatre espèces de cette tribu exclusivement américaine étaient à peine connues du temps de Buffon; le nombre, depuis cette époque, s’en est élevé à plus de cinquante. Le Vaillant, qui le premier a groupé et étudié ces Oiseaux, en faisait une division de ses Promérops, sous le nom de Promérops grimpeurs, ou simplement de Grimpars.

Il est peu de groupes d'Oiseaux plus propres que celui des Grimpars, dit cet ornithologiste, pour faire sentir aux naturalistes la futilité des méthodes de classification basées uniquement sur les caractères extérieurs, et particulièrement de ceux pris de la conformation du bec, puisqu'on trouve à peine deux Oiseaux de ce groupe chez lesquels cette partie soit semblable; de sorte qu'il eût été facile d'en former autant de genres différents que jusqu'ici (1807) nous en connaissons d'espèces. Aussi, voyons-nous, à cet égard, que plusieurs méthodistes n’ont pas manqué de faire trois genres des trois seules espèces qu'ils en connaissaient de leur temps, Gmelin, ayant placé le Grimpar talapiot parmi les Loriots, sous le nom d'Oriolus picus, comme s'il y avait le moindre rapport entre un Pie et un Loriot; le Grimpar picucule parmi les Mainates, sous le nom de Gracula Cayennensis, et enfin notre Grimpar grimpereau (Certhia familiaris) avec les Sucriers, lesquels n’ont aucune analogie avec cet Oiseau, pas plus enfin que les Loriots et les Mainates, qui forment deux genres dis-

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Fig. 1. — Bruant rustique

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