MAKI ROUX. LEMUR RUFVS. { Audcbert
CAn.vcTÈr.Es seÉciFiQiiES. — Une bande noire s'elciul du front à l'occiput; pelage roux doré en dessus, blanc en dessous.
Habite Madagascar.
Ce singe diffère peu du maki a mains blanches et du maki à front blanc femelle; cependant ses oreilles paraissent un peu plus courtes que celles de ces deux animaux, et sa queue est garnie de
liir '210. — .\l;.k
poils moins longs que ceux qui revé;ent la leur. Son ]ielage est d'un roux doré en dessus, blanc jaunâtre en dessous. Le tour de la face est blanc, excepté au front; une bande noire .s'eleud du front à l'occiput. (Desmarest.'
IIISTOIRK NATlIliELI.R.
;.'"■ GKNRE. — CHEIUOGALE. ClIEinOGALEVS. (GeofCroy Saint-Hilaire.)
Xsip, main; •yaXr,, clial.
CARACTÈRES GÉNÉUIUUES,
Six incisives prodivcs à la màciwire infcrieiire.
Onylcs étroits, carénés en dessus.
Treize vertèbres dorsales et treize paires de eûtes.
Les cheii'ogales liabiteiit l'île de Madagascar.
Le genre cheirogale a été établi en 1812 par Geoffroy Saint-Hilaire, d'après des dessins faits par Commerson, naturaliste faisant partie de l'expédilion de Bougainville. Les animaux que ces dessins nous font connaître, dit M. Geolïioy Saint-Hilaire, ont, comme les chats, la tèle ronde, le nez et le museau courts, les lèvres garnies de moustaches, les yeux grands, saillants et rapprochés, les oreilles courtes et ovales. Leur queue est longue, touffue, régulièrement cylindrique, se ramenant naturellement en avant, ou s'enroulant tantôt sur elle-même et tantôt autour du tronc. Jusque-là, ce ne sont que des traits empruntés en quelque sorte à la famille des felis; mais ces traits sont combinés dans les animaux de Commerson à des doigts aussi profondément divisés et aussi propres à la préhension que le sont ceux des makis. On trouve également dans ces deux genres d'animaux un pouce à chaque main, aussi écarté, aussi distinct et aussi susceptible de mouvements propres. Ces nouveaux animaux n'ont d'ailleurs d'ongle large, court et aplati, qu'aux pouces; les ongles des autres doigts sont étroits, grêles, aigus, et dépassent de beaucoup la dernière phalange. Toutefois cette disposition des ongles n'en fait pas des griffes, comme celle des arclopithécieiis, des ours ou des chats; leur forme et leur position les font plus ressembler à ces ongles subulés qui, dans les makis, ne garnissent que le deuxième doigt des pieds de derrière. (Geoffroy SAii\T-Ilii..vi«E.)
Les espèces dessinées par Commerson et qui ont servi de type avaient été désignées par Geoffroy Saini-llilaire sous les noms de cliciroyakiis major, C. médius, C. ininor, nous nous contenterons de les citer, ])our ne parler que d'une espèce mieux connue.
Fi". 217. — Clicirogalc de Commerson.
CIIEIROGALE DE MILIUS. CHEinOGALEUS MILII. (Geoflroy Sa nl-Ililaire.)
Caractèiies si'KciFiyuES. — Pelage i;i'is-roiix en dessus, blanc cendré en dessous; une taclie hlanrli;"iiie entre les yeux; le museau nu et noirâtre.
Habite l'ile de Madagasiar.
