ATÈLE MÉLANOCHEIR. ATELES MELANOCBiR. (Desmarest
(1ai!.\ctères spécifiques. — Pelage gris; dessus de la tète, extrémités des membres, d'un brun-noir ou d'un gris-brun; une tache oblique, et de même couleur, sur la partie externe de chaque genou.
Habite le Pérou.
Cette espèce, considérée longtemps comme douteuse, ou comme simple variété d'âge, a été décrite par Desmarest, et, depuis, par Frédéric Cuvier, qui lui fait prendre rang parmi les espèces bien caractérisées. L'individu que nous décrivons, dit-il, détruit ù peu près toutes les incertitudes; et, dès aujourd'hui, le mèlanocheir vient, comme espèce, prendre un rang légitime parmi les atèles. Nous ferons observer, cependant, que tous les naturalistes ne partagent pas l'opinion de Frédéric Cuvier. (Lesson.)
Ce singe a la tête, les quatre membres et le dessus de la queue, revêtus de poils noirs; la face interne des bras et des avant-bras jusqu'aux mains, la face interne des cuisses et des jambes, le dessous de la queue, le dessous du cou, la poitrine, le ventre et les côtés des fesses, sont blancs; les épaules sont d'un gris jaunâtre; et le reste des parties supérieures du corps, ainsi que les favoris, d'un gris plus pur. Les quatre mains, et la partie nue de la queue, sont noires; et, à la face, il en est de même des joues et de la moitié inférieure du nez; mais le tour des yeux et le tour de la bouche sont couleur de chair. Le pelage se compose entièrement de poils soyeux; ceux des [lailics blanches et noires sont d'une seule teinte; et ceux des parties grises sont annelés de noir et de blanc plus ou moins jaunâtre. Ses proportions et sa taille sont exactement celles du beelzébuth. (Fré-
DÉBIC CliVIER.)
6. ATIÎLE MÉTIS. ATELES UYMIDVS. {IsiJ. Geollïuy Siinl-Ililaiie )
Cah.^ctères si'Écifiques. — Pelage brun cendre clair eu dessus, blanc en dessous, â la face interne des membres et au milieu du front.
Habile la Colombie.
Le caractère le plus apparent de l'atèle métis consiste dans une tache blanche placée sur le front, el de forme à peu près sémilunaire; elle a environ un pouce de largeur sur la ligne médiane, et se termine en pointe de chaque côté, au-dessus de l'angle externe de l'œil.
Le dessous de la tête, du corps et de toute la queue jusqu'à la callosité, et la face interne des membres, sont d'un blanc sale. Les parties supérieures sont généralement d'un brun cendré clair; cette nuance passe au brun pur sur la tête, les membres antérieurs, les cuisses et le dessus de la queue; tandis qu'elle passe au jaune très-prononcé sur les fesses, les côtés de la queue et une par tie des membres inférieurs.
Le mâle et la femelle ont le même pelage. Le jeune mâle se distingue seulement par la teinte plus claire des parties su])èrieures. ipii sont d'un cendré roussâlre.
I'.»t; IIISTOIUE NATURELLE.
L'ali'le métis est à peu près de la inênu' taille que la |)lui)aft de ses ioiii;('riéres. Sa longueur, depuis la partie antérieure de la tête jusqu'à l'origine de la queue est de 0"',(J0; sa queue, un peu plus courte que chez les autres espèces, mesure 0'",70.
L'aléle métis conserve, toute sa vie, la couleur indiquée; mais, en admettant qu'il devint noir à l'état adulte, supposition inadmissible, il ne serait pas moins certain qu'il doit former une espèce distincte de toutes celles qui sont déjà connues. Il en est deux seulement avec lesquelles on pourrail le confondre : Vnlelcs beclzebulli et Vatclcs marcfinatus. Mais le bceUebulli n'a point de tache blanche au front, et les poils, du côté de la tête et du cou, sont disposés un peu différemment. Leur princi|ial centre d'origine est toujours, chez le beelzébuth, à l'occiput ou à la région supérieure du cou; chez l'atèle métis, il est toujours à la partie inférieure de la région cervicale. Dans les deux espèces, l'oreille est en grande partie cachée par des poils; mais, chez le beelzébuth, c'est par de irés-longs poils naissant sur toute la joue, depuis la commissure des lèvres, et se dirigeant en arriére; chez l'aléle métis, c'est par des poils assez courts, qui naissent du centre commun d'origine, et se portent en avant.
