PI. S
rxcc]Uo une bande do poils grisâlrcs qui ivi^iie sur le front du sujet adulte. Les poils qui recouvrent le dessus des doigis sont lrès-loni,'s, et ceux de l' avant-bras sont rebroussés. Les jeunes ont à peu près la moitié de la taille des vieux, mais ils présentent une particularité assez caractéristique, c'est d'avoir, proportionnellement, l'avant-bras beaucoup plus court que le bras, tandis que ces
Fis. 52. — Gibbon IioolocU.
deux portions des membres sont d'égale longueur chez les adultes. Le pelage des jeunes est d'un brun noirâtre, avec des poils grisâtres sur le dessus de la main et du pied. Quelques poils grisâlrcs se montrent sur le dos, et dessinent une ligne qui s'élend sur le corps jusqu'au milieu du fronl. Enfin, le bandeau gris des adultes est, chez les jeunes, interrompu au milieu par des poils noirs
Cette espèce est surtout remarquable par des canines trôs-développées.
Ce gibbon vit plus exclusivement sur les chaînes inférieures des montagnes, sans être organisé pour supporter les froids intenses des monts Garrows. Sa nourriture, dans l'état de liberté, consiste principalement en fruits abondants dans les jungles ou forêts marécageuses de cette contrée, en di-
(îi HISTOIRE NATURELLE.
verses graines, cl en baies de l'arbre sacré des Indiens (papullrée), et aussi en jeunes pousses, dont il suce le suc et rejette le parenchyme indigeste. Ses mouvements sont rapides, et c'est avec la plus grande prestesse qu'on le voit gravir le tronc des palmiers, sauter de branches en branches, et fuir à travers les arbres des forêts.
En domesiicité, on peut le priver aisément, et alors il ne dédaigne pas ni les œufs, ni le cai'é et le chocolat; mais il a peu de goùl pour les viandes cuites. Souvent M. Burrough a vu l'individu qu'il possédait en vie prendre un vase rempli de liquide avec ses mains , et boire en le portant à ses lèvres. Les aliments qu'il préférait consistaient en riz bouilli, en pain trempé dans du lait sucré, en bananes et oranges, et il ne dédaignait même pas les insectes, suilont les araignées, qu'il saisissait avec adresse dans les fentes des murailles. De même que les Indiens, qui ont horreur de la viande, ce singe manifestait la plus vive antipathie pour la cliair de bœnf ou de porc, bien qu'il ait essayé de manger du poisson frit.
IHinx par caractère, il saisissait toutes les occasions de manifester son affection pour son maître. Dès le matin, il lui rendait visite, en poussant un son guttural (wou-wou-won) de contentement pendant plus de dix minutes; puis il enlaçait ses membres aux siens, et semblait éprouver une vive satisfaction de ses caresses II le reconnaissait à la voix, et s'empressait d'accourir à son appel. (Lessos, d'api'ès Martin.)
Fig. 53 — Tète du gibbon liooliicli.
6. GIBBON DE RAILLES. HYLOBATES RAFFI.ni (Geoffroy S^irit-IIilniio )
Cab.\ctères spécifiques. — Pelage noir; le dos et les reins d'un brun roussâtre; sourcils blancs cl joues grises chez les mâles ; sourcils d'un gris clair et joues noires chez les femelles qui, au dire de Lesson, ont deux doigts des membres postérieurs réunis, conjme le siamang.
Habite l'ile de Sumatra.
« Ce gibbon, appelé ouiiko par les Malais de Padang, est irès-rare, dit M. Duvancel, puisque depuis quinze mois, à Sumatra, nous n'avions jamais soupçonné son existence. J'en possède nue famille entière, le père, la mère et l'enfant, que j'ai tués presque ensemble, et j'en ai vu plusieurs antres absolument .semblables; l'existence de l'e.'ipèce est donc certaine.
L'ounko est un peu moins grand que le gibbon varié, auquel il ressemble tellement sous presque tous les rapports, qu'on ne remarque guère entre eux d'autre différence que dans leur couleur. Il est tout couvert d'un poil long et fourni, moins noir et moins brillant que celui du siamang, se rapprochant de celui du gibbon varié par sa longueur dans certains endroits, par un léger reflet brun qui
Fiï. 54. — Gibbon rte llallles.
varie selon l'incidence de la lumière, et par le bas des reins et le dessus des cuisses d'un brun foncé bien prononcé ; il lui ressemble encore par un bandeau blanc qui passe immédiatement au-dessus des sourcils et vient se perdre sur les côtés dans d'épais favoris blanchfttres, unis eux-mêmes au menton également blanc.