C'est à M. Milius, commandant à l'ile Bourbon, que nous devons cette jolie espèce de quadrumane, (|Mi. comme les autres makis, se trouve à Madagascar. Elle a les organes du mouvement des makis li jusqu'à leur ongle crochu du second doigt des pieds de derrière; sa queue est moins fournie que la leur; ses oreilles sont irès-arrondies, sansbéliv. mais avec un tragus et un ante-tragus; ses \eux sont très-grands et à pupilles rondes, et ses narines entourées d'un mufle, sur les cotés duquel elles
Tig. 218. — Cliciro^'nlc de Mad^igasciir.
sont ouvertes, et elles sont plus avancées que les mâchoires; la langue est douce. Tout son corps, excepté son museau et l'extrémité de ses membres, est couvert d'un pelage épais, composé tout entier de poils soyeux en apparence, fortement gaufrés, qui lui donnent à la fois le vêtement le plus dijux et le plus léger. Le front, la paitie postérieure de la tête, le dessus du cou, les épaules et ic
dessus des bras, le dos, les côtes du corps, la croupe, les cuisses, les jambes et toute la queue, sont d'un j^ris fauve uniforme. Le dessous de la mâchoire inférieure, la i^orge, le dessous du cou et les cotés de sa partie supérieure, la poitrine, la face interne des bras, le ventre, la face externe des cuisses, sont blancs. Les mains et la face sont couleur de chair; seulement on voit entre les deux yeux une tache blanche longitudinale, bordée sur ses côtés d'un peu de noir. 11 n'y a aucune différence entre les mâles et les femelles.
Ce petit quadrumane passe tout le jour couché dans un nid de foin, où il est roulé en boule et où il dort assez profondément; mais, aussitôt que la nuit commence, il sort de sa retraite, et, tant qu'elle dure, il agit. C'est alors qu'il mange, qu'il satisfait à ses besoins, qu'il joue; il est peu d'animaux plus agiles et plus vifs pour sauter; il parcourt sa cage comme en volant, et fait verticalement des sauts de six à huit pieds. On le nourrit de fruits, de pain, de biscuits. Sa vie nocturne me parait avoir pour cause principale l'extrême sensibilité de ses yeux pour la lumière; le peu qui en reste durant la nuit, et que nous n'apercevons qu'à peine, lui suflit; il parait qu'alors il voit même trèsdistinctement les objets, car ceux que nous possédons, et qui sont mâle et femelle, s' étant échappés un jour de leur cage, parcoururent la pièce où ils étaient enfermés, et qui se trouvait remplie d'une foule d'autres cages et d'autres animaux, et rentrèrent dans leur gîte par le petit trou qui leur avait servi à en sortir, sans qu'il leur soit arrivé le moindre accident, et quoique l'obscurité la plus profonde régnât dans cette pièce, dont tous les volets étaient fermés. (FrédéuicCuvier.)
fr^ GENRE. - NYCTICÈBE. NYCTIŒBUS (Geoffroy Sainl-Hilaire.)
NuE, nuit ; xr.ëo;, singe
CARACTÈRES GÉNÉRIQUES
Ueux ou qualrc incisives h In mâclioire supérieure. Quatre mamelles.
Queue rudimcutnire.
On les trouve à Ceylan, Sumatra et Java.
Les nycticèbes ou singes de nuit ont la tête arrondie; la face camuse; le riez petit et aplati; les oreilles courtes, velues et cachées sous les poils; les yeux grands, nocturnes, rapprochés et dirigés en avant; le corps ramassé, trapu; les membres courts et égaux. Quatre mamelles, deux pectorales et deux abdominales. A la mâchoire supérieure, quatre incisives, les médianes distantes l'une de l'autre, fortes et larges, les latérales plus petites ou nulles; deux canines et dix molaires. A la mâchoire inférieure, six incisives proclives, deux canines médiocres et dix molaires, celles du fond à large couronne, évidées au centre et tuberculeuses aux angles.
Les doigts des pieds ont tous les caractères de ceux des quadrumanes de la même famille. Leur pelage est épais et laineux; leur vie est nocturne; leur régime* est probablement un peu Carnivore.
NYCTICÈBE DE J.WA. KYCTICEBUS JAVANICi'S. (Geollroy Sjint-Hilaiie.)
CARAC'fiinEs si'iiciFiQUEs. — l'elage roux, avec une ligue dorsale plus foncée.