Quanta Valcles murghialiis, il suffirait presque de dire qu'on en connaît le jeune mâle et la femelle, et que tous deux .sont noirs comme le mâle adulte. Cependant on peut ajouter que la portion supérieure de la léîe" qui est couverte de poils blancs et courts, est beaucoup plus étendue, chez Vatcles mimj'malHx, que chez Valcles lifibridiis; aussi la petite houppe, qui résulte de la lencontre des poils du front et de ceux du reste de la tète, est-elle placée sur le milieu du crâne chez le premier, et, au contraire, très-rapprochée des orbites chez le second.
L'atèle métis est très-commun dans la vallée de la Madeleine (Colombie). On lui donne le nom de nmvhnomla. que l'on applique aussi à beaucoup d'autres singes, et celui de zmnbo ou mono zambo, c'est-à-dire singe métis.
Zambo est en effet le nom créole du niélis du nègre et de l'indien; et nu l'a donné à Valrirs lii,bnilu.i, parce que sa couleur est à peu prés celle de ce métis.
Cette espèce vit par troupes de douze ou quinze individus. (Juaud on maiche dans les bois, leur présence s'annonce par le bruit qu'ils font en se jetant d'une branche sur une antre. Lorsqu'ils voyagent, les femelles, qui paraissent tiès-atlachées à leurs petits, les portent sur leur dos. Quand une mère, embarrassée de son petit, a un saut considérable à faire, un mâle se place sur la branche où celle-ci doit passer, et il la fait osciller de manière à l'amener au niveau de la femelle, qui |)rolite de ce moment pour sauter. Si, au contaire, un jeune individu déjà fort, mais retenu par la peur, refuse de sauter, sa mère fait devant lui le saut qu'il s'agit d'exécuter, recommence à plusieurs reprises, s'il est nécessaire, et tâche de le décider par son exemple.
Le fait suivant a été rapporté à M. Roulin par un témoin oculaire. Une femelle, qui portait son pelil, loniba frappée d'une balle. Le petit la quitta au moment de sa chute, s'accrocha à une branche de palmier et se mit à crier. Presque au même moment, un mâle, qui l'entendit, s élança, ou plutôt se laissa tomber à côté de lui, sur la branche qui, trop faible pour supporter un double fardeau, se brisa. Les deux individus tombèrent a terre; le petit se plaça à l'instant même sur le dos du mâle, mais celui-ci resta immobile et comme étourdi. (Juelqu'uu s'avança alors pour le [irendre; aussitôt le mâle se releva, courut à quatre pattes vers une liane qui descendait du haut d'un arbre, et, la saisissant, monta et disparut bientôt avec le petit. (Isidore Geoffroy Saim-Uiluhe.)
§ 'J — Pouces sous eohme de lULiEncuLE et sans ongle.
7 ATÉLli CIIAMJiK AlliLliS VL.\TAU.\C HIAS iGcoltioy Saiiil-llil;iiic.)
Caractères spécifiques. — Pelage noir; pouces des mains antérieures se monirani sdus la forme le liibercules ou de verrues sans ongles.
Habile le Pérou et la Guiaiie.
Alèlu belzL'Iiiilli (mâle).
relie espace :i (^té présentée par Spj\ coiiinie lype du fîenre cpi'il a établi sous le nom de l!racliytèles (court, pouee). Ce genre n'a point été adopté; et, des espèces qui s'y (niuvenl réunies, l'une est un-atèle (hrachijliies pcntadacnjliis), ei l'autre un ériode (hraclifitclcs hijpoxaullnis).
Le chaniek a les plus grands rapports avec le coaita; mais il en diffère essentiellement par la présence d'un petit rudiment de pouce composé d'une seule phalange sans ongle aux mains antérieures. 11 est aussi plus grand que les autres atèles; sa longueur, mesurée du sommet de la tète A l'origine de la queue, est de quai'ante-huit centimètres. Sa queue est longue de près d'un mètre; le pelage est noir foncé partout, sec, grossier et luisant. Ce singe a le museau gros et allongé, le front élevé; la face et les oreilles sont d'un brun-rouge; le menton est nu, avec quelques poils épars; les poils du sommet de la tète, depuis l'occiput jusqu'au vertex, sont dirigés en avant, et recouvrent à peine le haut du front et les tempes. Les doigts des quatre mains sont presque nus, grêles et très-longs. Les mamelles sont placées très-près des aisselles; la queue est Irés-velue, surtout à sa base, et terminée, en dessous, par une partie nue, aplatie, marquée de petites rides concenlri(|ucs. comme celles qu'on voit sur la face palmaire des doigts de l'homme. (Desmakest.)
