‹ Encyclopédie d'histoire naturelle; ou, Traité complet de cette science d'après les travaux des naturalistes les plus éminents de tous les pays et de toutes les époques: Buffon, Daubenton, Lacépède, G. Cuvier, F. Cuvier, Geoffroy Saint-Hilaire, Latreille, De Jussieu, Brongniart, etc. etc (volume 4)Chapitre 126 sur 129 · OTARIE AUSTRALE. OTARIA AUSTRALIS Quoy et Gaimard · texte numérisé non relu

OTARIE AUSTRALE. OTARIA AUSTRALIS Quoy et Gaimard

CanacrÈnes SPéciFiQuEs. — Pelage d'un gris à reflets jaunâtres en dessus du corps: dessous d'un Jaunûtre clair; moustaches blanches. D'une longueur totale n'atteignant pas 3.

Cette espèce, plus petite que la précédente, vit dans les mêmes parages, mais sur un autre point de la côte méridionale de la Nouvelle-Hollande, principalement aux environs du port du roi Georges. Tout le dessus de son corps, jusqu'à l'origine de sa queue, est d'un gris qui, sous un certain jour, a des reflets bleuâtres; ce gris devient plus clair sur le cou, et passe au blanc sale sur la tète, les joues et les côtés du museau; le bout du nez est noirâtre; les moustaches sont blanches, fortes, aplaties; tout le dessous du corps est jaunâtre clair en avant, et d’un roux de Veau en arrière. La ligne de démarcation entre cette teinte et la couleur grise qui oceupe le dos a lieu sur les flancs d'une manière tranchée; les membres sont roux clair en dessus, et presque noirs en dessous dans les deux tiers de leur étendue : les antérieurs se terminent un pen en pointe arrondie; enfin, ce qui distingue encore cette espèce, c'est qu'il n'y a nul feutre au-dessous des poils ordinaires. |

A ces détails, nous ajouterons la note suivante, qui nous a été transmise par M. Paul De Saint- Martin, qui concerne une Otarie que l'expédition au pôle sud de l'amiral Dumont D'Urville a plusieurs fois eu occasion d'observer aux îles Auckland, et qui doit se rapporter très-probablement à l'Otaria australis. « Cette espèce n’a que 2,50 ou 2,60 de longueur; elle est de couleur fauve; la tête est petite; les membres antérieurs sont très-longs, et permettent à l'animal, quand il veut marcher, de soulever tout le corps dans une position oblique, ce qui lui donne l'air d’un cul-de-jatte trainant la partie postérieure de son corps : cela ne l'empêche pas cependant d’avoir des mouvements très-vifs; et je puis l'affirmer d’après celui que nous avons eu vivant à bord, qui nous à tant fait cou rir sur le pont de l'Astrolabe, et qui, S'il n'avait pas eu la gueule attachée, aurait très-bien cherché à mordre. Ces Phocidés vivent sur la côte, au milieu des fucus, dont ils se nourrissent, ainsi que de Poissons; ils aiment, lorsqu'il fait beau, se reposer à terre. où il n'est pas extraordinaire de les ren-

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contrer à cent et deux cents pas du rivage, dans des endroits qui sembleraient devoir leur être inaccessibles, et dont ils parviennent à surmonter les obstacles non sans de fréquentes culbutes. »

Ainsi que nous avons dit dans nos généralités sur les Carnassiers Amphibies et sur les Phocidés, l'histoire zooclassique des espèces de cette tribu est l’une des moins connues, même aujourd'hui, et nous pouvons encore répéter à ce sujet ce que disait, il y a plus de trente ans, À. G. Desmarest, dans la monographie des Phoques du Dictionnaire d'Histoire naturelle, édité par Déterville.