Cet animal, connu aussi sous le nom de poucan, est une preuve manifeste de la réseive que 'on doit mettre à donner comme absolues les généralités (|ui paraissent le mieux établies par l'observation. Quelle vérité de ce genre pouvait être, en effet, mieux fondée que celle qui consistait à regarder tons les quadrumanes comme des animaux légers, agiles, et non moins reuiartpiables par la vivacité de leurs sensations (pic par la promptitude de leurs mouvements? Les orangs et les gibbons,
les senino|iillu''f|nes, les guenons et les maenques, et presque tous les quadrumanes de l'Aniéi-ique, sont en etïet des animaux qui, vivant de fruits ou d'insectes, elioisissent leur habitation à la einie des forêts, oit on les voit s'élancer de hianche en branche avec la rapidité du vol, surtout lorsqu'ils sont menacés et poursuivis. Le poucan, au contraire, parait avoir une indolence et une lenteur qu'on ne eheiclierait pas chez les ;ininiaux les plus exempts de besoins et les mieux armés contre leurs ennemis. On ne conçoit pas même comment la conservation de cette espèce peut s'accorder avec le naturel qu'elle a reçu. Deux auteurs qui ont pu l'examiner vivante, dObsonville au Bengale et Vosmaër dans la ménagerie du prin('e d'Orange, nous représentent le poucan comme s'ils eussent eu à parler d'un animal dégénéré, ou dont le développement n'aurait point encore été complet
Le premier {Essais pliilosopliifiucs sur les mœurs de divers aniniaux élrniKjers. page 370) nous dit que la démarche de cet animal a (pielque chose de contraint, et que, même lorsqu'il parait se haier, il parcourt à peine un espace de quatre toises en une minute; et le second nous parle de la marche de son paresseux du Bengale, qui est le poucan, comme d'une sorte de reptation. Quoi qu'il en soit, cette espèce fait partie de l'harnionie générale, puisqu'elle se conserve, et l'exception qu'elle nous présente n'est qu'une [ireuve nouvelle de la puissance inliiiie de la nature.
Fig. 'îl'J. — Nyc-licèbcilo \^i.\.
Le poucan a environ un pied du boni du museau à la partie postérieure du corps; sa tête, de l'occiput au mufle, a deux pouces et demi, et, lorsqu'il a les pieds rapprochés l'un de l'autre, il a environ cinq jiouces de hauteur aux épaules; mais cet animal se tient rarement dans cette situ.'ilion; quand il marche à quatre pattes, ses jambes s'écartent de son corps, et sa poitrine et son ventre louchent presque à terre, ce qui lui donne une physionomie toute particulière et quelque res.semblance avec déjeunes chiens qui viendraient de naître et qui n'auraient pas encore la force de se soutenir. Cependant sa tête a une forme agréable, et sa ligure annonce de la douceur et de l'intelligence, ce qui vient principalement de la saillir de son front et de ses grands \eux rapprochés l'ini de l'autre.
272 HISTOIUE NATURELLE.
Le SYSti'me de tieiitilion de eet animal est le même que celui des makis el des galayos, si ce n'est que la crèle du bord inlenie des M'aies molaires, au lieu d'èlie plus saillante à la parlie antérieure, est plus saillante à la postérieure; que les incisives supérieures sont placées à côté l'une de l'autre, l que la canine inférieure n'est pas aplatie à sa face externe, mais arrondie. Les organes du mouvement ont aussi les plus grands rapports avec ceux des makis; on retrouve aux pieds de derrièi'e jusqu'à longie crochu du second doigt, mais, en général, les doigts paraissent plus courts el plus épais, et il n'y a point de queue.
On serait aussi fondé à penser que les organes de la génération ne différent pas beaucoup do ceux des makis, d'après ce que rapporte d'Obsonville, que la verge était bien détachée du corps et couverte d'un prépuce. Quant à ce qu'il dit des testicules renfermés dans l'abdonjen, c'est que l'individu qu'il avait sous les yeux était assez jeune, comme le prouvent les petites dimensions qu'il lui donne.