5"" GElMlE. - ÉP.IODE. EIUODES. (Isid. Geoffroy Saint-llilaire.)
Efiw^Yi;, lainuux.
CAn.\CTÈRES GÉNÉRIQUES.
Pelaçie enlitrcmcnt composé de poils moclliux, doux au lonclier el laineux
Pouces anlcricuis nuls ou extrêmement courts.
Ongles compritncs, à arêle supérieure mousse, excepté ceux des pouces postérieurs
Membres Irès-lonfis; mains grêles et allongées.
Queue forte, prenante, nue et calleuse en dessous dans sa portion terminale.
Narines arrondies, très-rapprocliées l'une de l'autre, et plutôt inférieures que latérales; cloison nasale li-h-peu épai.^se.
Oreilles très-petites, et en grande partie velues.
Dents molaires très-grosses, quadraugnlaires; incisives supérieures et inférieures rangées à peu près sur une ligne droite, égales entre elles, et toutes moins grosses que les molaires.
Les ériodes habitent les forêts du Brésil.
Ce genre a été établi, par M. Isidore Geoffroy Saint-Hilaire, aux dépens du genre atèle. Les ériodes sont très remarquables, et semblent établir le passage des singes de l'ancien continent à ceux du nouveau monde. Comme les premiers, ils ont les narines ouvertes inferieurement; mais tous les autres caractères les classent parmi les singes américains.
Les ériodes sont des singes très-rares, et qui n'ont pu encore être complètement observés.
Ils n'ont ni abajoues ni callosités, et leur queue est longue et prenante. Leur système dentaire est surtout caractérisli(pic; les nndaires sont généralement très-grosses, et de forme qnadraiigiilairc; les incisives sont rangées à peu près sur une ligne droite, égales entre elles, el toutes fort petites. Les ongles sont comprimés, et ])euvcnt être regardés comme composés de deux lames réunies supéricu-.
Fig, IGO. — Onj;le île l'ûriuilo liûniiilactyle.
rement par nue aièie mousse; ils se rapprochent beaucoup de ceux de quelques ('ariiassiers; et un seul doigt, le pouce des mains postérieures, a un ongit; qui présente les caractères de ceux des au-
Ires qiuidninianes. Les femelles ont le clitoris assez développé, et couvert, sur ses deux faces, de poils soyeux, rudes et serrés. Tous les poils du corps sont moelleux, doux au toucher, courts et laineux; et c'est à cette nature laineuse du pelage que ces animaux doivent le nom ((ui leur a élè. assigné. (Desmauest.)
Les ériodes habitent les forêts épaisses, où la présence de l'homme vient rarement les troubler; d'après Spix, ils vivent en troupes, et font, pendant toute la jonniée, retentir l'air de leur voix c/«- (luiiiiie, et se sauvent rapidement à l'approche du chasseur; ils paraissent d'ailleurs avoir les mêmes habitudes que les atèles.
■'tsr,>,.
Fift. 161. — Ériode arachnoïde (variété).
On connaît seulement trois espèces d'ériodes ; l'hémidactyle, l'arachnoïde et l'hypoxanlhe; et c'est surtout ;\ ces espèces que devait être appli([ué le nom de siiKjes araiqiurs lorsqu'elles étaient confondues avec les atèles.
1. ÉRIODE IIÉMIDACTYLE. EniODES IIEMIVACTI'LUS. (Isid. Geoffroy Saijil-tlilaire.
(lAnACTÈiiEs spÉciFiyiEs. — Pclagc fauve terne; pouces antérieurs apparents, quoique rudimentaires, et ayant un ongle très-petit.
Habite le Brésil.