« Ici se termine l’énumération des Phoques et des Otaries qui peuvent prendre place dans Les systèmes d'histoire naturelle; mais il est encore quelques espèces admises assez légèrement par les auteurs, et que nous avons cru devoir laisser hors de rang, jusqu'à ce que des observations nouvelles établissent leurs caractères d’une manière bien positive. À ce sujet, nous recommanderons aux navigateurs et aux naturalistes qui s'occuperont par la suite de ce genre de recherches de détailler avec soin les proportions du corps des Phoques qu'ils décriront, de recueillir des renseignements précis sur les différences des mâles, des femelles, ainsi que des jeunes individus et des adultes. Ils s’attacheront également à recueillir des notes sur la manière de vivre de ces animaux, sur le nombre des petits, l'époque de l'accouplement, celle de la mise bas des femelles, la durée de l'allaitement, etc. Quant aux caractères les plus importants, ceux qu'il conviendra de vérifier avec soin seront particulièrement tirés du nombre et de la forme des dents chez les individus adultes; de la forme des nageoires antérieures et postérieures; du nombre des ongles existants sur chacune; de la force relative de ces ongles; de l'étendue plus où moins considérable et de la forme des membranes qui unissent les doigts; de la présence ou de l'absence d'oreilles externes; de la distance respective des yeux et des oreilles, entre eux, et avec l'extrémité du museau, etc. Enfin, nous croyons devoir inviter les voyageurs à réunir dans une collection unique les dépouilles des Phoques qu'ils rencontreront, telles que peaux entières, têtes osseuses, nageoires, etc., parce que ce sera le seul moyen d'établir des comparaisons exactes entre les diverses espèces de ces animaux, qui paraissent beaucoup plus nombreuses qu'on ne la cru jusqu'à ce jour. Des dessins soignés, faits sur le vivant, ajouteraient encore au merite des descriptions détaillées que nous réclamons; ils donneraient une idée bien autrement exacte des poses de ces animaux que ceux qui ont été publiés jusqu'à ce jour, et notamment ceux du commodore Anson, de Pernetti et de Parsons. »

Disons cependant que les recherches des naturalistes voyageurs ont fait connaître quelques nouvelles espèces, et ont donné des renseignements sur certaines de celles anciennement décrites; quoique, toutefois, les dénominations de Chien, Loup, Renard, Chat, Lion, Ours, Veau, Cochon, Éléphant, etc., auxquelles les voyageurs ajoutent marins, ont plus nui à l’avancement de la science qu'elles ne lui ont servi, en indiquant des rapports éloignés, et en augmentant la confusion qui de plus en plus existait depuis longtemps. Lesson, tout en voulant y remédier, est venu mettre Le comble à éette confusion en changeant des dénominations depuis longtemps admises, pour les remplacer par des noms spécifiques tirés du nom de la première personne qui avait parlé de ces animaux. De tout cela, il résulte que ce n’est qu'avec doute que nous avons rapporté plusieurs de nos espèces dans les genres créés par Fr. Cuvier, et nous devons maintenant dire quelques mots principalement de Phoques privés d'oreilles dont la caractéristique donnée par les auteurs est telle, qu'on n’a pas plus de raison pour les ranger dans l'un des genres modernes plutôt que dans un autre; nous irons même plus loin, en ajoutant que ces espèces ne sont peut-être que nominales. Nous citerons donc avec la plus grande réserve les Phoques qui suivent :

1° Le Pnoque pe L'ie Sainr-Paur, Phoca Cox, À. G. Desmarest. — Cette espèce, que Cox indique sous le nom de Lion marin dans son ouvrage sur l'ile de Saint-Paul, n’a pas de trompe; elle parait réellement exister, mais elle a été décrite si imparfaitement, que l’on ne peut pas ladmettre sans avoir de nouveaux détails, qui démontreront peut-être qu'on doit, comme certains naturalistes, la rapporter au Macrorhinus proboscideus. Sa longueur est de vingt pieds anglais environ, et sa cireonférence de vingt et un. Son pelage est généralement d’une couleur de buffle sale, tantôt d'une teinte plus brune, tantôt d’un blanc sale ou couleur de pierre. Ges Phoques sont si abondants aux îles d'Amsterdam et de Saint-Paul, dans l'océan Indien, situées par trente-huit degrés de latitude méri-

dionale et soixante-quinze degrés de longitude orientale, que Gox en tua douze cents en dix jours : ils se tiennent à terre au milieu des roseaux, et leurs femelles ne font qu'un petit par portée.

