‹ Encyclopédie d'histoire naturelle; ou, Traité complet de cette science d'après les travaux des naturalistes les plus éminents de tous les pays et de toutes les époques: Buffon, Daubenton, Lacépède, G. Cuvier, F. Cuvier, Geoffroy Saint-Hilaire, Latreille, De Jussieu, Brongniart, etc. etc (volume 3)Chapitre 26 sur 81 · MACAQUE MAIMON. MACACUS NEMESTRINUS. (Desm;iresl · texte numérisé non relu

MACAQUE MAIMON. MACACUS NEMESTRINUS. (Desm;iresl

C.\R.\CTÈREs SPÉCIFIQUES. — iVlage fauve verdâtre ou roussàtre, avec le sommet de la tète noir, le milieu du dos brun; les joues et toutes les parties du corps sont d'un blanc roussàtre; queue trèscourte.

Habite Java et Sumatra.

Dans les pays habités par ce singe, on lui donne les noms de barou et de briih; Edwards celui de singe à queue de cochon, et Bul'fon l'a décrit sous le nom de maimon, en le confondant, en partie, avec le macaque rhésus; Frédéric Cuvier en a donné l'histoire en lui conservant le nom de singe à queue de coclion. Voilà ce qu'il en dit : La couleur générale de ce singe est d'un blond foncé ver-

iU

IIISTOIUE NATURELLE.

datre, lésullanl d'anneaux noirs et jaunes qui recouvrent la partie visible des poils. Leur moitié inférieure est grise. Le milieu du sommet de la tête, dans une largeur de deux à trois doigts, est noir, et cette couleur descend sur le cou, le dos et la queue, mais en prenant une légère teinte verdâtre. Cette teinte couvre les épaules, devient plus jaune et presque fauve sur les avant-bras. Les cuisses sont verdâtres, comme les épaules, mais avec un mélange de gris; les joues, le dessous du menton et du cou, la poitrine, le ventre, le dessous de la queue, et toutes les autres parties inférieures du corps, sont blonds. Au devant des oreilles, à leur base et sur les joues, au-dessous des yeux, on voit un reflet noirâtre, et, derrière les oreilles, tous les poils sont noirs. La face basanée et presque nue, depuis les sourcils jusqu'à la bouche; on n'y voit que quelques poils longs et noirs. Les oreilles et l'intérieur des mains sont nus, et de la couleur de la face, ainsi que les callosités des fesses. Dans toutes les parties inférieures du corps, les poils sont très-rares ; mais le pelage est très-fourni dans les supérieures; et il ne se compose que de poils soyeux.

Maca(|ue iiMiimm,

Le mairaon est de la grosseur d'un chien de moyenne taille; les mâles et les femelles se ressemblent pour les couleurs; les jeunes sont d'un ton plus doré que les adultes. Les maimons, comme tous les autres macaques, montrent assez de douceur et de ilociliié lorsqu'ils sont jeunes, et deviennent extrêmement méchants dés qu'ils avancent en âge; seulement les femelles conservent toujours un caractère plus traitable que les mâles. Celle que nous avons eue était quelquefois attachée à un arbre, auquel elle montait avec beaucoup d'adresse et de facilité, et elle se plaisait à en arracher les feuilles, quoiqu'elle ne les mangeât pas. Ordinaiiement elle se plaçait sur une enfourchure, où elle restait tant qu'elle était attachée; mais elle dénouait, avec beaucoup d'adresse, la corde qui la retenait, et alors elle courait visiter les maisons du voisinage , jamais cependant elle ne cherchait à nuire ; et, si elle ne se laissait pas toujours reprendre volontiers, c'était du moins toujours sans grande résistance. Les enfants seuls excitaient son humeur, et elle le leur montrait en prenant une posture et en faisant une grimace très-bizarres : accroupie, les jambes très-rapprochées l'une de l'autre, le cou tendu horizontalement, elle avançait ses lèvres, en les serrant fortement, et transformait ainsi

(JUADRUMANIiS.

