‹ Encyclopédie d'histoire naturelle; ou, Traité complet de cette science d'après les travaux des naturalistes les plus éminents de tous les pays et de toutes les époques: Buffon, Daubenton, Lacépède, G. Cuvier, F. Cuvier, Geoffroy Saint-Hilaire, Latreille, De Jussieu, Brongniart, etc. etc (volume 3)Chapitre 17 sur 81 · iUENON DIANF:. CERCOPirnECUS D-ANA. (Erslcben · texte numérisé non relu

iUENON DIANF:. CERCOPirnECUS D-ANA. (Erslcben

Car.\ctères spécifiques. — Pelage d'un marron vif sur le milieu du dos; parties latérales de la face, poils du menton, lesquels forment une barbe pointue et assez longue, gorge, partie interne ri antérieure de l'épaule et du bras, d'un blanc pur; une ligne blanche étroite au devant du front; ventre noirâtre; flancs d'un gris foncé tiqueté de blanc; la queue noire; membres de même couleur, sauf le dedans de la cuisse, qui est roux ou roussàtre, et une ligne longitudinale jaunâtre sur la face externe.

labite le Congo et la Guinée.

Miili»rouL!< iiiàlo.

(jUADliLMANKS. 109

La (liane appartient au groupe des yucnoiis de petite taille , dont le naturel est doux et la vivacité aimable et gracieuse , mais qui n'a point encore été caractérisé avec précision par les organes, si te n'est, toutefois, par l'angle facial. Klle me paraît se rapprocher du Iioclieur, comme celui-ci le fait du blanc nez. Tous ces (|uailrnmanes ont a peu prés la même taille et les mêmes proportions: ils ne diffèrent que par la distribution de leur couleur, en général assez agréablement variée. (FitÉ-

DÉnic CUVIER.)

Tout le dessus du corps, les lianes, les bras, les cuisses , les jambes , la poitrine, le ventre et la queue, d'un noir uriifornu-; cette teinte est un peu moins foncée sous le corps; dos et flancs tiquetés de bhuK- et de noir; des poils fauves seulement autour des callosités ; un arc mélangé de petits poils blancs et jaunes assez clairsemés sur le front; quelques poils autour du menton, mais sans former de longue barbe; toute la face violâtre, avec du bleu dominant sur les pommettes et les joues, et du rouge dominant autour du museau et sur les paupières; mains noires; les yeux d'un jaune fauve. Telle était, à son entrée à la ménagerie, la diane observée par Trédéric Cuvier. Depuis, les anneaux blancs des poils du dos passèrent au fauve, et cette couleur augmenta aux favoris. (Des-

MOIILINS.)

L'animal que je décris, dit Frédéric Cuvier, en parlant d'une diane femelle , existe depuis plusieurs années dans notre ménagerie, et, à son arrivée, il ne ressemblait pas entièrement à ce qu'il est aujourd'hui. .Mors, sa tête, le dessus de son cou, ses épaules, .ses bras, ses avant-bras, ses mains,, son cou, sa poitrine, son ventre et sa queue, étaient uniformément noirs, mais d'une teinte un peu moins foncée aux parties inférieures du corps et dans une bonne partie de la longueur de la queue que partout ailleurs; le dos it les côtés du corps présentaient un pelage ti([ueté de blanc et de noir, parce que les poils avaient de petits anneaux noirs et blancs; les favoris étaient tiquetés de noir et lie jaune, et l'on voyait aussi un peu de jaune dans le bandeau blanc en forme de croissant renversé qui garnissait le front au-dessus dïs yeux. Quelques poils blancs se remarquaient autour du menton, mais ils n'y formaient point la longue barbe du roloway; et l'on ne trouvait de poils fauves que sous les callosités, et encore étaient-ils en petit nombre. Toute la ligure était d'un violâtre dans lequel le bleu dominait sur les pommettes et les joues, tandis que c'était le rouge qui l'emportait autour du museau et sur les paupières. Les mains étaient entièrement noires, et les yeux d'un jaune fauve.

