ARCTOCÉPHALE OURSIN. ARCTOCEPHALUS URSINUS. Fr. Cuvier
CARACTÈRES SPÉGIFIQUES. — Corps mince, tête ronde; gueule peu fendue; yeux proéminents; moustaches longues; oreilles pointues, coniques; pelage composé de deux sortes de poils : celui de dessous court, ras, doux, satiné, d'une belle couleur rousse, et celui de dessus plus long, brunâtre, tacheté de gris foncé. Longueur totale depuis le bout du museau jusqu'à l'extrémité la queue, variant de 15/5072
Cest l'Ours marin de Buffon, le Phoca ursina de Linné, l'Ursus marinus de Steller, l'Arctocephalus ursinus, Fr. Cuvier, et l'Otaria Fabricu, Lesson.
Il habite les côtes du Kamtchatka et les îles Aléoutiennes, et en général toutes les parties de l'océan Pacifique du Nord. Il se plait au milieu des rochers et des récifs, sur les côtes les plus exposées à la tempête, et ses mœurs sont extrêmement sauvages. La finesse de son odorat l'avertit à uue très-grande distance de l'approche des chasseurs, ce qui le rend très-difficile à prendre : cependant on le recherche beaucoup, parce que sa fourrure, assez douce, est très-cstimée, principalement en Chine.
Le Phoque oursin ressemble beaucoup, par ses formes extérieures, au Lion marin, type du genre Platyrhnchus; il en a la tête, les oreilles externes; son corps a la même proportion; ses membres sont conformés de la même manière; les doigts de ses nageoires postérieures sont également dépassés
par les lanières de peau fort allongées et linéaires; sa queue est aussi courte, ete.; mais il en diffère par la taille et par le pelage.
Le poids des plus grands Phoques oursins des mers du Kamtchatka est d'environ vingt pouds de Russie, c’est-à-dire quatre cents de nos kilogrammes, et leur longueur n'excède pas 3". Leur poil est hérissé, épais et long; il est de couleur noirâtre et tacheté de gris sur le corps, et jaunâtre ou roussâtre sur les pieds et les flancs; il y a, sous ce long poil, une espèce de feutre, c’est-à-dire un second poil plus court et très-doux, qui est également de couleur roussâtre; mais dans la vieillesse les plus longs poils deviennent gris ou blancs à la pointe, ce qui les fait paraître d'une couleur grise un peu sombre. Ils n’ont pas autour du cou de longs poils en forme de crinière, comme les Lions marins. Les femelles diffèrent si fort des mâles par la couleur, ainsi que par la grandeur, qu'on serait tenté de les prendre pour des animaux d’une autre espèce. Leurs plus longs poils varient; ils sont tantôt cendrés et tantôt mêlés de roussâtre. Les petits sont du plus beau noir en naissant; on fait de leur peau des fourrures qui sont très-estimées; mais, dès le quatrième jour après leur naissance, il y a du roussâtre sur les pieds et sur les côtés du corps : c’est pour cette raison que l'on tue souvent les femelles qui sont pleines, pour avoir la peau du fœtus qu'elles portent, parce que cette fourrure est encore plus soyeuse que celle des nouveau-nés.
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Fig. 127 — Arctocéphale oursin.
Les habitudes de ce Phoque différent peu, quant au fond, de celles du Lion marin, mais bien par les détails. Ils vivent en familles; chaque chef se tient à la tête de la sienne, composée de ses femelles, au nombre de huit, jusqu’à quinze, et, dit-on même, cinquante, et tous leurs petits des deux sexes : chaque famille se tient séparée, et, quoique ces animaux soient en certains endroits par milliers, les familles ne se mêlent jamais. Les mâles se battent entre eux pour se disputer la possession des femelles; et, après un combat cruel, le vainqueur s'empare de la famille du vaineu, qu'il réunit à la sienne. Le Phoque oursin craint seulement le Lion marin; du reste, il fait une guerre cruelle à tous Les
autres animaux de mer, et notamment aux Loutres marines. Il n'est ni dangereux, ni redoutable pour l'homme; il ne cherche même pas à se défendre contre lui, et il n’est à craindre que lorsqu'on le réduit au désespoir, et qu'on le serre de si près qu'il ne peut fuir. La femelle n'a pas l'indifférence qu'on reproche à la Lionne marine pour son petit; elle lui témoigne un attachement si vif et si tendre, que, même dans le plus pressant danger pour sa propre personne, elle n'abandonne jamais son petit; elle emploie tout ce qu'elle a de force et de courage pour le défendre et le conserver, et souvent, quoique blessée elle-même, elle l'emporte dans sa gueule pour le sauver Le cri de ces animaux est plaintif, mais il varie selon les circonstances. En général, le bélement d'un troupeau entier de ces Phoques ressemble de loin à celui d'un troupeau composé de Moutons et de Veaux. Les femelles mettent bas, au mois de juin, sur les rives désertes de la mer du Nord; et, comme elles entrent en chaleur dans le mois de juillet suivant, on peut en conclure que le temps de la gestation est au moins de dix mois; les portées sont ordinairement d'un seul, rarement de deux petits, les mères les allaitent jusqu'à la fin d'août. Ces petits, déjà très-forts, jouent souvent ensemble ; et, dit-on, lorsqu'ils viennent à se battre, celui qui est vainqueur est caressé par le père, etle vaineu est protégé et secouru par la mère.
