GUENON MONE. CEItCOPITIIECUS MuyA. ( Ei\liO)Cii
Caractères -^i'Écifioues. — Verlex vert doré; dos et tlaues niaridii vif pi(|nete de unir; dessus de la
mSTOIRE NATURELLE.
(|Ufue bleu arduisé; deux taches blanches sur les fesses; face bleue; lèvres ci nez couleur de chair; mains et oreilles carnées et livides; sourcils cendrés.
Habite la cote occidentale d'Afrique; Guinée
La tète est olivâtre; les joues d'un olivûtre clair; une tache noire s'étend de la partie supérieure de l'orbite à l'oreille, et l'on remarque sur le front une ligne d'un blanc verdâtre; le dos, les épaules et les flancs, sont d'un roux tiqueté de noir; la croupe est noire, i\ l'exception de deux taches elliptiques blanches, placées à droite et à gauche de l'origine de la queue; les mains et la face externe des membres sont noires; les parties inférieures du corps et le dedans des memlires sont d'un blanc pur qui, sur ceux-ci, tranche avec le noir de la région externe; la queue est variée de jaune et de noir, avec l'extrémité noire. (Isidore Geoffroy S.4int-Hilaire )
Fi?. 80. — Guenon mônc.
Le dessus des jambes et des cuisses, ainsi que la queue, sont d'un gris ardoisé. Un léger bandeau gris ceint le froni aurdessus des sourcils; et, de cliaque côté des joues, d'épais favoris jaune paille, joints sous le menton, lui encadrent la face qui, des yeux jusqu'au nez, est lileuâlre et d'une belle
nUAimUMANES. 105
couleur de ili:iii' sur le reste de son étendue; les pattes et les oreilles sont couleur de clniir livide.
Différente de tous les autres singes par son sérieux, la niùne ne grimace jamais. Sa figure est toujours grave et ealnie. Sa décence n'est pas moins exeui])laife parmi cette race d'impudiques; sa douceur n'est pas même altérée par les souffrances de la maladie. Nous eu avons observé une dans le dernier mois d'une consomption pulmonaire; elle recevait avec reconnaissance les caresses et les lémoignagcs d'affection, lors même que son état ne ki permettait plus de manger le sucre ou le gâteau qu'on lui présentait. (Desmoulins.)
Nous ne pouvons nous dispenser de reproduire la description que Frédéric Ciivier donne de celle cliarmante espèce :
Si l'élégance dans les formes, la grâce dans les mouvements, la douceur dans le caractère, la linesse dans l'intelligence, la pénétration dans le regard, tout ce qui, dans un animal, enfin, peut le faire rechercher et donner pour lui de l'affection, offraient aux naturalistes des caractères propres à former des groupes dans leurs classifications, la mône devrait incontestablement servir de type à l'une de ces divisions; car elle se distingue, par ses qualités, de la plupart des autres guenons. Mais, si ce bel animal ne présente aucun caractère physique propre à confirmer la distinction ([ue ses qualités morales indiqueraient, c'est que celle.s-ci tiennent sans doute à sa nature particulière et à l'éducation que son extrême douceur lui a méritée. En effet, la mône ne se distingue essentiellement des autres guenons que par ses couleurs, et celles-ci ont une variété qu'on ne rencontre point chez les autres espèces. Sa tête est d'un vert doré brillant; son dos et ses flancs sont d'un beau marron tiqueté de noir ; le dessus de ses jambes, de ses cuisses et de sa queue, d'un gris d'ardoise pur; et son cou, sa poitrine, son ventre et la face interne de ses membres, d'un blanc éclatant. De chaque côté de ses joues, sont d'épais favoris jaune-paille, mélangés de points noirs; et l'on voit deux taches très-hlanches de chacpie côté de la queue, au haut des cuisses, qui tranchent avec la couleur foncée de ces parties. Ses pattes sont couleur de chair livide; sa face, des yeux jusqu'au nez, e.st bleuâtre, et, sur le reste du museau, couleur de chair pure.
Cette variété de couleur avait fait penser à Dnffon que la mône était le lu'ho.s des Grecs; mais cette synonymie ne repose (|ue sur une simple conjecture. Les anciens ne nous ont presque jamais Itarlé des singes de manière à les faire reconnaître ; ils se bornaient à nommer les animaux, comme s'ils eussent ignoré que les langues suivent la destinée des peuples, ou comme s'ils n'eussent écrit que pour leurs contemporains.
