‹ Encyclopédie d'histoire naturelle; ou, Traité complet de cette science d'après les travaux des naturalistes les plus éminents de tous les pays et de toutes les époques: Buffon, Daubenton, Lacépède, G. Cuvier, F. Cuvier, Geoffroy Saint-Hilaire, Latreille, De Jussieu, Brongniart, etc. etc (volume 4)Chapitre 111 sur 129 · CALOCÉPHALE BARBU. CALOCEPHALUS BARBATUS. Fr. Cuvier · texte numérisé non relu

CALOCÉPHALE BARBU. CALOCEPHALUS BARBATUS. Fr. Cuvier

CaRacrÈRES spÉCIFIQUES. — Système dentaire semblable à celui du Phoque commun; tête allongée. museau large; lèvres lâches; soies des moustaches nombreuses, fortes, cornées, flexibles, très-légèrement comprimées, lisses, transparentes, tenant peu fortement; ouvertures des oreilles plus grandes que dans les autres espèces; yeux grands, à pupilles rondes, à iris brune; pieds de devant longs, ayant le doigt du milieu le plus grand de tous et les latéraux les plus petits, ce qu’on n’observe pas dans d’autres espèces; corps allongé, robuste; dos renflé; langue et pieds comme dans le Phocu vitulina; poil des jeunes abondant et doux, celui des vieux plus rare, et quelquefois presque seul : pelage d’abord livide en dessus et blanc en dessous dans la jeunesse de l'animal, puis tout noir dans les vieux individus. Longueur totale de plus de 3", et quelquefois de 3,25.

Cette espèce est l'Unxsur ou GraxD Puoque de Buffon, le Phoca barbata, À.-G. Desmarest; Phoca major, Parsons, Phoca Parsonü, Lesson; Calocephalus barbatus, Fr. Cuvier; 'Urksuk takkamugal et le Terkigluck des Groënlandais; le Gramselar d'Olafen.

Ce Phoque habite la haute mer près du pôle boréal, et se rend à terre au printemps. La femelle ne fait qu'un petit, qu'elle met bas sur les glaces flottantes vers le mois de mars. Les Groënlandais estiment beaucoup cette espèce pour sa chair, sa graisse et ses intestins, qu’ils regardent comme un excellent mets, et pour sa peau, avec laquelle ils s’habillent.

Ne serait-ce pas à cette espèce qu’on devrait rapporter le Lakurak de Krachenninikow, qui ne diffère du Phoque commun que par sa grosseur seulement, puisque sa taille égale celle du plus gros Pœuf? On le prend depuis le cinquante-sixième jusqu'au soixante-quatrième degré de latitude septentrionale, et dans la mer orientale; il semble être, pour le nord du globe, ce que le Phoque à trompe est pour l'hémisphère antarctique.

C'est peut-être aussi à cette espèce qu'il faut rapporter le Vade-Suel où Hav-Suel des Islandais, qui, suivant Olafsen, est presque aussi fort que l'Utselur, et mème plus gros et plus gras que lui; qui a la peau très-épaisse et le pelage noir et plein de grosses taches rondes, plus petites sur le dos que sur les flancs. Ces Phoques nagent en ligne droite par fortes troupes serrées et avec ordre, d’où leur vient le nom de Vade-Sael, puisque vada signifie tas flottant. Un d'eux, qui est ordinairement le plus fort de tous, nage à la tête de la troupe, et est appelé à cause de cela Sacle Kouge (roi des Chiens de mer). On ne voit jamais ce Phoque en terre ferme, mais seulement sur les glaçons, où les habitants, principalement ceux qui occupent les côtes septentrionales d'Islande, lui font la chasse. Il vient cependaut dans quelque golfe, comme par exemple dans ceux d’Iso et d’Arnar, où on le prend au harpon; à Patrixfiord, on le tue au fusil. Il dépose ses petits, en avril, sur des anses très-éloignées et dans des îles, car il disparaît de ces parages en mars; et, lorsqu'il revient au mois de mai, il ramène ses petits avec lui.

7. CALOCÉPHALE SCOPULINE. CALOCEPHALUS SCOPULINUS. Thienemaun.

CaracrÈRES spÉciriQuEs. — Pelage noir sur le dos, vert sous le ventre et sur les flancs; ces derniers marbrés de noir près du dos, et de gris près du ventre. Longueur totale, 1,95.