Mais il diffère des animaux auxquels nous l'avons comparé jusqu'à présent par quelques-uns de ses sens; ses yeux ont des pupilles transversales, et c'est parce qu'au grand jour elles sont entièrement fermées, que d'Obsonville en avait conclu que la lumière du soleil n'avait aucune action sur celte partie si sensible de l'œil; les oreilles sont assez grandes, et l'ouie parait être un des sens les plus délicats dupoucan. Les narines sont endurées par un mufle qui est surtout développé dans la parlie qui les sépare l'une de l'autre; la langue est rude et le corps est revêtu partout d'un pelage jiresque enlièrenient laineux, très-épais et très-doux, fort semblable à celui des makis, ce qui ne me permet pas de concevoir ce qu'a entendu Vosmaër, lorsqu'il a rapporté que le poil de son paresseux était rude au toucher. Les poils du museau sont plus courts que ceux des autres parties, et l'on aperçoit quelques moustaches sur les côtés du ne/, au-dessus des sourcils et au-dessous de l'œil.
La couleur du poucan est un fauve gris, qui devient blanchâtre sous la gorge, le cou, la poitrine et le ventre, et qui prend une teinte d'un bi'un dore autour des yeux, sur le sommet de la tèle et tout le long- de la ligne dorsale. Une laclie blanche nait sur le front, ,se prolonge entre les yeux, et vient eitibrasser ies deux cotés du museau.
Cet animal passe ses journées dans un sommeil assez calme, sans être profond, assis, le corps affaissé sur lui-même, et la télé posée sur la poitrine. Dès que le soleil est couche, il s'éveille, et ses ]iremiers soins sont de manger et de se débarrasser du superllu de ses repas de la veille. Son urine répand une fort mauvaise odeur, et ses excréments ont la forme des crottes de brebis. Il s-e nonriit de fruits succfilents et sucrés, mais principalement d'œufs, d insecles et de petits i iseaux, et il ne boit ]ias. Le pain, que mangeait volontiers celui de Vosmaèr, était rejeté si, auparavant, on l'ivait plonge dans l'eau. Cet animal, dit d'Obsonville, fait quelquefois enleiiilre une sorte de modulation de voix ou de siftlenienl assez doux. Je pouvais facilement distinguer le cri du besoin, du plaisir, de la douleur, et même celui du chagrin ou de l'impatience. Si, par exemple, j'essayais de lui retirer sa proie, ses regards paraissaient altérés, il poussait une sorte d'inspiration de voix tremblante, cl dont le son était plus aigu. Vosmaèr nous apprend que, lorsqu'on l'irrite, il pousse le cri continuel et l'éitéré d'aï, aï, aï, traînant fort longtemps, et d'une manière plaintive, chacun de ces sons. Il parait susceptible d'éducation; de légères corrections suffirent à d'Obsonville pour l'empêcher de mordre, et il s'était assez vivement altaclié à son maître. Voici ce que cet auteur nous rapporte en-' core de son thevangues ou tougre, qui est toujours le poucan : Aux a]i])roches de la nuit, il se frotlait les yeux; ensuite, portant altentivement ses regards de tous côtés, il se promenait sur les meubles, ou plutôt sur les cordes que j'avais disposées à cet effet. Un peu de laitage, et quelques fruits bien fondants, ne lui déplaisaient pas; mais c'était un pis-aller; il n'était friand que de ])elits oiseaux ou d'insectes. S'il apercevait une pièce de pareil gibier, que je m'amusais à attacher à l'aulre exirémilé (le la chambre, ou à lui présenter en l'aïqielant, aussitôt il .s'approchait d'nu pas allongé, mais circonspect, tel que celui de quidqn'uu qui uiarclie en làtonnanl.
Arrivé environ à un pied de distance de sa proie, il s'arrêtait; alors, se levant droit sur ses jam- Ihs, il avançait debout, en élendant doucement les bras, puis tout a coup la saisissait et l'étranglait avec une prestesse singulière. (Fiiéd. Ciivii-i!.)
(jL'AUUUMANES.
7"^ GENRE. — LORIS. LORIS. (Geoffroy Saint-Hilaire.)
CAllACTÈRES GÉNÉRKJllES.
Qiialrc mamelles; lèle ronde; museau relevé; nez prolongé eu boutoir; point de queue.
Ces animaux sont insectivores et carnivores; leur marche est très-lente, et lenr vie nocturne; ils habitent l'ile de Cejlan.