C'est aussi assez arbitrairement que Buffon a donné à cette guenon le nom de mône, générique dans l'Orient pour les singes à longue queue ; toutefois ce nom, n'ayant chez nous aucune signification, a pu, sans inconvénient, devenir spécifique. Il n'est presque jamais possible au naturaliste d'a|)pliquer à une espèce étrangère et nouvelle un de ses véritables noms; mais, si celui qu'il donne est bien choisi, quoique arbitrairement, il est toujours iiréferable à ces dénominations composées, tirées de quebpu's caractères apparents, qui ont le grave inconvénient de ne point être des noms, et surtout de finir presqiu» toujours, ou par ne plus être exclusives, ou par être inexactes.
On regarde communément la mône comme originaire de Barbarie, quoiqu'on n'en rapporte aucune preuve. Toutefois, elle nous vient certainement d' .Afrique; et, à la facilité qu'elle a de vivre chez iKiUs, on peut conjectuier qu'elle se trouve piineipalemcnt dans les régions septentrionales ou dans les parties élevées de ce continent.
Le bel individu, type de cette desciiption de iMédéric Cuvier, s'est, pour ainsi dire, développé sous ses yeu\. Il était extrêmement jeune lorsque la ménagerie du Muséum en fit l'acquisition; et sa douceur, mais surtout son peu de pétulance, permirent de le laisser en liberté. L'âge n'a point encore altéré son bon naturel; il est devenu grand et a pris de la force; son adresse est extrême, et son ag-ilité sans égale; cependant tous ses mouvements sont doux, et ses actions semblent circonspectes; ses désirs ont de la persévérance, mais ils ne le portent jamais à rien de violent. Lorsqu'après avoir bien sollicité, on persiste à refuser, il fait une gambade, et semble occupé d'autre chose; il prend tout ce qui lui plaît, les objets qui lui ont attiré des punitions comme les autres, et il a une adresse extrême pour exécuter ses rapines sans bruit; il ouvre des armoires qui ont leur clef, en tournant celle-ci ; il défait les nœuds, ouvre les anneaux d'une chaîne et cherche dans les poches avec une délicatesse telle, que souvent on ne sent pas sa main, quoiqu'on sache qu'elle vous dépouille. C'est l'examen des poches qui lui plait le plus, parce que sans doute il y a souvent trouvé li>' l.i
(k's goiirniïiiuiisc'S qu'on voulait qu'il y trouvât, et il y fouille sans mystère : ordinairement il débute par là, dès qu'on s'approche de lui, et semble clierclier dans les yeux ce qu'il doit espérer de trouver. Il n'est pas très-arfectucux; cependant, lorsqu'il est tranquille, et que rien ne le préoccupe, il reçoit avec plaisir les caresses, et il répond avec grâce lorsqu'on veut jouer avec lui ; alors il prend toutes les attitudes possibles, mord légèrement, se presse contre vous, et il accompagne toutes ses gentillesses d'un petit cri assez doux, et qui semble être pour lui l'expression de la joie. Jamais il ne fait aucune grimace ; sa figure, bien différente de celle de la plupart des autres singes, est, au contraire, toujours calme, et paraîtrait même sérieuse; et, quoiqu'il soit mâle, il n'a jamais manifesté la lubricité qui rend la plupart des singes si dégoûtants. (Fréd. Cuvier.)
9. GUEiNON MONOIDE. CEIiCOPlTlIECUS MONOIDES. (Isidore GeolfroY Sainl-Hilaire.)
Caii.vctères spécifiques. — Dessus de la tète et nuque d'un vert oliviitre tiqueté de noir; parties supérieures d'un roux tiqueté, légèrement lavé de vert; épaules, une grande partie des membres et de la queue, noirs; ventre et bas de la poitrine grisâtres; devant de la poitrine et gorge blancs.
Habite l'Afrique; jirobablement la cote occidentale.
Vi". 81. — Guenon monoîde,
(JUADUIIMANES. 1(17
Cette espèce, nommée monuide ;i cause de ses rapports avec la guenon mûne de lîiiffon, a le dessus de la tète et la nuque d'un veit olivâtre tiqueté de noir; le dessus du col , les côtés de la tête, y compris de longs poils qui garnissent les joues, et la partie inférieure des flancs', d'un roux tiqueté légèrement lavé de vert; les épaules, la face externe des bras, les avant-bras, les quatre mains, une partie des cuisses, et la plus grande partie de la queue, d'un noir pur; le reste des cuisses el la base de la queue d'un noir grisonnant; la face externe des cuisses et des jambes, le ventre et le bas de la poitrine et la gorge, blancs; les oreilles sont garnies supérieurement, à leur face interne, de poils blancs assez longs.
La distance du museau à l'origine de la queue est d'un demi-mètre environ , et la queue est plus longue d'un sixième que le corps et la tête pris ensemble.