OUAimUMANES.
i'.o sint^c :i, ;iii\ iiuiiiis aiilciit'iiros, un pi'lil youw (iiii^iiiriilc, Ii'i>s-gr6lc, irès-ooiirl, ri (|iii .semble devoir être loul ;i lait iiiiitile. La l(iiij;iu'ur de riiéniidaetjle, prise du bout du miisi-au à l'oriiiine d(' la queue, est, de ein(|uanle-ciuq eeutimètre.s; son pelage cstd'uu fauve eendré, (|ui prend une teinte noirâtre sur le dos; les mains et la queue sont d'un fauve plus pur. La faec n'est eomplétement nue (|ue dans le voisinage des yeux, et parait taclielcc de gris sur un fond coideur de eliair. Les cils sont longs et noirs.
Fis;. 162 — Éiiode liémidactjle.
2on
2. ÉRIODE ARACHNOÏDE. ERWDES ARACimOIDES. (Isid. Geoffroy Sainl-Hilaire.)
CAr.ACTÈnES srÉcrFiyuEs. — Pelap;e fauve clair, passant au cendré roussâtre sur la lète, el au roux doré sur l'extrémité des pattes et de la queue; pas de trace de pouces.
Habite le Brésil.
Ce singe est connu, au Brésil, sous le nom de nincaco vcrnivllo. 11 se dislingue facilement des deux autres espèces du gonre par l'absence compléta de pouce aux mains antérieures.
Fis. 165. — LrioJc araclinoïde.
5. KfllOflE A TUBERCULICS. ERWDES TlinERIEER. (Isiit. Geoffroy Sainl-llil.iiro.)
Car.\ctèiif,s spécifiques. — Pelage fauve, un peu cendré; pouces des mains anléiicuies parais.saiii sous forme de simples tubercules, el sans ongles.
llahile le Brésil.
Ce singe est connu, au Brésil, sous les noms de ininki, mono cl konpo. (»n en doit la décnuvcilc an prince de Neuwi(Hl, ([iii Ta décrit sous le nom A'uicks hijpoxanllius.
OUADUUMANES.
4""= GENRE. - LAGOTIIRICllE. LÀGOTHRIX. (Geoffroy Saint-IIilaire ^
Aci-j'm;, liùvrc; 0;iï, poil.
CARACTÈRES GÉNÉRIQUES
Cinq doigls aux (imilrc mains.
Queue prcuanle, nue el ealleuse en dessous et h son quarl terminal.
Membres j)eu développés.
Petaf/c moelleux, fin, presque laineux, el comparé à celui du lièvre.
Ongles un peu arques, presque en goullièrc; ceux des pouces seuls aplatis.
Les lagothrichcs habitent l'Amérique du Sud.
M. de Huniboldt a le premier fait connaître les lagotlirielics, et c'est à lui qu'on doit les quelques détails de mœurs cités par les auteurs. Après ce célèbre naturaliste, Spix a trouvé aussi, au Brésil, des lagotbriches; mais il en a fait un genre nouveau, auquel il a donné le nom de gaslrimarcjus (ventre, fou), à cause de la gourmandise de fes singes. Cette division générique n'a pas été adoptée.
Les habitants des bords de la rivière des Amazones, dit Spix, distinguent deux espèces de singes de ce genre. Ils les nomment, à cause de leur gros ventre et de leur gourmandise, barigudos (gros ventre). Une fois apprivoisés, ces singes deviennent très-familiers; ils s'approchent de la table pendant le dîner de leur maître, se placent près de lui, et attendent avec beaucoup de patience qu'on leur donne des viandes cuites ou des oranges, qu'ils aiment beaucoup. Nous en avons eu un qui nous a accompagné, même pendant notre voyage sur mer, jusqu'aux Açores, où il est mort de froid. Quand il voulait nous flatter, il balançait un peu sa tête, bourdonnait et sautait sur nos épaules, et principalement sur celles de nos Indiens, qu'il aimait à embrasser fortement en approchant sa tête de la leur. C'est vers le mois de novembre qu'on trouve ces singes, ainsi que tous ceux à queue calleuse qui habitent les bords de l'Amazone, avec leurs petits nouvellement nés, et qu'ils portent sur le dos ou sous le ventre.
Fig. 1G4. - Mnin .int'ricurc de la'jotlirichc.