2, ARCTOCÉPHALE LOBÉ. ARCTOCEPIHALUS LOBATUS Gray
CaracTeres srÉciriQues. — Pelage brun, tirant sur le rouge lorsque l'animal commence à vieillir. Longueur de 1",30 à 2".
Cette espèce, qui ne diffère peut-être pas de la précédente, dans laquelle on pourra peut-être quelque jour distinguer plusieurs espèces particulières, est l'Ouns mari De Fousrer, l'Arctocephalus lobatus, Gray, etlOtaria Forsteri, Lesson, qui lui rapporte les synonymies que nous avons appliquées à l'Arctocephalus ursinus.
Cet animal est le Phoque à fourrures des pécheurs européens ou américains. I habite les hautes latitudes, fréquente toutes les côtes morcelées de l'extrémité australe de l'Amérique, le cap Horn, la terre des États, les îles Malouines, l'archipel de Pierre-le-Grand, et aussi les îles Marquises, Penantipodes, les parties méridionales de la Nouvelle-Hollande. de la Nouvelle-Zélande et de la terre de Van-Diemen. Du Petit-Thouars le mentionne à l'ile de Tristan d'Amyna. Enfin, on l’a aussi signalé dans les mers du cap de Bonne-Espérance.
Ce Phoque, comme le précédent, est recherché dans le commerce de pelleterie, et sa fourrure est trèsestimée. La couleur la plus ordinaire de cette fourrure est le brun; mais, lorsque l'animal est parvenu à toute sa croissance, elle tire sur le rouge. Sa qualité ne diffère de celle des Castors que parce que les poils ou le feutre soyeux qui la composent sont les plus courts. Mais cependant cette fourrure est grossière sur le dos et sur le cou, et ce n’est que sous le corps, et notamment sous le ventre, qu'elle prend cette finesse et ce moelleux qui la fait rechercher. Les crins qui couvrent le corps et qui dépassent le feutre sont toujours arrachés. Pour cela, on chaulfe doucement la peau, et on la ratisse fortement avec un large couteau de bois façonné à cet effet. Débarrassée de ses longs poils, la fourrure acquiert alors toute sa beauté et se vend en Chine environ douze francs, et jusqu'à trente et trentesix francs en Angleterre, en y comprenant la prime. On en fait des chapeaux superfins, des garnitures de robes, des manteaux, ete. Des chasseurs de Phoques assurent que cette espèce, si précieuse à leurs yeux, ne se trouve jamais que sur les côtes les plus battues par les vagues, dans les lieux les plus äpres des côtes de Fer qui bordent la plupart des îles de la mer du Sud, et que jamais on ne la voit se reposer dans les criques bordées de longues plages sablonneuses, déclives, où la mer roule paisiblement ses eaux pendant la marée montante. Ses mœurs sont, dit-on, très-sauvages. et son odorat très-subtil; de loin, elle a la conscience, par son moyen, des approches de l'homme, et s’empresse de gagner la mer et de fuir un ennemi qu'elle a appris à redouter.
Ome GENRE. — PLATYRHYNQUE. PLATYRHYNCHUS. Fr. Cuvier, 1826. Dictionnaire des Sciences naturelles, t. XXXIV.
Iaruc, large; c2Yycc, nez.
CARACTÈRES GÉNÉRIQUES
Système dentaire : incisives, À; canines, {= ; molaires, = : en totalité, trente-six dents, conne dans les genres précédents. Les incisives pointues. Les molaires n'ayant pus de pointe secondaire, excepté à leur partie antérieure.
Crane très-élevé.
Museau plus élargi que dans les Arctocéphales.
