‹ Encyclopédie d'histoire naturelle; ou, Traité complet de cette science d'après les travaux des naturalistes les plus éminents de tous les pays et de toutes les époques: Buffon, Daubenton, Lacépède, G. Cuvier, F. Cuvier, Geoffroy Saint-Hilaire, Latreille, De Jussieu, Brongniart, etc. etc (volume 3)Chapitre 21 sur 81 · X-^iowiciiu- arciipe. — (yjsjacaaiieii · texte numérisé non relu

X-^iowiciiu- arciipe. — (yjsjacaaiieii

Par leurs formes et leurs habitudes, les macaques établissent le passage des guenons aux cynocéphales. Ils ont le museau plus larije et plus prolongé que les guenons; leur corps est généralement plus trapu, et leurs membres sont assez proportionnés; leurs fesses présentent de fortes callosités, et leur queue est de longueur variable. On trouve ces singes en Afrique, en Asie, et dans les îles de l'archipel indien. Ce groupe ne comprend qu'un seul genre.

GENRE MAC.\QliE. MACACUS. (Lacépède.)

Macaco. Nom iiiiiit)iié |i;ir les Pnilug;iis.

Le nom de macaque, au dire des Portugais, est donné, par les nègres du Congo, aux singes qui vont nous occuper. Le genre macaque forme trois divisions : les macaques, les maimons et les mai;ots. Les premiers ont une queue longue; les seconds, au contraire, l'ont assez courte ou seulement rudimenlaire.

CAli.VCTÈRES GÉNÉRiyiîES.

Miiscau assez rjros cl assez, allongé: nez à peine saillant; narines ohliques, placées h la base supérieure (In museau, mais non Icrminalcs.

Arcades sourcilières très-prononcées, couvrant les orbites; front peu étendu.

Oreilles nues, assez grandes, leurs bords supérieurs et postérieurs anguleux.

Membres assez i-obustes, proportionnés; mains penladactijies; pouces antérieurs courts.

Tète gro-'ise; cou court; corps as.tci Inipu.

Queue de longueur variable.

Des abajoues.

Des callosités très-prononcées aux fesses. ,

Les macaques habitent les forêts de l'Asie méridionale et de l'archipel indien , où ils vivent en troupes plus ou moins nombreuses.

Ces singes, assez intelligents, méritent le nom de maraudeurs. Dociles et éducables pendant le jeune ûge, ils deviennent intraitables et méchants en vieillissant. Les femelles conservent cependant un ])eu de la douceur et de la docilité du jeune flge. Aussi, dit M. Isidore Geoffroy Saint-Hilaire, tandis que beaucoup de personnes élèvent assez volontiers de jeunes macaques, et les prennent même en affection, dans cet âge, où ils ne manquent véritablement ni de grâce, ni de douceur, il en est bien peu qui veulent les conserver longtemps, et qui ne s'empressent de s'en défaire dès qu'ils sont parvenus à l'âge où ils prennent, avec leurs forces, les penchants et les habitudes qui caractérisent leur espèce.

Pendant le rut, on remarque, chez les femelles, un gonflement plus ou moins considérable du tissu érectile environnant les parties sexuelles. Cette disposition explique assez leur lascivité habituelle.

Les macaques se reproduisent assez facilement dans nos climats; on peut^n citer des exemples à la ménagerie du Muséum de Paris. Nous reproduisons plus loin l'histoire d'un jeune rhésus, né au .lardin dos Plantes, en novembre 1824, et qui a servi aux observations de Frédéric Cuvier.

Les macaques ne présentent pas tous les mêmes caractères extérieurs, et, par suite, ils n'ont pas tous les mêmes habitudes; les uns sont généralement connus sous le nom de macaques, les autres sous celui de maimons; un seul est distingué sous le nom de magot.

Mansaliey f'oriielle.

MACAQUES (a queue longue).

Les espèces de celte subdivision se rapprochent beaucoup des guenons; leur museau est cependant plus allongé; et elles se distinguent des macaques de la seconde subdivision par leur queue

longue.

1. MACAQUE MARGABEY. MACACUS MTUIOPS. (Geoffroy Saiiit-llilaire.)

Caractères spécifiques. — Pelage gris ardoisé, tirant au roux-marron sur le sommet de la tête; un bandeau blanc sur le front et descendant sur les côtés du cou; face noire, avec les paupières d'un blanc mat; favoris épais et gris; dessus du corps et région interne des membres, blancs; mains noirâtres.

Habite la cote de fuiinéc, l'Abyssiuie?

Cette espèce a été décrite, par Buffon, sous le nom de mangabey à collier, la considérant comme une simple variété du mangabey.

