Bouvreuil de Pallas (Variété
tincts, n’ont de rapports avec les Oiseaux grimpeurs, soit par leurs formes, leurs mœurs, leurs babitudes et leur manière de vivre, pendant qu'il est certain que tous les Grimpars grimpent tout aussi bien que les Pics, et que tout est commun entre eux, à l'exception seule du bec, qui est différent dans chaque espèce (Le Varscanr, Histoire naturelle des Promérops), et offre, comme le dit M. De La Fresnaye, toutes les nuances de longueur et de courbure : depuis l'espèce nommée par M. Temminck le Grimpar Promérops (Dendrocolaptes procurvus), pl. col. 28, qui rappelle tout à fait le bec du Promérops, mais beaucoup plus long à proportion, bien plus arqué dans sa longueur. et comprimé en lame dès sa base, jusqu'au Grimpar Fauvette (Dendrocolaptes sylvicellus), du même auteur, dont le bec est celui d’un Bec-Fin. Entre ces deux espèces, placées comme les jalons les plus éloignés du genre, il s’en trouve à bec de Sittelle (le T'alapiot, Buffon); à bec deux fois plus long que la tête, droit et arqué seulement au bout (le Natican, Le Vaillant); d’autres à bec de Merle, ou plutôt de Tyran (Dendrocolaptes turdinus, Lichtenstein); et enfin d'autres à bec se rapprochant plus ou moins de celui des Guêpiers et des Soui-Mangas (le Picucule à gorge blanche, Vieillot, de Cayenne; Dendrocolaptes platyrostris, falcirostris, tenuirostris, Spix et Lichtenstein). La nature, en variant ainsi à l'infini la forme du bec des Picucules, semble nous prouver la nullité du caractère pris de la forme du bec dans cette famille, tandis qu'elle nous indique d'une manière évidente qu'ils doivent être réunis en un seul groupe, les autres parties du corps, telles que les pieds, la queue et lescouleurs mêmes du plumage, offrant des caractères tout à fait particuliers à ce groupe et des rapports parfaits d'identité entre toutes ces espèces. (Magasin de Zoologie, 1853.)
Les Grimpars (Picucules) ont les os de la tête épais, durs, et très-lourds par conséquent; leur bec est projeté de manière que toute sa force répond au centre de la tête (tête martelière); telle est la forme de celle de tous les Uiseaux qui piochent, sapent ou piquent, et font, en un mot, effort de cette partie pour se procurer leur subsistance. [ls ont le bec plus ou moins long, plus ou moins épais, plus ou moins arqué; mais les mandibules en sont évidées dans leur intérieur, pour faire place à la langue, qui, chez toutes les espèces, est cornée, plate, triangulaire, frangée plus ou moins sur les bords, s'étendant à peu près aux deux tiers de la longueur du bec, et, n'étant point attachée comme celle des Pics, du Torcol, des Sucriers et des Giseaux-Mouches, n’est par conséquent pas susceptible d’être poussée hors du bec comme chez ces derniers. Nous avons vu que les Promérops proprement dits ({rrisorinés) ont les mandibules pleines, la langue molle, petite et collée au fond du gosier. Les tarses et les doigts sont robustes et couverts d'écailles solides; ces derniers sont réunis et armés d'ongles cramponnants, absolument comme chez les Promérops proprement dits; et, ainsi que ceuxci, les Grimpars ont également le haut des tarses emplumé. La queue, plus ou moins étagée, est semblable à celle des Pics et conformée pour s'appuyer dessus, elle sert d'aide pour grimper par le moyen de l'élasticité et de la roideur de la tige de ses pennes, toutes terminées par une pointe cornée, conformée comme autant de griffes qui, consolidant tous les points d'appui, doivent nécessairement beaucoup augmenter chez ces Oiseaux la faculté de grimper avec plus de célérité que les Pics mêmes, dont en général les pennes de la queue sont dépourvues de ces pointes; je dis en général, parce que quelques Pics cependant en ont la queue moins munie.
Les Grimpars ont les muscles du cou très forts; ils ont les plumes rudes, sèches, à barbes lisses et désunies, le corps nerveux, la chair maigre, dure et de mauvais goût; leur peau est épaisse et coriace. (Histoire naturelle des Promérops.)