Fi^. 1G"> — Main |io5ti'iipuio ilc bigolliriclu
Ces singes ont les membres assez proportionnés au volume du corps; ils ont, aux quatre mains, cinq doigts de longueur moyenne, à l'exception de l'indicateur, qui est court. Leurs ongles sont vr 26
jiliés en gouttière, comprimés et peu développés. Leur tète est arrondie; le cerveau volumineux, et le trou occipital est rentré sous la base du crâne. La face est large et courte; les yeux grands et rapprochés; les narines plus développées en largeur qu'en hauteur; les oreilles petites. Leur système dentaire est le même que celui des atèles. L'os hyoïde a sa partie centrale élargie; mais 11 n'est point assez gros pour faire saillie à la gorge et pour modifier la voix, qui est douce, flùtée, et ne devient aigre et perçante que sous l'influence de la crainte ou de la colère; alors elle ressemble à un claquement. Ces singes ont le pelage laineux, doux au toucher, cl d'une couleur peu constante. Quoique monogames, ils vivent en bandes nombreuses dans les forêts de l'Amérique du Sud, et exclusivement dans celles arrosées par des cours d'eau. Leur naturel est vif, doux, docile, èducable; ils sont adroits, intelligents, et surtout très-gourmands; leur station est fréquemment bipède.
1. LAGOTHRICIIE DE IIUMBOLDT. LAGOTIiniX lIl'MItOLDTir. (Georfroy Sainl-Hil.iirc.)
CAnAciÈiîEs SPÉCIFIQUES. — Pclagc uniformément gris; queue grosse, et plus longue que le corps Habite les bords du Rio-Guaviare, et prés de l'embouchure de l'Oréncque.
Le pelage de ce singe est généralement long, très-fourré et moelleux, de couleur grise, avec la pointe des poils blanche ; la tête est noire, et les poils qui la couvrent sont courts; la face est velue et noirâtre; les quatre mains noires; et la queue touffue, et plus longue que le corps. Ce singe, connu dans le pays sous le nom de caparro, vit par bandes nombreuses.
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Fi;;. ICG. — L.igolliriclic de Humbolilt.
2. LAGOTHRICUE GRISON. LAGOTIIRIX CANUS. (Geoffroy Saiiil-Uilaire.)
Caractères spécifiques. — Pelage gris olivâtre en dessus. Habite le lirésil.
Le grison est d'un gris olivâtre sur le dessus du corps, et la partie supérieure des membres est d'un brun plus ou moins cendré sur la tête, la queue, les parties inférieures du corps et la portion inférieure des membres. C'est à cette espèce que l'on doit très-probablement rapporter le gnstriiiturçiiis olivaccus do Spix. (IsiDonE Geoffroy Saint-Hii.aire.)
5. I.AGOTHRICHE DE CASTELNAU LAGOTIIRIX CASTELNAUDII. (Isid. Geoffroy Sainl-Ili'airc.)
Caractères spécifiques. — Pelage brun tiqueté de blanc; tête et mains noirâtres; dessus de la queue noir ou noirâtre vers l'extrémité.
Habile les bords de l'Amazone; Brésil et Pérou.
Cette espèce est assez proportionnée; la tête est ronde; le ventre assez volumineux, sans excès; et les formes générales n'annoncent rien qui puisse mettre obstacle à la rapidité et à la précision de ses mouvements.
FiK. 167. — Lagolhriche de Caslelnau.
Fii;. 1G8. — Lasolliiitlie de Casteliiau (joiiiic).
5"' GENRE. — SAJOU. CEBUS. (Erxlcbcn.)
Siijou, (.iiniiimtif Je sijiajuu.
CAR.VCTÈRES GÉNÉRIQUES.
Queue h peu près de la lowjueur du corps, enticreinent couverte de poils et eiiroulmilc à l'extrémité.
Membres proportionnés, robustes.
Pouces des mains antérieures peu libres et peu opposables. Ontjles en youttièrc et peu aplatis.
Les sajous habitent l' Amérique t(|u;iloiialc.
QUAPRUMANES.
Les sajous ou sapajous proprenn'iU dits oui la tète arrondie, le museau assez large et camus, l'occiput saillant eu anière et le trou occi|iital rentré sous la base du crâne, qui est volumineux. Leur face est assez large; leurs jeux, grands et rapprochés, ont une direction un peu oblique, et leurs oreilles sout moyennes et arrondies.