Cfi IIISTOIHE NATUHKLLK.
La gorge n'est pas nue et dilatable comme dans le siamang, mais seulement garnie de poils moins longs et moins fournis que ceux du ventre. Au milieu de la poitrine du mâle, est une tache grise peu apparente et peut-être accidentelle. Comme dans le siamang et le gibbon varié, le scrotum est couvert de longs poils, qui forment un pinceau légèrement roussûtre au bout.
Ainsi, l'ounko tient étroitement au siamang par la nature et la couleur de son pelage; au gibbon varié par ses sourcils, ses favoris, sa physionomie et ses proportions, par l'absence du sac guttural et par l'union de l'index au médius dans la femelle seulement. Entre autres caractères ostéologiques, je citerai une quatorzième côle qui manque aux deux autres gibbons.
La femelle de l'ounko, sensiblement plus petite que le mâle, en diffère encore par l'absence des favoris blancs. Sa tète est toute noire, à l'exception de deux traits blancs autour des yeux; sa poitrine et son ventre sont peu velus ; mais les poils du dos, des épaules et de la nuque, sont fort longs, et lui forment une sorte de crinière. Ce caractère existe aussi chez les siamangs et les wouwous ; mais, dans aucun cas, il n'est, à beaucoup près, aussi prononcé. » (Duvadcel.)
7 GIBBON A FAVORIS BLANCS. UYLOBATES LEVCOGENYS. (Ogilby.)
CAnACTÈREs SPÉCIFIQUES. — Pelage épais et noir; face noire encadrée en partie par de longs favoris blancs; poils de la tète dirigés en haut et en arrière.
Habite l'Inde.
Fi". 55 — Gihbon à favm is lilancs.
liibhoii cuiitolor.
PI. 'J l.is
QUAUKLMANES. 67
Ce gibbon a des Ibniies élancées, un pelage épais, long, laineux et brillant; les poils de la tête sont droits et relevés dès leur base, disposition qui fait paraître le crâne plus développé en bauteur et allonge l'ovale de la face. La couleur du pelage contraste avec celle des longs poils blancs qui bordent la face et forment de gros favoris dirigés en arrière et simulant une collerette en se rencontrant avec les poils du cou.
Les paumes des quatre mains sont noires, et les doigts des extrémités inférieures sont tous libres.
Debout, ce singe a deux pieds quatre pouces (anglais).
11 a vécu dans la ménagerie de la Société zoologique de Londres, et se faisait remarquer par son activité, sa douceur et sa familiarité. On n'a aucun renseignement positif sur son habitat. (Martin.)
8. GIBBON A MAINS ItLANCIIIiS. HYLOBATES ALDIM^^VS. (Isid. Geofiroy Saiijt-llilairu )
(PI. 10 bis.)
Cahactères spécifiq'jes. — Pelage noir; les quatre mains et tout le tour de la face d'un blanc sale.
Habite l'ile de Java.
Cette espèce a le corps allongé et assez grêle, la tète arrondie, les yeux grands et enfoncés; les poils de la tête, du cou, du dos, des flancs et des membres, sont d'un noir intense chez les sujets adultes; la face est nue et de couleur brune. Un cercle de poils gris très-clairs traverse le front, s'élargit sur les joues, et contourne la mâchoire inférieure en dessous.
Le dessus des mains, depuis le poignet jusqu'aux ongles, le dessus des pieds, depuis la malléole jusqu'à la dernière phalange, sont également recouverts de poils gris blancs plus ras que ceux du corps. La peau nue du dedans de la main et de la plante des pieds est de couleur noire, ainsi que les ongles et l'extrémité des phalanges. (Lessoin.)
Le pelage du gibbon aux mains blanches paraît varier du noir intense au brun fuligineux; et la couleur des extrémités des membres et du tour de la face peut arriver au blanc presque pur.
Le nom spécifique d'albimanus exprime beaucoup mieux les caractères de ce gibbon, et ce motif, joint à la difficulté de débrouiller la synonymie de deux espèces auxquelles on a appliqué le nom de lar (l'hyl. albimanus et l'hyl. Rafllei), ont engagé M. Isidore Geoffroy Saint-Hilaire à adopter le nom d'albimanus déjà proposé par Mil. Vigors et Horsefield.