Ces Oiseaux, d'après D’Azara, vont seuls où par paires, et jamais en familles; ils commencent à grimper contre les arbres à trois pieds du sol, au lieu que les Pics n’y grimpent qu'à dix ou douze pieds. Îls ne tirent pas les vers de l'écorce avec leur langue comme les Pics, mais ils y introduisent leur long bec effilé, courbé et très-comprimé, jusqu'à ce qu'ils les saisissent; mais, siles Vers ou les Insectes sont trop cachés, ils frappent de leur bec contre l'arbre de la même manière que les Pics, etils s'en servent aussi quelquefois, comme d’un levier, pour soulever l'écorce. (Voyage dans l'Amérique méridionale.)
Is habitent les grands bois, fréquentent les arbres morts de préférence à tout autre, par rapport à la grande quantité d’Insectes et de larves qu'ils y trouvent, et qui forment leur unique nourriture; mais, n'ayant pas la langue harpounante des Pics, ils ne peuvent que ramasser ceux qui pullulent à la surface du tronc et des branches, sous l'écorce ou sous la mousse qu'ils détachent et enlèvent avec le bec à mesure qu'ils grimpent. En dernière analyse, ces Oiseaux sont alertes, très-
méfiants, toujours en mouvement, et continuellement en recherches pour satisfaire leur voracité naturelle. Ils nichent dans des trous d'arbres, sans y faire de nid, pondent de quatre à sept œufs sur la poussière du bois vermoulu, et, lorsque leurs petits ont pris l'essor, ils rentrent tous les soirs avec le père et la mère dans le même trou qui leur a servi de berceau, pour y passer la nuit, seul moment où la famille se réunit, car, pendant le jour, chacun vaque isolément à ses besoins, du moment que les jeunes ont reçu l'instruction nécessaire pour se pourvoir eux mêmes. Ces mœurs sauvages sont, comme on voit, les mêmes que celles des Pics, des Promérops (Irrisorinés) et des Sittelles, qui tous montrent beaucoup d'analogie entre eux et les Grimpars. (Histoire naturelle des Promérops.)
Aussi les Indiens du Paraguay rangent-ils ces Oiseaux, que D'Azara appelle Pics Grimpereaux (Tupadores), avec les Pics ou Charpentiers. [ls confondent, dit cet observateur, deux familles distinctes, parce que les Oiseaux qui les composent habitent égalem»nt les forêts, qu'ils grimpent contre les arbres, qu'ils se nourrissent de Vers qu'ils tirent de l'écorce, qu'ils pondent dans les mêmes trous d'arbres, qu'ils s'appuient avec leur queue, que leurs ongles ont la même forme et la même force, qu'ils ne marchent point à terre, qu'enfin ils ont la même manière de voler. Cependant, ajoute-t-il, il existe plusieurs dissemblances entre eux. Les Pics Grimpereaux ont l'envergure plus courte; la tête plus petite, plus allongée, plus étroite et couverte de plumes plus serrées; le bec plutôt osseux que de corne, beaucoup moins gros et plus comprimé sur les côtés; la langue conformée comme la plupart des Oiseaux, plus courte, très-pointue et incapable d'être poussée hors du bec, quoique très-déliée, et assez semblable à celle du Toucan vers son extrémité; les yeux assez saillants et sans place nue autour d'eux; les pennes de la queue moins roides, moins pointues et plus concaves; trois doigts en avant, l'extérieur et celui du milieu égaux en tout, et tellement joints l’un à l’autre, qu'ils semblent n'avoir qu'un métatarse commun. (Voyage dans l Amérique méridionale.)
Depuis Le Vaillant, Lichtenstein et Swainson ont introduit dans cette famille divers genres qui, pour la plupart, ont été conservés par leurs successeurs.
M. G. R. Gray, en faisant une sous-famille, l’a composée de six genres.
M. Ch. Bonaparte, l'élevant au rang de tribu ou de famille, y en a introduit onze.
Enfin, M. De La Fresnaye, dans une remarquable Monographie de ces Oiseaux publiée tout récemment, en fait une sous-famille des Certhiadés, de Swainson, sous le nom de Dendrocolaptine, qu'il divise en deux sections. C’est son travail que nous suivrons pour toute cette tribu.