Les dents incisives, rangées sur une seule ligne, sont au nombre de quatre :\ chaque mâchoire, mais les deux médianes supérieures sont plus grosses que les latérales, tandis que le contraire existe pour les deux médianes inférieures; les canines sont prononcées, et les molaires, au nombre de douze, sont médiocres. Ces singes ont des membres proportionnés au volume du corps, robustes, surtout les postérieurs. Ils ont cinq doigts aux quatre mains, mais les pouces antérieurs sont peu libres et peu ûp[iosables. La queue est de longueur moyenne, velue dans toute son étendue, et enroulante à l'exuéniité; quelquefois cependant la ])artie inférieure et terminale ne présente plus que des poils usés par l'action répétée du frottement, mais sans callosités.
Fig. 169. — Sajou femelle.
Les sajous, dit Isidore Geoffroy Saint-Hilaire, sont des animaux pleins d'adresse et d'intelligence; ils sont très-vifs et remuants, et cependant très-doux, dociles et facilement éducables. Chacun a pu se convaincre de ces faits par ses propres observations, ces singes étant extrêmement communs. 11 serait donc tout à fait inutile de nous étendre sur les qualités que peut développer en eux l'éducation. Ce qui serait vraiment intéressant, ce serait de donner quelques remarques sur leur intelligence, telle qu'elle est naturellement, et non pas telle que l'homme l'a faite. Malheureusement, nous ne trouvons, dans les ouvrages des voyageurs , aucun fait digne d'être cité ; tous se bornent à nous dire que les sajous sont intelligents. Nous essayerons de suppléer en partie à leur silence, en rapportant une observation que nous avons faite nous-mème sur un individu vivant en domesticité , il est vrai, nuis n'ayant reçu aucune espèce d'éducation. Lui ayant donné un jour quelques noix, nous le vîmes aussitôt les briser à l'aide de ses dents, séparer avec adresse la partie charnue et la manger. Parmi ces noix, il s'en trouva une beaucoup plus dure que toutes les autres; le singe, ne pouvant réussir à la briser avec ses dents, la frappa fortement et à plusieurs reprises contre l'une des traverses en bois de sa cage. Ces tentatives restant de même sans succès, nous pensions qu'il allait jeter avec impatience la noix, lorsque nous le vhnes avec étonnement descendre vers un endroit de sa cage où se trouvait une bande de fer, frapper la noix sur cette bande et en briser enfin la coquille. Cette observation nous paraît digne d'être citée, car elle prouve d'une manière incontestable que notre sajou, abandonné à lui-même et sans avoir jamais reçu aucune éducation, avait su reconnaître que la dureté du fer remportait sur celle du bois, ?t par conséquent s'était élevé à un rapport, à une idée abstraite.
Les sajous, comme les autres sapajous, vivent eu Iruupes sur les branches élevées des arbres, et
ils sont copendanl monogames. Ils se nourrissent principalement de fruits, et mangent aussi trèsvolontiers des insectes, des vers , des mollusques et même quelquefois de la viande. Ainsi , sous ce rapport, ils commencent déjà une nouvelle série de singes que l'on peut signaler par la qualité d'omnivores. Les femelles ne sont pas sujettes à l'écoulement périodique; elles ne font ordinairement qu'un seul petit, qu'elles portent sur leur dos, et auquel elles prodiguent les soins les plus empressés. C'est ;\ tort qu'on a dit que ces animaux ne se reproduisent pas dans nos climats; Buffon prouve, par plusieurs exemples, la possibilité de leur reproduction en France.
Quelques espèces ont été désignées par les voyageurs sous les noms de sinçies jniisqucs et de singes pleureurs. Le premier de ces noms leur vient d'une forte odeur musquée qu'ils répandent, principalement dans la saison du rut, et, le second, de leur voix, devenant, lorsqu'on les tourmente, plaintive et semblable ù celle d'un enfant qui pleure. Le plus souvent, ils ne font entendre qu'un petit sifflement doux et fli'ité ; mais quelquefois aussi , principalement lorsqu'ils sont excités par la colère, la jalousie ou même la joie, ils poussent des cris perçants et qu'on a quelque peine à supporter, tant leur voix est alors forte et glapissante.
Fig. 170. — Siijuu 5 loupet.