9. GIBtiON CONCOLOR. IIYI.OItATES CODICOLOIt. ( Harlaii ) (l'I, Obis)
Caractères spécifiques. — Pelage entièrement noir. Habite ?
On ne possède aucuns détails bien circonstanciés sur cette espèce encore peu connue. Le mâle est noir, et la femelle est d'un fauve grisâtre ; le dos est plus clair et les parties antérieures plus foncées que le reste du pelage, ou du moins c'est ce qu'on peut dire des individus étudiés jusqu'ici , sans qu'on puisse afiirmerque ces individus appartiennent réellement à la même espèce.
10 GIBBON CHOROMANDtS. Hri.OBATES CUOROMANDVS. (Ogilby.)
Car.\ctères spécifiques. — Front ample et haut , nez saillant; pelage épais et laineux d'un brun
pâle jaunâtre ; poils de la tète longs et redressés; ceux de la poitrine, des aisselles et de l'abdomen, bruns.
Habite le continent indien, probablement la péninsule malaise.
La tête est large et arrondie ; le nez saillant et à large cloison ; le pelage est épais, long, laineux et brillant ; les poils de la tète sont relevés et forment une volumineuse perruque. La couleur générale est à peu près celle du gibbon varié ; elle est d'un brun jaunâtre, pâle ou basané. D'épais favoris encadrent la face; ils sont, ainsi que la barbe, d'un brun chocolat foncé. Les poils des doigts sont noirs, et les doigts des extrémités inférieures sont libres.
A ces caractères, Lesson ajoute : « Pelage brun cendré, relevé sur la face par deux larges moustaches noires. »
Fig. 56. — Gibbun thoroiuaiidus.
Sciueletle île gibbon viinr.
(îil)lioii aux iiiiiius hlunclics.
l'i. 10 bis.
DEUXIEME TRIBU. — PITHÉCIENS.
. Sous le nom de pithéciens, nous comprenons tous les autres singes de l'ancien monde, et nous les divisons en quatre groupes qui sont : 1° les semnopithéciens ; 2° les cercopithéciens; 5° les macaques; 4° les cynopitliéciens.
Jriciu.ieu atoii-pe. — Q^emuoeimec
Les semnopithéciens ont le corps grêle, les membres allongés, les mains antérieures étroites longues, à pouce très-court ou même nul ; ils n'ont pas d'abajoues et leur queue est très-longue. Moin pétulants que les autres singes de la même tribu, leur caractère semble plus froid et plus calme Ce groupe se compose des trois genres : Nasique, Semnopithèque et Colobc.
1" GENRE. — NASIQUE. NASALIS. (Geoffroy Saint-llilaire.)
Nasus, riez.
CARACTÈRES GÉNÉRIQUES
Nez irès-larçie, démesurément aUoncfê, et percé près de son exirémité de deux grandes narines
Museau court, front assez proéminent
Corps trapu.
Membres assez longs, mains antérieures longues, pouces courts.
Queue à peu près de même longueur que le corps.
Des abajoues; des vallosilés aux fesses.
Ongles assez aplatis, veux des pouces des membres inférieurs très-larges et épais.
Poils abondants, serrés.
Habite Bornéo, la Cochinchine. Taille I^.IO.
Les nasiques sont fort remarquables par un trait apparent et qui n'appartient à aucun autre singe. Ce trait est un nez large, proéminent, assez semblable pour la forme à celui de l'homme, mince à son extrémité, et présentant dans toute sa longueur un sillon qui semble le diviser en deu\ lobes. Cette disposition a fait donner à l'espèce le nom de nasique par Daubenton. Les narines sont placées et ouvertes horizoolalement comme celles de l'homme; leur ouverture est grande et la cloison qui les sépare est mince. Ces narines, situées à l'extrémité du nez, et par conséquent fort éloignées de la lèvre supérieure, se dilatent à la volonté de l'animal sans que le nez puisse se mouvoir en totalité. Les os maxillaires et ceux du nez n'offrent aucune modification correspondante à cette longueur extraordinaire des parties molles; le cartilage seul est plus développé. La forme particulière de cet organe semblerait annoncer une grande puissance du sens olfactif; rien cependant ne le prouve dans ce qu'on sait des habitudes de cette espèce.
La tète est ronde, couverte, au sommet et sur toutes les parties postérieures, d'un poil touffu assez court et d'un brun-marron clair ou roux ferrugineux. Le front est court ; les yeux assez grands et assez éloignés l'un de l'autre et sans sourcils, mais la paupière supérieure a des cils assez longs, tandis qu'on n'en observe pas à la paupière inférieure.