Les loris ou singes paresseux ont les membres grêles et allongés, et point de queue; l'avanl-bras
et la jambe plus longs que le bras et la cuisse. Us ont quatre mamelles, mais deux seulement ont
Fig. 2'20. — Loris grêle.
nne glande; les deux autres sont rudimentaires. Leur tète est ronde, avec un museau relevé, et le nez comme prolongé en boutoir. Les narines s'ouvrent sur les côtés d'un mufle glanduleux, divisé sur la ligne médiane par un sillon qui se continue sur toute la lèvre supérieure Les yeux sont
grands, ronds et séparés seulement par une cloison osseuse très-mince. Ils ont, à la niSchoire supérieure, quatre incisives rudimentaires, pointues, les deux médianes très-distantes l'une de l'autre; deux canines coniques assez grandes, et six molaires à pointes ou à tubercules pointus. A la mâchoire inférieure, on voit six incisives continues, longues, étroites, pointues et proclives. Deux canines, croisant en arrière celles de la mAchoire supérieure, et cinq molaires à pointes et à tubercules aigus.
Ils ont, à chaque main, cinq doigts et des pouces bien opposables. Les pouces des mains antérieures plus petits, ceux des mains postérieures plus grands, très-distants des autres doigts, auxquels ils sont réunis par une membrane qui forme une sorte de tubercule. L'indicateur des mains postérieures est garni d'un ongle étroit, crochu et terminé en pointe; ceux des autres doigts sont plats et obtus. Chez le mâle, la veige est renfermée dans un prépuce, et les testicules ne sortent pas de l'abdomen; chez la femelle, le clitoris est si développé, qu'il couvre en partie l'ouverture delà vulve; il est aussi gros et aussi long que le pénis du mâle ; son extrémité est partagée en deux lobes, au milieu desquels se trouve l'orifice de l'urètre, dont le canal perce le cjiloris dans toute sa longueur.
LORIS GRÊLE. LOKIS GltACILIS. (Geoffroy Saint-Hilaire.)
CARACTÈRES SPÉCIFIQUES. — Membres allongés, grêles; un tubercule caudal; pelage laineux, roussàtre.
Habite l'ile de Ceylan.
Le loris a le poil doux, lin, et d'une apparence laineuse; le tour des yeux est roux; les côtés du front, le sommet de la tête, les oreilles, le dessus et les côtés du cou, les épaules, la face externe du bras et du coude, des cuisses et des jambes, et le dos, sont roussâtres, l'extrémité des poils étant de cette couleur, landis que le reste est cendré jaunâtre. Au milieu du front, on remarque une tache blanche qui s'étend entre les yeux, sur le nez. Le bout du museau, les côtés et le dessous de la tête et du cou, sont blanchâtres. La poitrine et le ventre sont d'un gris blanc, ainsi que la faie interne des membres, oii le gris est mélangé d'une légère teinte jaunâtre.
Ce quadrumane est nocturne, et sa démarche est lente et comme gênée. (Desmabest.)
8°" GENRE. — MICROCÈBE. MICROCEBUS. (Geoffroy Saint-Hilaire.)
Mixpc;, jjL'til; y.r&i, singe.
CAIIACTÈRES GÉNÉKKJUES.
Quatre dents incisives supérieures, six inférieures
Trois paires de nianieUes.
Membres postérieurs plus tomjs que les antérieurs.
Queue loncjue et velue.
Sept vertèbres lombaires.
Les microcèbes habitent l'ile de Madagascar
Ce genre, établi par Lesson, pour le maki nain de Geoffroy Saint-Hilaire, est caractérisé ainsi : quatre incisives supérieures subégales, très-petites; six inférieures; canines subconiques; tête ronde; museau subaigu, sans moustaches , oreilles courtes, nues, â conque^ peu développée, et décrivant un segment de cercle; trois paires de mamelles; membres assez courts, les postérieurs plus longs que
les antérieurs, à tarses légèremenl allongés; queue longue, couverte de poils ras. s'amincissant en pointe, et finissant on pinceau grêle.
Ces petits quadrumanes vivent sur les palmiers, dont ils mangent les fruits.
