‹ Encyclopédie d'histoire naturelle; ou, Traité complet de cette science d'après les travaux des naturalistes les plus éminents de tous les pays et de toutes les époques: Buffon, Daubenton, Lacépède, G. Cuvier, F. Cuvier, Geoffroy Saint-Hilaire, Latreille, De Jussieu, Brongniart, etc. etc (volume 4)Chapitre 119 sur 129 · OTARIE NOIRE. OTARIA PUSILLA. Lesson · texte numérisé non relu

OTARIE NOIRE. OTARIA PUSILLA. Lesson

CanactÈRes sPÉcirIQuES. — Pelage doux, généralement noirätre; pieds de derrière n'ayant d'ongles apparents qu'aux trois doigts du milieu, et terminés par une membrane dont le bord offre cinq lobes; soies des moustaches rondes, lisses. Longueur totale variant entre 0,70 et 1",30.

Fig. 430. — Otarie noire.

Cette Otarie, qui, à raison de la petitesse de sa taille et de la forme ae ses pieds de derrière, ne peut être confondue avec les espèces des genres précédents, a d'abord été décrite par Daubenton

sous le nom de Petit Phoque noir, et ensuite par M. Pagès, qui communiqua des observations à Buffon. Celui-ci a voulu prouver que cette espèce était celle de Rondelet et le Phoca des anciens où Don d'Aristote et d'Ælien, et Vatulus marinus de Pline: À. G. Desmarest, dans le tome XXV du Dictionnaire d'Histoire naturelle, de Déterville, avait adopté cette manière de voir, et en même temps, ayant observé dans la collection du Muséum les individus qui ont servi à la description de Daubenton, mais sans aucune indication qui püt les faire connaitre, les avait attribués à une espèce d'Otarie signalée par Péron, près de l'ile de Rottness, sur la côte occidentale de la Nouvelle-Hollande, qui a beaucoup de rapport avec eux, et qu'il nomma Otaria Peroni. Mais plus tard, dans sa Manmmalogie, averti de son erreur par De Blainville, qui possédait des renseignements particuliers sur le Phoque de Buffon, il reconnut le double emploi qu'il avait fait, et annonça que c’était à tort que Buffon rapportait à cet Amphibie le Phoque de Rondelet, qui n'a pas d'oreilles externes, et le Phoque des anciens, trop vaguement décrit par eux pour qu'il soit possible de le rapporter plutôt à un genre qu'à un autre, et même plutôt au Phoca vitulina qu'à tout autre. De tout cela il résulte, en résumé, que le Peur Phoque noir de Buffon et Daubenton est le même que le Phoca pusilla, Linné, le Phoca parva, Boddaërt, et que les Otaria Peronit et pusilla, À. G. Desmarest.

Dans cette espèce, la tête est ronde, un peu déprimée; le museau est très-court; il y a six incisives supérieures, dont les deux extérieures en forme de canines, et les quatre intermédiaires grosses et sillonnées transversalement sur leur tranchant; il y à quatre incisives inférieures, dont les deux intermédiaires, placées lune contre l'autre et aussi grosses que les plus grandes de dessus, sont terminées chacune par trois petits lobes, et dont les deux externes, courtes et pointues, se placent par leur pointe dans la rainure ou le sillon transverse des incisives d'en haut; les premières molaires sont courtes, petites, à une seule pointe et distantes entre elles. Les oreilles externes sont étroites. Les pattes de devant ont le doigt intérieur le plus long de tous, sans ongles apparents, velues en dessus et entièrement nues en dessous; les pattes de derrière sont tout à fait rejetées en arrière et dans la direction du corps, à cinq doigts, dont les trois du milieu ont leurs phalanges et leurs ongles bien marqués, les autres ayant un ongle rudimentaire à peine visible; la membrane des doigts se prolongeant un peu au delà de ceux-ci et terminée par un bord sinueux, dont chaque partie saillante ou chaque lobe est de grandeur proportionnée à celle du doigt auquel elle correspond. Le pelage est doux et luisant; le dessus du corps est d'un brun tirant sur le gris de fer, avec la tête plus foncée et le dessous beaucoup plus clair, surtout sur la poitrine; chaque poil étant d'un fauve trèsclair dans la plus grande partie de son étendue, puis d'un brun minime plus abondant en dessus qu'en dessous, et terminé de gris clair sur le dos ou de blanchätre sous le ventre. Les jeunes individus ont une coloration plus obscure que les adultes.

Deux individus de cette espèce, observés en captivité pendant quelques jours par M. Pagès, lui ont montré toutes les preuves d'intelligence qu'on trouve dans le Phoque commun.

Il habite les mers du cap de Bonne-Espérance; et, selon Daubenton, on le tronverait aussi dans les mers de l'Inde, ce qui est très-peu probable.

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