Aujourd'hui la distribution générale de ces couleurs n'est point changée; mais les anneaux blancs des poils du dos sont devenus jaunes, et cette couleur a de même augmenté sur les favoris. En outre, les poils qui garnissent la face interne des cuisses supérieurement sont colorés d'anneaux gris et blancs, ce qui donne à cette partie une teinte grise fort douce; et les poils de la queue sont également couverts d'anneaux semblables, mais les gris sont presque noirs. Le pelage de cet animal, très-fourni aux parties supérieures, l'est très-peu aux parties inférieures, où la peau, ainsi que sur le reste du corps, a une teinte violette.

12. GUE.NON MALUliOUCK. CERCOI'ITIIECUS CimsUllUS. (GeolTruy S.iiiil-ll[bire )

C.\R-vcTÈuEs spÉciFiQiEs. — Pelage d'un vert très-jaunâtre, tiqueté de noir sur la tête, le dos, les épaules et les flancs; gris sur la face externe des membres; une bande blanche au devant du front; parties inférieures du corps, ;/ compris le maitoii , et dedans des membres, blancs; face noirâtre, avec le tour des yeux livide; mains noires ou noii'âtres, avec l'c.rlirniilc des iln'niis pins cln'irc; queue d'un gris noirâtre en dessus, blanchâtre en dessous; des poils roux en petit nombre autour de l'anus et ne formant point une tache bien circonscrite; scrotum bleu lapis. (Isidore Geoffroy Saim-

lIlL.ilRE.)

Habite la côte ouest d'Afrique; la Gambie.

Le malbrouck est une des grandes espèces de guenons. Lorsqu'il est à terre, dit Frédéric Cuvier, il se tient toujours sur ses quatre pattes; et, comme il est essentiellement organisé pour vivre sur les arbres et pour y grimper, sa marche n'a [loiut d'aisance; ses jambes de derrière étant jilus Ion-

no

gués que celles de devant, il en résulte que la partie antérieure de son corps ne peut pas, dans ses mouvements, se conrormer à ceux de la partie postérieure, et que celle-ci s'avance beaucoup plus que l'autre, ce qui le force à porter alternativement son train de derrière à droite et à gauche, lors- ([u'il veut s'avancer lentement, ou à s'élancer par saïUs lorsqu'il veut courir. Cette conformation, si peu favorable pour des animaux destinés ii vivre ù terre, l'est beaucoup , au contraire , pour ceux qui doivent se nourrir de fruits; l'excédant de longueur des jambes de derrière sur celles de devant

Fij. 83. — Guenon nialbrouik.

ne nuit point |iour grimper aux arbres, et donne, au contraire, le moyen de .s'élancer de branche en branche, et même d'un arbre à l'autre ; aussi ces singes descendent-ils rarement à terre ; réunis en troupes, ils peuplent, avec les oiseaux, le ciel de verdure qui couvre les riches forêts de l'Asie méridionale, où l'on croit qu'ils .se trouvent, car on n'est pas bien certain encore des pays qu'ils habitent; dans ces retraites élevées, ils n'ont guère d'autres ennemis à craindre que l'homme et les grands serpents; c'est pourquoi sans doute ils se rencontrent en nombre si considérable, qu'ils fatiguent le voyageur autant par la pétulance de leurs mouvements que par l'importunité de leurs cris. Nous en avons possédé un assez grand nombre, de tout âge et de tout sexe; il n'est point d'animaux plus agiles : celui que nous avons le mieux examiné s'élançait souvent de manière à faire plusieurs tours, comme en volant, couché sur le côté, ne se soutenant ainsi en l'air que par l'impulsion qu'il se donnait en frappant de ses pieds les parois de sa cage. Ces malbroucks faisaient rarement entendre leur voix, qui ne fut jamais qu'un cri aigre et faible, ou bien un grognement sourd. Les mâles, dans leur jeunesse, étaient assez dociles; msis, dés que l'âge adulte arrivait, ils devenaient méchants, même pour ceux qui les soignaient; les femelles restaient plus douces, et paraissaient seules susceptibles d'attachement. La circonspection est une des qualités principales du caractère de cette espèce; cependant les malbroucks sont excessivement irritables; mais si d'un côté ils sont violemment poussés par leurs penchants, de l'autre ils calculent tous leurs mouvements avec soin; et lorsqu'ils attaquent, c'est toujours par derrière et quand on n'est point occupé d'eux; alors ils se précipitent sur vous, vous blessent de leurs dents ou de leurs ongles, et s'élancent aussitôt pour se mettre hors de votre portée, sans cependant vous perdre de vue, et cela autant pour saisir le moment favorable à une nouvelle attaque que pour se soustraire à votre vengeance. L'extrême irritabilité du malbrouck est cause qu'on ne peut ni l'apprivoiser entièrement ni lui faire supporter de contrainte; c'est-à-dire qu'il n'est susceptible d'aucune éducation, que de celle de la nature; dès qu'on le violente et qu'on veut qu'il obéisse, sa pétulance cesse, il devient triste et taciturne, et bientôt après il meurt. Ces animaux se servent de leurs mains avec beaucoup d'adresse; ce sont des organes qu'ils emploient à tout; c'est avec elles qu'ils portent ordinairement leur manger à leur bouche, qu'ils jouent, qu'ils se battent; et ils saisissent les plus petits objets entre leur index et le pouce, malgré la brièveté de celui-ci. Lorsqu'ils mangent des fruits ou des racines, ils ont toujours soin de les peler avec leurô

