GIBBON CEND1\É. HYLOBATES LBUCISCUS. (Kulh
Caractères spécifiques. — Pelage uniformément cendré; le dessus de la létc noir ou gris foncé. Tour du visage gris clair. Peau nue de la face et des quatre mains, noire.
Habite les iles de la Sonde et les Moluques.
Le gibbon cendré, nommé aussi wouwou par les Malais, se distingue des autres espèces du genre par la couleur noire foncée de la face et des quatre mains, tandis que tout le reste du pelage est gris cendré uniforme, si ce n'est au sommet de la tète et à la partie externe des membres, où, dans quelques individus, il paraît plus foncé. La face noire est encadrée par un cercle de poils d'une teinte grise, plus claire. Les jeunes individus sont parfois d'un blond uniforme. Les poils sont longs,
serrés et laineux, cl recouvrent les parties supéiieuics des mains et des doigts jusfpi'aux ongles. De l'ortcs callosités se dessinent sur les fesses.
Ce singe est assez bien proportionné dans toutes ses parties sous le rapport de la force, car, quant ù la longueur, les membres supérieurs égalent à la fois le corps et les jambes. Camper rapporte qu'il marche souvent debout, et qu'il grimpe sur les bambous, où ses grands bras lui servent de balancier pour le maintenir en équilibre. On le dit colère, capricieux et inconstant.
Fig. 51. — Gibbon cendré.
Le gibbon cendré ne vit point en troupe, mais bien par couples appareillés et solitaires. En captivité, ce singe devient mélancolique et indolent, tandis qu'à l'état de liberté on le voit fréquemment se pendre aux rameaux les plus frêles et s'en servir comme d'une escarpolette pour s'élancer quelquefois à de grandes distances. Les habitudes de cette espèce sont d'ailleurs encore peu connues. (Lessox.)
62 HISTOIRE NATUIlELLE.
4. GIBBON ENTELLOIDE. avLOBATES E^TELLOIDES. (Isid. Geoffroy Saint-Ililiire )
Caractères spécifiques. —Pelage d'un fauve très-clair; face noire encadrée de blanc; paumes noires; callosités petites, arrondies ; le second et le troisième doigt des membres inférieurs réunis par une membrane sur toute la longueur de la première phalange.
Habite la presqu'île malaise.
« Le pelage, très-laineux, touffu et un peu plus long sur la Ictc et sur le dos, est généralement d'un fauve blanchâtre (couleur de iilasse claire), les poils étant roussiilres ;\ leur origine, et d'une couleur très-claire dans leur portion terminale. La face interne des bras, le dedans des coudes et le cou, présentent une teinte généralement roussAtre, beaucoup plus marquée chez la femelle, et tirant uiéme un peu chez elle sur le doré, principalement sur la |)artie postérieure des joues Les poils du dessus de la tète, assez longs, sont couchés et dirigés en arrière ; les poils des joues, assez longs aussi, sont, au contraire, redressés, et peuvent être comparés, aussi bien que dans d'autres espèces, à de larges, mais courts favoris. Un bandeau blanc, assez large, occupe la partie antérieure du front, et se fond presque insensiblement avec les poils d'un fauve très-clair qui couvrent le reste de la tête. Il en est surtout ainsi chez le jeune qui, d'ailleurs, ressemble généralement à h femelle. Le menton est également blanc, ainsi que la partie antérieure des joues chez la femelle, et les joues presque entières chez le mule. Dans les deux sexes, la face est donc encadrée de blanc : il y a toutefois cette différence, que l'encadrement blanc s'élargit sur les joues chez le mule, ce qui n'a pas lieu chez la femelle ; celle-ci a les joues roussâtres en arrière. Les sourcils sont roux.
La face est noirâtre, et les ongles paraissent aussi de couleur foncée. Les callosités sont peu étendues et de forme arrondie.
Le doigt indicateur et le médius des membres postérieurs sont réunis par une membrane interdigitale jusque vers l'articulation de la première et de la seconde phalange. Dans l'individu mâle que nous avons sous les yeux, la réunion dépasse même cette articulation, et la membrane borde une grande partie de la face interne du médius.
Par l'ensemble de ces caractères, et spécialement par les teintes claires de son pelage, qui contrastent d'une manière remarquable avec la couleur foncée delà face, ce gibbon rappelle, au premier aspect, un autre singe indien généralement connu, le seranopithèque entelle. De là le nom que j'ai donné'à celle espèce ; nom qui rappelle à la fois la similitude de patrie et la similitude de coloration. 11 m'a d'ailleurs paru qu'il valait mieux indiquer seulement qu'exprimer exactement par la dénomination spécifique la coloration remarquable de ce singe. Il existe de si nombreuses variétés de couleur parmi les gibbons, que je dois regarder comme très-vraisemblable l'existence de gibbons entelloides, assez différents, par leur pelage, des individus que j'ai décrits.
La taille du gibbon entellokle est d'un peu plus de O^.SO.
Le Muséum doit la possession de cette belle espèce à M. Barre, missionnaire apostolique dans l'Inde et la Malaisie. Il a envoyé un mâle adulte, une femelle adulte aussi et un jeune mâle. » (Isidore Geoffroy S\im-Hilaire.)