90 PHoQuE À Loc cou, Parsons, Phoca longicollis, Shaw. — Ce Phoque, dont la patrie est inconnue, a le corps très-élancé; les jambes antérieures placées à égale distance de l'extrémité du museau et du bout des nageoires postérieures; point d'ongles aux pieds de devant. D'après la mauvaise figure qu’on en trouve dans les Transactions philosophiques, on serait d'abord tenté de le regarder comme une espèce factice établie sur l'observation d’une peau mal préparée; mais on doit cependant ajourner toute décision à cet égard, attendu que Péron a rencontré, dit-il, des Phoques qui présentaient des variétés assez remarquables dans la position des membres antérieurs. I lui a paru que le courage et l’activité de ces animaux sont dans un rapport assez exact avec la position relative de leurs pieds de devant; suivant que ces principaux agents de la locomotion se trouvent plus où moins rapprochés de la poitrine, la démarche est plus ou moins facile; et, comme chez les Phoques, ainsi que chez tous les autres animaux, la possibilité d'échapper aux périls est un motif de l’affronter; il s'ensuit naturellement que ces Amphibies en sont encore plus ou moins timides.

9° PHoque À TÊTE DE Tortue, Phoca testudinea, Shaw.— Cette prétendue espèce, que Parsons dit exister sur plusieurs côtes de l’Europe, n’a pas été observée depuis ce naturaliste. Il rapporte qu'elle a la tête conformée comme celle de la Tortue, le cou allongé, et les pieds semblables à ceux du Phoque commun. G. Cuvier croit que cette espèce est purement nominale, et qu'elle n’a été fondée que sur l'examen d’une vieille peau mal bourrée.

4° Paooue rascté, Phoca fasciata, Shaw. — Cette espèce, qui se rapporte peut-être à l'Oraria coronata, De Blainville, n'est encore connue que par sa peau, qui a été décrite par Pallas. Elle est des îles Kourilles; son poil est court, épais, roide, et de couleur noirâtre uniforme, mais marqué, sur la partie supérieure, d’une bande jaune semblable à un ruban, et tellement disposée, qu'elle représente en quelque manière le contour d'une selle occupant un large espace sur le dos. Le port de l'animal est inconnu; mais l’on sait que c’est un Phoque de grande taille.

5° Pnoque Poncrué, Phoca punctata, Encyclopédie anglaise. — Cet animal a le corps, la tête et les membres, tachetés. Habite les îles Kourilles.

6° Puoque moucueté, Phoca maculata, Encyclopédie anglaise. — Dans cet animal le corps est moucheté de brun. Des îles Kourilles.

T° Pnogte noir, Phoca nigra, Encyclopédie anglaise. — Des mêmes mers que les deux précédentes, et remarquable par la singulière conformation de ses pieds, qu’on ne décrit cependant pas.

8° PHOQuE pes Rivages, Phoca littorea, Lesson. — De petite taille; pelage très-épais, composé de poils serrés, très-courts; d’une seule sorte : bruns sur le corps, jaunâtre plus ou moins clair en dessous. Ce Phoque, qui se trouve dans les mers d'Islande, n’est très-probablement qu'une variété du Calocephalus vitulinus.

9° Paoque ne Cnoris, Phoca Choris, Lesson. — Pelage blanc, couvert de petites taches noires, nombreuses. Du détroit de Bebring.

10° Pnoque Laxarax, Krachenninikow. — Ce Phoque ne diffère du Phoque commun que par la grosseur seulement, puisque sa taille égale celle du plus gros Bœuf. On le prend depuis le cinquanteneuvième jusqu'au soixante-quatrième degré de latitude septentrionale.

11° Pnoque ricré, Krachenninikow. — Espèce provenant des mers du Kamtchatka, étant gros comme un Bœuf d’un an, et variable dans ses couleurs, mais habituellement marqué, sur le dos, de taches rondes et d’égale grandeur, avec le ventre d’un blanc jaunâtre. Ses petits sont blancs.

42° Puoque eruwa-seLur, Olafsen. — Ce Carnassier, qui porte vulgairement le nom de Roi des Phoques, serait d'une taille si monstrueuse, que quelques auteurs le classeraient parmi les Baleines, On dit qu'il acquiert, en longueur, douze à quinze aunes du pays, c’est-à-dire de 45 à 20" de nos mesures. On ajoute qu'il est très-rare en Islande; néanmoins, on en aurait vu dans la partie occidentale de cette île, sur les anses de Breedefford. Il aurait de longs poils sur la tête, et d’autres, également longs, autour de la queue.

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