ui!.\l»llll.\IAM';s.

Fig s't. — Main antérieure ilti iinlbrotick.

l'i;^. Sô. — M.ùii |nl^l^'■rieu^o ilii riiallirouiK.

LtLf ST.,!:

Fis. SI). — GiKiioii ÈiKilljroUL-k.

(lents; et ils flairent tout ce qu'on leur donne à manger; ils boivent constamment en humant. Leurs s<>ns sont fort bons, sans eepcndant être délicats; et c'est de celui de la vue dont ils font évidemment le plus d'usage. Les mâles paraissent toujours disposés à l'accouplement, mais je n'ai jamais vu de femelles dans ce cas; ainsi l'on ignore toutes les circonstances qui sont relatives à la reproduction de cette espèce. En général, les guenons sont beaucoup moins portées à se reproduire dans nos climats, et dans la gêne où nous les tenons, que les autres singes de l'ancien continent.

Toutes les parties supérieures du corps du malbrouck sont d'un gris verdàtre, qui résulte de poils alternativement colorés de jaune et de noir dans leur moitié extérieure; les membres, en dessus, et la queue, dans toute sa longueur, sont d'une couleur grise, produite aussi par des poils couverts d'anneaux blancs et noirs. Les poils de toutes ces parties sont gris à leur base; la face interne des membres, la partie supérieure des cuisses, le ventre, la poitrine, le cou, la gorge, les joues, et un bandeau sur les sourcils, sont blancs. Les poils des côtés des joues sont très-longs, et se dirigent en arriére, en formant des espèces de favoris; les yeux sont bruns; le museau est noir, excepté autour des yeux, où il y a de la couleur de chair; et cette dernière couleur tient d'autant plus de place que les individus sont pins jeunes; les oreilles et les paumes des mains sont également noires; les callosités et le tour de l'anus sont rouges, et cette couleur devient encore plus vive à l'époque du rut; entin, le scrotum est remarquable par sa belle couleur du lapis le plus pur. (Fhédéric Cuvier.)

t'ij;. S". — Tùle lie iiiiilbioucii

15. GlUONON TA.NT.M.r:. n-nCdVlTIll'XllS TA.\TM.i;s. (Ogill))-.

Caractèhes spécifiques. — Pelage vert olivâire en dessus; queue brune, et lerminêe par une houppe de poils jaunes.

Habite.

patrie inconnue.

Cette espèce n'est coiinni' (jiie par la desiriptioii ([n'en donne Ogilby. et elle est malheureusemenP trop peu détaillée, comme la plupart des caractéristiques fournies par les journaux scientifiques, lorsque les auteurs veulent s'assurer la priorité d'une description, véritable abus, consacré par l'usage, mais dont il est facile de comprendre les inconvénients; car il suffit de donner un nom à un animal, d'en fiire une description sommaire l'I presque toujours insuffisante, pour laisser à l'anlcnr le droit d'attendre ((u'il lui convienne de compléter son travail, et souvent il se croit dépouillé liiis{ine d'au-

QUAimiJMANKS H3

1res, dans ce cas, donnent nn antro nom accompagné d'une description complète à l'animal que le premier aurait pu faire connaître de suite. De h'i cette multiplicité des noms, cette synonymie embrouillée, ces erreurs inévitables, et le défioùt qu'on éprouve lors([u'on veut déterminer exactement une espèce qui a reçu dix ou douze noms difrérents, répétés ou cités sans examen, par autant d'auteurs peu scrupuleux sur le choix des autorités qu'ils citent.