MICROCÈBE DES l'AUlIliUS !\IICR0CEBVS PALMARUil. ( GeoflVoy Sainl-Hilairc.)
Ce petit quadrumane, décrit par Buffon sous le nom de rat de Madagascar, et par I.esson sous celui de makirat des palmiers, a les yeux grands, entourés d'un cercle brun remontant sur le front, qui est roux-brun; ses poils sont gris et à pointe rousse; la poitrine, le ventre et la face interne des membres, sont d'un gris clair, tandis que le museau et les oreilles sont couleur de chair
Fi" 221
■ Microcètjj
Les niicrocèbes ont des habitudes entièrement nocturnes, ainsi que le prouvent leurs yeux et leurs oreilles largement développés. Ils se tiennent sur les arbres, et nichent dans les trous qu'ils rencontrent. Leurs jambes sont allongées, leur museau est court, et leurs dents sont fines et serrées. (Lessou.)
\)"'- GENRE. — GALAGO, GÀLAGO. (Cuvier.
CAKACTÈRES GÉNÉRIQUES.
Deux OH quaire dents incisives verlicuks h la mâchoire supérieure.
Oreilles membraneuses, conlracliles .
Tarses trois fois aussi longs que les métatarses.
On les trouve en Afrique, et particulièrement au Sénégal, où ils vivent dans les forêts de gommiers.
Les galagos ont la tête courte, arrondie; le museau effilé, et terminé par un mufle dans lequel les narines sont percées; leurs yeux grands et à fleur de tête, et leurs oreilles larges, membraneuses, contractiles, et se repliant comme celles de certaines chauves-souris, semblent annoncer des habitudes nocturnes ou crépusculaires. Les dents de la mâchoire supérieure au nombre de seize ou dixhuit; deux ou quatre canines verticales, les intermédiaires distantes l'une de l'autre parce que les
276 HISTOIRE NÀTURELI.E.
os intermaxillaires ne sont pas soudés sur la ligne médiane; deux canines fortes et triangulaires douze molaires, les premières à une seule -pointe, les autres hérissées de tubercules. A la mâchoire inférieure, six incisives très-longues, très-étroiles, horizontales; les moyennes petites, et comme crénelées ; deux canines fortes et crochues; dix molaires semblables aux supérieures.
Les membres postérieurs sont très-grands, par la longueur des tarses, qui est de trois fois celle des métatarses, et donne une dimension disproportionnée à leurs mains inférieures, dont le second doigt est allongé, filiforme, et armé d'un ongle effilé en alêne.
Us sont doux, agiles comme des écureuils; leur régime est frugivore et insectivore.
Leur queue est longue et touffue à l'extrémité.
1. GAI.AGO A QUEUE TOUFFUE. GALAGO CRASSICAVDATVS. (Geoffroy Saiiit-Uilairc.l
Caractères spécifiques. — Pelage gris-roux; oreilles très-grandes; queue touffue.
Habite l'Afrique, région indéterminée.
Cette espèce a le pelage doux, d'un gris uniformément roux; sa queue est très-touffue, et ses oreilles sont d'un quart moins longues que la tête.
l'Ig '2'22. — (Jaiaan à queue loulîu?.
GnI.Tgo clo MailaRviscar.
PI- r,n
QUAUKUMANES.
2. GAI.AGO DU SÉNÉGAL. GALAGO SENEGALEXSIS. (Geoffroy Saint-Hilaire.,
Cakactkbes spécifiques. — Pelage gris; oreilles presque aussi longues que la lète; queue plus longue que le corps, et terminée en pinceau.
Habite le Sénégal.
Le pelage de celte espèce est gris-roux; ses oreilles, presque aussi longues que la tête, se terminent en pinceau ; le dessous du corps est blanchâtre, ainsi que les extrémités; la queue est brunâtre; une sorte de cercle noir entoure les yeux, qui sont gros et amples. Vif et pétulant, ce galago habite les forets de Mimosas, qui se rencontrent aux extrémités du désert de Sahara.