Ces deux quadrumanes, dit Frédéric Cuvier, ont, en effet, de nombreux et d'intimes rapports; et, s'ils appartiennent à deux espèces différentes, comme on le pense aujourd'hui, aucune autre de celles qui sont connues ne peut venir s'interposer entre eux et les séparer; ils sont, à cet égard, l'un à l'autre, ce qu'est le grivet au callitriche, et l'ascagne au blanc nez. Les mêmes lois, les mêmes forces, les mêmes influences, ont présidé à leur organisation; ils nous présentent les mêmes formes générales, la même taille à de légères exceptions près, et la même distribution de couleur.

Fig. 9G. — Macaque mangaliey.

Le mangabey à collier, comme le mangabey proprement dit, a toutes les parties supérieures du corps, c'est-à-dire les épaules, le dos, les cotés, les bras et l' avant-bras, les cuisses et les jambes, les pieds et la queue, d'un beau gris d'ardoise; ils ont, de plus, l'un comme l'autre, les parties inférieures, c'est-à-dire le dessous du cou, la poitrine, le ventre, la face interne des membres, blancs. Ils ne diffèrent donc véritablement que par les couleurs de la tête. Le mangabey à collier a le somme! de la trie d'un beau brun-marron; la nuque et les tempes tout à fait blanches, et la face, les

IIISTOIUE NATURELLE.

oreilles et les mains, noires ; on voit, de plus, une bande de poils gris sur les favoris; au-dessous de l'oreille, les poils blancs qui entourent le cou de cet animal lui ont valu la dénomination qui le dislingue du mangabey, dont le dessus du cou est entièrement gris. Comme on le voit, les différences de ces deux animaux sont peu importantes, et Buffon, qui n'avait eu qu'un individu du mangabey à collier, était fondé, jusqu'à un certain poini, et surtout à l'époque où il écrivait, à ne le regarder que comme une variété de son mangabey. Aujourd'hui, que plusieurs autres individus semblables ont été observés, et toujours avec les mêmes signes, les mêmes traits, il est impossible de ne pas reconnaître en eux les caractères d'une espèce distincte de toute autre. Aussi M. Geoffroy Saint-llilaire l'a-t-il, depuis longIem|is, établi sous le nom particulier d'ciliiopciis, donnant au mangabey sans collier celui de (uliifinosiis .

Fig. 97. — Mangabey femelle.

Fig. 98.

Main antérieure du njangabey.

Fig. 99.

Flî. 100.

Main posléheuie ilu mangabey.

Fig. 101

(JUADKUMANLS. • 127

Ces deux espèces paraissent encore se ressembler par le caractère comme par les couleurs ; ils sont moins pétulants, moins intraitables, moins irascibles que les callitriches ou les malbroucks; et la plupart de leurs impressions s'expriment par les mouvements de leur figure, et surtout par leur manière particulièrede remuer leurs lèvres et de montrer leurs dents, circonstance qui , je crois, n'est présentée par aucune autre espèce. (Frédéric Cuvier.)

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Fii;. 102. — Tète de mangabey femelle.

2. MACAQUE ENFUME. ilACACVS FULlGimSVS. (Geotlroy Saint-Hilaire.)

C.\RACTÈREs SPÉCIFIQUES. — Pelage, en dessus et en dehors des membres, grls-bruii fuligineux, blanchâtre, lavé de gris en dessous et en dedans des membres, sur les joues et sous le menton; paupières blanches.

Habite le Congo, la Côte-d'Or.

Cette espèce est le mangabey sans collier de Ruffon.

« Tout le dessus du corps et la queue sont d'un gris d'ardoise, passant au noir sur les membres; le dessous du corps et les favoris blancs grisâtres ; mains noires; oreilles violâtres; la paupière supérieure, toujours blanche, se détache fortement du visage, quelquefois tout entier d'une teinte livide foncée; quelquefois noirâtre en bas et cuivré sur tout le reste. C'est la seule des guenons qui porte sa queue renversée et droite parallèlement au dos. Frédéric Cuvier n'en a pas vu, sur un tiè.s-grand nombre, une seule qui ne fût douce et familière, malgré la plus grande pétulance. Les mâles accompagnent leurs gesticulations d'une sorte de rire. Nous en avons longtemps observé un vivant au milieu des animaux destinés aux expériences de Magendie; jamais il ne leur cherciiait querelle. 11 opposait même une assez grande patience aux provocations des élèves. » (Desmouliins.)

Les femelles, à l'époque du rut, ou chaque mois, éprouvent un gonflement considérable des parties sexuelles.

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