Les nombreuses citations que l'on trouve dans les auteurs systématiques, dit Frédéric Cuvier, feraient naturellement penser que les animaux qui en sont l'objet ont été vus par un grand nombre d'observateurs, et qu'en réunissant ce que chacun d'eux a rapporté, on aurait, de la nature de ces animaux, une histoire complète. Cependant il n'en est point, à beaucoup près, ainsi : dès qu'on examine ces citations nombreuses et si variées, on voit bientôt qu'elles ne sont qu'un luxe d'érudition inutile, que, de tous les auteurs dont elles rapportent les noms, il n'y en a qu'un fort petit nombre d'originaux , que les autres sont de simples copistes, et que tout ce qu'on possède sur ces sujets, si complètement traités en apparence, consiste en quelques observations isolées, souvent contradictoires, qui, presque toujours, plongent l'esprit dans une situation plus pénible encore à supporter qu'une entière ignorance. Nous nous élevons avec d'autant plus de force contre ce faste de citations, qu'il n'a d'autres effets que d'induire en erreur, d'affaiblir le zèle, et d'empêcher que de véritables recherches ne soient acquises.

La guenon tantale a le pelage d'un vert olivâtre en dessus, et (U'udré sur la face externe des membres; la ((ueue est brune, mais terminée, comme chez le callitriche, par des poils jaunes, et les parties inférieures du corps sont de cette couleui'; la face est noirâtre, avec le tour des yeux livide; il existe une bande sourcilière blanche.

14. GUENON I\OUX-VL';iVr. CEIICOPITIIECUS liUFV-ViniDIS. visi.l. ClmiUio)- Saiiit-llibire.)

CAR.^CTiir.ES SPÉCIFIQUES. — Uiie bande sourcilière blanche; face noire; pelage vert roussàire en dessus, gris verdâtre sur les épaules et les cuisses, blanchâtre en dessous et loux sur les flancs.

Habite l'Afrique, côte occidentale.

Le dessus du corps et de la tète est d'un vert olivâtre, plus lavé de roux sur le corps que sur la tète; les flancs sont, dans la partie qui se rapproche de l'épaule, d'un vert roussâtre; les poils laineux sont, dans cette région, lavés de fauve roux sur une partie de leur étendue, et les poils soyeux, annelés de noir et de vert. Plus en arrière, vers le milieu des flancs, les poils laineux sont presque entièrement d'un fauve roussâtre clair, peu différent de la couleur connue sous le nom de nankin, et cette couleur se montre au dehors, chez notre individu du moins au travers des poils soyeux annelés de vert et de noir, peu nombreux en cette partie. Enlin, plus en arrière, et jusqu'aux aines, les flancs sont d'un fauve roussâtre presque pur, les poils laineux étant de cette couleur, sauf la racine, qui est blanche, et les poils soyeux, toujours annelés de vert et de noir, étant extrêmement peu nombreux.

Vi'^. SH. — Gucnoii ruux-vcrt.

iirSTOIRE NATllUELM'.

Los ('iiaiilos et les cuisses sont d'un vert giisMlro; la faee externe des avant-liras et des janihes d'un gris ii([iielé de verdàtre; les qualre mains, grisonnant. Quant à la fare interne des quatre membres, elle est blanche, de même que les parties infei'ieures.

La queue est, en dessus, d'un gris licjueté ; elle est blanchâtre en dessous; son extrémité est noire en dessus. Il existe quelques poils roux entre la queue et les callosités, à peu près comme chez la gneiion malbioiuk.

La fare est noire, comme chez la guenon grivet, avec un bandeau blanc en avant du front ; le menton est noir; sur les côtés de la face existent de longs poils blancs, dirigés en arriére et en haut, à peu prés comme chez le grivet.