Ce genre est l'un des moins bien connus de ceux de la tribu des Phocidés, et les espèces qu'il renferme n’ont pas encore été étudiées suffisamment. Les Platyrhynques sont répandus dans presque toutes les mers, dans le nord de l'Océan Pacifique, dans les mers australes, à Manille, au Chili, ete.
1. PLATYRHYNQUE LION MARIN. PLATYRHYNCHUS LEONINUS. Fr. Cuvier.
CaracrÈres spéciriques. — Pelage uniformément fauve; moustaches noires; le mâle portant sur le cou une crinière qui lui descend jusque sur les épaules; tête assez petite, presque semblable à celle d'un Dogue, avec le nez légèrement relevé et comme tronqué à son extrémité; longueur totale assez variable, car l’on indique des individus n'ayant que 4", tandis que d’autres peuvent atteindre, dit-on, au delà de 8".
La synonymie de cette espèce est l’une des plus embrouillées de celles des diverses espèces de la tribu des Phocidés : il paraît, toutefois, que c’est à cette espèce qu'on doit rapporter tous les animaux décrits sous les noms suivants : Pnoque À crmièRE, Forster; Liox marin, Steller, en partie Buffon, principalement dans son Supplément, probablement Pernetti, et Krachennikikow: enfin, les zoologistes nomenclateurs lui ont successivement appliqué les dénominations de Phoca jubata, Schreber: Olaria jubata et leonina, À.-G. Desmarest; Platyrhynchus leoninus, Fr. Cuvier, Lesson, etc.
Pendant longtemps on a confondu avec cette espèce : 1° le Lion marin d'Anson, mais il a été bien démontré que cet animal devait être rapproché du Macrorhin à trompe; 2° le Lion marin de Pernetti, et probablement aussi de Forster, qui pourrait peut-être, d’après Lesson, être réuni au Platyrhynchus molossinus; mais cela n’est pas encore démontré, et nous laisserons sous le même nom les Lions marins de Pernetti, Forster et Steller; 3° le Phoque de l'ile Saint-Paul, qui doit peutêtre constituer une espèce particulière d'Otaries; et # le Phoca Californica, décrit assez récemment par Lesson, et que l’on a reconnu n'être que le jeune âge du Platyrhynchus leoninus.
Le Platyrhynque Lion marin, en adoptant la réunion des Lions marins de Forster et de Steller, ainsi que l’admet G. Cuvier, se trouverait répandu dans toute la mer Pacifique, aussi bien dans le détroit de Magellan, dans les mers australes, que dans l'Océan Pacifique du Nord, au Kamtchatka, aux îles Kourilles, en Californie, ete. Certains zoologistes pensent, et leur avis est probablement le meilleur, qu'il doit y avoir deux espèces confondues parmi celle que nous décrivons : l'une propre au pôle nord, et l’autre particulière aux mers australes; mais, dans l’état actuel de la science, on ne peut pas parvenir à distinguer ces deux espèces, et il vaut mieux, à l'exemple de notre illustre compatriote, les laisser réunies jusqu'à ce que des études nouvelles viennent nous les faire connaitre plus complétement. Cela posé, nous rapporterons ce que les auteurs disent du Lion marin.
C’est d’après Forster que nous décrirons d’abord les Phoques, appelés Lions marins, qui habitent la pointe sud de l'Amérique, c’est-à-dire les îles Falkland, le détroit de Magellan et la Terre des Etats. Ensuite, nous rapporterons la description donnée par Steller de ses Lions marins, et nous
examinerons s’il nous est permis de décider l'identité ou la non-identité d'espèce de ces animaux. D’après l'auteur que nous avons cité le premier, Le Lion marin est le Phoque à oreilles externes de la plus grande espèce. Sa longueur est de dix à douze pieds anglais, lorsqu'il a pris tout son accroissement; les femelles, qui sont beaucoup plus minces que les mâles, sont aussi plus petites et n’ont communément que sept ou huit pieds; les plus gros mâles pèsent de douze à quinze cents livres (anglaises), et, en moyenne, cinq cent cinquante après qu’on en a Ôté la peau, les entrailles et la graisse; le diamètre du corps, dans les individus des deux sexes, est à peu près égal au tiers de la longueur; l'épaisseur est à peu près la même partout, et l’animal se présente aux yeux comme un gros cylindre, plutôt fait pour rouler que pour marcher sur la terre; aussi le corps trop arrondi n’y trouve d’assiette que parce que, étant recouvert partout d'une graisse excessive, il prête un point d'appui