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sa bouche en une sorte de bec mince et large. Chaque mois elle entrait en rut, et cet ét:it se manifestait par (les phénomènes particuliers. Dans son état ordinaire, sa vulve était entourée d'une large surface nue d'une forme trop compliquée pour être décrite, et revêtue d'une peau basanée que de nombreuses rides recouvraient. Dès les premiers moments du rut, le sang s'accumulait dans cette

l'^iiï. 1 16. — Mainioii

partie, et finissait, au bout de quelques jours, par h remplir entièrement, et par distendre, comme par une sorte d'érection, et en la colorant, la peau tlasque et lâche dont elle était revêtue; bientôt après, des traces de sang se montraient au dehors, et produisaient une véritable menstruation. Lorsque le rut était arrivé à ce point , le gonflement des parties environnantes de la vulve diminuait graduellement, le sang rentrait petit à petit dans la circulation générale, et tout revenait dans l'etui ordinaire.

Cette femelle fut réunie à un mâle méchant jusqu'à la férocité, mais qui ne le fut point pour elle. Ils s'accouplèrent à la manière ordinaire des quadrupèdes, et leur union, qui se répétait à de courts intervalles, durait à peine quelques secondes. La femelle en fut bientôt fatiguée; et, comme le mâle la tourmentait beaucoup, on les sépara, et ils ne furent plus rapprochés qu'aux époques du rut. La dernière de ces époques se montra vers les premiers jours de décembre 1806, et l'accouplement eut fréquemment lieu du 10 au 15, après lesquels ces animaux furent séparés. Dès lors le rut ne reparut plus ; et, après sept mois et vingt jours, la femelle mit au monde un petit qui paraissait être à terme, mais qui avait perdu la vie en naissant. Ce jeune maimon ressemblait presque entièrement à sa mère; le fond de sa couleur était blond jaunâtre, et l'on voyait, très-distinctement, le noir de la tête et du dos. (FriÉDÉnic CuviF.r.)

lie

13 MACAQUE LASCIF. MACACVS LIBIDINOSVS. (Isid. Geoffroy Saint-Hilaire.)

Cakactères spécifiques. — Joues d'un fauve légèrement olivâtre, ainsi que les épaules et les membres antérieurs; sur la tête, une tache noire se prolongeant sur le dos et la queue ; turgescence énorme des organes sexuels pendant le rut.

Habite ?

La description de cette espèce est faite, dit M. Isidore Geoffroy Saint-Hilaire, d'après un dessin qui se trouve dans la riche collection des vélins du Muséum; l'individu représenté est une femelle. Ce singe est fort semblable au maimon , dont il diffère cependant par ses joues d'un fauve légèrement olivâtre, comme les épaules et les membres antérieurs, et non pas blanches ou blanchâtres comme chez le maimon. Il a de même une sorte de calotte noire sur la tèle; et cette tache se prolonge sur le dos cl la queue, qui se trouvent, ainsi que toutes les parties postérieures du corps et

Fig. iI7. — Macnijue lascil.

la face externe des membres de derrière, d'un brun légèrement nuancé de fauve olivâtre. La face interne des membres, soit antérieurs, soit postérieurs, semble grisâtre sur le dessin; et le dessous du corps d'un blanchâtre qui se nuance insensiblement avec le brun du corps. La face et les doigts sont à peu près couleur de chair. Enfin, le corps parait plus grêle que chez le maimon, et la queue est â peu près de même longueur. Mais ce qui rend cette espèce extrêmement remarquable, c'est l'énorme turgescence des parties sexuelles pendant le rut. L'anus, les callosités, et même le dessous

de la queue , dans presque toute son étendue , acquièrent un développement véritablement prodigieux , et dont il est tout à fait impossible de se faire idée par la fluxion, quelquefois cependant assez abondante, qu'on observe périodiquement chez les autres macaques. (Isidore Geoffroy Saint-

IllLAIRE.)

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