La guenon roux-vert, quoique trés-voisine des guenons grivet et vervet, se distingue nettement de l'une et de l'aulre. (Uitre la couleur des lianes, et spécialement celle des poils laineux, qui sont blancs dans ces deux espèces, iiulre ([ucl((ues antres différences encore, il suflira de rap]ieler ici, pour la première, la couleur grise de la face externe des épaules, des cuisses, et, à plus forte raison, des avant-bras et des jambes; la couleur du menton, qui est revêtu de poils blancs et de poils roux; colle du pourtour de l'anus, où l'on voit aussi de longs poils blancs et point de poils roux ; |iour la seconde, le caractère qui lui a valu le nom de p;/f/cri;(/()-».ï, et la couleur nuire des quatre mains, ilsinoiir: tli'.iiFriaiv S.viM-lliLviiii:.)

lô. CUliNON l'A'l'.\S..ft7lfo;'/n;£CrS llUniUI (Geoffroy Saml-Hihiii-o.)

C.\a\CTÈr,Es SPÉCIFIQUES. — IVlage d'un fauve vif sur le corps et les parties externes des membres,

Fig. 89. — Guenon patas.

(jUADlUiMANES. 115

blanc en dessous et en dedans des mêmes parties; queue ruuge eu dessus, blanclie eu dessous; poils de la lèle roux vif; un bandeau noir sur le front; parfois un bandeau blaiie.

Habite le Sénégal et l'Élhiopie.

Buffon el Itaubenton ont décrit cette espèce sous le nom de patas à bandeau iioii', de singe rouge du Sénégal, et de palas à bandeau blanc, ce dernier comme variété du premier. Frédéric Cuvier semble disposé à croire qu'il existe deux espèces, laissant toutefois la question indécise. Voyons ce (ju'il dit de ces singes :

Le patas est une des espèces les plus reniarcpiables du genre guenon, à cause de sa couleur d' un roux uniforme l'I brillant. En effet, la phqiart des autres guenons ont le pelage varié de noir et de jaune, plus ou moins fauve ou Idanc, nuances qui prodiiis<'nt une teinte tantôt claire et brillante, tantôt sombre el foncée. Les rapports du patas sont plus nombreux avec les callitriclies et les malbroueks, etc., qu'avec les niônes et les ascagnes; son front n'a point le développement de celui des derniers; aussi ii'a-t-il pas leur naturel aimable et doux; et sa taille devient [ilus grande que la leur.

Toutes les parties supérieures de cet animal sont d'un fauve brillant, qui s'affaibii de ton, et prend une légère teinte grisâtre en descendant sur les bras et sur les jambes. La ((ueue est également fauve à sou origine; mais cette couleur se mêle aussi au gris et au jaunâtre à mesure qu'elle s'avance vers l'extrémité de cet organe, et ces changements sont encore plus sensibles â sa partie inférieure. Toutes les autres parties du corps de cet animal sont blanches, c'est-à-dire le ventre, la poitrine, la face interne des membres et les favoris, oU l'on voit cependant quelques poils jaunâtres. La peau des quatre mains est d'une couleur de chair violâtre, et celle de la face de la même nuance, mais plus claire; sur la lèvre supérieure, deux lignes, en forme de moustaches, sont revêtues de poils noirs, mais très-courts, qui donnent à cet animal une physionomie toute particulière.

Ce pelage n'est formé que de poils soyeux, qui sont gris à leur base, jaiine foncé au milieu, et noirs à leur pointe, et cette pointe noire se retrouve encore sur les poils entièrement blancs ; ils sont généralement assez courts, excepté à l'occiput, où ils sont beaucoup plus longs qu'aux autres parties; et les favoris se séparent vis-à-vis des oreilles, comme pour mettre ces organes à découvert.

Du reste, le patas a l'organisation des autres guenons; il ressemble, de tous iioints, au malbrouck, par les organes des sens et de la manducation, par ceux du mouvement et par ceux de la génération, c'est-à-dire qu'il appartient à leur genre.

J'ai possédé deux individus de cette espèce, et tous deux, quoique jeunes, étaient déjà méchants; ils montraient l'emportement, le caprice, et l'inaiTeclion des guenons; mais ils auuoiieaieiit aussi toute la pénétration de ces animaux. L'un était mâle et l'iiiitre femelle; ils étaient- du même âge, et se ressemblaient entièrement.