Ce n’en est pas moins une famille des plus naturelles et des plus homogènes, exception faite de la forme du bec,
Avant de commencer l'étude et l'examen des différents genres entrant dans les Dendrocolaptinés, la plupart des espèces qui composent ces genres offrant entre elles les plus grands rapports de coloration, et par conséquent la plus grande difficulté pour établirleurs distinctions spécifiques, nous allons préalablement indiquer les diverses modifications que M. De La Fresnaye a remarquées dans cette coloration.
Chez toutes les espèces, dit cet auteur, les pennes des ailes et celles de la queue étant de couleur brun-roux ou brun cannelle, ces deux parties ne pouvaient guère être employées comme moyen de comparaison quant à la couleur; mais presque toutes ont sur la tête et le cou, et même le dos, quant aux parties supérieures, sur la gorge, la poitrine et l'abdomen, quant aux parties inférieures, des taches soit blanches ou d'un blanc ocreux ou roussâtre, de forme soit écailleuse, soit ovalaire, soit rétrécie en forme de stries, presque toujours bordées latéralement d'une ligne noire ou noirâtre. Ces taches occupent toujours le centre de chaque plume dans le sens de sa longueur tout le long de sa tige, qu'elles enveloppent jusqu'à son extrémité. Lorsque la nuance claire s'étend en largeur à peu près sur toute la plume, et que ses bords latéraux seulement sont d’une nuance foncée presque jusqu'à la pointe, il en résulte qu’elles font alors l'effet d’écailles, leur coloration ne se composant que de deux nuances, celle claire de la plume et celle foncée de ses bords presque jusqu’à la pointe. C'est ce que l’on remarque sur toutes les parties inférieures du Picolaptes leucogaster, Xyphorhynchus leucogaster, Swainson (Synops. of the birds of Mexico), du Picolaptes Wagleri, Dendrocolaptes Wagleri, Spix, ou maculiventer, Lesson (Suppl. à Buffon, p. 283). Quelquefois ces taches écailleuses n'existent que sur la partie antérieure du cou et sur la poitrine, et, se rétrécissant insensiblement sur le ventre et l'abdomen, n'y présentent plus que des maculatures étroites, allon-
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gées, semées sur un fond brun roussâtre ou brun olive. C'est ce que l'on peut observer chez le Nasican, chez le T'alapiot. Souvent ces taches, quoique occupant toute la largeur de la plume, n'y sont bordées de noirâtre que sur une partie de leurs côtés; elles ne représentent plus alors que très-imparfaitement des écailles, mais de simples maculatures longitudinales bordées légèrement et imparfaitement d'une nuance foncée. C’est ce que l’on voit chez le Picolaptes tenuirostris (Dendroc. tenuirostris de Lichtenstein, ou Grimpic à qouttelettes de Lesson); chez le Picol. angustirostris ( Dend. angustirostris, Vieillot (Nouveau Dictionnaire d'Histoire naturelle); chez le Ayphorhnchus flavigaster de Swainson.
D'autres fois ces taches, plus étroites et n’occupant en largeur que la partie moyenne de la plume, n'en sont pas moins bordées latéralement, quelquefois jusque près de leur pointe, par une ligne noire ou noirètre, et le bord latéral de la plume, au delà de cette ligne, est souvent d’une teinte brun olive ou grisâtre, d’où il résulte que ces taches blanches où ocreuses, bordées de noirâtre, sont comme des gouttelettes ou larmes isolées, se détachant nettement sur un fond unicolore, comme chez les Dendr. lacrimiger de La Fresnaye; affinis., id.; albolineatus, id.; promeropirhynchus, Lesson, et major, Vieillot.
D'autres fois encore, ces taches, ne formant plus que de simples stries longitudinales de couleur claire et non bordées, sont éparses sur un fond unicolore, comme sur la poitrine des Dendrocolaptes albicollis de Vicillot, et platyrostris de Spix, et sur toutes les parties inférieures de toutes les espèces de Aiphorhynehus ou becs en faucille.
Jusqu'ici toutes ces diverses maculatures nous ont présenté des taches plus larges à leur base, c'est-à-dire vers la naissance de la plume, qu'à son extrémité, qu'elles se terminassent d'une manière aiguë ou arrondie. Chez quelques espèces, au contraire, nous remarquons une forme opposée, c'est-à-dire rétrécie en haut et s’élargissant en bas vers l'extrémité de la plume. Ces cas sont les plus rares : nous les remarquons chez le Dendr. triangularis de La Fresnaye, et chez les Dendr. Bauperthuisii, Pucheran et La Fresnaye. Ces taches sont réellement alors ou larmiformes ou flabelliformes.
