GIBI30N AGILE UYLODATES VARinGATUS (Kulli
C>.iiACTiiREs SPÉCIFIQUES. — Pelagc brun ; le dos, les lombes, les fesses et le derrière de la tête fauves ou d'un lirun clair. Des poils d'un brun grisâtre entourent la face chez le mâle, et couvrent seulement les arcades surcilières chez la femelle.
Habite Sumatra.
Le gibbon varié a le pelage composé de poils d'une seule nature, épais et laineux en apparence; les jambes très-dcjetées en dehors, les doigts des pieds courts, ceux des mains longs, excepté le pouce, qui est court; ce qui est l'inverse des pieds, où le pouce est long. Les yeux sont enfoncés dans leur orbite, et ont une pupille ronde. Les couleurs du poil varient suivant les âges et les sexes :
Fia. 49. — Gibbon agile
QUADRUMANKS.
les niàk's adultes sont d'un brun très-foncé sur la tète, le ventre, la partie externe des bras et des jambes jusqu'aux genoux, s'éclaireissarit sur les épaules, le dos, et passant au blond presque blanc sur les reins. Le pourtour de la région anale offre un mélange de brunâtre, de blanc et de roux, qui s'étend jusqu'aux jarrets. Le dessus des mains et des pieds est d'un brun lrè,s-foncé, pareil a celui du ventre. Les poils sont longs sur le cou, crispés sur les épaules, très-courts et très-serrés sur les reins. Les femelles, généralement plus petites, ont les sourcils moins prononcés que les mâles, se fondant dans le brun de la tête; les favoris sont aussi moins longs et moins colorés. Les jeunes sont presque en entier d'un blanc jaunâtre.
Fig. 50. - Gibbon asile.
Le gibbon varié est d'un naturel très-timide, bien éloigné de partager, même dans les proportions de la taille, ni la force ni la hardiesse du siamang. Sir Raffles rapporte que les naturels de Sumatra accordent à ce .singe une exquise sensibilité; ils pensent qu'un gibbon de cette espèce, leur ungkaputi, mourrait de chagrin s'il voyait qu'un autre animal lui fût préféré; et, pour légitimer ce profond sentiment de jalousie, sir Raffles assure qu'un gibbon varié, qui lui appartenait, tomba malade parce qu'on caressait journellement devant lui un siamang également élevé en captivité, et qu'il ne se remit que lorsqu'on eut éloigné son rival. (Lesson.)
Ce singe, moins connu que le siamang, parce qu'il est plus rare et que son agilité le rend plus difficile à prendre, porte, à Sumatra, plusieurs noms, dont le meilleur est celui de wouwou, parce qu'il est la plus juste expression de son cri.
Cet animal a la face nue, d'un bleu noirâtre, légèrement teinte en brun dans la femelle; ses yeux sont rapprochés et d'autant plus enfoncés que son arcade orbitaire est fort saillante, et qu'il n'a point de front ; son nez, moins aplati que celui du siamang, a de larges narines ouvertes latéralement; son menton est garni de quelques poils noirs qui ne changent pas; ses oreilles sont en partie cachées par de longs et épais favoris blanchâtres, qui s'unissent à un bandeau blanc, large de six lignes, situé immédiatement au-dessus des sourcils.
(;0 IIISTOIUE NATUUELLE.
La coukui' iiicerlaine de ce singe et le manque de termes pi'écis pour l'expressiuii des diverses teintes permettent difticiiement d'en donner une idée iixe à ceux qui n'ont pas vu l'animal. D'ailleurs cette couleur varie avec l'âge, et change selon le sexe. Le pelage des wouwous est lisse, brillant, et d'un brun très-foncé sur la tète, la partie interne des bras et des jambes jusqu'aux genoux; il s'éclaircit insensiblement vers les épaules, s'allonge sur le cou, puis se crispe , devient tant soit peu laineux, et, enfin, très-court, très-serré, et d'un blond presque blanc au bas des reins.
Dans la femelle, peu velue en avant, les sourcils moins prononcés se fondent dans le brun de la tête. Ses favoris sont aussi moins colorés et moins longs que ceux du mâle, mais, néanmoins, encore assez grands pour rendre sa tête pius large que haute, ce qui donne â la physionomie des wouwous un caractère étrange et particulier fort différent du siamang, quoique ces animaux aient d'ailleurs la plus grande ressemblance.
Ces singes, qui vivent plus souvent isolés par couple qu'en famille, sont les plus rares de ceux qui se trouvent ici, puisque sur cinq ou six wouwous on voit toujours cent siamangs. Bien différent de ceux-ci par son agilité surprenante, le wouwou échappe ainsi qu'un oiseau, et, comme lui, ne peut guère être atteint qu'au vol : à peine a-t-il aperçu le danger qu'il en est déjà loin. Grimpant rapidement au sommet des arbres, il y saisit la branche la plus flexible, se balance deux ou trois fois pour prendre son élan, et franchit ainsi, plusieurs fois de suite, sans effort comme sans fatigue, des espaces de quarante pieds.
En domesticité, le wouwou n'annonce pas une faculté aussi extraordinaire S'il est moins lourd que le siamang, si sa taille est plus élancée, ses mouvements plus faciles et plus prompts, il est aussi beaucoup moins vif que les autres singes ; et, dans ses bras longs et grêles, dans ses jambes courtes et déjetées, on est loin de soupçonner des muscles aussi vigoureux et une adresse aussi merveilleuse .
La nature ne l'a pas doué dune grande intelligence ; la sienne n'est guère moins bornée que celle du siamang. Tous deux sont dépourvus de front; et c'est un des grands points de coïncidence entre ces deux espèces. Ce que j'ai vu me persuade néanmoins qu'il est susceptible de quelque éducation ; il n'a pas l'imperturbable ajiathie du siamang; on l'effraye et on le rassure ; il fuit le danger et recherche les caresses; il est gourmand, curieux, familier et quelquefois gai.
Quoiqu'il diffère du siamang par l'absence d'un sac guttural, son cri est cependant à peu près le même, .\insi, ce sac ne jouerait pas dans la voix le rôle ([u'on lui suppose, ou il serait remplacé dans le wouwou par quelque organe analogue. (Duvaucel.)
Il existe, au Muséum, un individu chez lequel, par un effet d'albinisme, le corps est presque uniformément couvert d'un poil d'un fauve clair. Le pelage des très-jeunes individus est également d un fauve clair. 11 faut éviter de confondre avec eux quelques individus de l'espèce précédente dont la couleur a été altérée par diverses influences. (Isidoue Geoffhoy Saint-Hilaiue.)
La femelle a l'index et le médius des membres postérieurs réunis comme le siamang. (Lesson, (lompl. (le Bu I fou.