Cette belle espèce de singe est connue depuis longtemps, et la couleur paiticulière qui ta distingue n'a pas permis qu'elle devint un sujet d'erreur en synonymie. Ou a toujours pu la reconuaitie aisément; toutefois, quoiqu'elle ne paraisse pas très-rare, elle n'a pas été souvent représentée ni décrite.

bufl'on a parlé d'un patas à bandeau noir et d'un patas à bandeau blanc, et il a donné les figures de l'un et de l'autre; mais il ne regardait leurs différences que comme différences de variété. J'ai moi-méuie donné la ligure et la description d'un palas à bandeau noir dans la 15'" livraison de mon ouvrage. Depuis j'avais eu occasion d'observer un grand nombre de patas, et tous appartenant à l'espèce ([ue j'ai décrite, ou, autrement, à la variété caractérisée [lar le bandeau noir. Aujourd'hui le hasard m'a procuré la variété ou l'espèce à bandeau blanc, beaucoup plus rare, sans doute, que la première, et qui se présente avec des caractères assez particuliers pour qu'il devienne important de la connaître mieux qu'il n'était possible de le faire par le peu de mots qu'en disent liuffon et Daubenton; car elle se distingue de la première autrement ([ue par li' bandeau du front, et pourrait faire mettreen doute ce simple titre de variété sous lequel tous les naturalistes l'ont désignée jus([u'à iirésent.

A la vérité, mon patas à bandeau noir était une jeune femelle, tandis que celui à bandeau blanc était un mâle adulte, et l'on pourrait attribuer les dif.erences de couleur aux différences d'âge ou de sexe; mais, outre que l'individu à bandeau noir de Dulfon était une femelle adulte, ce ([ui exclutl 'influence de l'âge, on sait que dans le genre très-naturel des guenons les mâles et les femelles ne différent point par les couleurs; et ce qui a été observé chez les callitriclies, les grivets, les mal-

110 HISTOmii NATURELLE.

broiR'Ls, les mangabeys, existe sans doute chez les patas. Par conséquent, le palas à bandeau noir et le patas à bandeau blanc sont des types de deux espèces. Nous ne toucherons point à cette question sur le seul examen de l'individu que nous publions aujourd'hui; nous pourrions même dire le seul que l'on connaisse, car Buffon et Daubenton se bornent à indiquer, en parlant de leur second patas, le trait qui le distingue du premier. D'autres détails porteront à penser que d'autres traits encore, non moins importants que le |)remier, ]>()uvaieiil être présentés.

En effet , notre patas à bandeau blanc diffère de l'autre par un pelage roux moins foncé et plus orangé aux parties supérieures du corps, par l'absence de moustaches noires sur les lèvres, par des membres antérieurs, gris dans toute l'étendue de leur face supérieure, depuis l'épaule jusqu'à la main, au lieu d'être roux; par la jambe de derrière, entièrement grise, au lieu d'être rousse; par deux lignes de poils noirs qui partent obliquement de chaque extrémité du bandeau blanc, et qui viennent se reunir sur la tête, à peu près à distance égale de son sommet et du front; et, enlin, par une la('he blanchâtre sur la cuisse, au-dessous de la base de la queue. Pour tout le reste, ces animaux sont semblables; ils ont les mêiiTes proportions, et paraissent avoir le même naturel.

Les différences que nous venons de signaler entre les deux patas sont à peu près égales à celles qui distinguent l'un de l'antre les callilriches, les grivets, les inalbroucks, les vervets, etc.; mais, nous le répétons, nous ne prononcerons point sur ce que ces différences peuvent avoir de spécifique, il nous suffit, pour le moment, de les faire connaître. De nouvelles observations viendront, plus lard, pour décider la question qui, aujourd'iuii, nous parait encore indécise. (Frkdéric Ccvifii.)

10 fiUENON CALLITRICtlE rF.nrOPITlIECVS SAUMVS. ( Erxlcbcn.)

CARACTÈnES SPÉCIFIQUES. — Pelage vert doré vif en dessus, gris sur les régions externes des membres; queue jaune verdâtre, terminée par un bouquet de poils jaunes; parties inférieures et internes d'un blanc lavé de jaunfitrr; favoris jaune doré; scrotum blanc verdâtre; peau nue des extrémités, noire; face noire et surmontée d'une ligne sourcilière blanche, peu distincte,

Habite le Sénégal, le Gap et les iles du cap Vcit.

Le callitriche, dit Frédéric Cuvier, a les plus grands rapports avec le malbrouck, que nous avons décrit; ils sont tous deux du même genre : tout ce qui est propre à l'un des organes des sens, dans ceux du mouvement, et dans ceux de la génération, est, sans nulle exception, propre à l'autre, et ils ne doivent également que très-peu différer par l'intelligence. Aussi je ne rapporterai point ce que j'ai dit avec assez de détails sur ces divers sujets à l'article du malbrouck, et je passerai immédiatement aux caractères spécifiques.