3. GALAGO DE MAD.4GASCAU. GALAGO DEMIDOFFll. (Geolfroy Saint-Hilaire.)
Caractères spécifiques. — Pelage roux-brun; museau noirâtre; oreilles moins longues que la tête; queue plus longue que le corps, touffue à l'extrémité.
Habite l'ile de Madagascar.
Les galagos ont reçu, de Lessoii, le nom générique de léromaque {7)iioxicebus,} qui conviendrait plus particulièrement à cette dernière espèce.
Fig. 223 — Squelette de loris.
TllOlSIEME FAMILLI-. - TARSIENS.
Vy.jn'.i;, tai'>e.
Celle famille a été établie par M. Isidore Geoffroy Saiiit-IIilaire pour deux petits quadrumanes nocturnes qui présentent presque tous les détails de forme des yalagos, mais qui en diffèrent par des caraetères très-tranchés : leurs mamelles, au nombre de deux, sont inguinales ; leurs dents incisives inférieures sont verticales; leurs mains postérieures ont les doigts indicateur et médian très-courts et à ongles allongés; et enfin leurs tarses sont démesurément longs, ce qui a valu à ces animaux le nom de tarsiens.
La ruse est la ressource du faible, dit Geoffroy Saint-Hilaire, sous peine pour eux d'entrer dans la vie sans pouvoir s"y maintenir. Or, toute la tête du tarsien me parait être celle d'un animal trèsrusé. La boite crânienne est sphéroidale, aussi bien renflée au vertex qu'arrondie à l'occiput. Les caisses auditives sont si grandes, qu'elles se touchent à leur bord interne, et cependant le trou occipital est presque au centre de la base du crâne. Les yeux sont si volumineux, que le reste de la face en est débordé.
Cette famille ne comprend qu'un seul genre
GENRE TARSIER TARSWS (Storr.)
CARACTÈRES GÉINÉRIOUES
Deux iiKiiiicUes imiuinulen .
Iknts incisives inféricHres verlicales.
Doigts indicateur et médian des mains inférieures courts et à omjtes subulés et arqués.
Tarses trh-longs; le tibia et le péroné soudés dans une partie de leur étendue.
Queue longue et touffue h l'extrémité.
Les tarsiers habitent les Moluques, l'archipel Indien.
.\ ces caractères, on peut ajouter que les doigts, bien séparés les uns des autres, sont terminés par des ampoules charnues, et que leur pelage est doux et formé de poils assez longs. Le régime
FIg '2'2'i'. — Main antérieure de tarsier
Kig. 2'2ô — Main postérieure de tarsier
lies tarsiers est frugivore el insectivore. Le systc''me dentaire de ces animaux présente deux incisives verticales ù la mâchoire inférieure et quatre à la mâciioire supérieure : les deux médianes trèsdéveloppées et plus fortes que les canines. Cette disposition anomale, dit Geoffroy Saint-Ililaire, constitue pour les tarsiers dés conditions si singulières d'organisation, qu'elles justifient les naturalistes d'avoir hésité dans le classement de ces êtres. Cette anomalie a cela aussi de remarquable qu'elle frappe cette espèce pour la rendre comme étrangère à ses congénères, et qu'elle semble rompre un ordre d'affinités si exactement suivi parmi («s quadrumanes; cependant ce n'est point au hasard et sans que l'esprit puisse pénétrer dans les motifs de ces désordres apparents : c'est le fond commun d'organisation, ce sont de mêmes organes accrus déjà pour procurer les moyens de la vie nocturne, qui, dans les tarsiers, sont portés à un beaucoup plus grand volume, mais qui n'obtiennent ce maximum de développement qu'en imposant une condition de minimum aux parties du voisinage.
1 TARSIEIÎ SPECTRE. TARSIUS SPECTRVSI. (Pjllas )
C.\R.\cTÈRES spÉciFiQDEs. — Pelage brun roussâtre ; les mains rousses; oreilles moyennes. Habite l'île de Sumatra.
Fig. 226. — Tarsier spectre.
Celtf espèce a le pelage doux, laineux, cendré noirâtre et fauve vif à la pointe des poils, sur le dos, la croupe et le ventre, plus clair sur le reste du corps; la queue est longue et terminée par une touffe de poils