Quelquefois, mais chez les grandes espèces seulement, aux maculatures longitudinales de la poitrine viennent se joindre sur l'abdomen des bandes en festons transversaux, comme chez l'albicollis de Vieillot; le Cayennensis de Gmelin; le platyrostris de Spix.
Chez toutes les espèces dont nous venons de décrire les diverses modifications de maculatures pectorales et abdominales, les parties supérieures, c’est à-dire le dessus de la tête et du cou, ainsi que le haut du dos, sont toujours marquées de taches claires, soit en forme de mouchetures, soit de gouttelettes, ou de stries étroites bordées ou non de noirätre, suivant les espèces, mais toujours plus petites que celles des parties inférieures.
Chez quelques espèces enfin il ÿ a absence totale ou presque totale de maculatures en dessus comme en dessous, où sur l'une de ces deux parties seulement, comme chez les diverses espèces du genre Sitasomus de Swainson, où Picucules Fauvettes; chez celles du genre Dendrocincla de G. IR. Gray, telles que les Dendr. turdinus et merula, Lichtenstein; fumigatus, Vieillot, et chez quelques autres espèces, telles que Dendr. simpliciceps, Perroti et Devillei, De La Fresnaye.
On manque de renseignements suffisants sur les livrées du jeune âge de la plupart des espèces; mais, d’après la connaissance que nous avons des jeunes Dendrocolap'es Cayennensis et albicollis, nous sommes très-portés à croire que chez un certain nombre d'espèces, et particulièrement des plus grandes, les jeunes auraient des bandes ou festons en travers avant d'avoir ces stries ou taches longitudinales qu'elles nous présentent dans l'état adulte. Un fait constant et fort remarquable, c'est que presque tous les individus que nous avons vus rapportés d'Amérique étaient dans l'etat adulte, excepté quelques Dendr. Cayennensis, dont le plumage de jeune âge a été décrit et figuré par Buffon et la plupart des auteurs comme étant celui de l'adulte, qu'ils ne connaissaient pas. Quant à la distinction des sexes, quelques auteurs se sont accordés en avançant que les femelles différaient par une taille plus petite. (Revue et Magasin de Zoologie, 1850.)
Cette fanille peut former deux sections principales : les Dendrocolaptinés compressirostres et les Dendrocolaptinés dépressirostres, sections basées par M. De La Fresnaye, non-seulement sur des différences de proportions dans le bee, les pattes et les ailes, mais sur un mode de préhension et sur des espèces d'Insectes devenant leur notrriture également différents.
Nous avons pensé, dit à ce sujet M De La Fresnaye, qu'une des principales coupes à établir dans la famille, et qui est basée nécessairement sur le mode d'alimentation comme sur les formes extérieures, était entre les espèces à bec comprimé depuis les narines jusqu'à l'extrémité, et dont les côtés, lorsqu'on le regarde en dessus, forment deux ares rentrants, et entre celles dont le bec, visiblement plus large, quelquefois même déprimé, paraît, étant vu en dessus, avoir ses côtés droits de la base à la pointe, non rentrants, et formant un angle aigu vectiligne. Ces espèces ont en général les doigts moins robustes, les ailes plus longues, etc., que les premiers. et doivent, d’après cette organisation, être plus voiliers et moins grimpeurs qu'eux. Ceux-ci, d’après leur bec très-comprimé, plus ou moins allongé, pointu, doivent nécessairement l'employer à extraire, soit de dessous les écorces mobiles comme celles de notre platane, soit du fond de leurs troncs, sur ces arbres mêmes, les Insectes et les larves qui s'y réfugient, tandis que ceux à bec plus ou moins élargi, déprimé, crochu même à l'extrémité, doivent chercher sur les branches, les feuilles mêmes, les Insectes ou Chenilles qui les parcourent sans être obligés d'introduire leur bec, non conformé pour cela, sous les écorces ou dans les trous des larves. (Revue zoologique, 1847.)
M. De La Fresnaye compose cette famille ainsi divisée de neuf genres, trois de plus que M. G.R. Gray, deux de moins que M. Ch. Bonaparte; ces genres sont :