La couleur du callitriche, aux parties supérieures du corps, est d'un vert jaunâtre, comme son nom vulgaire l'indique, et provient de poils couverts d'anneaux jaunes et noirs, sur lesquels le jaune domine; la face externe des jambes est plus grise, le jaune des poils ayant disparu en partie; le dessus de la queue est comme le dessus du corps, mais elle est terminée par un long pinceau de poils jaunes. Les parties inférieures, la face interne des jambes, le dessous de la mâchoire, de la gorge et du cou, sont blanc jaunâtre; le dessous de la queue est plus grisâtre que le dessus et que les poils qui environnent en arrière les parties de la génération; ceux du dessus des sourcils, et ceux des favoris, sont d'un brun-jaune ; et ces derniers se dirigent d'avant en arrière, en s'ccartant un peu, de sorte que, vus de face, ils forment comme une sorte de fraise. La face, les oreilles et la peau des mains, sont tout à fait noires; la peau des testicules est verdâtre. Les oreilles diffèrent de celles du malbrouck, en ce qu'elles sont moins arrondies et commencent à s'allonger en pointe; elles semblent faire le passage des oreilles de guenons aux oreilles de macaques. Comparé au malbrouck, le callitriche a aussi la face plus allongée, moins arrondie, sans cependant que cette différence paraisse influer en rien sur les qualités de l'entendement.

Dans nos ménageries, ces singes montrent de la malice et de l'intelligence; mais ni l'une ni l'autre

Guciioii couronnée

Il'

n'ont l'occasion de se développer, et , à p;irl ce qu'en dit Adanson , on ne connaît rien sur leurs mœurs à l'état de liberté. Ce célèbre voyageur a trouvé ces singes en très-grande quantité au Sénégal ; ils se tiennent sur les arbres, en troupes très-nombreuses, et gardent le plus profond silence, même lorsqu'ils sont blessés. 11 ne les aperçut d'abord que par les brancbes que ces animaux lui jetaient, et les coups de fusil ne les effrayaient point; il en tua vingt-trois dans moins d'une lieure, et dans l'espace de vingt toises. Cependant ils finirent par se cacber derrière les plus grosses iiranches ou par s'éloigner, soit en descendant à terre, soit en .s'élançant de la cime d'un arbre à la cime d'un antre.

Fig 00 — Guenon callitrichc.

La Ménagerie du roi a souvent possédé des callitriches mâles; et je n'ai jamais eu l'occasion d'en voir de femelles. Buffon rapporte qu'elles ont une menstruation pcriodi([ue, mais il ne dit point si les parties environnantes des organes génitaux étaient susceptibles de se gonfler par l'accumulation du sang, comme il arrive à d'autres guenons, et on ne sait rien sur leur génération. L'individu que j'ai fait représenter était fort beau et assez doux, quoique adulte; il aimait à se faire gratter par les personnes qu'il connaissait, et il chercbait rarement à nuire. Lorsqu'il éprouvait du contentement, il faisait entendre un petit grognement particulier assez doux, qu'on pourrait reproduire par la syllabe grou, sur l'r de laquelle le son se prolongerait; il ne se mettait point en colère. (FnÉuÉiiic

il GUENON VEIWET. CEMOPITnECVS PÏGERYTnnVS. (Fréd. Cuvier.)

CvRACTÈiiES SPÉCIFIQUES. — Uuc baudc blancbe au devant du front; pelage d'un vert jaunâtre, tiqueté de noir sur la tète, le dos, les épaules, les flancs et le dessus de la queue; gris sur la face externe des membres; parties inférieures du corps et de la queue, et dedans des membres, blancs; la face, le menton, les quatre mains, dans leur totalité, et le bout de la queue, noirs; tour de l'anus d'un roux vif; scrotum vert-de-gris.

Habite l'Afrique, région encore indéterminée.

Le nom de pj/^ccf/z/irics . donné à cette espèce par Frédéric Cuvier, veut dire derrière rouge, et

exprime la particularilé que présente le vervet d'avoir l'anus bordé de poils de couleur rousse, particularité qui ne lui est cependant pas exclusive, car plusieurs autres espèces nous en olfrirûnl l'exemple.