aux inégalités du terrain et aux pierres sur lesquelles l'animal se couche pour se reposer. La tête paraît être trop petite à proportion d'un corps aussi gros; le museau est assez semblable à celui d’un gros Dogue, étant un peu relevé et comme tronqué à son extrémité; la lèvre supérieure déborde sur l'inférieure, et toutes deux sont garnies de cinq rangs de soies rudes, en forme de moustaches, qui sont longues, noires et s'étendent le long de l'ouverture de la gueule; ces soies sont des tuyaux dont on peut faire des cure-dents; elles deviennent blanches dans la vieillesse. Les oreilles sont coniques, longues seulement d'environ 0",01 à 0,02; leur cartilage est ferme et roide, et néanmoins elles sont repliées vers l'extrémité; la partie intérieure en est lisse et la surface extérieure est garnie de poils. Les yeux sont grands et proéminents; l'iris est vert, et le reste de l'œil est blanc, varié de petits filets sanguins; il y a une membrane clignotante à l'intérieur. Les sourcils, composés de crins noirs, surmontent les yeux. Les dents sont au nombre de trente-six : les incisives supérieures ont deux pointes, au lieu que les inférieures n'en ont qu'une; il y en a quatre, tant en haut qu'en bas; les dents canines sont bien plus longues que les incisives, et de forme conique, un peu crochues à leur extrémité, avec une cannelure au côté intérieur. Les pieds du devant ou les mains, qui partent de la poitrine, sont de grandes bandes plates, d'une membrane noire et dure, lisse et sans poil, et dans le milieu se trouvent quelques vestiges d'ongles qu'on distingue à peine. Les nageoires de derrière, lisses et sans poils, comme celles de devant, sont divisées en cinq longs doigts, aplatis et enveloppés dans une peau mince, qui s'étend au delà des ongles, qui sont fort petits. La queue, de forme conique et couverte de petits poils, est courte. La tête du mâle et la partie supérieure de son corps sont recouvertes de poils épais ondoyants, longs de deux à trois pouces et de couleur jaune foncé où tanné, qui flottent sur le front et sur les joues, et forment une erinière sur le cou et sur la poitrine de l'animal. Cette crinière se hérisse lorsqu'il est irrité. Sur tout le reste du corps, des poils courts, lisses, fauves brunâtres et comme collés à la peau, l'enveloppent dans vne robe satinée et luisante. La femelle n’a pas le moindre vestige de crinière, à quelque âge qu'elle soit parvenue; tout son poil est court, lisse et luisant, comme celui de la robe du mâle; mais il est d'une couleur jaunâtre assez claire.
Suivant Steller et Krachenninikow, le Lion marin du Nord serait plus petit que celui du Sud, puisque sa taille ne surpasserait guère celle du Phoque Ours marin; sa peau, sur tout le corps, serait brune; sa tête de moyenne grosseur; ses oreilles courtes; le bout de son museau court et relevé, comme celui du Chien doguin; son cou serait nu, avec une petite crinière d’un poil rude et frisé. Mais ces caractères, comme le fait observer À. G. Desmarest, ne sont certainement pas suffisants pour affirmer que l'espèce de Steller est différente de celle de Forster.
Le père Labbé fait mention du Lion marin des côtes du Brésil, lieu où cet animal serait assez com mun. Lemaire l'observa à l'ile du Roi, sur la côte des Patagons; mais cet auteur dit qu'on ne le rencontre pas au delà du einquante-sixième degré de latitude septentrionale. Molina semble lavoir vu au Chili. Bougainville a trouvé le Lion marin aux îles Malouines, se partageant le terrain avec les Phoques à trompe et avec d'autres espèces du même groupe. Cook la également vu sur les îles du Nouvel-An, situées à la côte du nord de la Terre des États, ete. Îl est remarquable qu'on n'ait point signalé cet animal dans l'immense intervalle qui sépare les deux régions qu'il habite. D'autres voyageurs l'ont reconnu dans le grand Océan boréal, dans les îles Kourilles et au Kamtchatka. Steller, qui s'était embarqué sur le vaisseau de Béring, en qualité de naturaliste, dans le voyage où ce navigateur découvrit pour les Russes, l'Amérique du Nord-Ouest par les latitudes élevées, vécut pour ainsi dire avec ces Amphibies pendant plusieurs mois, dans l'ile sur laquelle Le vaisseau de Béring fit naufrage.