La face entière est dénuée de poils comme le nez; elle est d'un brun mêlé de bleu et de rougeâlre. I^a bouche est grande et garnie de fortes dents canines et de quatre incisives à chaque mâchoire. Le dessous du menton présente de longs poils d'un roux clair, dirigés en avant, courbés et à convexité inférieure.
Les oreilles, cachées dans le poil, sont nues, minces, larges, de couleur noirâtre et de forme arrondie, avec une échancrure assez sensible à leur bord.
Le cou parait court et forme une sorte de goitre, à cause du grand développement du sac laryngien.
Le corps est gros et couvert d'un poil d'un brun-marron plus ou moins foncé sur le dos et sur les lianes, orangé sur la poitrine, et d'un fauve mêlé de grisâtre sur le ventre, la région lombaire, les cuisses et les bras, tant au dedans qu'au dehors.
Fig. 57, — Nasiqiic linliau.
11 y a autour du cou et sur les épaules des poils bien plus longs que ceux du corps, et qui forment une espèce de camail dont la couleur contraste avec celle de la peau nue de la face.
La queue est très-longue et garnie de poils fauves assez courts.
Les mains et les pieds, nus à l'intérieur et d'un gris ardoisé, sont à l'extérieur couverts de poils courts et d'un fauve clair mêlé de gris. Cinq doigts aux pieds et aux mains; les ongles noirs, ceux des pouces aplatis, les autres convexes. (Description de Bidfon, à laquelle il y a eu peu à ajouter.)
Ces singes sont frugivores, quoique d'un naturel féroce. Attaqués, ils se défendent avec beaucoup de courage.
Des Cocliincliinois, dit LatreiUe, qui sont venus visiter les collections du Muséum d'histoire naturelle, ont parfaitement reconnu ce singe, et ils ont dit qu'il est très-commun dans leur pays, où on le nomme tlie doe, c'est-;\-dirc grand singe.
D'après les habitants de Bornéo, les nasiques ou kahaus, auxquels ils accordent beaucoup d'intelligence, seraient les descendants d'un peuple de pygmées qui, pour se soustraire à toute domination, se seraient depuis longtemps retirés dans les forêts marécageuses où toute poursuite est impossible.
Wurmbs, qui a tuè un de ces animaux, dit qu'ils vivent en troupes nombreuses ; leur cri, qui est fort grave, fait entendre distinctement le mot kahau. Les naturels de Pontiana donnent à ce singe le nom de bantanjan, à cause de la forme de son nez. Ces singes se rassemblent le matin et le soir, au lever et au coucher du soleil, sur les bords des rivières ; on les voit sur les branches des grands arbres, où ils offrent un spectacle singulier en s' élançant avec une grande rapidité d'un arbre à l'autre à la distance de quinze ou vingt pieds. Je n'ai pas remarqué qu'ils tiennent, comme on le dit, leur nez en sautant; mais j'ai vu qu'ils étendent alors exiraordinaireraent leurs quatre pattes. Leur nourriture est inconnue, ce qui fait qu'il est impossible de les conserver en vie. Il y en a de différentes grandeurs, on en voit même qui n'ont qu'un pied de haut, et qui cependant ont déjà des petits.
Vu par le haut, le nez de ce singe ressemble à la langue d'un homme, avec une raie au milieu. Les narines sont oblongues ; il peut enfler et étendre son nez au point que chaque narine offre un bon pouce d'ouverture.
L'estomac est extraordinairement grand, et d'une forme irrégulière; et il y a sous la peau un sac qui s'étend depuis la mâchoire inférieure jusqu'aux clavicules.
Ce genre ne comprend qu'une seule espèce, le nasique kahau. MM. Vigors et Horsfield ont proposé d'établir une nouvelle espèce sous le nom de nasalis recurviis, d'après une jeune femelle dont le nez est retroussé. (Zool. Journ., p. 109, t. IV.) Ce n'est sans doute qu'une variété accidentelle.
Les naturalistes ont classé le nasique avec les cercopithèques d'abord, puis avec les semnopithèques, jusqu'au moment où Geoffroy Saint-Hilaire en a fait le type d'un genre.
Les nasiques se rapprochent des semnopithèques par la brièveté des pouces des mains et les ongles aplatis de ces doigts; mais ils en différent par des formes plus robustes, un sac laryngien dilatable, leur ventre gros et renflé, et leur région lombaire large et solidement établie.