Ce genre, auquel tous les auteurs donnent aujourd'hui le nom de cebus, autrefois commun à tous les sapajous, est principalement répandu dans le Brésil et la Guyane. 11 nous paraît démontré qu'il renferme un assez grand nombre d'espèces, malgré l'opinion de quelques naturalistes; mais il nous parait non moins certain que plusieurs de celles qu'ont admises les auteurs modernes ne sont réellement que de simples variétés. U n'est point de genres dont l'histoire offre autant de difficultés, sous le rapport de la détermination de ses espèces, ou, pour mieux dire, un tel travail est absolument impossible dans l'état actuel de la science, quel que soit le nombre d'individus que possèdent toutes les collections, et de ceux mêmes que nous pouvons observer vivants. On peut dire que rien n'est plus rare que de voir deux sujets absolument semblables, et qu'il existe presque autant de variétés que d'individus, tant les couleurs du pelage sont peu constantes. (Isidore Geoffroï S.mnt-
lIlLAIRE.)
Les sajous plaisent par leur agilité, leur adresse et la variété infinie de leurs gambades. On les dit susceptibles de docilité et d'attachement; de vieux mâles ont cependant paru capricieux et enclins à mordre. Us vivent en troupe, il est vrai, mais, à l'époque du rut, ils se séparent pour s'apparier et vivre par couples.
Ces singes ont le trou occipital rentré sous la base du crâne, aussi la station horizontale leur estcUe incommode. Us se tiennent sur les arbres, mais rarement appendus par les pieds, et encore moins par la queue toute seule, qui n'est plus préhensile jusqu'au degré de contre-balancer efficacement l'action de la pesanteur. J'ai désiré connaître, eu trouvant aux sajous le même entraînement pour le séjour des arbres qu'aux atéles et aux autres hélopithèques, ce qui suppléait chez eux à la force de préhension si profitable à ceux-ci; et il m'a paru qu'ils compensent ce qui leur manque de moyens par plus d'adresse dans leur manière de se poser sur les branches. Us s'y asseoient, on peut le dire, non plus en y faisant concourir la région ischiatique du bassin, mais en remplaçant l'usage des fesses par une action de la queue. Tout singe de l'ancien monde pose sur ses fesses calleuses en même temps qu'il s'appuie sur ses talons. Mais d'abord les sajous obtiennent, et de
Fig. 171 — Sajou aux pieds dorés.
l'habitude et de l'adresse que la répétition des mêmes actes leur procure, de se maintenir sur le tarse et le métatarse; les doigts servent peu, les sajous les ramènent en dedans sans les ployer entièrement; dans ce cas, les doigts forment une large surface et fournissent un point d'appui. Cependant les sajous ont rarement occasion de recourir à ce moyen; c'est à leur queue qu'ils demandent le troisième support que les guenons se procurent par leurs fesses calleuses; mais ce n'est plus comme les hurleurs, les atèles, les èriodes ou les lagolhriches mêmes, dont la queue constitue véritablement un cinquième membre ; le rôle que doit jouer leur queue est tout accessoire. La queue des sajous .saisit une tige au-dessous de la branche sur laquelle ils sont accroupis, alors même qu'ils posent sur leurs talons. Mais si cette autre tige manque, ou même .sans qu'elle vienne à manquer, et uniquement pour varier leur pose, ils composent autrement leur base pour le repos; ils enroulent ri
étalent leur queue autour de leurs talons, et, dans celte attitude, ils paraissent placés comme sur un socle. (Geoffroy SAiNi-IIiLAinE.)
Ces singes en captivité ont la singulière liabitude de se manger la queue, malgré la douleur qu'ils éprouvent et tout ce qu'on peut faire pour leur ôter le goût de cette mutilation. Quoique vifs et turbulents, ils n'ont pas la pétulance brutale et capricieuse des autres singes, mais il est fûcheux qu'ils en aient la malpropreté et un peu la lubricité; sans cela, ce seraient les animaux les plus aimables que l'on pût soumettre à l'esclavage.
En Europe, il est fort difficile de les conserver, parce qu'ils craignent excessivement le froid, et que les variations de température, si brusques et si fréquentes dans nos climats, leur donnent des maladies de poitrine qui les enlèvent très-promptement. (BoiTAnn.)