« Les Lions marins, dit Buffon, vont et se tiennent par grandes familles, chaque famille est ordi-
nairement composée d’un mâle adulte, de dix ou douze femelles et de quinze à vingt Jeunes des deux sexes; tous nagent ainsi dans la mer, demeurent ainsi réunis lorsqu'ils se reposent à terre... La présence ou la voix de l'homme les fait fuir ou se jeter à l’eau; car, quoique ces animaux soient bien plus grands et plus forts que les Ours marins, ils sont néanmoins plus timides. Lorsqu'un homme les attaque avec un simple bâton, ils se défendent rarement et fuient en gémissant; jamais ils n'attaquent ni n'offensent, et l’on peut se trouver au milieu d'eux sans avoir rien à craindre, ils ne deviennent dangereux que lorsqu'on les blesse grièvement ou qu'on les met aux abois; la nécessité leur donne alors de la fureur; ils font face à l'ennemi et combattent avec d'autant plus de courage qu'ils sont plus maltraités. Les chasseurs cherchent à les surprendre sur la terre plutôt que dans la mer, parce qu'ils renversent souventles barques lorsqu'ils se sentent blessés. Comme ces animaux sont puissants, massifs et très-forts, c'est une espèce de gloire parmi les Kamtchadales, que de tuer un Lion marin mâle. Les mâles se livrent souvent entre eux des combats longs et sanglants. On en à vu qui avaient le corps entamé et couvert de grandes cicatrices. Is se battent pour défendre leurs femelles contre un rival qui vient s'en saisir et les enlever; après le combat, le vainqueur devient le chef et le maître de la famille entière du vaincu. Ils se battent aussi pour conserver la place que chaque mâle occupe toujours sûr une grosse pierre quil a choisie pour domicile; et, lorsqu'un autre mâle vient pour l'en chasser, le combat commence et ne finit que par la fuite ou par la mort du plus faible. »
Fig. 198. — Platyrhiynque lion marin,
L'accouplement est précédé, dans cette espèce, de plusieurs caresses étranges : c'est le sexe le plus faible qui fait les avances, c'est ainsi que le décrit George Forster : « La femelle se tapit aux pieds du mâle, rampant cent fois autour de ni, et de temps à autre rapprochant son museau du sien comme pour le baiser : le mâle, pendant cette cérémonie, semblait avoir de l'humeur; il grondait et montrait les dents à la femelle, comme s'il eût voulu la mordre : à ce signal, la souple femelle se retira et vint ensuite recommencer ses caresses et lécher les pieds du mâle. Après un long préambule
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de cette sorte, ils se jetèrent tous les deux à la mer et y firent plusieurs tours en se poursuivant l'un et l’autre; enfin la femelle sortit la première sur le rivage, où elle se renversa sur son-dos: le mäle, qui la suivait de près, la couvrit dans cette situation, et laccouplement dura huit à dix minutes. » Selon Forster, l'accouplement des Lions marins a lieu en décembre et janvier, aux terres magellaniques, et, suivant Steller, en août et en septembre, sur les côtes du Kamtchatka. Ges animaux choisissent toujours les côtes désertes pour y faire leurs petits et s'y livrer au plaisir de Pamour. Leur voix diffère selon l'âge et le sexe. Les vieux mâles mugissent comme des Taureaux; les femelles font entendre un eri comparable au beuglement des Veaux, et les jeunes bélent presque comme les Agneaux. Il parait qu'ils ne prennent aucune nourriture pendant leur séjour à terre, qui dure quelquefois plus d'un mois; aussi deviennent-ils maigres. Ils ont Phabitude alors d'avaler un certain nombre de grosses pierres qui tiennent leur estomac tendu.'Le temps de la gestation est d'environ onze mois; les voyageurs ne s'accordent pas sur le nombre de petits que la femelle produit à chaque portée. Selon Steller,.elle n’en fait qu'un; suivant Forster, elle‘en fait deux. L’odeur de ces animaux est forte. |
Les voyageurs ne sont point d'accord sur la bonté de leur chair; les uns disent qu'elle est noire et mauvaise, et d’autres qu'elle est, ainsi que la graisse, d’un goût très-agréable. 3
Quant à l'Oraris De CauirornEe, Otaria Californina, Lesson, où JEUNE LION MARIN DE CALIFORNIE, Choris, il est démontré que c’est un jeune du Platyrhynchus leoninus. Dans cet individu, le pelage est ras, uniformément fauve brunâtre, les moustaches sont peu fournies; le museau assez pointu; les membres antérieurs sont réguliers, plus grands que les postérieurs; cinq rudiments d'ongles occupent l'extrémité des phalanges et sont débordés par une large bande de la membrane; les pieds postérieurs sont minces, ayant trois ongles au milieu et deux rudiments d'ongles internes el externes; cinq festons, lancéolés et étroits, dépassent de cinq ou six pouces les ongles; la queue est très-courte.