Gette espèce est le Phoca scopulina, Thienemann, et Lesson Hu à applique la dénomination de Phoca Thienemanni.

Il se trouve sur les côtes d'Islande; lon n’en connait pas les mœurs.

S. CALOCÉPHALE LEUCOPLE, CALOCEPHALUS LEUCOPLUS. Thienemann

GARACTÈRES SPÉCIFIQUES. — Pelage enticrement verdâtre, avec une teinte grisatre sur le dos. De fa mème taille que celle de Pespèce précédente.

Ce Phoque est loin d'être suffisamment connu; il habite également les mers polaires et spécialement les côtes d'Islande.

A ces espèces nous pourrions peut-être encore en joindre quelques autres, mais, comme elles sont imcomplétement connues, nous préférons en dire quelques mots à la fin de notre tribu des Phocidés, car nous ne sommes pas sûr que ce soient de véritables Calocéphales.

Hätous-nous de dire que toutes ces espèces, propres aux mers polaires du Nord, sont très-loin d'être suffisamment connues, et que la science réclame que l'on puisse les étudier sérieusement dans les lieux qu'elles habitent. Alors seulement on pourra les distinguer complétement sous le double rapport de l'espèce et des mœurs. Jusqu'ici on n'a guère que les détails que nous en ont donnés des voyageurs et non des naturalistes. Regrettons que ce sujet n'ait pas été traité dans les voyages en Islande, au Groënland et en Scandinavie, faits, il y a quelques années, sous la direction de M. Paul Gaimard; regrettons de n'avoir, dans les nombreux volumes qui ont été publiés relativement à ces voyages, aucun détail zoologique sur les Phoques; nous aurions désiré y lire l'histoire de la chasse des Phoques et ses incidents quelquefois si pittoresques que M. Biard a reproduits d'une maüière si heureuse dans le tableur qui vient d'être placé dans la galerie de Minéralogie de notre Muséum d'Histoire naturelle, et, surtout, y voir de bonnes descriptions zoologiques.

C'est à ce genre que se rapportent les Phoca fossilis, G. Cuvier, du terrain de la troisième époque, et Phoca magna, G. Cuvier, du calcaire de Douai; nous en avons parlé dans nos généralités.

9me GENRE. HALICHERE., HALICHERUS. Nilson, 1820. Skhandinavia Fauna.

\:, mer; Zu00, Sanglier

GARACTÈRES GÉNÉRIQUE.

Système dentaire semblable pour le nombre des dents à celui des Calocéphales, mais en différant par la disposition de celles-ci. Toutes les dents sont coniques, recourbées, les inférieures égales, courtes, séparées également par un intervalle vide; les deux incisives eæternes d'en haut sinrulant «les canines et marquées d'un canal étroit à leur partie postérieure, les quatre intermédiaires plus longues et égales entre elles; les canines inférieures rapprochées, sillonnées en arrière et en dedans. S'engageant dans un intervalle des canines supérieures, qui sont semblables; molaires triangulaires, les supérieures convexes sur leur face externe, recourbées, les troisième et quatrième les plus grandes, les inférieures pyramidales, les deuxième et troisième plus grandes que les autres.

Ongles plus longs et plus recourbés que dans les autres Phocidés.

Telles sont les différences qui peuvent servir à distinguer les Halichères des Calocéphales, avec lesquels ils étaient compris par Fr. Cuvier. Ce genre, créé par Nilson, à été adopté par Hornschuch, auquel on Pattribue en général, quoiqu'il n’en ait parlé qu'en 1824 dans le journal sis. Le nom de ce groupe générique devra probablement être changé, car cette dénomination d'Halicherus est trop

voisine de celle d’Halichorus qu'liger avait précédemment employée pour distinguer les Dugongs. Quoi qu'il en soit, ces Halichères sont des Phocidés de taille moyenne, qui semblent, eu quelque sorte, faire le passage des Phoques proprement dits aux Morses, et qui, par certains de leurs caractères, rappellent, plus que les autres animaux de la même tribu, les Cétaces.

On n'en connait que deux espèces, qui sont propres aux mers cireumpolaires.

Fig. 120. — Halichère hérissé.

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