Fig. 91. — Guenon vervet.

18. GUENON GRIVET. CERCOPITUECVS GRISEO-VIRIDIS. ( Desmarest.)

Caractères spécifiques. — Face noire bleuâtre; tour des yeux carné; favoris et bandeau frontal blancs; pelage vert sale sur le corps et sur les flancs, blanc assez pur en dedans des membres, sur le ventre et le thorax; pieds et mains d'un noir vif; queue grise dans toute son étendue; scrotum vert-dc-sris, entouré de poils orangés.

Habite la Nubie, l'Abyssinie el l'Egypte.

Legrivet est connu, en Abyssinie, sous le nom de loin, et, dans le Sennaar, sous celui à'abcUan. Cet animal ressemble beaucoup au malbrouck par les couleurs générales du pelage, mais il en diffère par les formes de la tête, moins arrondies, par le scrotum, qui est d'un vert de cuivre, au lieu d'être bleu lapis. Il se distingue du callitriclie par sa couleur beaucoup plus sombre, le bandeau blanc des sourcils, ses favoris blancs el sa queue grise jusqu'à son extrémité; il lui ressemble, au coiiti'aire, par la forme pyramidale de la tête, par la couleur du scrotum, et par la coloration des poils qui environnent ces organes, jaune, il est vrai, chez le callilriche, au lieu d'être orangée.

Toutes les parties supérieures de son corps, excepté les membres el la queue, sont d'un vert sale

QUADItllMANKS.

(|iii l'osiillo dos poils anncli's do i^ris noirâtre et do jaiino livido; los poils dos oiiissos ont la mômo disposition, mais il y a tros-pcu de jaune; cl tous los anneaux sont gris et blancs sur les pattes de devant et de derrière. A la face interne des membres, au ventre, à la poitrine, à la partie antérieure des épaules, au cou et à la face interne de la queue, le poil est blanc. Les favoris, et un bandeau qui passe sur les sourcils, ont aussi cette couleur; les oreilles, la paume des quatre mains et la face, sont

Fig. 92. — Grivet et son petit.

d'un noir violàtre, mais le tour des yeux est d'une couleur de cbair livide; quelques poils noirs, longs et roides, assez semblables à des soies, naissent sur la crête sourcilière, entre les deux yeux.

J'ignore d'où cette espèce est originaire; et elle arrive assez fréquemment en Europe pour qu'on doivesupposer qu'elle a déjà été vue par les naturalistes; mais aucun d'eux ne l'a encore décrite, parce qu'elle a été confondue sans doute avec le callitriche, dont elle a la face allongée, et qui était mieux connu que le malbrouck, dont les véritables caractères, pendant bien longtemps, ont été ignorés.

Le grivet a le naturel des guenons de grande taille. Celui que j'ai fait représenter avait été donné à

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la Ménagerie du roi parce que sa familiarité commençait à devenir dangereuse. Une feniello à laquelle nous l'avions réuni, mais qui n'a jamais éprouvé le besoin du rut, parce qu'elle était f^iible et malade, a, par contre, toujours conservé sa docilité. Elle avait été élevée avec douceur, et n'avait jamais reçu de son maître que des caresses; aussi, répondant à ce traitement, elle avait acquis une confiance si grande, qu'elle en était devenue importune.

Nous avons déjà eu plusieurs occasions de faire remarquer, chez les femelles de singes, cette disposition à la coniiance et ce besoin d'affection qu'on ne rencontre que comme une exception chez les mâles; mais'c'est sans raison qu'on a dit que ce besoin .se manifestait plutôt pour un homme que pour une femme.

Ces animaux sont trés-susceptibles de jalousie, ou plutôt d'un sentiment qui a l'apparence extérieure de cette passion; car elle ne peut pas exister chez les animaux avec les mêmes caractères que chez l'homme; mais il l'exprime indépendamment de tout rapport de sexe. Lorsqu'un singe femelle est attaché à sa maîtresse, il témoigne indifféremment, aux hommes et aux femmes, son espèce de jalousie; et s'il est quelquefois arrivé autrement, cela à tenu si^rement à des circonstances qui n'ont point été appréciées. Le nom que j'ai donné à cet animal est celui qu'il avait reçu de son maître, et auquel il répondait. (Fuédéric Cuvier.)

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