Le cercopithèque monoïde est connu par un individu femelle, donné à la ménagerie du Muséum d'histoire naturelle par madame la princesse de Beauveau; la patrie de ce singe n'était pas exactement déterminée. Déjà vieux lorsqu'il arriva au Muséum, et très-vieux lorsqu'il mourut, il avait les allures et le naturel de la nione et de la diane. 11 est le premier singe de l'ancien continent que j'aie vu enrouler sa queue autour des corps placés à §a portée, et s'en servir pour assurer et faciliter sa locomotion. (Isidore Geoffroy Saint-Hil.\ire.)
tO. GUENON UE DELALANDE. CEnCOPITBECVS LALANDII (Isid. Geoffroy Sainl-llil.iiro )
Car.\ctèbes spÉciFiQnES. — Une bande blanche au devant du front; pelage long, d'nn gris légèrement olivâtre sur le dos et les flancs; parties inférieures du corps et externes des membres blanchâtres ; la face , le menton et les quatre mains, noirs ; queue grise, avec l'extrémité noire ; l'anus entouré de poils ras d'un roux vif.
Habite l'Afrique australe; spécialement la Cafrerie.
Nommée aussi guenon naine de Delalande par Desmoulins, qui ne connaissait qu'un jeune individu, cette espèce a la tête et le corps uniformément gris cendré, ainsi que la queue, dont le bout est noir; des poils plus longs débordent le pelage sur la nuque, le dos et les épaules; la gorge est grisâtre ; le dedans des membres est d'un gris blanchâtre, plus foncé que la gorge; sous le menton, une tache gris-brun se prolonge vers le larynx, au milieu du blanchâtre de la gorge; la face est de couleur tannée, ainsi que les mains; les sourcils sont noirs et surmontés d'un bandeau grisâtre. ' (Dessioclins.)
Mieux connue aujourd'hui , la guenon Delalande a été ainsi caractérisée par M. Isidore Geoffroy Saint-Ililaire.
Je conserve à cette espèce, dit le savant professeur du Muséum , le nom du célèbre voyageur qui l'a rapportée, il y a trente ans, de l'Afrique australe; mais je suis obligé de modifier le double nom spécifique, guenon naine de Delalande, qui est fort irrégulièrement formé, et de plus fort inexact. M. Desmoulins n'a, en effet, attribué à la guenon de Delalande une taille naine que parce que, ayant vu seulement de jeunes individus, il les a pris pour des adultes.
Cette guenon n'est point rare dans l'Afrique australe, et existe depuis longtemps dans plusieurs collections; mais, à l'exception de M. Desmoulins qui, ainsi qu'on vient de le voir, attribue à l'espèce une taille comparativement très-petite, ce singe est toujours resté confondu avec la guenon vervet de Frédéric Cuvier; erreur commise parCuvier lui-même, aussi bien que par les autres zoologistes.
La guenon de Delalande a, en effet, h même distribution générale de couleurs que le vervet, et l'anus est de même entouré de poils roux; mais, si la distribution générale des couleurs est la même dans les deux espèces, leur teinte est différente ; le pelage très-long n'est véritablement pas vert chez la guenon de Delalande, même sur le dos et la tête, mais d'un gris à peine teinté de vert ou d'olivâtre.
L'erreur qu'a commise Frédéric Cuvier, en confondant en une seule espèce le pijgerijlhrus et le
Ijikintlu. 110 piHit (r;nllour.sêlie impiitép à Tvpio(-lu' à ce célèbre zoologiste. Longtemps on n'avait connu, d'une part, le cenopUliecus Lakndïï que par de jeunes individus rapportés du Cap par M. Delalande, et le cercopïlhceiis pijfjcnjihms, an contraire, que par deux individus adultes, venus vivants par la voie du commerce, et acquis par la ménagerie du Mu.séum.
Fis;. 82. — Guennn llclalando.
Il était naturel d'attribuer à des différences d'âge les caractères différentiels que l'on observait entre ces individus, et c'est pourquoi le cercopillicctis pusillus Laland'ù de Desmoulins fut considéré, par tous les auteurs, comnie un double emploi du pijjirriitlinis. Mais de nouveaux et riches matériaux sont maintenant à notre disposition. Aux jeunes rercopillicci Lulumiû , rapportés par Delalande, j'ai pu comparer une belle série d'individus de tout Age et des deux sexes, rapportés par MM. Verreaux ; et c'est sur les résultais de cette comparaison que je me suis fondé pour considérer le ccrcopillients LalandVi comme une espèce voisine, mais distincte, du ccrcupïlhcvus pijijcitjlhnis. (IsiDOKE Geoffroy Sai.\t-11ilaire.)