‹ Encyclopédie d'histoire naturelle; ou, Traité complet de cette science d'après les travaux des naturalistes les plus éminents de tous les pays et de toutes les époques: Buffon, Daubenton, Lacépède, G. Cuvier, F. Cuvier, Geoffroy Saint-Hilaire, Latreille, De Jussieu, Brongniart, etc. etc (volume 4)Chapitre 118 sur 129 · PLATYRHYNQUE URIGUE. PLATYRHYNCHUS FLAVESCENS. Pœping · texte numérisé non relu

PLATYRHYNQUE URIGUE. PLATYRHYNCHUS FLAVESCENS. Pœping

CarAcTÈRES srÉciFiquEs. — Pelage brun-gris ou blanchätre, composé de deux sortes de poils; tête Oo © ) grosse, ronde. Longueur variant de 4 à 2" 50.

Cette espèce, qui habite les mers du Chili, est le Phoca lupina de Molina; elle est loin d’être sutfisamment connue, et l'on n’en sait que ce que nous en a rapporté Molina. « Les Français et les Espagnols, dit-il, nomment cette espèce Lour mari. Il varie pour la grosseur et la couleur du pelage. Sa longueur est de trois, de six et de huit pieds. Son pelage est brun, gris, quelquefois blanchâtre, composé de deux sortes de poils, lun doux comme celui du Bœuf, l'autre plus dur; la tête est grosse, ronde et ressemble à celle d'un Chien auquel on a coupé les oreilles près de la peau. Son nez ressemble à celui du Veau; le mufle est court, obtus; les deux lèvres sont égales, la supérieure un peu cannelée, comme celle du Lion, Il a quatre doigts à chaque patte de devant, ce qui le distingue des autres Phoques; ses pattes de derrière en ont cinq. La queue a trois pouces de longueur. Lorsqu'ils s’accouplent, ce qui se fait ordinairement à la fin de l'automne, ils s'appuient sur les pattes de derriére et s’embrassent avec les nageoires. La femelle met bas au printemps et fait un, deux ou, mais rarement, trois petits. [ls marchent très-mal sur la terre et se traînent plutôt d'un endroit à l'autre; il serait cependant très-imprudent de s'en approcher, car, quoique lourds et pesants en apparence, leur cou à beaucoup de flexibilité, et l'on s’exposerait toujours aux morsures de leurs dents terribles. Lorsqu'ils voient passer quelqu'un près de l'endroit où ils sont couchés, ils ouvrent la gueule tellement, qu'une boule d'un pied de diamètre y entrerait aisément. La voix des vieux Urigues peut être comparée au mugissement des Taureaux et au grognement des Cochons. Ces Phoques ne peuvent pas rester longtemps sous l'eau; on les voit souvent sortir la tête pour respirer ou pour prendre quelque Pingouin ou autre Oiseau aquatique dont ils sont très-friands. Les jeunes bêlent comme des Agneaux. Les Chiliens font avec la peau de ces animaux des sortes de radeaux sur lesquels on peut passer les rivières et pêcher à la mer. On en prend deux que l'on gonfle d’air; on attache sur ces ballons plusieurs traverses de bois sur lesquelles une ou plusieurs personnes peuvent s'asseoir. On en prépare une sorte de maroquin à gros grain, surpassant le maroquin en bonté; on en fait encore des souliers et des bottes imperméables à l'eau, Les habitants de l'archipel de Ghiloë font un commerce considérable d'huile d'Urigue; elle est préférée à l'huile de Baleine. On trouve souvent dans l'estomac de ces animaux des pierres de plusieurs livres. »

3" GENRE. — OTARIE. OT'ARIA. Péron, 1807.

Voyage aux Terres Australes, t. 1.

Otaria, Otarie CARACTÈRES GÉNÉRIQUES.

$ mitoyennes, à double tranchant; les externes simples et plus petites; les quatre incisives inférieures fourchues; toutes les molaires simples, coniques.

Conques auditives externes, visibles, petites.

Doigts des nageoires antérieures presque immobiles.

Membrane des pieds de derrière se prolongeant en une lanière au delà de chaque doigt.

Ongles plats, menus.

Poils plus longs, moins ras que dans les autres genres de Phocidés.

Système dentaire : incisives, #; canines, =; molaires, 5%. Les quatre incisives supérieures

Nous avons défini le genre Otarie comme le faisait G. Guvier dans son Règne animal, mais nous ne nous dissimulons pas que tous les caractères qu'il assigne à ce groupe ne sont pas applicables aux espèces que nous y rangeons; car, en effet, depuis la publication de l'ouvrage classique de G. Cuvier, les Otaries ont été partagées, par Fr. Cuvier, en plusieurs genres, et celles qu'à l'exemple de plusieurs naturalistes nous laissons sous cette dénomination n'y sont que parce que nous n'avons pu les mettre ailleurs, ne les connaissant pas suffisamment. C'est donc en quelque sorte, et pour parler à la manière de Linné, un groupe de Phoques à oreilles d'insertæ sedis que nous indiquons sous le nom d'Otarie.

Sous le rapport de l’ostéologie, nous pouvons dire que les animaux de ce groupe sont trop mal

définis pour que nous puissions en donner les différences spécifiques, d'autant plus que l'on ne possède guère que des têtes de ceux qui ont été désignés sous des noms particuliers par les voyageurs modernes. Cependant, nous dirons que l'on croit avoir remarqué quelques différences qui portent sur la forme de la voûte palatine plus ou moins reculée, plus ou moins terminée en ligne droite ou oblique; sur celle des os du nez, qui n'est pas toujours la même, et surtout sur la forme, la direction et le développement de l'apophyse orhi aire.

La taille des Otaries, sans égaler celle des grandes espèces de Phocidés, est encore assez considérable. Leurs mœurs sont analogues à celles des autres Phoques, c’est-à-dire qu'on les rencontre dans les mers auprès des côtes, et que souvent ils se rendent sur le rivage.

Les dix ou douze espèces rangées dans le groupe des Otaries ne se rencontrent pas aussi près des pôles que les espèces des autres genres de Fhocidés; elles sont propres aux mers australes, mais aussi bien à celles qui baignent le cap de Bonne-Espérance qu'à celles du détroit de Magellan, des îles Malouines, et même de l'Australie.

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