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Fig. 95. — Chat de l'Himalaya.
€On ne peut pas dire que les Chats, quoique habitants de nos maisons, soient des animaux entièrement domestiques; ceux qui sont le mieux apprivoisés n’en sont pas plus asservis : on peut même dire qu'ils sont entièrement libres, ils ne font que ce qu'ils veulent, et rien au monde ne serait capable de les retenir un instant de plus dans un lieu dont ils voudraient s'éloigner. D'ailleurs la plupart sont à demi sauvages, ne connaissent pas leurs maîtres, ne fréquentent que les greniers et les toits, et quelquefois la cuisine et l'office lorsque la faim les presse. Quoiqu’on en élève plus que de Chiens, comme on les rencontre rarement, ils ne font pas sensation pour le nombre; aussi prennent-ils moins d’attachement pour les personnes que pour les maisons : lorsqu'on les transporte à des distances assez considérables, ils reviennent d'eux-mêmes à leur grenier, et c’est apparemment parce qu'ils en connaissent toutes les retraites à Souris, toutes les issues, tous les passages, et que la peine du voyage est moindre que celle qu'il faudrait prendre pour acquérir les mêmes facilités dans un nouveau pays. Ils craignent l'eau, le froid et les mauvaises odeurs; ils aiment se tenir au soleil, ils cherchent à se giter dans les lieux les plus chauds, derrière les cheminées où dans les fours; ils aiment aussi les parfums et se laissent volontiers prendre et caresser par les personnes qui en portent : l'odeur de cette plante que l’on appelle l'herbe aux Chats les remue si fortement et si délicieusement, qu'ils paraissent transportés de plaisir. On est obligé, pour conserver cette plante dans les jardins, de l'entourer d’un treillage fermé, les Chats la sentent de loin, accourent pour s'y frotter, passent et repassent si couvent par-dessus. qu'ils la détruisent en peu de temne
« À quinze ou dix-huit mois, ces animaux ont pris tout leur accroissement; ils sont aussi en état d’engendrer avant l’âge d’un an, et peuvent s’accoupler pendant toute leur vie, qui ne s'étend guère au delà de neuf ou dix ans; ils sont cependant très-durs, très-vivaces, et ont plus de nerfs et de ressorts que d'autres animaux qui vivent plus longtemps.
« Les Chats ne peuvent mâcher que lentement et difficilement; leurs dents sont si courtes et'si mal posées, qu'elles ne leur servent qu'à déchirer et non pas à broyer les aliments; aussi cherchentils de préférence les viandes les plus tendres; ils aiment le Poisson, et le mangent cuit ou cru; ils boivent fréquemment; leur sommeil est léger, et ils dorment moins qu'ils ne font semblant de dormir; ils marchent légèrement, presque toujours en silence, et sans faire aucun bruit; ils se cachent et s’éloignent pour rendre leurs exeréments, et les recouvrent de terre, Comme ils sont propres et que leur robe est toujours sèche et lustrée, leur poil s’électrise aisément, et l’on en voit sortir des étincelles dans l'obscurité lorsqu'on le frotte avec la main : leurs yeux brillent aussi dans les ténèbres, à peu près comme les diamants, qui réfléchissent au dehors, pendant la nuit, les lumières dont ils sont, pour ainsi dire, imbibés pendant le jour. »
A ces détails, nous devons encore ajouter que non-seulement on a trouvé des momies de Chats dans les tombeaux de l'ancienne Égypte, mais qu'on en a aussi découvert à l'état fossile, et cela prineipalement dans des cavernes en Allemagne, en Angleterre, en Belgique et en France. En Angleterre, M. Mac-Enry a figuré un côté de mandibule trouvé dans la caverne de Kent. En Belgique, M. Schmerling, qui a rencontré des ossements de Chats en assez grande abondance dans les cavernes des environs de Liége, a encore trouvé à distinguer, d'après un côté droit de mandibule qui, comparée avec celle d'un Chat sauvage, lui à paru plus grande, et même avec quelques particularités différentielles, un Felis catus magnus et un Felis catus minutus, dont il a obtenu des têtes entières et plusieurs autres ossements, sans penser aux variations de taille individuelle ou déterminées par les sexes, et qui, certainement, dépassent souvent celles qu'il indique entre ses Felis magnus et minutus. Enfin, MM. Marcel de Serre, Dubreuil et Jean-Jean ont encore porté plus d'attention à leur Felis catus ferus, puisque dans leur ouvrage ils ont consacré plus de quatre pages in-4° à énumérer les ossements de Chats qu'ils ont trouvés brisés, épars pêle-mêle dans le limon de la caverne de Lunel-Viel, en en donvant des mesures linéaires et en établissant leur comparaison avec un Chat sauvage tué aux environs de Béziers. :
Plusieurs espèces de Felis sont assez voisines du Chat domestique, pour être quelquefois réunies avec lui; telles sont :